Publié par : cbernier | 29 juillet 2015

Top 5 des restos à 5$

Manger au restaurant pour quelques dollars, c’est la promesse que nous font certains restaurateurs depuis environ un an. On est sceptiques, mais avouez qu’on a le goût d’être confondus. Ne reculant devant rien pour vous, lectrices et lecteurs, je me suis sacrifié pour les essayer ;)

Il y a une tonne de propositions d’assiettes pour plus ou moins 5$. Plusieurs restos asiatiques et autres Patateries du coin tentent de nous attirer ainsi. Mais ce n’est pas la même expérience que d’être dans une belle salle à manger, avec un service attentionné et un menu fait pour nous surprendre. Ce sont pourtant les qualités qui accompagnent la promesse de ces restaurateurs à 5$. Cette nouvelle vague de restos joue sur le prix pour se démarquer, voyons premièrement s’ils tiennent leur promesse et, deuxièmement, ce que leur vague pourrait avoir comme impact sur la restauration à Montréal.

Critique culinaire

Celui qui correspond le plus au préjugé qu’on pourrait avoir sur ce genre de restos est l’Entrepot Mont-Royal. Le décor de chalet de ski, tout en bois, séduit dès l’arrivée et, en plus, le menu intrigue. La « Trempette choriqueso » m’a fait perdre mes illusions, avec son mélange composé de fromage à la crème, maïs frais, épinards et chorizo. Digne de mes recettes d’étudiant. Mais bon, pour 5$… La galette du burger, de son côté, avait l’air tout droit sortie d’un comptoir de fast food, autre déception. Si j’y retourne un jour, je tenterai le Grilled cheese ou les tacos… Qui sait, je les trouverai peut-être meilleurs?

De son côté, le Pot Masson surprend pour ce qu’il nous offre pour si peu. Bon pour son prix, le tartare de saumon était semblable à ce que je pourrais me faire à la maison, sans le trouble qui viendrait avec. Un bon burger aussi, et mon chum a bien aimé sa poutine. Un petit plus : la présentation des cocktails vaut à elle seule le déplacement, même s’ils ne se qualifient pas pour mon texte des meilleurs cocktails à Montréal. Il y a beaucoup de banquettes, le décor est beau, c’est bon et ce n’est pas cher.

Pot Masson

Si vous cherchez un endroit qui vous impressionnera par la qualité et par le goût de ses petits plats, je vous recommande le Cinko. C’est étonnant ce que ce resto réussit à faire pour 5$. Les tacos des Caraïbes (2 pour 5$!) sont super bons et la portion est généreuse. La salade de gravlax de saumon, tout aussi généreuse, était bien dosée (le saumon est trop salé s’il est mangé seul, mais avec la salade, c’est le mélange parfait). J’y retournerai c’est sûr, surtout qu’il est avantageusement situé sur St-Denis, dans le Quartier Latin. C’est mon coup de cœur des restos à 5$.

Il triche sur le 5$ (c’est plutôt rendu généralement 7$), mais L’Gros Luxe est une belle découverte aussi. Les tacos d’effilochés de porc sont très bons, bien que moins généreux que ceux du Cinko. La salade d’épinards est étonnante, servie avec des pêches, du féta, des noix, du maïs en grain et des fèves noires. Je l’ai commandé pour avoir des légumes, en ne m’attendant à rien, mais c’est vraiment bon! Les minis-burgers d’effilochés de porc manquent d’un petit quelque chose et le sous-marin à la poutine et au steak est un mélange que je n’essaierais plus. Mais les cocktails, eux, étaient super et bien alcoolisés. Avec ses 4 adresses (Mile-End, Plateau, Sud-Ouest et Vieux-Longueuil), il offre une alternative peu coûteuse pour une sortie dans ces coins bien vivants de la métropole.

Maintenant, les questions existentielles

Mais comment font-ils pour nous offrir des plats pour si peu? Comment réussissent-ils, pour 4,90$ à 8$, à nous satisfaire, là où d’autres peinent à joindre les 2 bouts en nous faisant payer 30$ l’assiette? Il semble que le volume des ventes et l’utilisation d’un plus petit nombre d’ingrédients fassent partie de la réponse… Je serais curieux de connaître les autres parties de la réponse!

Leur réussite pose aussi un sérieux défi à la restauration actuelle, dans un contexte de très grande concurrence. Les restos à 5$ ont de beaux locaux, très design même, offrent un service excellant, de petites attentions que certains restaurateurs ont oubliées (comme d’offrir de la sauce piquante sur les tables quand le menu s’y prête et offrir un verre d’eau instantanément à l’arrivée, par exemple); assiste-t-on a une petite révolution du monde de la restauration? Où des entrepreneurs font la démonstration que le client peut en avoir plus pour son argent?

Ou sommes-nous face à une utilisation du prix comme outil marketing pour nous attirer? En moyenne, les clients de ce type de restos dépensent peut-être assez pour être aussi rentables que si les prix au menu étaient plus élevés? Quoi qu’il en soit, nous sommes face à une petite vague pour l’instant, mais qui prend déjà de l’ampleur après seulement un an. On peut y trouver notre compte, grâce à une offre nouvelle, bon marché et attrayante, permettant de profiter de notre ville, quels que soit nos revenus.

Pour retourner à la page d’accueil de C’est toi ma ville…

Ou pour découvrir mes autres palmarès sur les plaisirs de la table:

Publié par : cbernier | 22 juillet 2015

Parc Jean-Drapeau vs île de Lokrum

DSCN6298 (2)La récente campagne publicitaire « À deux pas de chez vous » du Parc Jean-Drapeau est vraiment magnifique. L’avez-vous vu?

Même si certains pensent qu’elle aurait été fortement inspirée d’une autre campagne, elle m’a redonné le goût de visiter les îles, moi qui suis plutôt critique à leur égard… J’aurai même été prêt à publier cette publicité comme bandeau temporaire sur ma page Facebook personnelle, si elle avait été disponible dans un format exploitable pour les médias sociaux. (Ajout: je ne l’avais pas trouvé sur leur site, mais le Parc Jean-Drapeau m’a transmis l’image de la publicité qui est disponible sur Facebook, merci!)

Je suis toutefois retourné au Parc, qui s’est malheureusement détérioré depuis ma dernière visite. L’accent mis sur les événements (Piknic électronik, Week-ends du monde, etc.) est une réussite, mais semble avoir pris le pas sur l’entretien des espaces naturels, qui autrefois étaient la force de ce parc. Aujourd’hui, la végétation redevient sauvage, et les nombreux chantiers sur les îles laissaient perplexes les touristes que j’y ai croisés. Ils avaient vraiment l’air de se demander pourquoi leur guide touristique les amenait là… Les attraits des îles n’ont pas bougés, mais le chemin de l’un vers l’autre s’est dégradé, nuisant à la visite.

La campagne « À deux pas de chez vous » et ma visite m’ont remémoré l’île de Lokrum, située en face de Dubrovnik (en Croatie), qui a vraiment marqué mon voyage dans ce pays, l’an dernier. Comme notre « Parc des îles », l’île de Lokrum est située en face de sa ville et lui sert de lieu de loisirs. Elle n’a pas l’ampleur de notre parc, mais elle était nettement plus plaisante à visiter, et aussi, plus marquante. Pourquoi? Amusons-nous au jeu des comparaisons.

L’île de Lokrum n’est accessible qu’en bateau. Notre parc Jean-Drapeau a l’avantage d’être desservi autant par bateau que par métro, l’autobus et même l’auto, une bénédiction pour son accessibilité. Toutefois, la présence de nombreux véhicules sur nos îles rompt trop souvent son charme. L’aménagement des stationnements mériterait d’être revue à la lumière des nouvelles façons de faire, plus écologiques, pour mieux s’intégrer au parc (zones perméables à l’eau, plus de verdure, plus de haies pour les dissimuler.

Les équipements permanents de la F1 pourraient aussi être plus esthétiques, mieux intégrés au parc et plus agréables pour les piétons et les cyclistes, lorsqu’elles ne servent pas à la course automobile. Lokrum n’en a pas, mais pour ce sujet, nous pourrions nous comparer à Monaco, qui a une piste de F1 qui passe en pleine ville, sans barrières permanentes…

Courses Mtl-Monaco

Situation sur l’île Notre-Dame vs au centre de Monaco

Il y a un petit jardin botanique sur l’île de Lokrum, tout simple. Rien à voir avec nos Floralies, qui seraient nettement plus impressionnantes si elles étaient mieux mises en valeur. Ce trésor, qui n’attend que d’être chouchouté pour devenir le rendez-vous de tous les romantiques, ne peut pourtant pas rivaliser avec l’agréable promenade qu’offre le petit jardin botanique de Lokrum. Le Jardin du Québec serait un bon point de départ pour la restauration des Floralies. Contrairement à plusieurs autres jardins, il a gardé une bonne partie de son charme et ne demande que peu de travaux pour retrouver son lustre d’antan.

