Publié par : cbernier | 28 août 2015

Une Journée portes ouvertes pour nos églises?

Nos églises cachent des trésors insoupçonnés. À l’intérieur, plusieurs ont été décorées par les peintres, les sculpteurs, les ébénistes et les vitraillistes (pour les vitraux) les plus réputés de leur époque, mais qui le sait? Je suis toujours curieux, lors de mes promenades en ville, de voir ce qui se cache derrière les façades de pierres de nos églises. Évidemment, lorsque je réussis à entrer. Parce que leurs portes sont pratiquement toujours fermées, sauf pour les quelques églises considérées comme des attractions touristiques au centre-ville…

Quand je réussis à entrer, je me retrouve presque toujours confiné dans les environs de la porte, en pleine messe, au milieu d’une célébration de mariage ou d’un autre sacrement, coincé et incapable de faire le tour de toutes les richesses patrimoniales qui sont réparties tout autour de la nef et au fond du chœur. C’est ce qui m’est arrivé dans l’église de la Visitation, dans Ahuntsic. Avec ses 264 ans, c’est la plus vieille église encore debout de Montréal! J’aurais souhaité pouvoir admirer tranquillement ses peintures et ses sculptures, mais elles sont principalement derrière l’autel…

1 Église de la Visitation-de-la Bien Heureuse Vierge Marie dans Ahuntsic

La semaine dernière, voyant un ouvrier entrer dans l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, dans Maisonneuve, je me suis lancé à sa suite pour réussir à entrevoir l’intérieur de cette mythique église, rouverte récemment. On disait, selon ce que j’ai lu, qu’elle cachait l’un des plus beaux décors d’église de la métropole… Construite il y a plus de 100 ans, on rêvait d’en faire une cathédrale, ce qui illustre bien les ambitions de l’époque. Je n’ai pas été déçu! On m’a gentiment laissé visiter et cette anecdote m’a confirmé qu’il était temps que j’écrive un texte sur l’idée d’organiser minimalement une « Journée portes-ouvertes des églises », comme on organise les Journées de la Culture, pour permettre aux Montréalais de redécouvrir tout ce patrimoine, conservé dans nos églises.

2 Église Très-Saint-Nom-de-Jésus dans Maisonneuve

Nos Journées de la Culture ont lieu à la fin septembre, tout comme les Journées Européennes du Patrimoine… Il y a peut-être là quelque chose à réfléchir? Imaginez que pendant trois jours, toutes les églises patrimoniales de Montréal soient ouvertes aux visiteurs, en dehors des heures de messes! Il me semble que ce serait un magnifique moyen de recréer des liens de proximité et de solidarité… En visitant l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, j’ai même eu le goût de payer une petite dîme, pour contribuer à son entretien et sa restauration ;)

Évidemment, d’autres journées de l’année seraient aussi propices à de telles portes-ouvertes. Spontanément, je pense à la Nuit Blanche, en février. On y organise différents circuits-découvertes auxquels pourraient s’associer les églises qui sont situées dans les alentours. En plein hiver, un arrêt au chaud fait toujours du bien. Pourquoi ne pas en profiter pour flâner dans une église et en découvrir tous les trésors? C’est ce que propose chaque année l’église du Gésu, qui est aussi un centre culturel, avec des mises en scène des plus spectaculaires! Toutes les églises n’ont pas à aller aussi loin, le simple fait de rendre accessible leur intérieur, lors de cet événement, serait déjà beaucoup.

3 Gésu dans Ville-Marie

Quand je parle de trésors et de patrimoine, je suis sérieux. Les exemples de l’église Saint-Viateur, dans Outremont, et de l’église Saint-Léon, dans Westmount, le montrent bien. Toutes deux ont été décorées par Guido Nincheri, un artiste installé à Montréal, qui décorait des églises dans tout le Nord-Est de l’Amérique! Son atelier est même aujourd’hui rattaché au Musée du Château-Dufresne.

4 Église Saint-Viateur dans Outremont

5 Église Saint-Léon dans Westmount

Ahuntsic, Hochelaga-Maisonneuve, Ville-Marie, Outremont, Westmount, nos églises patrimoniales sont partout. Même sous notre nez! Qui n’est pas déjà passé par le métro Mont-Royal? De l’autre côté de la rue, voisin de la station, il y a le magnifique Sanctuaire du Saint-Sacrement. Dans son cas, on peut difficilement parler d’une difficulté à le visiter. Une pancarte nous invite, presque en tout temps, à y entrer… Les curieux sont récompensés, en effet, voyez ce qui se cache à l’intérieur :

6 Sanctuaire du Saint-Sacrement dans Le Plateau

L’application mobile développée par le Diocèse, il y a moins d’un an, pourrait aussi jouer un rôle de « pancarte » virtuelle pour nous indiquer quelles églises sont ouvertes. D’ici à ce qu’il y ait une journée portes-ouvertes, elle nous permettrait de découvrir les riches intérieurs des églises auprès desquelles nous passons sans savoir ce qu’elles cachent…

De mon côté, je vais continuer de tenter d’ouvrir les portes des églises fermées devant lesquelles je passe, lors de mes promenades en ville; je vais poursuivre mes visites de celles qui nous font l’honneur de nous laisser entrer (et je vais laisser un petit don dans les boîtes souvent installées près des portes pour soutenir l’entretien de l’église); et je vais retourner profiter des églises plus « touristiques », comme la basilique Notre-Dame, pour admirer leurs décors qui éblouissent les étrangers, en attendant que s’organisent les portes-ouvertes patrimoniales de nos magnifiques églises…

Église Notre-Dame Ville-MarieUn lecteur sur Twitter m’a fait découvrir l’initiative La Nuit des églises, en France, qui pourrait aussi nous servir de modèle. Il est rare qu’il y ait des activités liturgiques le soir, alors il serait peut-être plus facile d’organiser des événements à ce moment là?

