Publié par : cbernier | 29 janvier 2016

Pour la relance du Quartier chinois

Depuis 2 ans, beaucoup d’efforts ont été consentis pour donner un peu de souffle au Quartier chinois. La rue piétonne qui le traverse a été entièrement refaite, de sympathiques bancs publics sont apparus, on a installé de nouveaux lampadaires pour faire un clin d’œil aux traditionnelles lanternes et on a ajouté deux magnifiques murales au quartier, qui compte aussi, sur la rue Saint-Urbain, deux murales en bas-relief de pierre fraîchement restaurés, Le roi Singe et Les sons de la musique. L’an prochain, ce sera au tour des quatre arches donnant accès au quartier et à la pagode de la Place Sun-Yat-Sen d’être remises à neuf. Elles ont déjà plus 16 ans pour les plus jeunes et jusqu’à 30 ans pour les plus anciennes…

Les lampadaires sont inspirés des lanternes

Les lampadaires sont inspirés des lanternes

Ces différents travaux permettront-ils au Quartier chinois, identifié ainsi depuis plus de 100 ans, de retrouver sa place dans la liste des quartiers où on aime aller? Traversé par une rue piétonne depuis 1981 mais sans véritable terrasse et sans bar ou resto qui s’ouvre sur la rue, désavantagé par une image vieillotte et ayant offert peu de nouveaux commerces aux Montréalais ces dernières années, il faut avouer que le Quartier chinois attirait de moins en moins. Le temps est venu d’en assurer la relance!

La pagode de la Place Sun-Yat-Sen, qui sera bientôt restaurée

Comment attirer plus de Montréalais?

En 2015, le Kyozon, un resto de la rue Crescent, a fermé ses portes. Le rapport avec le Quartier chinois? Ses cocktails! Ils étaient tous inspirés de l’Orient, utilisant du thé, du gingembre ou du Sake, et ils étaient excellents. Trouve-t-on l’équivalent dans le Quartier chinois? À ma connaissance, non. Je trouve cela d’autant plus surprenant que le Mal Nécessaire, un bar d’inspiration Tiki (donc des îles du Pacifique), s’y est installé, dans un sous-sol, avec beaucoup de succès. Il me semble clair que la demande pour de tels bars à cocktails, dans ce quartier, est assez forte pour soutenir au moins un ou deux nouveaux Kyozon…

Plus largement, c’est toute l’industrie du Nightlife qui est mal desservie dans ce quartier. Nommez-moi un bar pour aller danser? Une salle de spectacle? Un événement culturel du Quartier chinois? Il serait pourtant si facile d’y offrir des endroits et des événements distinctifs!

On y va aussi assez peu pour manger, alors que je suis sûr qu’il s’y cache de véritables petites perles de restos. Pourquoi ne pas créer un guide des restos chinois, visant à faire connaitre leurs spécialités? Vu de l’extérieur, il est difficile de déchiffrer ce que chacun offre. Pour ceux au sous-sol ou à l’étage, c’est pire. On a bien entendu parler du Orange Rouge, mais à part lui, difficile de se faire une idée sur l’offre gastronomique qui nous attend dans le Quartier chinois. Un guide à l’intention des Gweilos (les occidentaux) serait donc très utile…

Vue générale

Rue piétonne De la Gauchetière

Il serait aussi plaisant de trouver un salon de thé typiquement chinois dans le quartier. Mais aussi un bon endroit où aller boire un café… En plus des bars et des restos, ce serait un secteur qui pourrait facilement attirer les étudiants et les travailleurs.

Le quartier a profité de plusieurs travaux ces deux dernières années, mais je me suis toujours demandé pourquoi on n’y aménageait pas un petit parc pour rappeler que le Jardin botanique de Montréal abrite l’un des plus grands jardins chinois hors de Chine du monde. Il pourrait servir de prétexte pour annoncer les activités qui se déroulent au Jardin botanique, comme les Jardins de lumière. Il rappellerait aussi que ce jardin a été réalisé en 1990 grâce à l’apport du Service des Parcs de la ville de Shanghai (en Chine), en utilisant des matériaux chinois expédiés vers Montréal par plus de 120 conteneurs et assemblés sur place par 50 artisans chinois!

Jardin Chinois du Jardin botanique de Montréal

Jardin Chinois du Jardin botanique de Montréal

Comment attirer plus de touristes?

Montréal profite d’un jumelage avec la ville de Shanghai depuis 1985, soit depuis plus de 30 ans. Lors de son plus récent renouvellement, le maire de Montréal en profitait pour demander qu’en plus de la ligne aérienne directe entre Montréal et Pékin, inaugurée en 2015, on en ajoute une avec Shanghai.

Ce serait une belle occasion de faire rayonner différemment le Quartier chinois, en s’inspirant d’un courant majeur qui perce depuis quelques années en Chine et plus particulièrement à Shanghai: l’art contemporain. Pourquoi ne pas s’associer une fois de plus avec notre ville jumelle pour créer une vitrine nord-américaine qui fasse rayonner la culture et l’innovation provenant de la Chine, et de Shanghai en particulier? Après la création d’un des plus grands jardins chinois hors de Chine, pourquoi ne pas se doter du plus grand musée d’art contemporain chinois hors de Chine?

Exemple d'art contemporain chinois (Galerie de Hong Kong, en 2014)

Exemple d’art contemporain chinois (Galerie de Hong Kong, en 2014)

Shanghai compte au moins 5 musées de ce genre: le Museum of Contemporary Art, la Power Station of Art, le Doland Museum, le Rockbund Art Museum et le Long Museum. C’est sans compter le M50 District, un quartier d’ateliers d’artistes! Ce ne sont donc pas les institutions (avec lesquelles associer notre propre Musée d’art contemporain) qui manquent pour réaliser un tel projet!

Une telle vitrine de cette créativité, installée à Montréal dans le Quartier chinois, ne pourrait pas faire autrement que de devenir une attraction internationale, autant pour les Montréalais que pour les visiteurs. Et ça adonne bien, il y a un immense trou à combler au coin des rues De la Gauchetière et Saint-Laurent.

Emplacement de choix pour un futur musée d'art contemporain Chinois à Montréal?

Emplacement pour un futur musée d’art contemporain Chinois à Montréal?

Avec une attraction de cette importance, qu’il serait utile de coupler à un centre d’interprétation et un kiosque d’information touristique, le quartier se démarquerait de tout ce qui existe en ville. Un tel projet encouragerait de nouveaux créateurs et entrepreneurs à miser sur le Quartier chinois et sur ses signes distinctifs pour lancer leurs propres projets.

Le nouvel an chinois commencera le 8 février prochain. Selon certains, l’horoscope chinois indiquerait que 2016, année du Singe de feu, offre une année propice aux imprévus, à la créativité et à l’audace. Ce serait l’année idéale pour lancer de nouveaux projets innovants, qui trouveront un terreau favorable à leur développement… La réalité rencontrera-t-elle l’astrologie cette année? Si c’est pour inciter les rêveurs, les créateurs et les entrepreneurs à oser redévelopper le Quartier chinois, pourquoi pas!

Pour en savoir plus sur l’histoire du quartier : Archives Montréal

Merci à MesQuartiers pour le soutien à la recherche, ayant permis l’écriture de ce texte.

Cette nouvelle murale de Gene Pendon et Bryan Beyung, qui fait partie de mon Top 25 des plus belles murales de Montréal https://cbernier.wordpress.com/2015/09/23/murales-le-top-25-de-2015/

Cette nouvelle murale (produite par MU et peinte par Gene Pendon et Bryan Beyung) fait partie de mon Top 25 des plus belles murales de 2015

Publié par : cbernier | 20 janvier 2016

Colorer la ville

Curieusement, lorsqu’on parle de villes colorées, il nous vient spontanément à l’esprit une ville tropicale. Pourtant, il me semble que ce sont les villes nordiques, comme Montréal, qui auraient besoin de plus de couleurs, pour mettre de la vie à l’hiver.

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Le chroniqueur urbain Marc-André Carignan en parlait il y a un an dans un texte intitulé Montréal et sa chromophobie. Un autre chroniqueur, Mathias Marchal, proposait au même moment des abribus aux vitres légèrement teintées, pour égayer la ville. L’idée d’ajouter de la couleur à nos villes n’est pas nouvelle, mais revient systématiquement à l’avant-scène.

Mais aussitôt évoquée, on s’empresse de se donner des raisons de continuer à construire en gris-pierre, argent-métallique, rouge-brique, brun-bois ou transparent-vitré. Avouez que tout ça, c’est un peu terne. Il se pourrait toutefois que la résistance soit sur le point de céder…

Le Palais des congrès et son immense baie vitrée de toutes les couleurs a été un précurseur. Et il a choqué. « Trop » a été le mot d’ordre de la critique. Ce débat a sûrement refroidi plusieurs architectes. Heureusement, deux projets actuellement en construction à Montréal osent la couleur : l’Office national du film (SHDM et Provencher Roy) aura une grande fissure rouge de 13 étages de haut dans son nouveau siège social et le Rubic (Rayside/Labossière), un immeuble locatif, surprendra aussi avec ses immenses balcons-rectangles rouges, en façade.

Édifice de l'îlot Balmoral tel que présenté à l'exposition Montréal du Futur, en 2014, et actuellement en construction

Édifice de l’îlot Balmoral tel que présenté à l’exposition Montréal du Futur, en 2014, et actuellement en construction

M9 en 2009

Façade de la phase 1 du M9 (2009)

Il y a quelques années, la coopérative d’habitation Au-pied-du-courant, située sous le pont Jacques-Cartier, avait aussi fait sensation avec ses grandes masses jaunes. Ses architectes (BGLA) ont même reçu un prix pour souligner leur audace. L’an dernier, la coopérative Fleur-de-l’île misait elle aussi sur le jaune. Les condos M9 (Sid Lee Architecture) y allaient plutôt dans le vert et l’orange. Rouge, jaune, vert et orange… Est-ce l’amorce d’une tendance lourde? Je l’espère! Ce serait tellement agréable de vivre dans une ville qui multiplie les couleurs.