Floralies vs Jardin

Les Floralies vs le Jardin botanique de Lockrum

Située en eau calme, l’île Croate offre aussi, sur l’ensemble de son pourtour, un accès illimité à l’eau et à la baignade. Un autre point en sa faveur, sur lequel il faudrait se pencher pour améliorer notre propre parc. Même sans baignade, il y aurait moyen d’améliorer les points de vue sur le fleuve, pratiquement toujours caché par la végétation. Des belvédères réaménagés, de nouveaux points de vues et certaines éclaircies dans les branches feraient toute une différence.

Belvédères ou baignade

Berges du Parc Jean-Drapeau vs berges de l’île de Lokrum

Les canaux qui traversent l’île Notre-Dame pourraient donner un avantage net à notre parc, s’ils étaient plus utilisés pour des activités aquatiques (pédalo, kayak, canot…). Le potentiel est énorme!

Activités acquatiques

L’île de Lokrum cache un petit lac intérieur, lui aussi aménagé pour recevoir les baigneurs. Notre propre parc a sa Plage Jean-Doré, qui compense en partie, en rendant la baignade possible à cet endroit. L’arrivée en autobus, sur la piste de course, gâche toutefois la première impression et fait perdre de vue qu’on est sur une île. Le Complexe aquatique, collé sur la station de métro, ne permet pas plus de se sentir sur une île…

Baignade

Baignade au Parc Jean-Drapeau vs à l’île de Lokrum

Autre point de comparaison : les chaises longues. Sur l’île de Lokrum, tous les bancs sont installés pour offrir à ceux qui s’y arrêtent une vue intéressante. Une attention qui contribue à la magie des lieux. Certains espaces sont pourvus en chaises longues, permettant de s’étendre au soleil. Une bonne idée qui permet aux visiteurs de mieux profiter de l’île. Ce serait bien d’en ajouter dans notre propre parc!

Vues sur l'eau

Magnifiques vues, quelque soit l’endroit…

Les aspects traités jusqu’à maintenant, bien qu’à l’avantage de l’île de Lokrum, pourraient être améliorés au Parc Jean-Drapeau et laisser loin derrière la compétition. Le prochain point est aussi dans cette catégorie, bien que nous aurions un travail plus important à faire pour atteindre le calibre de Lokrum : les bars, cafés et restos disséminés dans l’île.

Il est en effet possible de passer une journée entière sur l’île de Lokrum et de prendre un café près du quai d’entrée, de prendre une marche et d’aller siroter un verre sur le rebord de son petit lac intérieur, puis de traverser l’île pour aller souper dans un restaurant aménagé dans un des édifices patrimoniaux de l’île. Cette présence de services, partout, en fait une destination vacances idéale pour les citadins en quête de nature.

Petits kiosques

L’aménagement du fast food de l’île Notre-Dame (à gauche) n’existe plus, l’ensemble ayant été rasé. Il montre toutefois que, comme à Lokrum, nos îles pourraient accueillir de tels équipements.

Il n’est actuellement pas possible, dans notre par,c de profiter de plusieurs bars et cafés… Il y a bien le Casino ou à La Ronde, mais on est loin du petit bar sur le bord de l’eau ou du café-lounge sous les arbres! Ce n’est pourtant pas les endroits qui manquent sur nos îles pour accueillir de tels comptoirs et commerces… Je suis convaincu qu’ils auraient le même effet dynamisant ici qu’à Lokrum.

Terrasses

La seule terrasse de l’île Sainte-Hélène vs une des terrasses de l’île de Lokrum

Il y a quand même trois aspects où le Parc Jean-Drapeau rayonne grandement plus que l’île de Lokrum. Premièrement, les événements comme le Piknic électronik et les Week-ends du monde attirent des foules nombreuses sur les îles. Améliorer l’ensemble des aménagements pourrait permettre de capter une partie de cette clientèle, et d’en attirer d’autres, pour justifier les efforts de revitalisation.

L'Homme de CalderLa présence sur l’île d’une imposante collection d’œuvres d’art public ajoute une touche culturelle importante au parc, qui n’a pas d’équivalent à Lokrum. Une application mettant en vedette cette surprenante collection vient d’ailleurs d’être lancée. Cet aspect, qui était un peu oublié ces dernières années, semble donc retrouver un peu de visibilité. Elle est méritée, car les œuvres qui sont dans les îles sont magnifiques.

Enfin, si l’île Croate a des vestiges anciens, comme nos îles (entre autres, l’ancienne fortification devenue le Musée Stewart), elle n’a pas connu l’effervescence d’un grand événement international. Les vestiges de l’Expo, qui marquent le paysage du Parc Jean-Drapeau, sont aussi un des attraits à développer pour les visiteurs, le troisième aspect pour lequel notre parc se démarque.

Cette alliance unique entre les événements, la culture, l’histoire et la nature sera encore mieux exploitée dans les prochaines années, avec les investissements à venir dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal et du 50e anniversaire de l’Expo67. La restauration de la Place des Nations et le réaménagement de la Promenade riveraine de l’île Sainte-Hélène pourraient avoir l’effet d’entraînement nécessaire pour qu’on améliore l’ensemble du parc et ses nombreux sites d’intérêt (les canaux, les Floralies, l’entrée de la Plage, etc.).

Ce serait intéressant qu’on pense aux îles, non plus comme un simple parc, mais comme un lieu de villégiature: une destination touristique majeure. Ce site exceptionnel a tout le potentiel pour marquer les Montréalais et les touristes encore plus fortement que m’a marqué l’île de Lokrum lors de mon voyage en Croatie. Il s’agit maintenant de se réapproprier ces îles aux trésors, situées « à deux pas de chez vous ».

Pour en savoir plus, visitez le texte Mon regard sur le Parc Jean-Drapeau ou passez directement à l’album-photos, en cliquant sur l’image ci-dessous :

Parc Jean-Drapeau

Publié par : cbernier | 10 juillet 2015

Les artistes du « sticker »

Ils s’expriment sur des collants qu’ils exposent et qui se superposent sur le domaine public, aussi vite qu’ils s’usent et qu’ils sont arrachés. Leurs oeuvres sont partout, mais on ne les voit pas, à moins d’y être attentif. En fait, ils nous forcent à ralentir pour les dénicher, à arrêter de voir la ville en général, mais de la regarder en détail. Souvent, leurs collants méritent à peine un regard, mais parfois, ils révèlent un véritable artiste… Et lorsqu’on en a découvert deux ou trois, on se met à les chercher, à prévoir leurs lieux d’expositions et à se sentir membres d’une confrérie urbaine secrète, qui voit ce que la population ignore.

Le « sticker art » existe depuis plus de 15 ans et s’étale dans nos villes jusqu’aux quartiers résidentiels. Ainsi, il y a une variation géographique de ce qui peut être vu, et une tendance à l’attroupement dans les quartiers centraux, qui donne le genre d’image ci-dessous, où se côtoient ROC514 (et son petit oiseau caractéristique), Hz52 (le poisson), Stela (les figures de poupées aux grands yeux), TurtleCaps (le genre de carapace de tortue à manivelle surmonté d’un bouchon de canette aérosol, en haut à droite), Selena Gomez, Waxhead (le collant blanc à gauche, au centre), etc.

ROC514 Hz52 TurtleCap Stella etc

Il y a tellement d’artistes qui utilisent cette forme d’expression que Wall2Wall Montréal mur à mur, un blogue spécialisé dans le street art, peine à les recenser. Son tour d’horizon des nouveautés de mai et juin présente une quarantaine d’artistes du sticker connus, et une quinzaine d’autres, inconnus.

On serait rapidement porté à penser que ce sont justement d’obscurs inconnus qui travaillent sur ce médium artistique, mais ce n’est pas toujours le cas. De vrais artistes sont derrière certains personnages, comme Turtle Caps, qui mobilise des artistes d’ici et de New York à travailler ensemble. Ou comme LoveBot, un artiste très médiatisé, qui multiplie ses robots à Toronto, aux États-Unis et maintenant à Montréal (ci-dessous, avec des stickers de El Moot Moot). Il faut avouer que pour certains de ces artistes, présents dans plusieurs villes, la tâche est facilitée par les fans qui achètent en ligne des stickers, pour pouvoir les répandre eux-mêmes…

02 El Moot Moot et LoveBot

Un autre exemple de personnage agréable à croiser, National Zombi et dessous, le Super Bear :

03 National Zombi et Ours

D’autres sticker artistiques, qui ont attiré mon attention, mais dont l’artiste m’est inconnu :

Ajout: la femme de droite est une oeuvre politique de Zola, qui représente Leila Khaled, une militante Palestinienne, m’informent des lecteurs… Je reviens sur le thème des stickers politique plus loin dans ce texte.