Je suis aussi tombé par hasard sur un « flyer » de l’initiative « À visiter cet été » de l’église de l’Immaculée-Conception, qui s’associe à la Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal et à d’autres églises du quartier pour organiser de telles visites, de jour, et ce depuis plusieurs années. Un autre exemple à suivre et à faire connaître!

Publié par : cbernier | 18 août 2015

Verdissement vertical

Peu exigeantes, les plantes grimpantes gagnent des adeptes dans les villes. On en parle de plus en plus pour les jardins et pour les murs, mais il y a une autre utilisation dont on parle moins, qui semble se faire sans trop l’ébruiter, et c’est le verdissement des poteaux, lampadaires et autres équipements verticaux. J’avais remarqué plusieurs poteaux végétalisés l’été passé, mais il y en a réellement plus cet été. La pratique est simple : on laisse quelques graines de plantes grimpantes dans les quelques centimètres de terre qui entourent un poteau, on attend, et on aide la plante naissante à grimper en lui ajoutant des cordes pour la soutenir dans son ascension. Puis on admire les résultats et on en profite tout l’été.

En plus, si le tout est pris en charge par les citoyens, on peut répéter l’expérience chaque année sans aucun coût. Plusieurs espèces produisent des graines à l’automne, qu’il suffit de cueillir pour repartir le processus au prochain printemps… Attention toutefois d’éviter les poteaux d’Hydro-Québec, puisque l’électricité qu’ils transportent reste dangereuse.

La recette est donc vraiment simple et fait des adeptes, comme le montre cette photo prise au coin des rues Rosemont et Christophe-Colomb. Plusieurs poteaux ont été agrémentés de plantes grimpantes dans ce secteur, dont trois sur cette seule photo, contribuant à améliorer la promenade sur ce boulevard plutôt achalandé.

Verdissement Rosemont

Dans Hochelaga, c’est les initiatives d’agriculture urbaine qui semblent encourager ce phénomène. Là encore, en améliorant substantiellement l’aspect des trottoirs où les plantes grimpantes ont été installées. On se met à rêver que tous les poteaux qui peuvent l’être soient ainsi recouverts! Avouez que de telles plantes longeant les trottoirs auraient un bien bel effet visuel…

Verdissement Hochelaga

Pour les chanceux qui ont un poteau, un lampadaire ou un autre équipement vertical directement planté dans le terrain sur le devant de leur maison, il semble que la disponibilité de terre en bonne quantité ait un effet des plus stimulant sur les grimpantes, comme en témoigne cette photo prise à Montréal-Nord.

Verdissement Montréal-Nord

Alors qu’on cherche continuellement à augmenter le nombre d’arbres sur le territoire de l’île, il y a là une nouvelle pratique qui pourrait soutenir les efforts de verdissement de la ville, de façon rapide, peu couteuse, peu exigeante, mais très efficace. Tout en réduisant les îlots de chaleurs et en soutenant la biodiversité…

Après les programmes de ruelles vertes, à quand le projet de verdissement de poteaux?

Pour en savoir plus sur le verdissement, le Centre d’écologie urbaine offre plusieurs guides forts utiles, dont le Guide sur l’installation de plantes grimpantes.

Vous pouvez aussi passer lire mon texte sur les murs végétalisés.

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Publié par : cbernier | 7 août 2015

Incroyable ville de tous les possibles

Plage nocturne surréelle qui longe le chemin de fer sous le Pont Jacques-Cartier; Jardin inventé de toutes pièces entre les itinérants et les vendeurs de drogues au métro Berri-UQAM; Festival de graffiti en plein centre-ville; Beergarten aux airs berlinois improvisés entre d’anciennes manufactures du fin fond du Mile-End; scène musicale alternative couplée à de la bouffe de rue sous le viaduc Van Horne; petites zones de piétonnisation semées un peu partout; tapis rouge pour nous rapprocher d’un chantier; Montréal, de plus en plus, se réinvente. Et c’est assez fantastique!

En profitez-vous? Moi j’essaie, mais il y a trop d’initiatives pour que je réussisse à en faire le tour! Au moment d’écrire ces lignes, je profite d’un DJ particulièrement planant, les deux pieds dans le sable, installé sur un bureau de fortune en forme de demi-table de pique-nique, entre des œuvres qui s’inspirent de Frida Kahlo (gracieuseté du Collectif Nebulae) et les installations design du Village au Pieds-du-Courant, tel que sa fameuse coque de bateau-hamac. Avouez que c’est dur à imaginer! C’est pourtant bien réel, ici même, à Montréal!

Au pieds du courant1   Au pieds du courant2

Il y a déjà un certain temps que je veux écrire sur le côté alternatif de Montréal, sur cette effervescence qui permet de mettre en place des projets un peu décalés, où les gens se retrouvent et s’amusent. Jeunes pour la plupart, il faut l’avouer, mais où les plus vieux ne sont pas exclus. À l’image de ce que réussit admirablement bien le Jardin Gamelin, entre autres en assurant une cohabitation harmonieuse entre les itinérants et les autres utilisateurs du parc Émilie-Gamelin. Un exploit que peu de gens croyaient possible avant l’inauguration de ce magnifique jardin au cœur de la ville. Un autre de mes « musts » de l’été.

Jardins Gamelin

Ces initiatives ont comme points communs une réelle ouverture, une simplicité et une ambiance vraiment décontractée qui tranche avec ce qui existe ailleurs. On y vit dehors, au libre vent, avec la ville qui roule tout autour de nous, pendant que nous profitons d’un cocon tissé de plaisirs simples. Enveloppés d’un bel environnement, écoutant de la musique agréable, un drink à la main.