Lyon

Lyon

Ailleurs dans le monde, les projets colorés sont parfois des plus spectaculaires, comme le Cube orange de Lyon (France) ou l’édifice multicolore qui borde la gare de Salzburg (Autriche). Beaucoup d’autres villes osent la couleur pour faire parler d’elles, comme l’illustre ce Top 18 des villes les plus colorées du monde.

Souvent, de grandes institutions s’y mettent… Ici, quelles institutions pourraient bien contribuer à l’effort pour colorer la ville?

Salzburg

Salzburg

Énergiser le paysage

Je me suis toujours demandé pourquoi Hydro-Québec ne mettait pas un peu de couleur à ses installations de Montréal, pour redonner vie à celles qui déparent nos quartiers. À commencer par ses postes de transformation. Imaginez que celui-ci, situé dans le Sud-Ouest sur la rue Saint-Antoine, entre des condos et de jolis Plex, voyait sa façade entièrement peinte? Avec de simples carrés de couleurs, par exemple, à l’image de l’édifice de la gare de Salzburg…

HydroSud-Ouest

Cet autre poste, dans Hochelaga sur la rue du même nom, est situé directement en face de Poutine Centrale, qui en tire son nom, et au coeur d’un quartier résidentiel. Imaginez maintenant que son mur, qui enlaidit tout le quadrilatère, soit lui aussi maquillé. Comme ont su le faire pour des murs similaires deux artistes du graffiti, l’un pour une ruelle verte, l’autre pour une roulotte de chantier. Avouez que ce serait plus agréable pour tout le monde.

Mur d'HQ

Poste d’Hydro-Québec dans Hochelaga en haut et en bas, 2 exemples de ce que peuvent réaliser des artistes sur de tels murs beiges

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Source: Lumière de la ville

Même les pylônes pourraient devenir des œuvres d’art si on prenait simplement la peine d’y insérer des plexiglas colorés. D’immenses vitraux traverseraient la ville, plutôt que de vulgaires pylônes…

Accentuer la tendance

Ce serait bien que de grands acteurs institutionnels se joignent au mouvement qui se met en branle pour ajouter de la couleur à notre ville. En plus des édifices et des architectes qui y contribuent, dont je parlais en première partie de ce texte, il ne faudrait pas oublier l’apport important des muralistes qui peignent aux 4 coins de la Ville, encouragés par les organismes et regroupements Mu, MURAL, Art du Commun, Under Pressure et A’Shop, à ajouter de la couleur à des murs aveugles. Mon dernier Top 25 des plus belles murales en témoigne éloquemment.

Autre apport non négligeable, les éclairages urbains contribuent aussi à donner de la couleur à nos nuits, comme sur l’édifice du 2-22, au coin Sainte-Catherine et Saint-Laurent, qui est parfois rouge, parfois bleu; ou le Complexe Desjardins, tellement vert la nuit qu’il en crée des reflets dans le ciel! Cet apport de lumière a toutefois le défaut de ne pas réellement ajouter de couleurs à la ville le jour…

L’ensemble de ces ajouts de couleurs à la ville ne suffit pas à ce que ce soit perceptible lorsqu’on se promène en ville. Alors, imaginez si on la regarde de l’île Sainte-Hélène ou du Mont-Royal? Il en faudra plus pour rompre la monotonie. Si on encourage ce mouvement, il se pourrait quand même que d’ici quelques années, la couleur se soit réellement répandue un peu partout dans la ville, mettant de la vie partout sur son passage. Qu’en pensez-vous?

Palais des congrès (2)

Publié par : cbernier | 7 janvier 2016

Profite de l’hiver : 15 trucs infaillibles

Il n’y a aucune bonne saison pour rester enfermé, l’hiver pas plus que les autres. Nous vivons dans une ville excitante qui offre presque autant d’occasions d’en profiter sous la neige que sous le soleil. L’année débute à peine, que tu aies de bonnes résolutions ou non, nous avons tous une bonne raison de mettre le nez dehors! Si tu es plutôt casanier, mes 15 trucs s’adressent aussi à toi. En effet, plusieurs de ceux-ci se déclinent en deux propositions : une qui se passe dehors et une qui se passe en dedans. Avec ces 30 propositions, je t’invite à réinventer ta relation avec la neige.

Voici 15 trucs pour profiter du début de l’année en beauté :

1 Apprivoise l’hiver

Tu trouveras ci-dessous une foule d’idées d’activités extérieures. Il ne te reste qu’à en retenir une ou deux et à oser affronter le froid. Tu as sûrement aussi tes propres idées d’activités extérieures. Tu verras, l’hiver a aussi ses avantages, mais ça, tu ne le découvriras vraiment que si tu sors… Et ensuite, tu voudras, comme moi, qu’on se mette tous à Apprivoiser l’hiver.

2 Repose-toi quand même un peu

Le temps des fêtes n’est pas tellement loin derrière toi et tu penses avoir encore besoin de repos? Tu seras surpris des ambiances très zen et relaxantes de certains secteurs du Jardin botanique. La photo ci-dessous a été prise au Jardin des Premières-Nations, un des coins méconnus, caché entre les Jardins Chinois et Japonais. Apporte avec toi un thermos rempli d’eau bouillante, une tasse incassable et un sachet de thé et, lorsque tu auras trouvé un endroit où t’asseoir, détends-toi et profite du moment.

Jardin botanique de Montréal, jardin des Premières-Nations

Jardin botanique de Montréal, jardin des Premières-Nations

Le 21 juin de chaque année est célébré à Montréal la Journée de la lenteur. C’est le moment pour les différents mouvements « Slow » de se regrouper tranquillement pour faire connaître les avantages de ralentir. Sois plus lent qu’eux et prends les six prochains mois pour t’initier à ces concepts, pour être bien prêt le 21 juin prochain.

3 Lis beaucoup, passionnément

Tu aimes lire? Profite de la saison froide pour courir les boutiques de livres usagés, pour bouquiner et pour visiter les librairies indépendantes de la ville. Il y en a partout, si tu n’en connais aucune, vas au métro Mont-Royal et arpentes la rue, il y en a une bonne demi-douzaine à moins de 10 minutes de la station. Tu pourras faire tes provisions en prévision de l’été…

Hiver nucléaireLa catégorie Livres et lecture de mon blogue te propose plusieurs livres qui méritent ton attention. Mais pour aujourd’hui, je te propose de t’intéresser à la maison d’édition Alire, qui se spécialise dans la science-fiction, la fantasy, les romans noirs et les romans policiers, tous écrits par des québécois et dont plusieurs mettent en scène un Montréal différent de celui qu’on connaît. Et pour l’amateur de BD qui sommeille en toi, Hiver nucléaire est probablement celle qui est le plus à propos en ce moment. Un volume 2 est en préparation, tu pourras donc en profiter doublement!

4 Économise un peu

Ta carte de crédit est pleine, mais tu veux continuer à dépenser? Cours découvrir mon Top 5 des restos à 5$… Ou va directement au Cinko, dans le Quartier Latin, c’est une valeur sûre!

Pour économiser à l’année, procure-toi la carte Accès Montréal. Bien que certaines conditions s’appliquent parfois, elle te permettra de « profiter de ce que Montréal a de mieux à offrir », dit la pub… Comme des rabais au BotaBota, le spa sur l’eau; aux bains libres des piscines Olympiques; dans les principaux musées; et dans les équipements de loisirs scientifiques de la ville.

5 Apprends toujours

Surprends-toi en visitant la Bibliothèque Mordecai-Richler (Mile-End) ou le Musée des Maîtres et Artisans (Saint-Laurent), tous deux d’anciennes églises, dont parlait le blogue MesQuartiers dans son récent Top 15 des plus belles églises converties (numéros 12 et 14).

Musée des Maîtres et Artisans

Musée des Maîtres et Artisans (Saint-Laurent)

Ou reste bien sagement chez toi, mais dévore des yeux tout ce que te propose de revoir les Archives de Montréal. Des heures de plaisir!

6 Sors souvent

Suit la recommandation du blogue Yulorama : Pour rendre ton hiver plus amusant, visite le Village Mammouth! Situé sur l’Esplanade du stade, à la station de métro Pie IX, le site offre une foule d’activités jusqu’au 6 mars. Certaines activités sont payantes, mais l’accès au site et à son effervescence est gratuit. Pour te remettre de tes émotions, tu peux aussi t’y payer un cocktail hivernal, du jeudi au samedi, après 16h, au bar Le Brise-Glace.

Si tu n’en peux plus de jouer dehors, prends ton pied en profitant d’une des soirées d’humour offertes partout à Montréal, et ce, tous les soirs de la semaine. Un excellent travail de recherche de Yulorama, qui t’en dévoile plus d’une douzaine!

7 Découvre tout ce qui t’entoure

Apparu au mois de mai dernier, le blogue MesQuartiers a fait rapidement fureur avec ses circuits-découverte des quartiers montréalais. Pour 2015, il nous en a proposé 7, pensés pour être parcourus l’été. Mais même l’hiver, certains pourraient être intéressants, comme Maisonneuve. MesQuartiers te propose de découvrir l’architecture très européenne de ce quartier de l’Est de la ville et ses nouveaux commerces, jeunes et tendance. Été comme hiver, tu y trouveras ton compte.

Pour découvrir la ville en restant devant ton ordinateur, c’est le blogue Propos Montréal qu’il faut visiter. Sa série sur les 20 faits sur Montréal est une source inépuisable d’étonnements qui te permettra de « ploguer » tes nouvelles connaissances dans certaines conversations, tout en ayant un regard renouvelé sur ta ville. Pour en savoir encore plus, il y a un autre texte incontournable sur ce blogue : Mais pourquoi YUL? (en référence au code de notre aéroport). Ainsi, si toi ou un de tes proches prend l’avion cet hiver, tu pourras faire étalage de ta culture ;)

8 Déguste la vie

Parfois, il faut combattre le froid par le froid. Ainsi, pourquoi se passer des meilleures crèmes glacées de Montréal simplement parce que c’est l’hiver? Plusieurs des crèmeries de ma liste des meilleures sont ouvertes à l’année, il te suffit de vérifier sur leur site avant d’y aller…

Tu t’es donné comme résolution de début d’année de devenir un consommateur plus responsable? Joins l’utile à l’agréable et pars te gâter dans l’un des nombreux restos éthiques et écoresponsables qui s’offrent à toi.