04 Plateau et Sud-Ouest

Il y a aussi des œuvres plus complexes, qui nécessitent un travail aussi patient qu’attentif, comme celles produites par Fletcher :

05 Inconnu3

Ou d’autres, alliant humour et imagination, ici une autre oeuvre de Fletcher :

06 St-Laurent près Sherbrooke

Comme l’explique l’article de Wikipédia sur le Sticker art, les premiers à s’être servis de l’autocollant pour promouvoir une idée sont les groupes de gauche. Il est donc normal d’en trouver aussi. Ci-dessous, deux exemples, plus artistiques, concernant le projet de pipeline Embridge et la répression policière.

07 politiques

Ainsi, l’art sur autocollant se porte bien à Montréal, tellement qu’il a son propre festival! En mai dernier, la 2e édition du MTL SLAPS Exposition Internationale de collants se tenait, attirant les artistes et les amateurs du genre. Plus de 70 artistes locaux et internationaux étaient représentés et il était même possible d’y produire et d’y échanger des stickers!

Art ou vandalisme? Quel apport a ce type d’œuvre dans une ville? Je me pose encore la question. Mais lorsque les oeuvres sont belles, elles me rappellent invariablement qu’il faut ralentir pour véritablement regarder sa ville. Que ce soit, d’ailleurs, pour un sticker ou une fleur sauvage, un bel aménagement ou un commerce intéressant. Voir « en général » ne permet jamais de profiter de tout ce que notre ville a à nous offrir. Si ce n’est que pour cette prise de conscience, les stickers et autres collants artistiques méritent leurs places!

En terminant, un petit clin d’œil au prochain Star Wars, avec cette œuvre de G.Knight (qui est aussi l’auteur du Super Bear contenu dans la photo des National Zombis ci-dessus, et d’une grande variété d’autres dessins):

08 Nord de St-Laurent près Sherbrooke

Pour en savoir plus sur le sujet :

Publié par : cbernier | 3 juillet 2015

Je blogue Montréal, au 15-18

Le 1er juillet dernier, j’étais l’invité de la semaine pour la chronique Je blogue Montréal, qui sera diffusée tous les mercredis de l’été, vers 17h40, à l’émission radio Le 15-18 de Radio-Canada. Une belle entrevue, qui vous permet de découvrir ce qui m’anime dans la rédaction des textes que je vous offre sur ce blogue. Si vous ne l’avez pas entendue, vous pouvez l’écouter en reprise ici. Cette entrevue arrivait à point nommé, comme pour souligner mes 4 ans d’écriture régulière sur C’est toi ma ville! Une belle coïncidence.

L’animateur rappelle d’entrée de jeu que le nom de mon blogue fait référence à une campagne de promotion de la Ville, qui était diffusée au milieu des années ‘90. Un beau clin d’œil qui m’incite à vous la présenter (vous vous en souviendrez sûrement). J’en ai retrouvé deux séquences sur Youtube, le son n’est pas bon, mais c’était il y a 20 ans ;)

D’autres blogueurs passeront à l’émission, à raison d’un par semaine. J’ajouterai donc ci-dessous le lien vers leurs entrevues, à mesure qu’elles auront été diffusées. Vous pourrez ainsi entendre les blogueurs vous présenter ce qui les anime et voir d’un autre angle, très intimiste celui-là, ce qu’il y a derrière les textes et les vidéos qu’ils vous partagent. Bonne découverte de l’écosystème des blogueurs Montréalais!

Publié par : cbernier | 27 juin 2015

L’île idéale pour l’observation d’oiseaux

Il m’a fallu être surpris par les oiseaux dans d’autres villes du monde pour constater qu’à Montréal aussi, notre faune aviaire était impressionnante quand on prend le temps de s’y attarder. Avant cette prise de conscience, lors d’un voyage, je n’avais jamais remarqué la diversité quotidienne des chants d’oiseaux que j’entends en ville, ni compilé le nombre important d’espèces qu’on peut voir au cours d’une année sur notre île.

Un peu surpris de ce constat, je me suis mis à regarder les photos que j’avais, pour constater que ces petites bêtes s’étaient laissées prendre en photo assez souvent ces dernières années. Assez pour vous proposer mon Top 10 des plus beaux oiseaux vus à Montréal, sans jumelles. Mais ce n’est qu’un tout petit portrait, puisqu’on pourrait voir, sur notre seule île, plus de 300 espèces d’oiseaux, dont près de 180 qui y nichent!

Top 10 des plus beaux oiseaux vus à Montréal

En première place, comment ne pas nommer le Passerin indigo, un petit oiseau tout bleu, aussi merveilleux que fascinant! Si vous avez comme moi suivi le dessin animé L’oiseau bleu, dans les années 90, vous savez qu’il apporte le bonheur ;) Je l’ai croisé sur le Mont-Royal, un paradis pour l’observation des oiseaux, qui peut vous permettre d’en voir plus de 150 espèces différentes, dit-on!

Passerin indigo

Pour sa rareté et son style irréprochable, le Canard branchu mérite d’être placé tout en haut de ce palmarès. Probablement le plus beau canard qu’on puisse voir en ville, il n’est toutefois pas le seul à fréquenter nos berges et à s’y reproduire. C’est toujours attendrissant de voir de petits cannetons jaunes flotter sur l’eau. Ce Canard branchu a été vu sur les berges de la Rivière-des-Prairies, à l’Ouest d’Ahuntsic.

Canard Branchu

Impressionnant lorsqu’on le voit pour la première fois, le Pic flamboyant est véritablement un bel oiseau. Et lorsqu’il prend son envol, on voit toute l’ampleur de sa beauté. Celui-ci s’est laissé photographier sur la pelouse d’une maison de Pierrefonds.

Pic Flamboyant

Cet été, les Cardinaux sont parmi nous! En effet, alors que j’en vois en moyenne un seul par année, j’ai dû voir au moins 4 ou 5 Cardinal rouge depuis le début de l’été… Tout rouge, le mâle est toujours agréable à observer, dans Hochelaga, Rosemont ou à Saint-Laurent, il semble y en avoir partout, à mon grand plaisir!

Cardinal

Mystérieux, le Bihoreau ne se laisse pas voir partout, mais quelques fenêtres sont ouvertes sur ses lieux de résidence à Montréal, dont au magnifique Parc nature de l’île de la Visitation (dans Ahuntsic) et au splendide Parc des Rapides (à LaSalle). Deux très bons endroits pour observer les oiseaux, le deuxième permettant de découvrir plus de 200 espèces…

Bihaureau

Évidemment, ces deux endroits permettent aussi de croiser des Grands hérons. Très impressionnants lorsqu’ils prennent leur envol, ils peuvent être observés sur toutes les berges de l’île et même, assez régulièrement, aux lacs du Jardin botanique.

Grand Hérona

Tous les pics-bois sont agréables à regarder, c’est donc toujours un plaisir d’en voir un s’approcher, comme ici, un Pic chevelu sur une mangeoire d’une maison du boulevard Gouin, dans Ahuntsic. C’est aussi un des rares oiseaux qu’on reconnait facilement au son, lorsqu’il frappe un arbre de son bec. Parce que si je me débrouille assez bien pour identifier visuellement les oiseaux, je suis incapable d’en identifier un à son chant.

Pic Chevelu

Certains oiseaux sont plus difficiles à identifier que d’autres, j’ai donc dû me référer à mon guide des oiseaux du Québec pour identifier les prochains, vus à deux pas du Parc Molson, dans Rosemont : un couple de Roselins familiers! Il semblerait que l’espèce se multiplie actuellement dans notre région et que nous en verrons de plus en plus…

Roselin

Les Bernaches offrent toujours un spectacle surprenant en ville, particulièrement lorsqu’elles sont avec leurs petits. Ce gros oiseau peut être vu sur l’ensemble des berges de l’île, tout comme autour des lacs de certains parcs. J’en ai même déjà vu une dizaine, au repos, dans un stationnement de centre d’achat à Anjou!

Bernaches

Enfin, je ne les ai peut-être pas en photo, mais nous pouvons tous les suivre grâce à des caméras installées près de leur nid ou même sur Facebook : le couple de Faucons pèlerins de la tour de l’Université de Montréal. Ce ne sont pas les seuls oiseaux de proie présents à Montréal mais ce sont les seuls qui sont ainsi médiatisés!

Vous avez le goût vous aussi de photographier ou d’observer les oiseaux? Le Jardin botanique, dans sa liste d’observation, compte 197 espèces différentes, c’est donc un bon endroit où commencer. En plus, un service de location de jumelles est offert à la Maison de l’arbre!