Dans ces nouveaux possibles qu’on crée actuellement à Montréal, on jongle aussi avec les interdits, avec la marge, comme en témoigne, pour une 20e année consécutive (20 ans!), le festival Under Pressure, qui se déroule cette fin de semaine. Des graffiteurs de tout acabit prennent d’assaut la rue Sainte-Catherine, dans ce coin autour des Foufounes électriques qui pourrait facilement s’inspirer de Camden Lock, à Londres… En laissant libre cour à la créativité, au geste spontané et en se donnant la permission d’explorer, Montréal crée des zones de libertés qui n’existent pas dans toutes les villes du monde…

DSCN8150On tente aussi d’amener l’effervescence urbaine ailleurs qu’au centre-ville. Ainsi, du Jardin du Crépuscule au Champs des possibles, c’est à l’année qu’on réinvente la ville. Puisqu’une initiative en attire une autre, de nouvelles possibilités se sont créées avec l’invention des Marchés de nuit du AlexandraPlatz. On installe des tables de pique-nique autour de ce bar du quartier, on y ajoute des camions de bouffe de rue et un bazar de tables pliantes, au milieu des rues d’un ancien quartier industriel, créant avec succès l’illusion d’être à Berlin. Encore une fois, difficile de se l’imaginer sans l’avoir vécu…

L’effervescence des uns attire les autres, ainsi, VHS apparaîtra sous peu à quelques pas de là, sous le viaduc Van Horne, pour faire danser les noctambules sur la musique des Piknic électronik, avec des performances de street art offertes par le Festival MURAL, le tout, encore une fois, alimenté par les camions de l’association Cuisine de rues. Parions que ce nouveau rendez-vous aura autant de succès que les autres surprenantes initiatives qui foisonnent actuellement à Montréal.

L’originalité de ce mouvement vient aussi du fait que ça se passe vraiment partout. Je vous ai parlé de la forme festive de ces initiatives, mais il y a aussi toute une éclosion de nouveaux lieux qui apparaissent dans nos quartiers pour améliorer notre qualité de vie. Les Boules roses du Village, la Forêt urbaine du Musée McCord ou la rue piétonne du Musée des Beaux-Art, qui nous reviennent chaque été, sont des illustrations de ce changement que vit la ville.

Foret urbaine  MBAM

L’apparition, cet été, de places temporaires entre autres dans Hochelaga, Ahuntsic, Villeray et Saint-Laurent, montre qu’un changement très profond se passe actuellement. Le tapis rouge du chantier de la rue Saint-Denis le confirme : une nouvelle façon de concevoir la ville, encore plus conviviale pour ses habitants, s’est emparée de l’Hôtel de Ville. Qui encourage les initiatives dont je parlais plus tôt, et qui y ajoute de plus en plus les siennes. Les arrondissements sont aussi des acteurs importants de ces changements. En répondant aux attentes de leurs citoyens, ils ajoutent une couleur locale aux quartiers, ce qui crée une diversité d’expériences absolument inédites. C’est donc maintenant aux 4 coins de la Ville qu’on peut sentir cette ville de tous les possibles.

Terrasse rouge sur St-Denis

Et si vous avez découvert le mouvement des ruelles vertes, vous savez que tous les possibles se rendent jusqu’à la cour arrière de bien des Montréalais, pour notre plus grand bonheur à tous! Parce que les Montréalais eux-mêmes se sont mis à contribuer à notre qualité de vie en ville, en installant des bibliothèques citoyennes et en imaginant d’autres initiatives en « libre-service » pour leur quartier… L’acuponcture urbaine, dont je parlais sur ce blogue il y a près de 3 ans, fonctionne à merveille et revitalise véritablement notre ville!

Ruelle verte William-Bennett

Montréal, ville incroyable, ville de tous les possibles! La connaissez-vous? La fréquentez-vous? Y contribuez-vous?

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Publié par : cbernier | 29 juillet 2015

Top 5 des restos à 5$

Manger au restaurant pour quelques dollars, c’est la promesse que nous font certains restaurateurs depuis environ un an. On est sceptiques, mais avouez qu’on a le goût d’être confondus. Ne reculant devant rien pour vous, lectrices et lecteurs, je me suis sacrifié pour les essayer ;)

Il y a une tonne de propositions d’assiettes pour plus ou moins 5$. Plusieurs restos asiatiques et autres Patateries du coin tentent de nous attirer ainsi. Mais ce n’est pas la même expérience que d’être dans une belle salle à manger, avec un service attentionné et un menu fait pour nous surprendre. Ce sont pourtant les qualités qui accompagnent la promesse de ces restaurateurs à 5$. Cette nouvelle vague de restos joue sur le prix pour se démarquer, voyons premièrement s’ils tiennent leur promesse et, deuxièmement, ce que leur vague pourrait avoir comme impact sur la restauration à Montréal.

Critique culinaire

Celui qui correspond le plus au préjugé qu’on pourrait avoir sur ce genre de restos est l’Entrepot Mont-Royal. Le décor de chalet de ski, tout en bois, séduit dès l’arrivée et, en plus, le menu intrigue. La « Trempette choriqueso » m’a fait perdre mes illusions, avec son mélange composé de fromage à la crème, maïs frais, épinards et chorizo. Digne de mes recettes d’étudiant. Mais bon, pour 5$… La galette du burger, de son côté, avait l’air tout droit sortie d’un comptoir de fast food, autre déception. Si j’y retourne un jour, je tenterai le Grilled cheese ou les tacos… Qui sait, je les trouverai peut-être meilleurs?