9 Profite de la ville

Vivre en ville, c’est avoir accès à une vie culturelle intense et différente. Prends le temps de regarder les nombreuses œuvres d’art public qui t’entourent, celles qui font partie de la collection de la Ville comme celles produites par les artistes de la rue. Les Montréalais sont si créatifs qu’un blogue complet leur est dédié, Wall2Wall. On y recense tout le street art de Montréal, suffisamment pour alimenter une longue rétrospective mensuelle (!) des nouvelles oeuvres ou de produire un Top 100 des plus belles œuvres collées de 2015 (auquel s’ajoute un Top 100 des plus belles murales et des plus beaux graffitis). Tu verras, on se passionne rapidement de cet art lorsqu’on prend le temps d’en profiter… J’en parle aussi assez régulièrement, comme dans mon texte Les artistes du « sticker ».

Murale Le Montréal de Miyuki Tanobe (Verdun)

Murale Le Montréal de Miyuki Tanobe (Verdun)

 Si tu cherches quelque chose d’un peu plus conventionnel, profite du blogue Accès Culture, alimenté par les Maisons de la Culture de la Ville. Tu y trouveras des expositions, des ateliers, des spectacles, du théâtre, la liste d’activités qui s’y tiennent est sans fin et elles sont souvent gratuites!

10 Explore l’inconnu

Sors de ta zone de confort en 2016 et ose aller à des endroits où tu n’as jamais pensé mettre les pieds. L’été dernier, le vidéoblogue Montréal dans ta pipe proposait d’explorer le Marché aux puces Saint-Michel… Il fait froid, c’est la saison idéale pour aller te perdre dans ce dédale de n’importe quoi. Vois par toi-même :

Peu de gens explorent les souterrains de la Ville. Pourtant, il fait beau dans le métro à l’année et en plus de nous offrir une gigantesque galerie d’art, le métro nous ouvre la porte à des quartiers inconnus. Oseras-tu aller te promener autour d’une station où tu n’es jamais allé? Je t’en parlais plus haut dans ce texte, MesQuartiers pourrait te servir de guide, au besoin…

11 Teste tes goûts

Je ne suis pas très sportif, mais le jour où j’ai essayé le ski de randonnée sur le Mont-Royal, j’ai été impressionné par ses pistes qui traversent la forêt à des endroits inaccessibles l’été. Les Amis de la Montagne louent des skis au Pavillon du Lac-aux-Castors, alors rien ne t’empêche de tester ces pistes. Tu pourras te découvrir une passion pour le patin ou même la raquette au même endroit. C’est méconnu, mais il y a une foule d’endroits à Montréal pour faire du ski comme à la campagne. Si tu n’es vraiment pas sportif, tous les endroits proposés méritent aussi d’être utilisés pour une randonnée pédestre. En plus de la montagne, le Parc Jean-Drapeau est un des endroits à découvrir pour la marche. L’hiver, c’est toute autre chose que l’été. Amènes-y un lunch et quelque chose à boire pour prendre une pause, tu verras, c’est agréable.

Parc Jean-Drapeau

Parc Jean-Drapeau

Après avoir testé tes goûts pour les activités physiques, tu pourrais vouloir tester Les meilleurs bars à cocktails de Montréal? Ou les Bars speackeasies et secrets de la ville? Tous les goûts sont dans la nature, mais chacun de ces bars, et chacun des verres que tu y prendras, te feront découvrir quelque chose.

12 Visite le monde

C’est bien de se connaitre soi même et de connaitre sa ville, mais il faut s’ouvrir à tout ce qu’il y a ailleurs! Pour ce faire, je te propose d’aller au musée. C’est très tendance, même chez les jeunes, et les expositions qui seront présentées à Montréal en 2016 te feront parcourir le monde sans avoir à prendre l’avion.

Une autre façon de parcourir le monde à peu de frais c’est de profiter de ces restos qui nous font voyager. Destinations soleil, Europe, exotisme ou « road-trip » à l’américaine nous sont offert, en assiette, dans une foule de bons restos. Les tapas sont une autre piste qui te permettra de goûter le monde près de chez toi.

Le Kinoya, un resto qui fait voyager

Le Kinoya, un resto qui fait voyager

13 Admire l’univers comme les petites choses

L’hiver et associée aux aurores boréales, tu peux donc assouvir ta curiosité pour cet étrange phénomène en allant voir le spectacle immersif offert par le Planétarium. Assis dans une salle ronde comme une boule, on y projette le film tout autour de toi. C’est vraiment impressionnant. Pars ensuite explorer les étoiles grâce à l’exposition et sors quand il fera noir pour regarder les vraies étoiles, dans le ciel.

Ou fais le contraire et intéresse-toi à tous ces détails qui animent la ville. Des clins d’oeil et des curiosités, il y en a un peu partout et c’est ce qui fascine l’auteure du blogue Montréal, les caribous et moi, qui partage ses « instantanés insolites » avec nous. Tu verras, c’est fou tout ce qu’elle nous trouve!

14 Amuse-toi

Jusqu’à la fin du mois de janvier, c’est Luminothérapie dans le Quartier des spectacles. Y es-tu allé? Sinon, cours vite t’y amuser sur les bascules lumineuses! Le vidéoblogue Montréal dans ta pipe en a tiré cette vidéo d’ambiance qui montre bien que cette activité transforme le centre-ville, à la nuit tombée.

Tu peux aussi t’amuser sans sortir de chez toi en t’abonnant aux aventures en BD de Ponto, un petit personnage qui réussit à rendre les cônes orange sympathiques. C’est un vrai antidote au stress causé par les travaux chez bien des Montréalais. Il te permettra de les contourner le sourire aux lèvres plutôt qu’en rageant.

15 Et prépare-toi!

Enfin, pour bien commencer ton année, prépare-toi aux grands festivals d’hiver qui s’en viennent à grands pas : la Fête des neiges, pour la famille (les week-ends du 16 janvier au 7 février); Igloofest, pour danser (du jeudi au samedi entre le 14 janvier et le 6 février); Montréal en lumière et sa nuit blanche (du 18 février au 5 mars, avec la Nuit blanche le 27 février) et Art Souterrain (du 27 février, pendant la Nuit blanche, au 20 mars). Voilà 4 beaux festivals pour t’aider à apprivoiser l’hiver! Je te l’ai déjà raconté ici, la visite d’Art Souterrain, lors de la Nuit blanche de 2010, a été le déclencheur qui m’a fait écrire mon premier texte sur ce blogue, il y a plus de 5 ans… Ça illustre à quel point c’est un rendez-vous que j’attends avec impatience chaque année! Et toi, y es-tu déjà allé?

Art Souterrain transforme littéralement la ville

Art Souterrain transforme littéralement la ville

La nouvelle année, c’est l’occasion de se rappeler que la vie est faite pour être vécue. Nous avons la chance d’habiter une ville aussi vibrante que vivante, c’est une bonne raison pour chercher à la découvrir et à en profiter pleinement! À ces 15 trucs pour profiter de l’hiver et ma vingtaine de propositions pour y arriver, c’est le temps d’ajouter ton grain de sel. C’est quoi ta passion? Tu es curieux de découvrir quoi? Fais ta propre liste de tout ce que tu veux faire cet hiver et commence cette fin de semaine à profiter de ton Montréal blanc!

Neige

Publié par : cbernier | 21 décembre 2015

Dans moins d’un an : le 375e

Nous sommes exactement à 1 an du début des festivités du 375e anniversaire de Montréal. En effet, celles-ci débuteront le 21 décembre 2016 et dureront 375 jours. Si on en croit l’équipe qui organise cet important événement pour notre ville, il faut s’attendre à voir émerger presque autant de legs qu’il y aura de jours de célébration! Montréal y gagnera, à coup sûr, tout un élan. Mais avant de vous lister l’héritage attendu, voyons quel sera l’esprit de cette fête.

Depuis 2013, la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal s’active pour préparer l’événement, avec comme ligne éditoriale de « Créer des ponts ». On cherche aussi à ce que les investissements servent à mettre en place des infrastructures durables, un objectif qu’on ne peut que saluer! 4 thèmes ont été retenus et dévoilés il y a deux semaines : Montréal s’allume; Montréal bouge; Montréal s’éclate et Montréal se réinvente.

Le premier projet annoncé, l’illumination du pont Jacques-Cartier, donne le ton. Cette spectaculaire mise en lumière du pont se modifiera au gré des saisons et de l’activité de la ville, créant une expérience assez unique. Plusieurs ponts dans le monde profitent d’une telle mise en valeur, mais notre illumination devrait pousser le concept plus loin que nulle part ailleurs. Ce sera une attraction qui attirera les Montréalais et les touristes sur le bord du fleuve le soir, créant une nouvelle dynamique en faveur du redéveloppement des berges et de son accessibilité. Son effet devrait donc être majeur et durable.

Il sera rapidement suivi par le Festival Montréal en lumière, qui aura comme ville à l’honneur, Lyon. Reconnue internationalement pour sa Fête des Lumières et sa gastronomie, la Ville française devrait amener à notre festival un peu de sa magie si particulière.

Montréal bouge débutera avec des olympiades hivernales, une série d’activités sportives qui se dérouleront sur 4 fins de semaine. On nous invitera à jouer dehors! Ce nouveau rendez-vous sera appelé à devenir un autre des grands rendez-vous de l’hiver, avec IglooFest, Montréal en Lumières et la Fête des Neiges.