Les autres hauts lieux de l’observation sur l’île, outre le Jardin botanique, sont le Mont-Royal (particulièrement le Parc Summit et les cimetières), les 11 autres grands parcs, les 9 parcs-nature de l’île et le boisé de l’île-des-Sœurs.

Avec tout ce qu’il y a à voir et à raconter sur les oiseaux en ville, il y aurait suffisamment de matière pour alimenter un blogue! Un peu à l’image de ce que fait Les oiseaux en ville, un blogue d’Europe… J’oserais même proposer d’étendre le concept aux représentations d’oiseaux en ville, car il y en a beaucoup. Sous forme de murales, comme celle que j’inscrivais en 17e place de mon palmarès des plus belles murales de 2014; sous forme de sculptures, comme ce magnifique The Falcon, caché sur le campus de l’Université McGill :

The Falcon par Robert Tait McKenzie

ou même sous forme de street art, comme Listen bird et ROC514, qu’on croise un peu partout à Montréal (le blogue Wall2Wall a fait une intéressante recension de la faune aviaire des rues de la ville) :

Listen bird     ROC514

À défaut de vous lancer comme nouveau blogueur, partagez-nous au moins vos observations récentes d’oiseaux sous forme d’un commentaire à ce texte!

Publié par : cbernier | 22 juin 2015

L’évolution de la Promenade Ontario: un indicateur

On pense connaître l’artère commerciale de notre quartier, mais la connaît-on vraiment? En 2011, je m’étais amusé à arpenter la Plaza St-Hubert, en prenant le temps de regarder chaque commerce, et j’avais écrit Ma surprenante Plaza. En 2014, j’ai revu le texte au grand complet, pour qu’il reflète l’évolution très positive de cette rue unique à Montréal. Un an plus tard, il faudrait déjà que j’y apporte des changements, tellement elle progresse vite…

Lorsque j’ai déménagé, en 2012, j’ai refais l’exercice, pour la Promenade Ontario cette fois. C’était déjà une rue commerciale locale d’intérêt, mais je n’aurais jamais pu imaginer le développement qu’elle connaîtrait! Un an plus tard, j’ai dû réécrire un texte complet, pour tenir compte des très nombreux changements positifs qui étaient intervenu, dans mon texte Un quartier qui change. Cette évolution se poursuit toujours en 2015 et mérite d’être relatée, puisqu’elle est à l’image de ce qui se passe sur de nombreuses autres artères commerciales locales.

Ainsi, en 3 ans, mes 3 textes sur la Promenade Ontario pourraient faire office de « veille » de la progression d’une rue commerciale dans le contexte de la montée des quartiers. En effet, j’observe depuis de nombreuses années que les quartiers sont une nouvelle zone d’appartenance. On veut y sortir, y manger, s’y amuser, sans dépendre du centre-ville. Mon texte Artères commerciales : pour une vraie vie de quartier fait état de mes réflexions sur ce sujet.

Voyons l’évolution de la rue Ontario depuis un an, pour illustrer ce phénomène de l’attractivité de plus en plus forte des quartiers montréalais.

Cœur de village à l’Ouest de la Promenade

Le Café Bistro Bobby McGee, ouvert en juin 2013 à l’extrémité Ouest de la Promenade Ontario, a été un précurseur. L’intérieur, entièrement conçu et fabriqué par le propriétaire et sa gang d’amis, était chaleureux, mais il se trouvait un peu loin des autres nouveaux commerces de la Promenade. Ce n’est plus le cas. Dans un local voisin laissé vide après le départ d’une boutique d’articles de sports, maintenant séparé en deux, ont ouverts coup sur coup une boulangerie, la Grange du Boulanger (fin février 2015) et une librairie, la Flèche rouge (fin avril 2015).

L’ensemble réanime complètement l’Ouest de la Promenade et profite d’un décor magnifique, avec l’Église Nativité-de-la-Sainte-Vierge juste en face. Commerces résolument « de quartier », le Bobby propose en plus des spectacles dans une ambiance très décontractée, pratiquement tous les soirs. La librairie La Flèche rouge, tout aussi sensible aux mouvements populaires que le Bobby, fait une promotion particulière des éditions indépendantes, tout en étant un « atelier de quartier »… On y offre donc une foule d’activité de type artistique, en plus des livres, neufs ou usagés. Ce sont des commerces assez uniques, très adaptés au quartier, et qui animent de façon admirable le secteur.

Que ce soit sur la terrasse du Bobby, au comptoir en vitrine de l’excellente Grange du Boulanger ou assis dans un fauteuil de la librairie La Flèche rouge, l’ambiance est magique. Il n’en faudrait pas beaucoup plus pour qu’on ait l’impression d’être sur une place d’Europe ;) Commerces alternatifs, odeur de pain frais et église monumentale créent ce mirage, qui pourrait facilement être renforcé si on réaménageait le parvis, comme le propose le blogue Mes Quartiers dans son circuit découverte d’Hochelaga. En effet, si le « débarcadaire-stationnement » qui occupe le parvis était remplacé par une place publique, c’est tout le quartier qui en serait métamorphosé. Et si la nécessité de permettre aux voitures de s’y stationner est incontournable, l’exemple du Quartier des spectacles nous montre bien qu’espace public et espaces de stationnement ne sont pas incompatibles…

On sait déjà qu’à trois coins de rues plus à l’Ouest, à la bordure du quartier, une place publique verra le jour, sur Ontario, dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal et revitalisera cette porte d’entrée d’Hochelaga. Il n’y a toutefois plus de commerces rendu là… Mais ce nouveau chantier confirmera la tendance positive pour l’Ouest de la Promenade et permettra sûrement de soutenir son développement.

Un centre bio et équitable

L’arrivée du Terre à Soi (juillet 2014, après avoir passé 5 ans sur Sainte-Catherine Est) et de l’Antidote Super alimentation (octobre 2014), à quelques rues de Aliments Merci, déjà installé depuis quelques années, a changé le secteur central de la Promenade. Ces 3 adresses, inspirées des mouvances bio-équitables, créent un nouveau pôle bien intéressant pour les résidents. L’arrivée prochaine d’une boutique Roxy Lama, qui offre des vêtements « importés directement, dans un rapport de respect et d’équité avec les artisans » et des bijoux et accessoires pour femmes produits par des créateurs d’ici, viendra renforcer ce mouvement.

Il y a de la place dans le quartier pour ce type de commerces et d’initiatives sociales. Le site Potloc, qui invite la population à choisir les prochains commerces à s’établir dans leur quartier, a d’ailleurs identifié quelques locaux vacants au centre de la Promenade. Sur ce site, on choisit un type de commerce qu’on aimerait voir s’installer dans notre quartier, on identifie dans quel local vacant, recensé sur le site, on aimerait le voir arriver, puis on publie notre « demande ». Pour l’entrepreneur, cela permet de savoir si le quartier est intéressé au type de commerce qu’il pense ouvrir… Un concept bien intéressant, qui couvre déjà l’ensemble de l’île, mais aussi le Québec, l’Ontario et le Vermont!

Pour revenir aux initiatives de la Promenade Ontario, le programme Un quartier en art est aussi bien présent au centre de cette rue commerciale. On offre aux artistes du quartier d’exposer leurs œuvres dans les vitrines de commerces vacants, pour attirer l’attention sur les talents d’ici et sur les espaces commerciaux en attente de nouveaux projets… C’est assez efficace, les magnifiques lampes de Nathalie Clouâtre m’ont fait remarquer un petit local que je n’avais jamais remarqué auparavant, et je me suis mis à rêver d’ouvrir une mini boutique ;)

Tout comme la place publique pour le 375e anniversaire de Montréal pour le secteur Ouest de la Promenade, les initiatives de Potloc et la 2e édition du programme Un quartier en art contribueront certainement à renforcer le centre de cette rue commerciale d’Hochelaga…

L’Est animé et festif

La personnalité de l’Est de la Promenade est aussi unique, de par sa concentration de bars et de restos. Le restaurant Le Chasseur a été un précurseur, en septembre 2012, en s’installant pas très loin du boulevard Pie IX. En décembre 2013, l’ouverture du resto-bar Monsieur Smith laissait présager qu’un changement était en cours… Personne n’aurait pu imaginer qu’un an plus tard, le resto L’État-Major s’installerait à quelques portes de distance (décembre 2013), que le bar Le Trèfle suivrait (août 2014) et que la Brasserie Le Blind Pig (mars 2015) viendrait rapidement remplacer le précurseur Le Chasseur, qui lui a cédé son bail pour aller vers de nouveaux projets.