De son côté, le Pot Masson surprend pour ce qu’il nous offre pour si peu. Bon pour son prix, le tartare de saumon était semblable à ce que je pourrais me faire à la maison, sans le trouble qui viendrait avec. Un bon burger aussi, et mon chum a bien aimé sa poutine. Un petit plus : la présentation des cocktails vaut à elle seule le déplacement, même s’ils ne se qualifient pas pour mon texte des meilleurs cocktails à Montréal. Il y a beaucoup de banquettes, le décor est beau, c’est bon et ce n’est pas cher.

Pot Masson

Si vous cherchez un endroit qui vous impressionnera par la qualité et par le goût de ses petits plats, je vous recommande le Cinko. C’est étonnant ce que ce resto réussit à faire pour 5$. Les tacos des Caraïbes (2 pour 5$!) sont super bons et la portion est généreuse. La salade de gravlax de saumon, tout aussi généreuse, était bien dosée (le saumon est trop salé s’il est mangé seul, mais avec la salade, c’est le mélange parfait). J’y retournerai c’est sûr, surtout qu’il est avantageusement situé sur St-Denis, dans le Quartier Latin. C’est mon coup de cœur des restos à 5$.

Il triche sur le 5$ (c’est plutôt rendu généralement 7$), mais L’Gros Luxe est une belle découverte aussi. Les tacos d’effilochés de porc sont très bons, bien que moins généreux que ceux du Cinko. La salade d’épinards est étonnante, servie avec des pêches, du féta, des noix, du maïs en grain et des fèves noires. Je l’ai commandé pour avoir des légumes, en ne m’attendant à rien, mais c’est vraiment bon! Les minis-burgers d’effilochés de porc manquent d’un petit quelque chose et le sous-marin à la poutine et au steak est un mélange que je n’essaierais plus. Mais les cocktails, eux, étaient super et bien alcoolisés. Avec ses 4 adresses (Mile-End, Plateau, Sud-Ouest et Vieux-Longueuil), il offre une alternative peu coûteuse pour une sortie dans ces coins bien vivants de la métropole.

Maintenant, les questions existentielles

Mais comment font-ils pour nous offrir des plats pour si peu? Comment réussissent-ils, pour 4,90$ à 8$, à nous satisfaire, là où d’autres peinent à joindre les 2 bouts en nous faisant payer 30$ l’assiette? Il semble que le volume des ventes et l’utilisation d’un plus petit nombre d’ingrédients fassent partie de la réponse… Je serais curieux de connaître les autres parties de la réponse!

Leur réussite pose aussi un sérieux défi à la restauration actuelle, dans un contexte de très grande concurrence. Les restos à 5$ ont de beaux locaux, très design même, offrent un service excellant, de petites attentions que certains restaurateurs ont oubliées (comme d’offrir de la sauce piquante sur les tables quand le menu s’y prête et offrir un verre d’eau instantanément à l’arrivée, par exemple); assiste-t-on a une petite révolution du monde de la restauration? Où des entrepreneurs font la démonstration que le client peut en avoir plus pour son argent?

Ou sommes-nous face à une utilisation du prix comme outil marketing pour nous attirer? En moyenne, les clients de ce type de restos dépensent peut-être assez pour être aussi rentables que si les prix au menu étaient plus élevés? Quoi qu’il en soit, nous sommes face à une petite vague pour l’instant, mais qui prend déjà de l’ampleur après seulement un an. On peut y trouver notre compte, grâce à une offre nouvelle, bon marché et attrayante, permettant de profiter de notre ville, quels que soit nos revenus.

Pour retourner à la page d’accueil de C’est toi ma ville

Ou pour découvrir mes autres palmarès sur les plaisirs de la table:

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Publié par : cbernier | 22 juillet 2015

Parc Jean-Drapeau vs île de Lokrum

DSCN6298 (2)La récente campagne publicitaire « À deux pas de chez vous » du Parc Jean-Drapeau est vraiment magnifique. L’avez-vous vu?

Même si certains pensent qu’elle aurait été fortement inspirée d’une autre campagne, elle m’a redonné le goût de visiter les îles, moi qui suis plutôt critique à leur égard… J’aurai même été prêt à publier cette publicité comme bandeau temporaire sur ma page Facebook personnelle, si elle avait été disponible dans un format exploitable pour les médias sociaux. (Ajout: je ne l’avais pas trouvé sur leur site, mais le Parc Jean-Drapeau m’a transmis l’image de la publicité qui est disponible sur Facebook, merci!)

Je suis toutefois retourné au Parc, qui s’est malheureusement détérioré depuis ma dernière visite. L’accent mis sur les événements (Piknic électronik, Week-ends du monde, etc.) est une réussite, mais semble avoir pris le pas sur l’entretien des espaces naturels, qui autrefois étaient la force de ce parc. Aujourd’hui, la végétation redevient sauvage, et les nombreux chantiers sur les îles laissaient perplexes les touristes que j’y ai croisés. Ils avaient vraiment l’air de se demander pourquoi leur guide touristique les amenait là… Les attraits des îles n’ont pas bougés, mais le chemin de l’un vers l’autre s’est dégradé, nuisant à la visite.

La campagne « À deux pas de chez vous » et ma visite m’ont remémoré l’île de Lokrum, située en face de Dubrovnik (en Croatie), qui a vraiment marqué mon voyage dans ce pays, l’an dernier. Comme notre « Parc des îles », l’île de Lokrum est située en face de sa ville et lui sert de lieu de loisirs. Elle n’a pas l’ampleur de notre parc, mais elle était nettement plus plaisante à visiter, et aussi, plus marquante. Pourquoi? Amusons-nous au jeu des comparaisons.

L’île de Lokrum n’est accessible qu’en bateau. Notre parc Jean-Drapeau a l’avantage d’être desservi autant par bateau que par métro, l’autobus et même l’auto, une bénédiction pour son accessibilité. Toutefois, la présence de nombreux véhicules sur nos îles rompt trop souvent son charme. L’aménagement des stationnements mériterait d’être revue à la lumière des nouvelles façons de faire, plus écologiques, pour mieux s’intégrer au parc (zones perméables à l’eau, plus de verdure, plus de haies pour les dissimuler.