On nous promet une foule de surprises, avec de nouvelles annonces régulièrement, dès le début du mois de janvier. Nous connaissons toutefois déjà un certain nombre de projets qui se réaliseront pour le 375e, puisque les annonces ont débuté il y a plus d’un an. Mais on nous assure que ce n’est là qu’un début…

Ce que l’on sait

Déjà presque terminé, l’agrandissement du Musée des Beaux-Arts de Montréal, avec un 5e pavillon actuellement en construction, accueillera la collection de toiles d’un grand mécène du musée, d’ici 2017. D’une valeur de plus de 75 millions de dollars, cette prestigieuse collection enrichira ce musée déjà fascinant. L’engagement du Musée des Beaux-Arts ne s’arrêtera toutefois pas là, puisqu’il s’est associé au Musée McCord pour organiser une exposition extérieure sur la rue Sherbrooke, entre les deux institutions, liant du coup leurs deux petites rues piétonnes estivales. On y célèbrera le 50e anniversaire de l’Expo67.

Cité mémoire, un genre de musée d’histoire en plein air, proposera de son côté un parcours nouveau genre dans le Vieux-Montréal, alliant projections et nouvelles technologies, pour nous faire voir notre vieille ville à travers le temps. Une attraction qui s’annonce prometteuse…

Autres projets: l’aménagement d’un amphithéâtre naturel au Parc Jean-Drapeau, le réaménagement de l’allée qui mène de la station de métro et la gigantesque sculpture de Calder et la promenade riveraine panoramique de l’île Sainte-Hélène permettront, je l’espère, de repenser l’avenir de ce magnifique parc, trop longtemps négligé (et qui m’a inspiré cette comparaison internationale avec l’île de Lokrum).

Enfin, parmi les autres legs en préparation, qui sont déjà connus, mentionnons aussi :

Plusieurs de ces legs ne seront toutefois terminés qu’en 2018… Une occasion rêvée de prolonger les festivités, ne pensez-vous pas?

Plusieurs acteurs mettent la main à la pâte

10 grandes entreprises ont décidé de joindre leurs efforts à la Société des célébrations du 375e anniversaire, en ajoutant chacune 1 million au budget de la fête. Cette implication du privé rappelle l’importance pour les entreprises d’avoir un ancrage dans leurs collectivités. Le geste est d’autant plus important qu’il rappelle à toutes les autres grandes chaînes et multinationales présentes à Montréal leur devoir de contribuer à l’économie locale. Espérons maintenant que d’autres entreprises emboiteront le pas, en offrant elles aussi un legs à la métropole…

Déjà, on apprend que les grandes institutions Montréalaises s’activent en coulisse pour ajouter leur pierre à l’édifice du 375e, comme le fait l’Opéra de Montréal, qui prépare Another Brick in the Wall, un opéra tiré du fameux The Wall. Présenté ici en première mondiale, l’opéra partira ensuite en tournée. Il y a fort à parier que plusieurs autres institutions annonceront elles aussi leurs projets spéciaux dans les prochains mois.

Tout comme plusieurs organismes à but non lucratif. En effet, le bal est déjà lancé, avec des initiatives comme celle du Fonds 1804, qui remettra, en 2017, 375 bourses de persévérance scolaire à autant d’élèves provenant de toutes les écoles secondaires de la ville! Là aussi, l’effet boule de neige de la multiplication des initiatives devrait commencer à se faire sentir dès cet hiver.

Tout Montréal sera en fête

Montréal s’éclatera et les arrondissements seront aussi de la fête. De mai à septembre 2017, chaque fin de semaine mettra en valeur un arrondissement, à travers une foule d’activités locales qui seront relayées par une émission de radio et, nous dit-on, une émission de télévision… Une belle occasion de découvrir notre ville sous toutes ses coutures et d’oser profiter des ambiances si différentes qu’on trouve aux 4 coins de notre île.

On sait qu’un appel de projets a suscité beaucoup d’intérêt chez les citoyens et les groupes locaux, qui ont soumis à la Société du 375e plus de 300 projets. Le choix de ceux qui seront présentés en 2017 n’est pas fait, mais parions qu’il y en aura un minimum de 19, soit le nombre d’arrondissements à Montréal.

Ces projets s’ajouteront aux 19 legs déjà annoncés par la Ville pour financer des immobilisations dans chacun des arrondissements. Les plus marquants sont, à mon avis :

  • La plage de Verdun
  • Le Plan lumière du Vieux-Lachine
  • Le Parcours lumineux pour les ponts et passerelles au-dessus du canal Lachine, dans l’arrondissement Sud-Ouest, qui s’annonce particulièrement spectaculaire avec ses projections sur l’eau
  • Et pour connaitre le projet choisi par votre arrondissement, qu’il soit ou non dans mon « top 3 », vous pouvez le découvrir ici.

Encore une fois, il serait surprenant que d’autres acteurs, privés, institutionnels, communautaires ou citoyens, n’ajoutent pas des projets et des legs à cette liste.

Déjà, certains citoyens contribuent par leurs idées, comme celui-ci, avec son projet de pont piéton mobile sur le fleuve. Il reste un an aux enthousiastes pour proposer des idées ou pour préparer une action citoyenne plus concrète, comme une fête de ruelle particulière ou une initiative prometteuse à mettre en place d’ici 2017. Parce qu’au-delà de l’organisation officielle des festivités et de la participation des entreprises et institutions du territoire, la réputation de ville festive qu’a Montréal est essentiellement due à ses citoyens. Nous aurons une belle occasion de démontrer, une fois de plus, notre sens de l’accueil et de la fête, qui fait l’envie de bien des villes du monde…

Le 150e anniversaire de la Confédération

Si les citoyens sont au cœur des célébrations, il ne faut pas oublier que 2017 sera aussi l’occasion de réinviter le monde entier à venir nous visiter. Après le succès incroyable de l’Expo67, qui fêtera ses 50 ans, la Ville espère réussir à attirer 10 millions de touristes pour le 375e.

Pour y arriver, il faudra un petit coup de pouce du gouvernement fédéral. Il aura une bonne raison de le donner, puisque le Canada célèbrera le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. En combinaison avec sa propre fête, Montréal pourra faire rayonner plus que toute autre ville du pays cet événement. Pour le 350e anniversaire de Montréal, en 1992, c’est le Vieux-Port au complet qui était le legs offert par le gouvernement fédéral à la Ville… Les attentes sont donc assez élevées pour le 375e, mais parions que le nouveau gouvernement saura les combler…

Comme vous le voyez, malgré certains retards dans la livraison de différents projets, notre 375e s’annonce déjà assez bien. Il n’en tient maintenant qu’à nous de favoriser l’émergence des legs et des projets, d’encourager la participation de tous à cet effort collectif pour relancer notre ville et de réussir à ce que « Montréal se réinvente » en 2017, en 2018 et jusqu’à son 400e anniversaire.

Publié par : cbernier | 10 décembre 2015

Bars speakeasies et secrets de Montréal

Un bar speakeasy est un type de bar semi-clandestin, s’inspirant du temps de la prohibition aux États-Unis. Pour échapper à l’interdiction de vendre de l’alcool, certains commerçants avaient développé, dans des espaces cachés, des débits d’alcools illégaux. Aujourd’hui, un speakeasy est un bar légal, qui cache toutefois son adresse exacte et qui entretient la tradition de la discrétion, par le volume généralement moins élevé de sa musique et des discussions qui s’y déroulent.

Précurseur, le Big in Japan n’a pas pu garder son adresse cachée bien longtemps. Dès son ouverture, au début de 2012, le secret s’est éventé. Toutefois, encore aujourd’hui, il est difficile pour ceux qui y vont pour la première fois, d’identifier la porte. J’ai moi-même passé deux fois devant, avant de finalement être assez attentif pour la trouver. Le long corridor fermé au fond par un rideau est venu confirmer que j’entrais dans un monde parallèle. Une fois le rideau écarté, je n’étais pas au bout de mes surprises! L’ingénieux bar en zigzag, l’absence de fenêtre, la lumière très tamisée et la qualité de la carte des alcools m’ont transporté ailleurs, sans que je sois capable d’identifier où. Entre le nom du bar, la spécialité pour le saké et la musique souvent française, on perd nos repères. Et on y retourne!

Le Big in Japan, encore faut-il le trouver...

Le Big in Japan, encore faut-il le trouver

L’arrivée du bar Le 4e mur, il y a quelques mois, a ravivé l’intérêt pour le concept de speakeasy à Montréal. En jouant à fond le mystère autour de son adresse, ce nouveau cachottier a su attirer l’attention de plusieurs, dont celle du blogue L’Envers du bar. Encore une fois, l’adresse est assez facile à trouver, même si l’idée de faire partie d’une société secrète en s’inscrivant à l’infolettre du bar, pour en recevoir l’adresse, est séduisante. Il faut aussi savoir ouvrir le « mur » de briques qui bloque l’entrée. Avis aux intéressés, regardez vers le haut pour trouver une prise permettant de l’ouvrir. Vous ne serez pas déçu. Ni par l’ambiance, ni par les cocktails, qui méritent franchement le déplacement (permettant au bar d’apparaître dans ma liste des meilleurs bars à cocktails de Montréal). Le 4e mur tire son nom du mur imaginaire qui sépare le public de la scène, au théâtre. Alors, pour passer dans cet univers imaginaire, il ne vous reste qu’à en trouver l’adresse…

Le 4e mur, une porte qui s'affiche

Le 4e mur s’affiche ainsi

Bien qu’il ne se réclame pas du mouvement speakeasy, le Mal Nécessaire, bar à connotation Tiki du quartier Chinois, pourrait facilement être classé dans cette catégorie. Ou du moins, dans celle des bars secrets. En effet, de la rue, seul l’ananas en néon vert annonce l’endroit, sinon plutôt discret.

Le Mal nécessaire, un curieux sous-sol

Le Mal nécessaire, un curieux sous-sol

Vous connaissez d’autres bars speakeasy ou cachés de Montréal qui méritent d’être connus? Inscrivez-les, en commentaire, à la fin de ce texte!

J’ai une imagination débordante, et vous?

Si j’étais assez fou pour me lancer dans ce genre d’aventure, ce que j’aimerais voir à Montréal comme bar secret, ce serait un bar qui apparaîtrait à intervalle régulier, comme par magie, toujours à un nouvel endroit. Mais à un endroit bien particulier : sur une passerelle au-dessus des quais d’une station de métro. À chaque mois à une station différente.