Cette incroyable effervescence se poursuit, avec l’arrivée d’un petit nouveau, le fast-food gastronomique la Mâle bouffe (juin 2015), qui vient compléter le tableau des nouveautés qui m’ont interpellé côté bars et resto à l’Est de la Promenade. Avec les restos que j’aime bien, La Cervoise et Les Canailles, déjà installés dans le coin depuis longtemps, il y a maintenant une vraie zone « sortie de soirée » sur la Promenade. Avec l’embarras du choix et du plaisir assuré, quel que soit l’endroit visité!

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Terrasse du Atomic Café – photo de Gilles Beaudry

De plus, il y a, cet été, 20 terrasses installées sur la rue Ontario entre Moreau et le Marché Maisonneuve! Un autre signe évident que la rue attire de plus en plus l’intérêt des résidents… On y va même d’une expérience de piétonnisation partielle de la rue Ontario, devant la Place Valois!

Il y a évidemment de nombreux autres commerces dont je ne parle pas dans ce texte. Quelques nouveaux venus, comme des adresses appréciées des gens du coin depuis des décennies. Il y a même la réouverture, ce mois-ci, de notre succursale de la SAQ dans un local neuf, en face de l’ancien. C’est l’ensemble de cette offre commerciale, ancienne et nouvelle, s’adressant à monsieur et madame tout le monde, visant la clientèle jeune et urbaine ou les « sages » du quartier, qui donne un charme à une rue commerciale locale.

Ainsi, même si j’aime bien sortir avec des amis dans un bar branché sur Ontario, j’apprécie retrouver tout près de chez moi un Rossy (oui, oui!), plusieurs Dollorama (ou l’équivalent), une petite quincaillerie Rona, etc. En pouvant trouver sur ma Promenade tout ce dont j’ai besoin, et en osant continuer à entrer dans des boutiques où je n’ai jamais mis les pieds, même après 3 ans dans le quartier, je sens moins le besoin d’aller chercher ailleurs ce qui peut se trouver à quelques pas de chez moi… Cette grande diversité est une des clés du succès de plusieurs rues commerciales locales.

Encore récemment, je découvrais (grâce au blogue Les Promeneurs) un commerce pourtant installé depuis quelques années: le Café Marco Rosa. Ce genre de magasin général latino-américain offre à la fois des piments forts séchés entiers et d’autres produits importés, quelques aliments frais et de supers bons empanadas

Développements perpendiculaires

Parlant de diversité, à force de découvrir les nouvelles adresses de mon quartier, je me suis mis à remarquer des boutiques que je n’avais jamais vues avant, sur des rues perpendiculaires à Ontario. La boutique Raymond IV, par exemple, se dit « vide-dressing chic » et interpelle les femmes, sur Dézéry, depuis le début 2015 (triste qu’elle n’ait pas encore de vêtements pour homme).

Un peu plus loin, c’est le Bric à Brac, livres pour les 0 à 17 ans, que je découvrais en préparant ce texte. Situé sur Aylwin, cette librairie spécialisée est située juste derrière une boutique de jouets du même nom, paradisiaque pour les enfants, petits et grands.

À l’Est du boulevard Pie IX, c’est une initiative citoyenne qui occupe une rue perpendiculaire : la rue de la Poésie. L’avenue Desjardins est devenue la vitrine de l’imaginaire des poètes d’Hochelaga-Maisonneuve qui affichent leur prose sur des panneaux, dans les carrés d’arbres, sur les terrains et même sur les murs. J’en parlais dans mon texte Poésie urbaine et Slam du bitume.

Renforcement du secteur institutionnel

Le secteur à l’Est de Pie IX est très différent du reste de la Promenade. Il y a quelques restaurants, mais ce sont les institutions qui dominent : bibliothèque, maison de la culture, CLSC, école et organismes du quartier se succèdent, jusqu’au Marché Maisonneuve et sa magnifique place publique dont je parlais dans mon palmarès des plus belles places de Montréal. Cet ensemble de services vient compléter à merveille le secteur commercial et continu à se renforcer. En effet, tous les vendredis de l’été, des fermiers viendront vendre leurs produits au Marché, qui s’affirme de plus en plus comme un incontournable.

À noter aussi, l’initiative Vélopousse, qui permet de se faire transporter pour une visite de style touristique du quartier, sera une fois de plus offerte cet été, vous permettant de faire encore plus de découvertes!

Il n’en tient qu’à vous de partir en ballade pour explorer votre voisinage. Vous verrez, que ce soit la Promenade Ontario ou une autre rue commerciale, elles bougent vite et vous surprendront.

Marché Maisonneuve

Pour découvrir d’autres rues commerciales locales, voici mes suggestions :

À quelques jours du lancement de la 3e édition du Festival MURAL (sur la Main du 4 au 14 juin), et à moins de 3 mois du festival de graffiti UnderPressure (5 au 10 août), c’est le moment de réaffirmer l’importance de notre ville dans le monde du street art. Plusieurs villes du monde s’affichent volontiers comme des destinations incontournables pour l’art urbain, alors, plusieurs acteurs de Montréal ont décidé de viser, eux aussi, cette reconnaissance internationale. Car la scène montréalaise du graffiti, de la murale et du street art mérite d’être célébrée et reconnue. Avant de vous expliquer pourquoi je le pense, permettez-moi de vous présenter Wynwood, un des quartiers du monde qui reçoit le plus d’attention médiatique pour sa promotion de l’art de rue. C’est à ce quartier de Miami que j’ai choisi pour nous comparer…

Wynwood c’est…

Imaginez un quartier d’industries légères, parsemé d’entrepôts, aux rues aussi larges que désertes et pratiquement sans arbre, qui s’étend sur une douzaine de rues de long et de large. C’est Wynwood, un quartier au Nord de Miami qui était pratiquement abandonné il y a quelques années à peine. Aujourd’hui, c’est une toute autre chose!

Un promoteur immobilier, connu pour avoir œuvré à la revitalisation de SoHo à New York, a vu tout le potentiel de ce quartier de grands murs vierges, tous prêt à accueillir des murales. Il a débuté en invitant quelques artistes de rues à peindre sur les murs des entrepôts qu’il avait acheté à bas prix, puis il a contribué à multiplier les murales et les fresques dans les alentours. La notoriété du quartier, son attractivité et, évidemment, la spéculation ont fait le reste. Aujourd’hui, Wynwood est sur le point de devenir un incontournable pour les touristes et il s’y ouvre des cafés, restos et boutiques à la douzaine.

L’ensemble des peintures est maintenant trop vaste pour être cartographié et, même avec Google Street View, il est difficile de se faire une idée du nombre de murales qui y sont présentées. Le visiteur fait donc face à un musée à ciel ouvert qui couvre tout un quartier (et maintenant, qui en déborde), dont les œuvres ne sont pas cataloguées et qui peuvent tout simplement avoir disparu la veille, sous une autre murale! Impressionnant et déstabilisant.

Wynwood MiamiEntièrement tourné vers la murale, Wynwood à les défauts de ses qualités. Il est impossible de planifier une visite en fonction des œuvres qu’on veut y voir, on doit donc y déambuler au hasard, sachant qu’il sera impossible d’en faire le tour. L’abondance donne aussi une certaine impression de répétition (par exemple, il y a beaucoup de murales représentant le visage d’une femme). Aussi, le quartier est excentré et difficile d’accès en transport en commun…

Positionner Montréal

Ces défauts, Montréal les évite tous, heureusement. On pourrait considérer le festival MURAL et sa cinquantaine de murales le long de la rue Saint-Laurent comme la colonne vertébrale des murales de Montréal, comme notre équivalent au quartier Wynwood.

Les œuvres produites dans le cadre du festival MURAL sont cartographiées, il est donc possible de les voir toutes lors d’une visite. Elles sont extrêmement diversifiées et situées en plein centre de la ville, donc très facilement accessibles. En plus, la vie commerciale y est bien présente, permettant de s’arrêter lors de notre visite pour prendre un verre, un café ou manger, sans se soucier de trouver un endroit pour le faire (contrairement à Wynwood). Aussi, ce secteur de la rue Saint-Laurent compte de petites places sympathiques, créant un environnement beaucoup plus agréable qu’un monotone quartier d’industries légères, parsemé d’entrepôts…

Le Parc du Portugal, par exemple, offre un îlot de fraicheur au milieu de plusieurs murales. Les édifices qui le bordent au Nord-Est sont couverts de graffitis, d’affiches et d’autocollants produits par des artistes de la rue. C’est une autre différence qui me plaît. Wynwood compte assez peu d’exemples d’autres pratiques artistiques que la murale, alors que la rue Saint-Laurent, notre Main, propose une foule de médiums différents à l’amateur de street art. Le tout encouragé par le festival, qui invitait l’an dernier le Diamantaire de Paris, par exemple. En nous obligeant à être attentif pour identifier ces plus petites œuvres, la promenade sur le circuit des murales nous permet de découvrir toute la créativité des artistes de la rue.