Les équipements permanents de la F1 pourraient aussi être plus esthétiques, mieux intégrés au parc et plus agréables pour les piétons et les cyclistes, lorsqu’elles ne servent pas à la course automobile. Lokrum n’en a pas, mais pour ce sujet, nous pourrions nous comparer à Monaco, qui a une piste de F1 qui passe en pleine ville, sans barrières permanentes…

Courses Mtl-Monaco

Situation sur l’île Notre-Dame vs au centre de Monaco

Il y a un petit jardin botanique sur l’île de Lokrum, tout simple. Rien à voir avec nos Floralies, qui seraient nettement plus impressionnantes si elles étaient mieux mises en valeur. Ce trésor, qui n’attend que d’être chouchouté pour devenir le rendez-vous de tous les romantiques, ne peut pourtant pas rivaliser avec l’agréable promenade qu’offre le petit jardin botanique de Lokrum. Le Jardin du Québec serait un bon point de départ pour la restauration des Floralies. Contrairement à plusieurs autres jardins, il a gardé une bonne partie de son charme et ne demande que peu de travaux pour retrouver son lustre d’antan.

Floralies vs Jardin

Les Floralies vs le Jardin botanique de Lockrum

Située en eau calme, l’île Croate offre aussi, sur l’ensemble de son pourtour, un accès illimité à l’eau et à la baignade. Un autre point en sa faveur, sur lequel il faudrait se pencher pour améliorer notre propre parc. Même sans baignade, il y aurait moyen d’améliorer les points de vue sur le fleuve, pratiquement toujours caché par la végétation. Des belvédères réaménagés, de nouveaux points de vues et certaines éclaircies dans les branches feraient toute une différence.

Belvédères ou baignade

Berges du Parc Jean-Drapeau vs berges de l’île de Lokrum

Les canaux qui traversent l’île Notre-Dame pourraient donner un avantage net à notre parc, s’ils étaient plus utilisés pour des activités aquatiques (pédalo, kayak, canot…). Le potentiel est énorme!

Activités acquatiques

L’île de Lokrum cache un petit lac intérieur, lui aussi aménagé pour recevoir les baigneurs. Notre propre parc a sa Plage Jean-Doré, qui compense en partie, en rendant la baignade possible à cet endroit. L’arrivée en autobus, sur la piste de course, gâche toutefois la première impression et fait perdre de vue qu’on est sur une île. Le Complexe aquatique, collé sur la station de métro, ne permet pas plus de se sentir sur une île…

Baignade

Baignade au Parc Jean-Drapeau vs à l’île de Lokrum

Autre point de comparaison : les chaises longues. Sur l’île de Lokrum, tous les bancs sont installés pour offrir à ceux qui s’y arrêtent une vue intéressante. Une attention qui contribue à la magie des lieux. Certains espaces sont pourvus en chaises longues, permettant de s’étendre au soleil. Une bonne idée qui permet aux visiteurs de mieux profiter de l’île. Ce serait bien d’en ajouter dans notre propre parc!

Vues sur l'eau

Magnifiques vues, quelque soit l’endroit…

Les aspects traités jusqu’à maintenant, bien qu’à l’avantage de l’île de Lokrum, pourraient être améliorés au Parc Jean-Drapeau et laisser loin derrière la compétition. Le prochain point est aussi dans cette catégorie, bien que nous aurions un travail plus important à faire pour atteindre le calibre de Lokrum : les bars, cafés et restos disséminés dans l’île.

Il est en effet possible de passer une journée entière sur l’île de Lokrum et de prendre un café près du quai d’entrée, de prendre une marche et d’aller siroter un verre sur le rebord de son petit lac intérieur, puis de traverser l’île pour aller souper dans un restaurant aménagé dans un des édifices patrimoniaux de l’île. Cette présence de services, partout, en fait une destination vacances idéale pour les citadins en quête de nature.

Petits kiosques

L’aménagement du fast food de l’île Notre-Dame (à gauche) n’existe plus, l’ensemble ayant été rasé. Il montre toutefois que, comme à Lokrum, nos îles pourraient accueillir de tels équipements.

Il n’est actuellement pas possible, dans notre par,c de profiter de plusieurs bars et cafés… Il y a bien le Casino ou à La Ronde, mais on est loin du petit bar sur le bord de l’eau ou du café-lounge sous les arbres! Ce n’est pourtant pas les endroits qui manquent sur nos îles pour accueillir de tels comptoirs et commerces… Je suis convaincu qu’ils auraient le même effet dynamisant ici qu’à Lokrum.

Terrasses

La seule terrasse de l’île Sainte-Hélène vs une des terrasses de l’île de Lokrum

Il y a quand même trois aspects où le Parc Jean-Drapeau rayonne grandement plus que l’île de Lokrum. Premièrement, les événements comme le Piknic électronik et les Week-ends du monde attirent des foules nombreuses sur les îles. Améliorer l’ensemble des aménagements pourrait permettre de capter une partie de cette clientèle, et d’en attirer d’autres, pour justifier les efforts de revitalisation.

L'Homme de CalderLa présence sur l’île d’une imposante collection d’œuvres d’art public ajoute une touche culturelle importante au parc, qui n’a pas d’équivalent à Lokrum. Une application mettant en vedette cette surprenante collection vient d’ailleurs d’être lancée. Cet aspect, qui était un peu oublié ces dernières années, semble donc retrouver un peu de visibilité. Elle est méritée, car les œuvres qui sont dans les îles sont magnifiques.