Imaginez! Après l’heure de fermeture de la station, vous descendriez l’escalier roulant pour arriver dans un endroit surréaliste, aménagé à côté des tourniquets de la station… Vous auriez reçu l’information concernant la station où vous rendre à 22h (pour maintenir le suspense), puis un décor s’installerait dans la station sur le coup de minuit, un éclairage spectaculaire et adapté à l’architecture suivrait, et le bar apparaîtrait au dernier passage du métro, avec alcool vers 1h30, pour une expérience aussi courte qu’intense.

Mes talents avec le logiciel Paint sont limités, votre imagination doit donc compléter l'image ;)

Mes talents avec le logiciel Paint sont limités, votre imagination doit donc compléter l’image…

Pour qu’un tel projet soit possible, il faudrait qu’il fasse à chaque fois l’événement, qu’il crée un buzz. L’imagination des créateurs d’ici est à la hauteur de ce défi! Art Souterrain, qui expose chaque année des œuvres dans le Montréal souterrain, en est une des preuves…

Il ne resterait plus qu’à régler la question de la fermeture de ce bar mensuel assez particulier. Il pourrait y avoir un coût d’inscription, permettant de noliser un ou deux autobus de nuit, qui ramènerait le plus de gens possible près de chez eux (ils pourraient donner leur adresse lors de leur inscription), et des taxis pour les autres… Sinon, il suffit d’y tenir un « after hour » jusqu’à l’ouverture du métro!

Oui, je sais, je rêve en couleur ;) Mais c’est bientôt le temps des fêtes, alors je me permets cette rêverie de Noël. Qui sait, il y aura peut-être quelqu’un d’assez fou pour se dire que, puisque la STM permet des tournages de film dans ses stations, elle pourrait être intéressée à s’associer à des créateurs inspirés par mon idée?

Et vous, quel serait le concept de bar speakeasy ou secret que vous aimeriez voir à Montréal?

Vous avez aimé? Partagez ce texte sur vos médias sociaux et laissez un commentaire (plus bas sur cette page) pour nous faire connaître votre bar secret préféré, réel ou imaginaire…

Publié par : cbernier | 1 décembre 2015

Transformons nos églises abandonnées

Montréal compte plusieurs magnifiques exemples d’églises converties en équipement culturel, sportif, social ou en résidences. Il y a deux ans, le journal Métro publiait une série d’articles où on apprenait que près de 60 églises étaient fermées, transformées ou en cours de transformation sur l’île. Il y avait près de 300 églises, au Québec, qui étaient dans la même situation en 2013. Quelques-unes se sont sûrement ajoutées depuis… Si 12% ont été démolies, 16% étaient sans fonction et 8% à vendre. Les églises sans fonction et à vendre représentaient donc près de 75 bâtiments qui étaient à la recherche d’une transformation, offrant autant d’occasions d’innover avec ce patrimoine, construit par nos grands-parents.

Les églises transformées ou en cours de transformation montraient déjà, il y a deux ans, toute une diversité de nouvelles fonctions. Si 17% étaient utilisées par une autre tradition religieuse, 2% étaient devenues des bibliothèques, 8% des équipements culturels, 3% des plateaux sportifs, 3% des commerces, 1% des bureaux municipaux et enfin, 7%, des projets résidentiels.

Le blogue MesQuartiers publie, en parallèle de ce texte, une recension des 15 plus belles églises converties à Montréal. De mon côté, je me suis demandé si nous pourrions nous inspirer de ce qui se fait ailleurs pour trouver des idées de nouvelles vocations pour nos lieux de cultes désertés.

Et si on se comparait pour voir?

Oser les antipodes

Lors de mes voyages, j’ai visité plusieurs églises converties. La nouvelle fonction que j’ai le plus aimé est celle de bar. Difficile de ne pas être dépaysé dans un bâtiment religieux, avec un verre de vin à la main. C’est ce qu’offrait, au moins jusqu’en 2011, le KirchenCafé de Berlin. Si je ne retrouve aujourd’hui plus trace du débit de boissons, on semble toujours y organiser des spectacles.

1 Heilig-Kreuz-Kirche – KirchenCafé

Lorsque j’irai à Londres, je me promets de passer par le Pub irlandais O’Neill’s, de Muswell Hill. Voyez ces images offertes par Google, qui montrent à quel point cette ancienne église transformée en Pub a du cachet! Glasgow, en Écosse, compte aussi un établissement similaire, installé dans une église abandonnée. J’aimerais bien avoir un pub équivalent à Montréal…

A Arnhem, aux Pays-Bas, il y a une transformation d’église assez particulière. La St-Joseph Kerk y est devenue, en 2011, un Skatepark! Depuis, elle ne désemplit plus… Une autre expérience du genre, à Llanera en Espagne cette fois, a donné un résultat tout à fait spectaculaire… Il y a là un filon…

Moins détonante, l’expérience du Café et du cinéma Utopia, installés dans l’ancienne église Saint-Siméon de Bordeaux, mérite aussi d’être soulignée. Vieille de 500 ans, cette église est, depuis 1999, un haut lieu de culture. Avec son café et ses 5 salles de cinéma de répertoire, c’est une belle réussite, qui devrait nous inspirer.

2 Église Saint-Siméon - Cinéma et café Utopia

Sans être dans une église, il arrive aussi parfois que des cafés et des restos s’installent sur les flancs de celles-ci, comme je l’ai vu à Amsterdam ou à Valletta, sur l’île de Malte. Ça ne nécessite pas la fermeture de l’église et j’imagine que les revenus de location du sous-sol, pour installer les cuisines et quelques tables, contribuent à maintenir ces lieux de culte ouverts. Pourquoi pas ?

Continuer à nourrir l’esprit

Montréal compte une bibliothèque publique aménagée dans une église. La ville de Québec, au moins deux : la bibliothèque Saint-Jean-Baptiste, sur la photo ci-dessous, et la magnifique bibliothèque Monique-Corriveau, inaugurée il y a un an dans l’ancienne église Saint-Denys-du-Plateau.

9 église anglicane St. Matthew - bibliotheque

J’aime bien l’idée de voir plusieurs de nos églises transformées en bibliothèque. J’ai donc été naturellement séduit par le projet de la petite ville d’Obidos (en Espagne), qui a converti une de ses églises en librairie. Avant on s’y rachetait de nos péchés, aujourd’hui on y achète des livres… Ce sont en fait 8 lieux typiques mais inutilisés de la ville qui servent aujourd’hui d’écrins pour le projet de Ville Littéraire, qui vise à augmenter le tourisme, et le commerce, par 8 librairies spécialisées et atypiques.

3a Église de Santiago - Librairie 3b Église de Santiago - Librairie

On le voit mal sur la prochaine photo, mais la nef de l’église d’Obidos est maintenant occupée par des rayons de livres qui supportent un 2e étage. Ainsi, l’immense espace est mieux utilisé, tout en permettant un point de vue surprenant sur l’église elle-même, qui a tout de même une histoire de plus de 700 ans.

Rechercher la beauté

Les églises transformées en lieu d’exposition et en galerie d’art sont celles que j’ai le plus souvent vues lors de mes visites de villes européennes. C’est un peu normal lorsqu’on pense à tous les artistes qui ont œuvré à les décorer lors de leurs constructions. Ainsi, le Couvent dels Àngels, adjacent au musée MACBA, de Barcelone, offre un espace qui se prête naturellement aux œuvres de grandes dimensions.

4 MACBA Couvent dels Àngels

À Berlin, c’est le Schinkel Museum qui m’a séduit. L’ancienne église de Friedrichswerder, rouverte comme musée à l’occasion du 750e anniversaire de la ville, offre un cadre magnifique aux sculptures qu’elle abrite. Son équivalent montréalais pourrait être le Musée des maîtres et artisans du Québec, qui offre un spectaculaire lieu d’exposition à sa collection. Étonnamment moderne. J’aimerais voir plus d’églises montréalaises mises ainsi au service de la collectivité…

5 Schinkel Museum

Les possibilités de donner une fonction muséale aux églises sans fonction sont multiples. Les restes d’une église de Lisbonne presque détruite par un tremblement de terre, en 1755, servent aujourd’hui de portique du Musée d’archéologie du Couvent des Carmes. L’effet est spectaculaire.

6 Couvent des Carmes - Musée d’archéologie

À Tolède (en Espagne), l’église San Román a été convertie en Centre d’interprétation historique de la ville. Une fonction tout à fait adaptée pour nos propres églises, qui ont presque toujours été au centre de la fondation des quartiers de Montréal…

7 Église San Román - Centre d’Interprétation Historique

Comme autre inspiration sur le thème culturel, le Collège des Bernardins, de Paris, est vraiment intéressant. Lieu de dialogue, de culture et de recueillement, il présente depuis 2008 des expositions d’art contemporain, des concerts, des débats, mais aussi des cours de sociologie et de théologie, pour réconcilier les enseignements spirituels d’antan avec le monde d’aujourd’hui. Géré par le diocèse de Paris, ce lieu surprenant se décrit ainsi :

Le Collège des Bernardins est une entreprise audacieuse et singulière à plus d’un titre. Imaginé par le Cardinal Lustiger, il se veut un lieu d’écoute, de dialogue, de recherche et de formation, au service de l’Église et de la société, et surtout tourné vers l’homme et son avenir.

8a Collège des Bernardins - lieu de dialogue 8b Collège des Bernardins - lieu de dialogue

L’œuvre exposée lors de mon passage, en 2009, était des plus impressionnantes. L’idée d’attirer un public plus large que les seuls catholiques, à travers des expositions ou d’autres activités, me semble une voie prometteuse pour dynamiser une église sans fonction ou sur le point de le devenir. On pourrait sûrement trouver une église patrimoniale montréalaise qui profiterait d’un tel projet, s’inspirant du Collège des Bernardins et d’un autre exemple de réussite, ici même à Montréal, soit le Gesù.

Attirer les foules

Certaines villes ont transformé une de leurs églises en attraction touristique, comme le fait Macao (en Chine). On y trouve, en haut d’un escalier monumental, la façade de l’église de la Mère-de-Dieu, ravagée par un incendie en 1835. Aujourd’hui, c’est un passage obligé de tous les circuits touristiques de la ville et un lieu de rendez-vous prisé!