Street art Montréal

Le Diamantaire, affiche de Enzo e Nio, collant de ROC514, pochoir (inconnu) et céramique #endroitofficieldebisous

MURAL vient ainsi souligner de façon festive une pratique présente depuis plusieurs années à Montréal. Que ce soit l’organisme MU, qui fait apparaître plusieurs murales dans nos quartiers chaque année (la carte de leurs réalisations est ici); les producteurs de murales comme le spectaculaire A’Shop ou le surprenant ArtDuCommun; ou les programmes de ruelles vertes, qui incluent souvent la production d’une murale pour égayer les ruelles réaménagées, une multitude d’acteurs oeuvrent à faire de Montréal une destination de calibre international pour les amateurs de street art. Mon Top 20 des plus belles murales donne un bon aperçu de ce que notre ville a à offrir: des murales tout simplement fantastiques!

Ce n’est donc pas seulement le secteur de la Main qui participe à l’effervescence des murales, mais tous les quartiers de la ville, créant un effet peut être moins spectaculaire et condensé qu’à Wynwood, mais nous surprenant à n’importe quel endroit de la ville, y compris dans nos ruelles. L’art de rue n’est donc pas seulement tourné vers les visiteurs, mais il est aussi offert aux résidents.

Ce n’est sûrement pas étranger au fait que Montréal est la seule ville Canadienne présente, pour l’instant, dans la section street art du Google Art Project! Montréal y est d’ailleurs beaucoup mieux représentée que Miami… Un constat qui se répète sur le Street Art View, une plateforme collaborative pour cartographier l’art de rue dans le monde. Pour toutes ces raisons, Montréal se compare bien à Miami, selon moi, même si elle ne profite pas de toute la publicité faite autour du phénomène Wynwood. Alors imaginez si elle avait la même visibilité…

Les Montréalais ont beaucoup de talents. Que ce soit pour créer des murales, pour les multiplier ou pour les faire connaître, plusieurs acteurs travaillent sans relâche à nous faire voir le graffiti et le street art d’un nouvel œil. Et à partir du 4 juin prochain, le festival MURAL nous en mettra plein la vue, nous permettant de voir des artistes à l’œuvre, tel que Monk.E, un des muralistes d’ici qui m’impressionne le plus. Puis, du 5 au 10 août, UnderPressure prendra la relève…

Ajout de juillet 2015: C’est grâce a tous ces acteurs si Montréal fait maintenant figure de modèle, comme le raconte François Cardinal, dans La Presse.

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Magnifique murale de Bryan Beyung, un artiste Montréalais, à l’édition 2014 du Festival MURAL

Pour en savoir plus sur le sujet :

Publié par : cbernier | 20 mai 2015

L’architecture Art déco à Montréal

Surtout identifié à Paris, qui a vu naître ce style architectural, l’Art déco est bien présent à Montréal. On dit même que nous sommes l’une des villes du monde les plus importantes pour découvrir des bâtiments Art déco! Le 10e Congrès international d’Art déco s’est déroulé à Montréal, en 2009, dans une tentative de souligner l’urgence de conserver et de mettre en valeur ce patrimoine architectural unique.

D’autres villes l’ont compris avant nous et fondent une partie de leur promotion touristique sur la présence de ces bâtiments sur leur territoire. Ici, rien de semblable. Il est même difficile de trouver un livre qui parle du sujet!

L’arrivée du 375e anniversaire de Montréal, en 2017, réussira-t-elle à donner le momentum nécessaire à la préservation et à la redécouverte de ce riche héritage? Certains y croient, comme en témoigne, entre autres, deux prises de position récentes (dans The Gazette et dans le blogue Propos Montréal) en faveur de la réouverture du restaurent L’Île-de-France, aussi connu sous le nom « Le 9e ». Patrimoniale, cette salle de réception située au 9e étage du Centre Eaton est Art déco jusque dans le mobilier, qui est lui aussi protégé par cette désignation. Cet exemple phare des beautés que nous ont léguées les créateurs d’il y a 100 ans est malheureusement laissé « en dormance » depuis plus de 15 ans, malgré son importance reconnue… C’est même l’un des lieux patrimoniaux du Canada!

Il y a plus d’une cinquantaine d’édifices Art déco qui méritent d’être mis en valeur à Montréal, l’exemple de L’Île-de-France ne fait donc qu’illustrer un problème plus général, soit l’anonymat relatif de ce style architectural pourtant important. Né après la Première Guerre mondiale, ce style joue sur la verticalité, la symétrie et les ornementations. Il offre donc aux citadins des édifices esthétiques, agréables à regarder, et aux touristes, des bâtiments très photogéniques.

Quelques exemples d’ici

L’organisme Art déco Montréal offre une carte des principaux bâtiments représentant ce style architectural au Québec. Évidemment, la Métropole est particulièrement bien représentée. Le site Image Montréal compte aussi une exposition virtuelle de 40 de ces témoins des années 20. Si vous voulez découvrir encore mieux ce style, Kaleidoscope vous offre une visite guidée sur mesure. Mais voyons tout de même quelques exemples dès maintenant.

Le Vieux-Montréal

L’édifice Aldred est un bel héritage de l’Art déco à Montréal. Visible de plusieurs endroits, il offre sa beauté verticale aux hordes de touristes et de promeneurs du Vieux-Montréal depuis plus de 85 ans, directement sur la Place d’Armes. À voir aussi dans ce secteur :

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Le Quartier de l’Université de Montréal

DSCN3539Le pavillon central de l’Université de Montréal et sa célèbre tour est l’un des édifices Art déco emblématiques de la ville. Il côtoie les adresses 2747, 2801, 2815, 2935, 2945, 2990, 3019 et 3101 sur le boulevard Édouard-Montpetit, qui sont toutes des exemples de l’architecture Art déco « domestique », soit ce qu’on appelle communément des « blocs d’appartements »…

Le Centre-ville

Les édifices du Holt Renfrew sont de ceux qui affichent leur style Art déco au centre-ville. Plusieurs autres édifices du secteur, comme le Simons du centre-ville (anciennement Simpson), ou certains intérieurs, comme le fameux restaurent L’Île-de-France, sont aussi Art déco.

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Et dans plusieurs quartiers

DSCN4283modifiéMontréal regorge d’édifices Art déco. En plus des trois secteurs dont je viens de vous parler, le Sud-Ouest compte quelques exemples, dont le Marché Atwater, et Rosemont est aussi un épicentre du style, avec son complexe municipal (piscine et bibliothèque) au coin de Rosemont et de la 8e avenue, et avec la magnifique Église Saint-Esprit plus au Sud, entre autres.

Rosemont

L’Art déco ailleurs sur le globe

Une telle richesse architecturale pourrait être mise en valeur pour attirer les touristes, comme le fait si bien South Beach avec son Art deco historic District. Plusieurs villes françaises font aussi la promotion de leur patrimoine Art déco, comme Saint-Quentin et Reims (qui se dit même capitale de l’Art déco, un titre que lui conteste Napier en Nouvelle-Zélande!). Bruxelles, de son côté, allie Art déco et Art nouveau pour se démarquer. Mais Montréal? Notre ville offre pourtant l’une des 10 plus importantes concentrations d’édifices Art déco au monde! Mais qui le sait?

Il y aurait un petit effort à faire et l’arrivée du 375e anniversaire de Montréal serait un bon moment pour mobiliser quelques énergies autour de la mise en valeur de cet héritage unique et prestigieux.

Pour en savoir plus sur l’Art déco, la Grande bibliothèque offre:

  • L’Art Déco à Montréal, du service éducatif et culturel du Musée des Beaux-Arts de Montréal (1991) Niveau 1 – Documentaires 724.60974 A427ar 1991
  • Northern Deco architecture in Montreal (1996) Niveau 1 – Documentaires 720.971428 C6787n 1996
  • Le film Les dames du 9e, concernant le restaurant L’Île-de-France, devrait aussi être disponible sous peu, selon le catalogue…

Pour découvrir mes autres textes sur le thème de l’architecture:

Publié par : cbernier | 7 mai 2015

Les meilleurs lunchs au centre-ville

Je travaille au centre-ville depuis 5 ans, ce qui m’a permis de découvrir, avec le temps, une série de comptoirs-lunchs gastronomiques et de choisir mes foires alimentaires préférées. Par beau temps, je pars avec mon lunch (fait maison ou acheté) dans un de mes racoins préférés du quartier, pour profiter d’un peu d’air frais. Sinon, je mange au bureau, au comptoir ou dans le Montréal sous terrain, sans jamais être déçu, ni du repas, ni de l’ambiance. Je vous propose ici mes coups de cœur, qui vous permettront de transformer vos dîners au centre-ville en véritables expériences. Dans tous les cas, une heure suffit pour en profiter pleinement.