Enfin, si l’île Croate a des vestiges anciens, comme nos îles (entre autres, l’ancienne fortification devenue le Musée Stewart), elle n’a pas connu l’effervescence d’un grand événement international. Les vestiges de l’Expo, qui marquent le paysage du Parc Jean-Drapeau, sont aussi un des attraits à développer pour les visiteurs, le troisième aspect pour lequel notre parc se démarque.

Cette alliance unique entre les événements, la culture, l’histoire et la nature sera encore mieux exploitée dans les prochaines années, avec les investissements à venir dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal et du 50e anniversaire de l’Expo67. La restauration de la Place des Nations et le réaménagement de la Promenade riveraine de l’île Sainte-Hélène pourraient avoir l’effet d’entraînement nécessaire pour qu’on améliore l’ensemble du parc et ses nombreux sites d’intérêt (les canaux, les Floralies, l’entrée de la Plage, etc.).

Ce serait intéressant qu’on pense aux îles, non plus comme un simple parc, mais comme un lieu de villégiature: une destination touristique majeure. Ce site exceptionnel a tout le potentiel pour marquer les Montréalais et les touristes encore plus fortement que m’a marqué l’île de Lokrum lors de mon voyage en Croatie. Il s’agit maintenant de se réapproprier ces îles aux trésors, situées « à deux pas de chez vous ».

Pour en savoir plus, visitez le texte Mon regard sur le Parc Jean-Drapeau ou passez directement à l’album-photos, en cliquant sur l’image ci-dessous :

Parc Jean-Drapeau

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Publié par : cbernier | 10 juillet 2015

Les artistes du « sticker »

Ils s’expriment sur des collants qu’ils exposent et qui se superposent sur le domaine public, aussi vite qu’ils s’usent et qu’ils sont arrachés. Leurs oeuvres sont partout, mais on ne les voit pas, à moins d’y être attentif. En fait, ils nous forcent à ralentir pour les dénicher, à arrêter de voir la ville en général, mais de la regarder en détail. Souvent, leurs collants méritent à peine un regard, mais parfois, ils révèlent un véritable artiste… Et lorsqu’on en a découvert deux ou trois, on se met à les chercher, à prévoir leurs lieux d’expositions et à se sentir membres d’une confrérie urbaine secrète, qui voit ce que la population ignore.

Le « sticker art » existe depuis plus de 15 ans et s’étale dans nos villes jusqu’aux quartiers résidentiels. Ainsi, il y a une variation géographique de ce qui peut être vu, et une tendance à l’attroupement dans les quartiers centraux, qui donne le genre d’image ci-dessous, où se côtoient ROC514 (et son petit oiseau caractéristique), Hz52 (le poisson), Stela (les figures de poupées aux grands yeux), TurtleCaps (le genre de carapace de tortue à manivelle surmonté d’un bouchon de canette aérosol, en haut à droite), Selena Gomez, Waxhead (le collant blanc à gauche, au centre), etc.

ROC514 Hz52 TurtleCap Stella etc

Il y a tellement d’artistes qui utilisent cette forme d’expression que Wall2Wall Montréal mur à mur, un blogue spécialisé dans le street art, peine à les recenser. Son tour d’horizon des nouveautés de mai et juin présente une quarantaine d’artistes du sticker connus, et une quinzaine d’autres, inconnus.

On serait rapidement porté à penser que ce sont justement d’obscurs inconnus qui travaillent sur ce médium artistique, mais ce n’est pas toujours le cas. De vrais artistes sont derrière certains personnages, comme Turtle Caps, qui mobilise des artistes d’ici et de New York à travailler ensemble. Ou comme LoveBot, un artiste très médiatisé, qui multiplie ses robots à Toronto, aux États-Unis et maintenant à Montréal (ci-dessous, avec des stickers de El Moot Moot). Il faut avouer que pour certains de ces artistes, présents dans plusieurs villes, la tâche est facilitée par les fans qui achètent en ligne des stickers, pour pouvoir les répandre eux-mêmes…

02 El Moot Moot et LoveBot

Un autre exemple de personnage agréable à croiser, National Zombi et dessous, le Super Bear :

03 National Zombi et Ours

D’autres sticker artistiques, qui ont attiré mon attention, mais dont l’artiste m’est inconnu :

Ajout: la femme de droite est une oeuvre politique de Zola, qui représente Leila Khaled, une militante Palestinienne, m’informent des lecteurs… Je reviens sur le thème des stickers politique plus loin dans ce texte.

04 Plateau et Sud-Ouest

Il y a aussi des œuvres plus complexes, qui nécessitent un travail aussi patient qu’attentif, comme celles produites par Fletcher :

05 Inconnu3

Ou d’autres, alliant humour et imagination, ici une autre oeuvre de Fletcher :

06 St-Laurent près Sherbrooke

Comme l’explique l’article de Wikipédia sur le Sticker art, les premiers à s’être servis de l’autocollant pour promouvoir une idée sont les groupes de gauche. Il est donc normal d’en trouver aussi. Ci-dessous, deux exemples, plus artistiques, concernant le projet de pipeline Embridge et la répression policière.

07 politiques

Ainsi, l’art sur autocollant se porte bien à Montréal, tellement qu’il a son propre festival! En mai dernier, la 2e édition du MTL SLAPS Exposition Internationale de collants se tenait, attirant les artistes et les amateurs du genre. Plus de 70 artistes locaux et internationaux étaient représentés et il était même possible d’y produire et d’y échanger des stickers!

Art ou vandalisme? Quel apport a ce type d’œuvre dans une ville? Je me pose encore la question. Mais lorsque les oeuvres sont belles, elles me rappellent invariablement qu’il faut ralentir pour véritablement regarder sa ville. Que ce soit, d’ailleurs, pour un sticker ou une fleur sauvage, un bel aménagement ou un commerce intéressant. Voir « en général » ne permet jamais de profiter de tout ce que notre ville a à nous offrir. Si ce n’est que pour cette prise de conscience, les stickers et autres collants artistiques méritent leurs places!