9 Église de la Mère-de-Dieu – ruine

Adolescent, je me souviens avoir rêvé qu’on transforme les restes de l’église méthodiste de la rue Sherbrooke (coin Clark) en serre tropicale. L’intérieur de l’église avait été détruit par un incendie et le toit retiré par peur qu’il s’effondre, mais subsistait la magnifique structure de pierre de l’édifice et sa façade. Les arbres avaient commencé à y pousser, me faisant penser à tout le potentiel du lieu si on y ajoutait seulement un toit en verre et qu’on l’aménageait en serre… Je suis sûr qu’aujourd’hui ce serait un incontournable pour les touristes en visite chez nous… On a plutôt décidé de raser l’église pour permettre la construction d’un hôtel.

Évidemment moins spectaculaire que cette idée, l’aménagement du parc Griffintown-St-Ann autour et dans les fondations de l’ancienne église Sainte-Anne, avec ses bancs orientés comme s’ils étaient des bancs d’église, est un petit geste de mémoire qui mérite d’être souligné.

Si Montréal n’a pas toujours su tirer parti de ses églises abandonnées ou sous-utilisées pour les redévelopper, au jeu de la comparaison avec les autres villes du monde, notre métropole s’en tire plutôt bien. Certains des projets d’ailleurs pourraient nous inspirer par leur ampleur ou leur originalité, mais il est étonnant de constater à quel point le Québec se démarque de par le nombre et la diversité des conversions (on a même aménagé un spa dans l’ancienne église Saint-Jude!). Comme vous le verrez si vous passez lire le Top 15 des plus belles églises converties à Montréal, du blogue MesQuartiers, l’expertise déjà développée ici est surprenante. Je ne connais aucune ville au monde qui compte assez de transformations intéressantes pour établir un tel palmarès.

Le nombre d’églises qui auront à changer de vocation au cours des prochaines années, et la richesse de ce patrimoine architectural, artistique, religieux et culturel, méritent qu’on s’inspire de ce qui se fait de mieux ici et ailleurs, pour que ces édifices, construits bien souvent par les gens du quartier, restent des lieux ouverts et accueillants pour l’ensemble de la population. Comme vous le savez maintenant, ce ne sont ni les idées, ni les modèles qui manquent pour y arriver.

Autres textes sur les églises:

Publié par : cbernier | 25 novembre 2015

Il fait beau dans le métro

Ces derniers jours, j’ai dévoré le livre Métro : le design en mouvement, publié en 2011 par Dominion Modern. Abondamment illustré de photos d’époque et d’aujourd’hui, c’est un réel plaisir de le feuilleter. On y dépeint la qualité architecturale du métro de Montréal avec enthousiasme et conviction, ce qui ne peut que flatter notre égo de Montréalais.

Métro le design en mouvementLe livre propose, en plus, de mieux comprendre la conception du métro, avant même sa construction. Ainsi, on y apprend une foule de détails, comme la raison pour laquelle notre métro ne compte qu’un tunnel (comparativement à Toronto, par exemple, qui en a deux) ou pourquoi les pneus sont en caoutchouc (puisqu’ils permettent au métro de monter une pente beaucoup plus raide que s’il avait été sur rail). On nous y explique aussi que les tunnels ont été conçus comme de petites montagnes russes, pour tirer avantage de la gravité et faire économiser de l’énergie au métro, en profitant de la force d’impulsion! Déjà en 1966, notre métro prenait en considération des éléments de développement durable!

Bien pensé, notre métro mérite qu’on s’y intéresse un peu plus et qu’on redécouvre ses qualités. Il faudrait aussi reconnaître, malgré ses défauts et ses rénovations incessantes, qu’il est globalement l’un des plus beaux de la planète. Le livre n’aborde pas la question sous cet angle, mais ayant vu quelques dizaines de métro dans le monde, je peux en témoigner… Avec ce texte sur C’est toi ma ville, et en prenant prétexte du livre Métro : le design en mouvement, j’aimerais contribuer à vous en convaincre.

Voyons comment, en utilisant les mêmes chapitres que le livre.

Une architecture diversifiée

Notre métro se distingue des autres par la décision prise, dès sa construction, de confier chacune des stations à un architecte différent et d’y intégrer, autant que possible, une œuvre d’art, elle aussi unique. Quand on s’y attarde, le résultat est souvent spectaculaire.

Station de métro De LaSalle à Verdun

Station LaSalle

L’auteur nous raconte que Lucien Saulnier, à l’époque président du comité exécutif de la Ville, considérait qu’une grande ville se devait d’avoir un métro pour mériter son statut international. Avec Jean Drapeau, maire de Montréal, il a été la principale locomotive permettant au réseau initial du métro de devenir une réalité et ce, en moins de 5 ans! Le premier coup de pelle protocolaire aurait eu lieux le 23 mai 1962, sur le terrain de la station Jarry, et l’inauguration a suivie, en 1966. Une prouesse que nous aimerions bien voir se reproduire un jour prochain, pour l’expansion du réseau…

La diversité de nos stations, qui fait partie de l’image de marque de notre métro, l’a distingué dès ses débuts. Plusieurs médailles et prix lui ont été décernés lors de son inauguration, mais aussi lors du prolongement du réseau initial. Depuis, ce sont les palmarès qui ont pris la relève, permettant au métro de Montréal de rayonner dans le monde, comme en témoigne la reconnaissance, en 2011, de la station Champ-de-Mars comme étant la plus belle station de métro du monde entier, selon le guide Bootnall. Il y a aussi eu l’utilisation de photos des stations Champs-de-Mars et Saint-Laurent pour illustrer le texte Les plus belles stations de métro du monde dans Minutebuzz. Et le choix de Lonely Planet de faire connaître a station Namur (et son oeuvre gigantesque, ci-dessous) dans son livre 1000 choses à voir dans le monde et sur son site web. Autre exemple, l’utilisation des stations Namur et Papineau comme 2 des 32 stations de métro du monde qui méritent le voyage, selon TuxBoard. Avec leur slogan Update your pop culture, le choix de la station Papineau surprend, quand même.

Tous ces palmarès, et de nombreux autres, font connaître la métropole à des milliers d’étrangers, plaçant le métro de Montréal en tête de liste des plus beaux de la planète.

Station Namur

Station Namur

Des voitures modernes

Les qualités des voitures du métro ne sont plus à démontrer, puisque 50 ans après leur mise en service, les premières, qui fonctionnent toujours, seront enfin remplacées par de nouvelles.

La disposition des sièges en L, permettant de créer une ambiance plus intime que les longs bancs adossés au mur des wagons, est une des caractéristiques uniques des wagons de notre métro. L’éclairage, diffus plutôt que fourni par d’agressantes ampoules, ajoute à cette ambiance plus agréable qu’ailleurs. Ce sont tous ces petits détails qui créent une expérience impossible à vivre dans un autre métro du même âge que le nôtre. Ainsi, presque 50 ans avant les métros qui ont été construits depuis, celui de Montréal avait su améliorer sensiblement la qualité de vie de ses passagers.

Dans quelques semaines, les voitures Azur feront leur apparition, modernisant petit à petit la flotte. C’est lorsqu’on pourra les essayer que nous verrons si elles réussissent à améliorer encore l’expérience d’utiliser le métro de Montréal… On nous promet une meilleure aération et une suspension plus douce, ce sera déjà ça de pris.

Un graphisme intemporel

Comme les voitures, le graphisme utilisé dans le métro n’a pas vieilli, malgré ses 50 ans. Alors que les logos et les caractères utilisés en publicité sont régulièrement ajustés, ces éléments de notre métro sont restés pratiquement inchangés jusqu’à maintenant.

Une nouvelle signalétique sera toutefois graduellement mise en place, au même rythme que l’arrivée des voitures Azur. Le lettrage « Univers » fera place à « Transit » et les majuscules feront une nouvelle place aux minuscules. La couleur de la ligne de métro sera systématiquement associée au nom de la station et une boussole sera ajoutée sur le sol des sorties de station, pour améliorer notre sens de l’orientation… Plus utile, les sorties seront associées à une lettre, permettant de se donner rendez-vous plus facilement. Ce sont des détails, mais ils s’ajouteront aux autres pour rendre notre métro toujours plus attrayant.

Une galerie d’art souterraine

Parlant d’attraits, on n’en fait pas assez la promotion, mais notre métro est un véritable musée! Cette immense galerie d’art compte aujourd’hui près de 90 œuvres majeures, principalement en souterrain, mais aussi à l’extérieur des stations. Ce sont souvent grâce à elles si notre métro se retrouve sur les palmarès des plus belles stations du monde.

Au début, c’était principalement des dons d’entreprises qui finançaient les œuvres d’art qu’on ajoutait au métro. Une pratique qui s’est malheureusement perdue et qui pourrait, à l’aube du 375e anniversaire de Montréal et du 50e anniversaire du métro l’an prochain, être remise au goût du jour… Pourquoi pas? Certaines stations ne comptent toujours aucune œuvre d’art, il y a donc de la place pour que quelques mécènes se manifestent.

Entre temps, la STM a ajouté des capsules d’informations tout près de ses œuvres, permettant de connaître l’artiste qui l’a façonnée. Une bonne idée! D’autant plus qu’on y découvre tout un pan de l’histoire de l’art au Québec, permettant de voir les oeuvres de plusieurs grands artistes d’ici. Il serait bien de faire la même chose pour les architectes des stations, qui sont, eux aussi en quelque sorte, des artistes…

Capsules d'art dans le métro

Station Papineau

Prochaine station…

Après avoir abordé la construction, l’architecture, le graphisme et l’art dans le métro de Montréal, le livre Métro : le design en mouvement propose une intéressante visite de chacune des stations, « une célébration visuelle du fameux réseau de transport souterrain de la ville ». Cette visite des 68 stations du réseau est vraiment passionnante et conclu agréablement la lecture de cet ouvrage coloré.