Avant de vous dévoiler l’ensemble de mes secrets, voici la carte de mon terrain de jeux du midi. Mon bureau est au métro Peel, en moins de 15 minutes je peux donc me rendre sur le flan du Mont-Royal, au cœur du campus de l’Université Concordia ou dans le Quartier des Spectacles. Tous les lieux numérotés sur cette carte sont donc à moins de 15 minutes du métro Peel. Selon mon humeur, je choisis une ambiance nature, culture ou urbaine, dans ma quinzaine de racoins préférés. Pour mieux vous guider, j’ai donné la couleur verte aux lieux naturels, orange aux espaces culturels, et bleu aux coins urbains. Mes comptoirs-lunchs préférés sont aussi indiqués, par un chiffre rouge dans leur cas. Pour l’ensemble de ces endroits, comptez entre 8 et 12$ pour un plat principal, auxquels ajouter environ 3$ pour une soupe ou une salade.

Carte diner centre-ville

Mes comptoirs lunchs de type gastronomique

1- Je n’étais pas adepte de sandwichs avant de connaitre le Comptoir du chef (3 adresses). Pendant plus de deux ans, je leur ai cherché un équivalent sans en trouver. Le Cubain (effiloché de porc, jambon, fromage Provolone, oignons et poivrons rôtis, mayo chipotle sur pain aux oignons), le Saumon à la Scandinave (Saumon frais poché, œufs durs, mayo à l’aneth, concombre, laitue et tomate sur pain tranché multigrain) et le Croissant aux crevettes sont mes valeurs sûres. Les sandwichs peuvent être chauffés sur demande, ce qui me plait bien, surtout pour le Cubain. Et puisque le menu, qui change tous les jours, est affiché sur leur site internet, je sais si un de ceux-là est disponible avant d’y aller. Ils offrent aussi des salades-repas et des plats cuisinés. Enfin, la carte fidélité donne droit au 15e repas gratuit. Quelques tables sont disponibles dans le hall de l’édifice voisin, si vous voulez manger sur place. (Fermés les fins de semaine)

2- Lorsque j’ai découvert le Anton & James, j’ai su que j’avais trouvé une nouvelle escale pour mes dîners. Le sandwich Poulet-Chipotle, chauffé (poitrine de poulet, fromage gouda, tomates, oignons caramélisés, mayo chipotle sur focaccia au romarin), est mon préféré du moment. J’ai aussi apprécié le Mont-Royal-Stilton (rôti de bœuf, fromage bleu, bacon, mayo, romaine sur ciabatta), avec son petit « oumf », dû à la présence discrète du bleu. J’aime bien repartir avec une pizza lorsque je ne mange pas dehors, et profiter de leur boisson gazeuse au gingembre, vraiment intense. Quelques places assises sont disponibles le long de la vitrine, mais aussi quelques tables au 2e étage.

3- On m’avait vanté le sandwich à l’agneau confit du Café Vasco de Gama. Délicat et plein de saveurs, il mérite lui aussi d’être connu. Les sandwichs viennent obligatoirement avec une salade ou une soupe, qu’on peut manger sur place ou emporter avec nous. C’est un bel endroit pour avoir l’impression d’être au resto, même si c’est un comptoir lunch sur le même modèle que les foires alimentaires. Très clair, mais très tassé aussi.

4- Pour mes envies de sushi, c’est au Sushi Nippon que je vais. Les sashimis de thon blanc et de pétoncle sont mes préférés. J’en prends toujours un des deux en extra, avec une des boîtes préparées d’avance. On peut manger sur place ou tout emporter.

5- Je n’y suis allé que pour leur tartare de saumon jusqu’à maintenant, quoi qu’ils offrent d’autres plats, mais le marché Fous d’ici est ma destination lorsque je décide de profiter du Quartier des Spectacles pour manger. Il est d’autant plus pratique que c’est un véritable marché, utile pour les petits achats gastronomiques. En plus, on peut manger sur place, à l’intérieur ou à l’extérieur. (Fermé les dimanches)

6- Difficile de ne pas parler de la cuisine de rue, très tendance. Le Square Dorchester accueille jusqu’à 3 camions sur l’heure du midi, qui changent tous les jours. Une fois de temps en temps, ça change de la routine… Pour tout savoir, passez sur le portail « Cuisine de rue » de la Ville.

7- Le Café Grévin par Europea est un des secrets du centre-ville. Niché au dernier étage du Centre Eaton, il offre des boîtes-lunchs succulentes, dans un décor de bistro français. Surprenant quand on sait qu’on est en plein centre d’achats! On peut manger sur place, mais aussi partir avec notre boîte et redescendre au niveau de la rue profiter des racoins que je vous présente plus loin dans ce texte.

8- Avant de partir à la découverte des lieux que je vous propose d’explorer sur votre heure de dîner, notons simplement que les Cours Mont-Royal offrent quelques comptoirs intéressants, entre autres :

  • Cultures, pour son excellente lasagne (offerte seulement les vendredis et dont la recette est unique à cette succursale)
  • Le surprenant Sandouchon, qui offre des sandwichs d’inspiration péruvienne, accompagnés de sauce piquante.
  • Pour un petit repas économique (moins de 6$), sans couper dans les légumes, le pita shish taouk (au poulet) de la Villa Madina est un bon plan.

Les terrains de jeux du midi : aux quatre coins du centre-ville

Voyons maintenant les lieux où vous pouvez déguster vos trouvailles, pour vivre une expérience vraiment surprenante du centre-ville. Je vous les présente par type d’ambiance recherchée.

En vert : Nature

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Jardin Domtar

3- Le Jardin Domtar est une véritable oasis de calme, qui reproduit un coin de forêt en pleine ville. Ce n’est pas le Mont-Royal, mais presque ;) Il offre un lieu d’évasion très accessible, puisqu’il est adjacent à un édicule du métro Place-des-Arts.

4- Derrière la Christ Church Catedral se trouve la Place Raoul-Wallenberg, un espace de paix méconnu, en plein cœur du centre-ville. Un petit square fleuri, avec sa fontaine et ses nombreux bancs, permet de reprendre son souffle dans ce secteur de la ville où tout bouge très vite.

6- En empruntant la rue McTavish au nord de Sherbrooke, on longe des pavillons de l’Université McGill. En face du « Bookstore », un passage permet de pénétrer sur le campus, entre deux pavillons. Ceux qui osent passer par là arrivent sur un long patio qui surplombe les terrains gazonnés qui forment le cœur du campus. Plein de bancs permettent d’observer les étudiants vaquer à leurs occupations, en bordure de ce grand espace vert.

9- Le Square Dorchester offre un espace de prestige pour dîner. Entouré de magnifiques édifices, il est jonché d’œuvres d’art du passé. Statue équestre, lion inspiré de celui de Bartholdi, monuments historiques, le tout entouré de monticules de gazon où profiter de la vie, tranquillement.

13- L’église de St. Andrew and St. Paul, voisine du pavillon ancien du Musée des Beaux-Arts sur Sherbrooke, cache un petit jardin privé, pourtant visible de la rue. Il faut oser ouvrir la clôture du terrain de l’église pour aller en profiter, mais on en est récompensé par une espèce de sous-bois, hors du temps et de la ville. Un véritable havre de paix.

16- Le réaménagement de l’entrée Peel du parc du Mont-Royal a valu un prix à la Ville, bien mérité d’ailleurs. On peut en profiter après avoir gravi le quartier installé sur le flanc de la montagne et grimpé les quelques escaliers qui mènent aux sentiers tortueux au cœur de la forêt. Pas besoin d’aller plus haut, vers le sommet, on est déjà en pleine nature! Un dîner au bas de la montagne, c’est toujours fantastique, l’effort est donc largement récompensé.

Pour en découvrir encore plus, passez sur la liste des jardins du centre-ville de District Montréal.

En orange : Culture

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Portail Milton

5- Le Portail Milton de l’Université McGill, soit l’entrée Est du campus par la rue du même nom, est orné de plusieurs grandes œuvres d’art, au cœur d’un aménagement en terrasse. Pour se faire dorer au soleil dans une ambiance vraiment plus calme que celle des terrains gazonnés qui forment le cœur du campus, c’est le coin idéal.

7- L’avenue McGill College, entre Sherbrooke et Maisonneuve, profite d’aménagements exceptionnels, tant publics que privés. Des fontaines et des œuvres d’art sont présentes sur les terrains des édifices, créant des espaces prestigieux, en plus des nombreux bancs publics et de l’exposition de photos qui longe chaque été le trottoir du côté Ouest (à partir du 12 juin cette année). Idéal pour rester proche de l’action.