En terminant, un petit clin d’œil au prochain Star Wars, avec cette œuvre de G.Knight (qui est aussi l’auteur du Super Bear contenu dans la photo des National Zombis ci-dessus, et d’une grande variété d’autres dessins):

08 Nord de St-Laurent près Sherbrooke

Pour en savoir plus sur le sujet :

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Publié par : cbernier | 3 juillet 2015

Je blogue Montréal, au 15-18

Le 1er juillet dernier, j’étais l’invité de la semaine pour la chronique Je blogue Montréal, qui sera diffusée tous les mercredis de l’été, vers 17h40, à l’émission radio Le 15-18 de Radio-Canada. Une belle entrevue, qui vous permet de découvrir ce qui m’anime dans la rédaction des textes que je vous offre sur ce blogue. Si vous ne l’avez pas entendue, vous pouvez l’écouter en reprise ici. Cette entrevue arrivait à point nommé, comme pour souligner mes 4 ans d’écriture régulière sur C’est toi ma ville! Une belle coïncidence.

L’animateur rappelle d’entrée de jeu que le nom de mon blogue fait référence à une campagne de promotion de la Ville, qui était diffusée au milieu des années ‘90. Un beau clin d’œil qui m’incite à vous la présenter (vous vous en souviendrez sûrement). J’en ai retrouvé deux séquences sur Youtube, le son n’est pas bon, mais c’était il y a 20 ans ;)

D’autres blogueurs passeront à l’émission, à raison d’un par semaine. J’ajouterai donc ci-dessous le lien vers leurs entrevues, à mesure qu’elles auront été diffusées. Vous pourrez ainsi entendre les blogueurs vous présenter ce qui les anime et voir d’un autre angle, très intimiste celui-là, ce qu’il y a derrière les textes et les vidéos qu’ils vous partagent. Bonne découverte de l’écosystème des blogueurs Montréalais!

Publié par : cbernier | 27 juin 2015

L’île idéale pour l’observation d’oiseaux

Il m’a fallu être surpris par les oiseaux dans d’autres villes du monde pour constater qu’à Montréal aussi, notre faune aviaire était impressionnante quand on prend le temps de s’y attarder. Avant cette prise de conscience, lors d’un voyage, je n’avais jamais remarqué la diversité quotidienne des chants d’oiseaux que j’entends en ville, ni compilé le nombre important d’espèces qu’on peut voir au cours d’une année sur notre île.

Un peu surpris de ce constat, je me suis mis à regarder les photos que j’avais, pour constater que ces petites bêtes s’étaient laissées prendre en photo assez souvent ces dernières années. Assez pour vous proposer mon Top 10 des plus beaux oiseaux vus à Montréal, sans jumelles. Mais ce n’est qu’un tout petit portrait, puisqu’on pourrait voir, sur notre seule île, plus de 300 espèces d’oiseaux, dont près de 180 qui y nichent!

Top 10 des plus beaux oiseaux vus à Montréal

En première place, comment ne pas nommer le Passerin indigo, un petit oiseau tout bleu, aussi merveilleux que fascinant! Si vous avez comme moi suivi le dessin animé L’oiseau bleu, dans les années 90, vous savez qu’il apporte le bonheur ;) Je l’ai croisé sur le Mont-Royal, un paradis pour l’observation des oiseaux, qui peut vous permettre d’en voir plus de 150 espèces différentes, dit-on!

Passerin indigo

Pour sa rareté et son style irréprochable, le Canard branchu mérite d’être placé tout en haut de ce palmarès. Probablement le plus beau canard qu’on puisse voir en ville, il n’est toutefois pas le seul à fréquenter nos berges et à s’y reproduire. C’est toujours attendrissant de voir de petits cannetons jaunes flotter sur l’eau. Ce Canard branchu a été vu sur les berges de la Rivière-des-Prairies, à l’Ouest d’Ahuntsic.

Canard Branchu

Impressionnant lorsqu’on le voit pour la première fois, le Pic flamboyant est véritablement un bel oiseau. Et lorsqu’il prend son envol, on voit toute l’ampleur de sa beauté. Celui-ci s’est laissé photographier sur la pelouse d’une maison de Pierrefonds.

Pic Flamboyant

Cet été, les Cardinaux sont parmi nous! En effet, alors que j’en vois en moyenne un seul par année, j’ai dû voir au moins 4 ou 5 Cardinal rouge depuis le début de l’été… Tout rouge, le mâle est toujours agréable à observer, dans Hochelaga, Rosemont ou à Saint-Laurent, il semble y en avoir partout, à mon grand plaisir!

Cardinal

Mystérieux, le Bihoreau ne se laisse pas voir partout, mais quelques fenêtres sont ouvertes sur ses lieux de résidence à Montréal, dont au magnifique Parc nature de l’île de la Visitation (dans Ahuntsic) et au splendide Parc des Rapides (à LaSalle). Deux très bons endroits pour observer les oiseaux, le deuxième permettant de découvrir plus de 200 espèces…

Bihaureau

Évidemment, ces deux endroits permettent aussi de croiser des Grands hérons. Très impressionnants lorsqu’ils prennent leur envol, ils peuvent être observés sur toutes les berges de l’île et même, assez régulièrement, aux lacs du Jardin botanique.

Grand Hérona

Tous les pics-bois sont agréables à regarder, c’est donc toujours un plaisir d’en voir un s’approcher, comme ici, un Pic chevelu sur une mangeoire d’une maison du boulevard Gouin, dans Ahuntsic. C’est aussi un des rares oiseaux qu’on reconnait facilement au son, lorsqu’il frappe un arbre de son bec. Parce que si je me débrouille assez bien pour identifier visuellement les oiseaux, je suis incapable d’en identifier un à son chant.