Je me permets d’y ajouter la conclusion que j’aurais aimé y lire… Lorsqu’une nouvelle expansion du métro sera annoncée, il sera intéressant de voir comment elles s’insérera dans l’histoire de l’architecture et de l’art dont témoigne déjà le métro de Montréal… En effet, les premières stations ont été construite en s’inspirant du modernisme, la ligne bleu serait quant à elle post-moderniste et le prolongement vers Laval, en 2007, résolument contemporain. Oserait-on, lorsqu’on imaginera les prochaines stations, s’inspirer des stations futuristes de la récente extension du métro de Naples, en Italie? J’aimerais bien! Parce que pour garder notre statut dans la liste des plus beaux métro du monde, il faudra continuer à améliorer notre réseau et ne pas se laisser doubler par les nombreux projets d’extensions qui se construisent, aujourd’hui, dans des dizaines de réseaux de métro de la planète.

Voyez comme les nouvelles stations de Naples (2013) sont belles, brillantes, colorées :

Naples1

Métro de Naples, Italie

Naples2

Métro de Naples, Italie

Tu aimes le métro de Montréal et penses bien le connaitre? Le blogue YULorama te mets au défi, avec ce petit quizz.

Tu as apprécié mon texte? Voici ma série sur les transports:

Publié par : cbernier | 11 novembre 2015

Un cheval comme employé municipal?

Le cheval pourrait être une solution d’avenir à certains problèmes de la ville modernes. C’est l’étonnante démonstration que fait le livre Le cheval au service de la ville, publié en 2014 par la maison d’édition Écosociété. Si certaines personnes opposent la ville à la nature, il y a de plus en plus d’acteurs qui cherchent, au contraire, à concilier les deux, comme j’en parlais dans Les animaux sauvages en ville.

Lumière pour chevauxVous vous rappellerez peut-être de ce curieux feu de circulation de Londres, dont j’ai aussi déjà parlé? Il montre que même une grande métropole internationale peut faire une place au cheval dans son centre-ville. Alors pourquoi pas Montréal?

L’été dernier, la Maison Saint-Gabriel et l’Association québécoise du cheval Canadien soulignaient le 350e anniversaire de l’arrivée des chevaux en Nouvelle-France. Pour l’occasion, ils ont recréé un service traditionnel de livraison de pains, dans le quartier Pointe-Saint-Charles, en voiture à cheval. Un rappel que les chevaux circulaient en grand nombre à Montréal il n’y a pas si longtemps (comme le racontait aussi Rue Masson, en rappelant l’utilisation du cheval pour le déneigement)…

Cet anniversaire de l’arrivée des chevaux en Nouvelle-France cherchait aussi à sensibiliser le public au sort du cheval Canadien, une race typiquement québécoise, adapté à notre climat et au travail avec des humains. Elle est toutefois menacée par l’abandon de la traction hippomobile pour les travaux. Si personne n’utilise ces chevaux, comment pourra-t-on protéger cette race, pourtant reconnue comme patrimoniale?

On relançait ainsi, peut-être sans l’avoir prévu, la question de l’utilisation du cheval comme auxiliaire des employés municipaux… La police montée, installée sur le Mont-Royal, fait usage des chevaux pour remplir sa mission, alors pourquoi pas d’autres services de la Ville? C’est à cette question que cherche à répondre le livre Le cheval au service de la ville, en nous faisant connaître des expériences françaises de réintroduction du cheval dans des milieux urbains.

Depuis le début des années 2000, plusieurs villages de France se sont tournés vers le cheval pour régler des problèmes récurrents de coûts, de pollution et de bruit reliés, entre autres, au ramassage des ordures. Si les aspects économiques ont servi de motivations premières, très rapidement, ces villages ont découvert :

  • le rôle pacificateur du cheval (pour la circulation, mais aussi pour les relations entre les employés municipaux et les citoyens),
  • son apport indéniable au développement d’une attitude positive face à l’environnement (les collectes de recyclage à cheval ont, à tout coup, fait augmenter le taux de collecte, à cause de l’intérêt qu’elles suscitent auprès des résidents et, surtout, de leurs enfants)
  • et son efficacité à mobiliser les employés municipaux, qui découvrent avec le cheval un compagnon de travail efficace et attachant…

Depuis l’an 2000, donc, l’hippomobilité se répand de l’autre côté de l’Atlantique et atteint des villes plus importantes, comme Lyon, Strasbourg et même Paris. Si le ramassage des ordures et du recyclage domine dans les villages, dans les villes, ce sont les travaux d’entretien des grands espaces verts qui sont de plus en plus confiés à des équipes composées de travailleurs et de chevaux. Cette carte permet de découvrir les projets confiés à de telles équipes dans plus de 200 villes et villages de France. Un survol impressionnant qui permet de démontrer qu’on n’a pas affaire, sur cette question du retour du cheval en ville, à de l’improvisation, mais bien à un large mouvement. Quelques expériences plus détaillées sont aussi présentées ici.

De grandes entreprises, comme Veolia (près de 24 milliards d’Euros en chiffre d’affaires pour 2014), s’investissent maintenant l’hippomobilité, reconnaissant ses avantages indéniables dans certains secteurs. Elles développent aussi des outils de travail adaptés aux chevaux et aux besoins des villes, ce qui permet de professionnaliser ce type de services, auparavant développés de façon plutôt artisanale.

Outre la collecte des déchets ou du recyclage, on utilise aujourd’hui en France la traction animale pour de plus en plus d’usages, comme la tonte du gazon, le ramassage des feuilles, le recyclage des sapins, le transport scolaire et même pour la réinsertion sociale de jeunes travailleurs! Évidemment, c’est sans parler des secteurs de la sécurité, du loisir et du tourisme.

Loin d’être un retour en arrière, cette réintroduction du cheval peut être une solution d’avenir aux problèmes des villes. Les chevaux offrent une énergie renouvelable, respectueuse de l’environnement, ramènent les équipements de travail à une dimension humaine, diminuent les nuisances sonores, tout en augmentant la sécurité sur les voies de circulation. Il suffit de retirer nos oeillères du « tout à l’auto » pour voir les opportunités de cette nouvelle façon de faire. Les auteurs du livre Le cheval au service de la ville mettent toutefois en garde les villes qui désirent se lancer dans une telle expérience. Elle nécessite, pour réussir, plusieurs étapes :

  • la sensibilisation des parties impliquées (citoyens, travailleurs, élus, fonctionnaires),
  • la mise en place d’un projet de démonstration doublé d’une étude d’impacts
  • et l’élaboration d’un cahier de charge avant de mettre en place un nouveau service hippomobile en ville.

Heureusement, plus de 200 municipalités de France ont franchi avec succès ces étapes, permettant d’inspirer et d’accompagner de nouvelles villes qui voudraient se lancer. Il semblerait que le thème de l’Énergie Cheval sera abordé lors de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se déroulera du 30 novembre au 11 décembre 2015, à Paris. Peut-être le sera-t-il aussi à l’Office de consultation publique de Montréal sur la réduction de la dépendance montréalaise aux énergies fossiles, qui se poursuit jusqu’à la fin février 2016? Le mouvement qui encourage le retour du cheval en ville ne semble donc pas sur le point de se résorber.

Le cheval au service de la villeOsera-t-on tenter l’expérience de l’hippomobilité ici? François Cardinal, journaliste de La Presse, le proposait il y a plus d’un an, rappelant que « le cheval fait partie du patrimoine vivant de la métropole ». Mathias Marchal en parlait aussi dans son texte du journal Métro: Des chevaux pour les cols bleus. La question n’est donc pas nouvelle, et plusieurs personnes la posent. Le Québec n’en était qu’à l’étape de la sensibilisation jusqu’à maintenant, première de celles proposées par le livre Le cheval au service de la ville… Toutefois, Trois-Pistoles s’inscrit en pionnière, depuis l’été 2015, en ayant mis sur pattes sa collecte des matières recyclables!

La deuxième étape, soit celle de la mise en place d’un projet de démonstration, vient donc de débuter au Québec! Espérons que Trois-Pistoles inspirera d’autres municipalités à tenter l’expérience et, pourquoi pas, les villes de l’Ouest de l’île, des arrondissements de Montréal ou un de nos services municipaux…

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Publié par : cbernier | 29 octobre 2015

Les restos éthiques et écoresponsables de Montréal

Il y a plusieurs milliers de restaurants à Montréal. En fait, autour de 6 000! Montréal compte ainsi plus de restaurants par habitant que New York… Quand vient le temps de choisir où sortir, nous avons donc l’embarras du choix. Je vous propose plusieurs excellents restos dans mes différents palmarès (brunchs, pizzas, poutines, tapas, etc.) qui se trouvent à la fin de ce texte. Toutefois, lorsque vient le temps de choisir, on veut parfois tenir compte de certaines valeurs, et c’est là que le choix se complique.

« Acheter, c’est voter », un slogan popularisé par Laure Waridel pour parler du commerce équitable, s’applique ici aussi. Par le choix des restaurants qu’on fréquente, quelles sont les valeurs ou les pratiques que nous voulons encourager dans cette industrie? Selon la personne, la réponse sera différente, c’est pourquoi je vous propose ce portrait des restaurants éthiques et écoresponsables de Montréal.

Le portail Épluche ta ville nous apprend :

Fait intéressant, un Québécois dépense en moyenne 1 250$ par an en restaurants.

Il y a donc de la marge pour combiner plaisirs, saveurs et valeurs, lors de certaines de nos sorties au restaurant! Pour ce texte, je vous ai déniché plusieurs propositions, sur différents thèmes, vous permettant d’introduire un restaurateur conscientisé à votre liste de coups de cœur. Tourisme Montréal a aussi produit un répertoire des restos exemplaires, que je vous présente en conclusion.

Local

Pour un restaurant, se ravitailler en produits locaux n’est pas de tout repos. C’est difficile, mais pas impossible. Et malgré l’hiver, plusieurs produits peuvent être exploités en cuisine pour offrir aux consommateurs des aliments différents, typiques, artisanaux.

Le Europea, par exemple, offre 70 fromages québécois à ses clients. C’est peut-être un des secrets qui lui a permis d’être couronné 2e meilleur restaurant au monde par les voyageurs… Pour se démarquer de la concurrence, de plus en plus de restos misent sur un produit qui les distingue. Et c’est souvent avec un produit local qu’ils le font.