14 et 15- Le Musée des Beaux-Arts offre plusieurs espaces culturels aux passants. L’avenue du Musée, piétonnisée chaque été, est agrémentée de plusieurs sculptures majeures et déborde de part et d’autre de la rue Sherbrooke, multipliant les possibilités de s’y arrêter, pour profiter d’une œuvre qui nous plait, pendant notre heure de lunch. J’aime particulièrement le genre de penseur de Jaume Plensa et le Soleil de Chihuly, deux artistes dont les oeuvres font partie des collections de plusieurs grandes villes du monde… Lorsque je cherche une ambiance plus intime, je passe à l’arrière du pavillon ancien du Musée pour profiter de la discrète terrasse publique aménagée en retrait de la rue ou du petit parc situé complètement derrière.

En bleu : Urbain

1 et 2- La Promenade des Artistes, située entre deux rues dans le Quartier des Spectacles, est grouillante de vie. Pour être au cœur de l’action, c’est parfait! À deux pas de là, la Place des Festival, où se trouve le plus grand jeu de fontaines animées du Canada (et ses 235 jets d’eau), offre plus d’espace, tout en étant aussi animée que la Promenade.

8- L’esplanade de la Place Ville-Marie est pratiquement inconnue, alors qu’elle offre une vue spectaculaire sur la ville et sa montagne. Fontaine, œuvres d’art et verdure sont offertes au cœur des gratte-ciels dans cet espace qui est, en fait, le toit d’un centre d’achats! Il suffit de monter les quelques marches qui y mènent pour en profiter et pour croiser, au passage, une salle de réunion dans un cube de verre transparent! Cette oeuvre d’art, achetée pour souligner le 50e anniversaire de l’édifice, est intitulée « Autoportrait de la Place Ville-Marie ».

10- Derrière l’édifice qui s’élève aux coins des rues René-Lévesque et Peel se cache un passage où trônent une très grande œuvre d’art et un long mur d’eau. En retrait de l’animation de la ville, mais tellement proche qu’on la sent et l’entend, c’est un bel endroit pour profiter de son heure de pause.

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Le « Salon noir »

11- Tout juste à côté, aux coins des rues Stanley et René-Lévesque, il y a ce que j’appelle depuis toujours le « Salon noir ». C’est un corridor formé de hauts bancs publics en blocs de pierre noire, assez surprenant. J’aime cet endroit unique, à la fois fermé sur lui-même et au cœur de l’action.

12- La Place Norman-Bethune profite d’un nouvel aménagement magnifique. Très larges trottoirs, bancs à profusion, plantation massive d’arbres et un boulevard Maisonneuve tout en courbe, qui prend presque des airs de chemin de campagne. J’exagère, évidemment, mais c’est tellement bien fait qu’on serait fou de ne pas en profiter. L’an dernier, on y avait installé un piano public, qui ajoutait à l’ambiance.

17- Dès le 23 mai, la Forêt urbaine du Musée McCord réapparaîtra par enchantement, pour notre plus grand plaisir. Ce bout de rue, piétonnisé pour la 5e année, aura un camion de cuisine de rue chaque midi de semaine et un piano public pour encore plus d’animation. Après une année où tout le mobilier était orange (2014), ce sera au tour du bleu d’être à l’honneur. Cet aménagement temporaire est, chaque été, un de mes coups de cœur.

Carte diner centre-ville

Vous avez maintenant mille et une raisons de dîner au centre-ville et de vous créer de véritables expériences à l’heure du lunch. Vous travaillez dans un autre secteur de la ville? Avez-vous pensé explorer les environs pour découvrir ce qu’il a à vous offrir comme ambiances? Ce petit exercice devient vite un jeu, puis vous permet ensuite de profiter de vos découvertes.

Ce midi, que ferez-vous?

Pour retourner à la page d’accueil de C’est toi ma ville…

Ou pour découvrir mes autres palmarès sur les plaisirs de la table:

Publié par : cbernier | 15 avril 2015

10 preuves que le printemps est arrivé

Bien que le printemps soit arrivé officiellement le 20 mars dernier, avouons que cette année, nous avions besoin de preuves pour y croire! Heureusement, celles-ci s’accumulent depuis quelques jours. Et hier, c’est devenu évident pour moi. Voici les 6 raisons qui m’ont frappé spontanément, accompagnées d’autres, qui se sont ajoutées naturellement :

1) Évidemment, il y a la température, clémente depuis quelques jours, sans qu’aucune tempête de neige ne semble vouloir s’abattre sur Montréal. Mais surtout, le fait de sortir du bureau à 18h et de pouvoir profiter du soleil, sans grelotter. Ça m’a convaincu que le beau temps était enfin arrivé.

DSCN46152) L’arrivée des balançoires du Quartier des Spectacles, hier, m’a attiré comme un aimant. Œuvre d’art ludique par excellence, je m’y suis amusé comme un enfant, retrouvant instantanément le goût de rire, dans une semaine pourtant maussade. Je vous les conseille, c’est une vraie thérapie de bonheur! Elles sont à votre disposition jusqu’au 31 mai, pour une 5e année. Nous aurons même droit à un bonus, puisqu’elles reviendront du 6 août au 18 octobre, pour repousser l’automne!

3) Ce matin, comme des centaines de Montréalais, je me joindrai aux cyclistes qui se sont déjà remis à arpenter les rues de la ville. En effet, les Bixis sont de retour, à mon grand bonheur! Avec de nouveaux tarifs (dont certains ont été diminués), pour être adoptés par encore plus de personnes. Aussi, les quelques pistes cyclables qui tardaient à rouvrir le font, comme celle du circuit Gilles-Villeneuve. Une autre bonne raison de se remettre à pédaler.

4) Vous en avez peut-être déjà croisé, les terrasses sur rue poussent comme des champignons depuis quelques jours. Elles se remplissent aussi vite! J’en ai vu dans le Village et sur la Promenade Ontario, entre autres. Celles qui sont attenantes a un bar, dans la cour arrière par exemple, sont aussi presque toutes ouvertes. Dans les prochaines semaines, les grandes, comme celles dont je parles dans Terrasses et plaisirs, se joindront au mouvement pour nous offrir toujours plus d’opportunités pour sortir.

14 avril 2015

Du côté de l’entrée Peel

5) Il y a un phénomène naturel qui est unique au printemps et qui me fascine toujours, ce sont les rigoles et les cascades qui se forment à partir de la fonte des neiges sur le Mont-Royal. Elles offrent un spectacle magnifique, qui mérite d’être admiré. Je suis allé, hier, sur mon heure du dîner. C’est vraiment une belle manifestation des effets du printemps…

6) Parlant de nature, elle se réveille doucement, les premiers bourgeons sont sortis et les premiers crocus de l’année ont déjà pointé leurs fleurs vers le soleil. Bientôt suivront les magnolias, les tulipes, les cerisiers, etc. Le Jardin botanique est toujours l’endroit idéal pour voir la nature s’éveiller après le repos de l’hiver. Son site web nous propose même une section réservé aux floraisons, celles de la semaine et le calendrier annuel, pour mieux planifier notre visite!

7) Même les arts s’emparent du printemps! En effet, les arts numériques mettent de l’avant l’effervescence et le rayonnement de la créativité montréalaise en se dévoilant dans le Printemps numérique. Pour les quelques jours de pluie qui pourraient subvenir, c’est une belle alternative aux terrasses ;) Et surtout, c’est une surprenante invitation à découvrir notre ville sous l’angle de ces nouvelles technologies. Une autre proposition culturelle mérite d’être associée au printemps : Merveilles et mirages de l’orientalisme. Jusqu’au 31 mai, elle annonce l’été en nous transportant dans un Espagne et un Maroc idéalisés.

8) La réouverture des comptoirs de crème glacées s’ajoute évidemment aux preuves que le printemps est arrivé. Dans mon texte Les meilleures crèmes glacées et sorbets, je vous présentais l’an dernier mes endroits préférés. C’est sûr que j’y ajouterai mes nouvelles découvertes ces prochaines semaines.

9) Le retour du beau temps incite à marcher. Les annonces concernant les Promenades de Jane, cet événement qui permet de rencontrer des citoyens et d’écouter le récit de leur quartier, tout en marchant dans celui-ci, ont débutées. Les gens sont invités à se joindre au mouvement du 1er au 3 mai, mais mon chum et moi, nous n’avons pas attendu. Nous sommes déjà à notre 3e promenade du printemps… C’est qu’il y aura une naissance à célébrer sous peu : celle d’un nouveau blogue dédié à la découverte des quartiers de Montréal! Je vous en reparle en mai ;)

10) Enfin, vous avez surement, vous aussi, votre preuve que le printemps est bel et bien arrivé? La 10e preuve, c’est la vôtre! Partagez-la avec nous en ajoutant votre commentaire à ce texte…

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