Ainsi, un nombre de plus en plus élevé de restos ajoutent le cola 1642 (je vous en parlais ici) à leur menu. Et si les bières de microbrasseries trouvent leur place sur plusieurs cartes, on doit reconnaître que pour les vins québécois, ce n’est pas encore facile. Soyez attentif à la provenance des aliments sur les menus de vos restaurants préférés, vous découvrirez peut-être qu’ils ont développé cette sensibilité. Si vous connaissez le personnel du resto, n’hésitez pas à lui faire la suggestion d’ajouter des produits locaux au menu.

Parce que nous vivons sur une terre qui comporte encore plusieurs régions sauvages, le local se conjugue parfois avec des ingrédients tirés de la forêt ou de la chasse. Le Manitoba est, à ma connaissance, le seul resto dont la cuisine tourne autour des produits sauvages. Mais il pourrait être rejoint par plusieurs autres, qui participaient l’an dernier à un projet pilote visant à ajouter du gibier au menu d’une quinzaine de restaurants. Il y a, dans ces ingrédients sauvages, tout un nouveau monde de goûts à explorer! Notons que le Manitoba est dans la liste des restos écoresponsables de Tourisme Montréal que je vous présente en conclusion de ce texte.

Bio

De plus en plus de gens mangent bio à la maison, pour leur santé ou pour celle de l’environnement. Montréal compte maintenant quelques adresses qui misent sur de tels ingrédients pour cuisiner, comme en témoigne ce texte du Journal Métro. On y trouve, entre autres, le Sain Bol et La Récolte. La liste du Métro propose aussi quelques adresses offrant des vins biologiques. Vous le verrez dans la section Végé, plusieurs des restos que je vous y présente proposent aussi des plats bios.

Équitable

La certification équitable vise à offrir aux travailleurs des pays du Sud des conditions commerciales leur permettant de sortir de la misère. Si le café équitable prend lentement sa place sur les menus, ce n’est malheureusement pas le cas du sucre, du thé, du chocolat, des fruits, du riz, des épices et du vin équitables, inexistants ou presque dans nos restaurants… Il y aurait là un travail à faire pour sensibiliser les restaurateurs à cet enjeu de commerce international. Il faut toutefois préciser que les restos et cafés qui sont issus de l’économie sociale offrent en général au moins un produit équitable, comme nous le verrons dans la prochaine section.

Économie sociale

Le Répertoire de l’économie sociale à Montréal permet de dénicher quelques commerces dont le profit n’est pas au cœur de la philosophie. Des coopératives et des entreprises sociales permettent de manger tout en appuyant le développement de la collectivité. C’est le cas à l’Espace Lafontaine, ce magnifique resto situé au centre du Parc du même nom (qui se retrouve aussi dans la liste de Tourisme Montréal, en conclusion de ce texte), ou du Ste-Cath, à la fois resto et scène culturelle dans l’Est. Difficile de passer sous silence le Robin des Bois, où une partie du personnel œuvre bénévolement, permettant de dégager des profits plus grands, qui sont redistribués à des organismes du milieu.

Espace Lafontaine

Espace Lafontaine

Ce secteur économique compte assez peu de restaurants, mais un grand nombre de cafés-bistro, répartis dans plusieurs quartiers de la ville, comme le Bistro Jarry-Deuxième, l’Intermission, le Café Touski, la Station In Vivo et l’Artère. Visitez-les, vous découvrirez des ambiances uniques à chacun.

Végé

Le blogue Les Petites Manies propose ses 6 meilleurs restos végés, dans lesquels vous découvrirez la Panthère Verte, qui compte 5 succursales et qui offre une surprenante livraison à vélo. Aussi, le Crudessence et ses 3 adresses offrent des produits bios et équitables, le Lola Rosa et ses 2 succursales (inscrit dans la liste de Tourisme Montréal, en conclusion de ce texte) et le Aux Vivres, qui privilégie les aliments bios et locaux, se trouvent dans ce palmarès. Osez les essayer, vous serez surpris!

La Panthère Verte

La Panthère Verte

Pêcheries durables

Pour les amateurs de fruits de mer, il existe un certain nombre de restos qui font appel à des fournisseurs qui pratiquent une pêche durable. Récemment, le Brit&Chip devenait le premier restaurant indépendant canadien à obtenir la certification du Marine Stewardship Council (MSC).

Plusieurs restaurateurs ont opté pour le programme Ocean Wise, de l’Aquarium de Vancouver, pour démontrer leur effort en faveur de la pêche responsable, soit le Bocata, le Barroco, le Montréalais et le voyageur bar du Reine Élizabeth, le Laloux (que nous reverrons plus loin), la Brasserie Réservoir, la Salle à manger, le Zibo! Et le St-Urbain (que nous reverrons aussi plus loin). Du Vieux-Montréal à Ahuntsic et du Sud-Ouest à Anjou, il y a des restos qui se préoccupent de l’avenir de nos océans partout en ville.

Formation

Dans un tout autre registre, Montréal compte aussi deux restaurants-écoles. Le premier, le Restaurant de l’Institut de l’hôtellerie et du tourisme, fait un grand effort pour valoriser les produits locaux, ce qui lui vaut d’être dans la liste de Tourisme Montréal, ci-dessous. Le deuxième est celui de l’école des métiers de la restauration. Dans les deux cas, ils nous offrent un rapport qualité-prix surprenant, incluant la satisfaction de contribuer à la formation des serveurs, cuisiniers et chefs de demain.

Le top des écoresponsables

Enfin, parcourons la liste des restos écoresponsables de Tourisme Montréal. Évalués sur plusieurs critères, ces restaurants, tous membres de l’organisme, se sont démarqués par leur engagement réel pour offrir une expérience responsable et écologique à leurs clients. On nous y offre donc un environnement et un repas qui prend en compte le plus d’éléments possible du développement durable. Certains proposent une carte assez dispendieuse, si elle ne convient pas à votre porte-monnaie, vérifiez la carte du midi, qui est souvent beaucoup moins chère…

Voici les restos qui se retrouvent sur cette liste pour leurs pratiques exemplaires :

Et ceux qui s’y joignent pour les pratiques méritoires :

Les Incorruptibles

Les Incorruptibles

Enfin, rappelez-vous qu’à la maison aussi vous pouvez cuisiner de façon écoresponsable! ;)

Pour retourner à la page d’accueil de C’est toi ma ville…

Ou pour découvrir mes autres palmarès sur les plaisirs de la table:

Publié par : cbernier | 21 octobre 2015

La valeur cachée de nos eaux usées

On parle beaucoup, depuis quelques jours, du déversement de huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve… Ça m’a rappelé les résultats d’une étude insolite, diffusée en début d’année, qui racontait que nos excréments sont de véritables mines d’or. Et si on changeait de perspectives pour imaginer des solutions d’avenir? Nos déchets d’aujourd’hui pourraient peut-être devenir nos ressources de demain. Ça peut sembler farfelu, mais certaines villes utilisent déjà leurs eaux usées comme ressource renouvelable…

Une mine d’or dans le caca

Selon l’étude insolite que j’ai lu en début d’année, les eaux usées produites par une population comme celle de Montréal pourrait contenir autour de 25 millions de dollars de métaux précieux et rares… Il semble même qu’il s’y trouve assez d’or pour rentabiliser l’opération! Bien que le tout ne soit qu’à l’étape de la recherche, il y a là une réflexion à faire : voulons-nous continuer à enfouir, rejeter dans le fleuve ou bruler pour 25 millions de dollars de métaux précieux ou rares, ou devrions-nous commencer à fouiller pour trouver les technologies utiles à récupérer ces sommes et ces ressources déjà disponibles?

Une des chercheures associées à ces travaux est Kathleen Smith. Une université montréalaise pourrait-elle devenir partenaire de ses recherches? Il y a là de nouvelles technologies à développer et toute une industrie à mettre en place, compte tenu que toutes les villes du monde pourraient, à terme, être intéressées à tirer profit de leurs égouts…

Notre usine de traitement des eaux usée est déjà la 3e en importance au monde, imaginez maintenant qu’elle soit connectée à une usine installée dans le secteur des raffineries, tout proche dans l’Est, qui traiterait le tout, en créant de l’emploi et en servant de source de revenus pour la ville…

L’énergie du pipi

Dans une autre étude, financée celle-là par la Nasa, on explique qu’il est possible de tirer de l’énergie de notre urine. Il serait donc théoriquement possible d’avoir une mini-centrale électrique pour desservir le futur complexe industriel de traitement de nos eaux usées…

Mieux, chaque maison pourrait disposer de son propre système de transformation de l’urine en électricité, comme l’a démontré l’expérience de l’Université de Bristol et d’Oxfam, qui ont développés un tel urinoir pour éclairer les toilettes des camps de réfugiés. L’université va maintenant plus loin, testant le dispositif pour l’éclairage de ses bâtiments!

La Ville de Bristol semble vouloir se positionner comme le leader international des recherches de ce genre, puisqu’on y teste aussi un autobus qui roule grâce aux excréments humains. On les transforme simplement en biocarburant… Cet autobus roule depuis maintenant un an, ce qui a permis de calculer qu’une personne rejette chaque année dans les égouts assez de matière première pour produire l’énergie nécessaire à faire avancer l’autobus de 60km. Avec près de 2 millions d’habitants, les Montréalais permettraient à de tels autobus de rouler 120 millions de km!

Au moins une autre ville fait rouler une partie de ses autobus ainsi, soit Stockholm.

Aussi farfelues que ce genre d’expériences puisse paraître, elles n’en sont pas moins une des solutions aux problèmes environnementaux grandissant des villes du monde. Il faut être particulièrement innovant pour s’attaquer aux questions taboues du traitement des excréments humains, mais ceux qui développeront les technologies permettant d’y arriver, et d’en tirer profits, sont assurés d’un bel avenir.

Au moment où l’Office de consultation publique de Montréal se penche sur les solutions qui existent pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles, il y là matière à réflexion…

Aussi, sur le thème des énergies renouvelables non conventionnelles :

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