Pic Chevelu

Certains oiseaux sont plus difficiles à identifier que d’autres, j’ai donc dû me référer à mon guide des oiseaux du Québec pour identifier les prochains, vus à deux pas du Parc Molson, dans Rosemont : un couple de Roselins familiers! Il semblerait que l’espèce se multiplie actuellement dans notre région et que nous en verrons de plus en plus…

Roselin

Les Bernaches offrent toujours un spectacle surprenant en ville, particulièrement lorsqu’elles sont avec leurs petits. Ce gros oiseau peut être vu sur l’ensemble des berges de l’île, tout comme autour des lacs de certains parcs. J’en ai même déjà vu une dizaine, au repos, dans un stationnement de centre d’achat à Anjou!

Bernaches

Enfin, je ne les ai peut-être pas en photo, mais nous pouvons tous les suivre grâce à des caméras installées près de leur nid ou même sur Facebook : le couple de Faucons pèlerins de la tour de l’Université de Montréal. Ce ne sont pas les seuls oiseaux de proie présents à Montréal mais ce sont les seuls qui sont ainsi médiatisés!

Vous avez le goût vous aussi de photographier ou d’observer les oiseaux? Le Jardin botanique, dans sa liste d’observation, compte 197 espèces différentes, c’est donc un bon endroit où commencer. En plus, un service de location de jumelles est offert à la Maison de l’arbre!

Les autres hauts lieux de l’observation sur l’île, outre le Jardin botanique, sont le Mont-Royal (particulièrement le Parc Summit et les cimetières), les 11 autres grands parcs, les 9 parcs-nature de l’île et le boisé de l’île-des-Sœurs.

Avec tout ce qu’il y a à voir et à raconter sur les oiseaux en ville, il y aurait suffisamment de matière pour alimenter un blogue! Un peu à l’image de ce que fait Les oiseaux en ville, un blogue d’Europe… J’oserais même proposer d’étendre le concept aux représentations d’oiseaux en ville, car il y en a beaucoup. Sous forme de murales, comme celle que j’inscrivais en 17e place de mon palmarès des plus belles murales de 2014; sous forme de sculptures, comme ce magnifique The Falcon, caché sur le campus de l’Université McGill :

The Falcon par Robert Tait McKenzie

ou même sous forme de street art, comme Listen bird et ROC514, qu’on croise un peu partout à Montréal (le blogue Wall2Wall a fait une intéressante recension de la faune aviaire des rues de la ville) :

Listen bird     ROC514

À défaut de vous lancer comme nouveau blogueur, partagez-nous au moins vos observations récentes d’oiseaux sous forme d’un commentaire à ce texte!

Les animaux t’intéressent? Visite mes autres textes:

Publié par : cbernier | 22 juin 2015

L’évolution de la Promenade Ontario: un indicateur

On pense connaître l’artère commerciale de notre quartier, mais la connaît-on vraiment? En 2011, je m’étais amusé à arpenter la Plaza St-Hubert, en prenant le temps de regarder chaque commerce, et j’avais écrit Ma surprenante Plaza. En 2014, j’ai revu le texte au grand complet, pour qu’il reflète l’évolution très positive de cette rue unique à Montréal. Un an plus tard, il faudrait déjà que j’y apporte des changements, tellement elle progresse vite…

Lorsque j’ai déménagé, en 2012, j’ai refais l’exercice, pour la Promenade Ontario cette fois. C’était déjà une rue commerciale locale d’intérêt, mais je n’aurais jamais pu imaginer le développement qu’elle connaîtrait! Un an plus tard, j’ai dû réécrire un texte complet, pour tenir compte des très nombreux changements positifs qui étaient intervenu, dans mon texte Un quartier qui change. Cette évolution se poursuit toujours en 2015 et mérite d’être relatée, puisqu’elle est à l’image de ce qui se passe sur de nombreuses autres artères commerciales locales.

Ainsi, en 3 ans, mes 3 textes sur la Promenade Ontario pourraient faire office de « veille » de la progression d’une rue commerciale dans le contexte de la montée des quartiers. En effet, j’observe depuis de nombreuses années que les quartiers sont une nouvelle zone d’appartenance. On veut y sortir, y manger, s’y amuser, sans dépendre du centre-ville. Mon texte Artères commerciales : pour une vraie vie de quartier fait état de mes réflexions sur ce sujet.

Voyons l’évolution de la rue Ontario depuis un an, pour illustrer ce phénomène de l’attractivité de plus en plus forte des quartiers montréalais.

Cœur de village à l’Ouest de la Promenade

Le Café Bistro Bobby McGee, ouvert en juin 2013 à l’extrémité Ouest de la Promenade Ontario, a été un précurseur. L’intérieur, entièrement conçu et fabriqué par le propriétaire et sa gang d’amis, était chaleureux, mais il se trouvait un peu loin des autres nouveaux commerces de la Promenade. Ce n’est plus le cas. Dans un local voisin laissé vide après le départ d’une boutique d’articles de sports, maintenant séparé en deux, ont ouverts coup sur coup une boulangerie, la Grange du Boulanger (fin février 2015) et une librairie, la Flèche rouge (fin avril 2015).

L’ensemble réanime complètement l’Ouest de la Promenade et profite d’un décor magnifique, avec l’Église Nativité-de-la-Sainte-Vierge juste en face. Commerces résolument « de quartier », le Bobby propose en plus des spectacles dans une ambiance très décontractée, pratiquement tous les soirs. La librairie La Flèche rouge, tout aussi sensible aux mouvements populaires que le Bobby, fait une promotion particulière des éditions indépendantes, tout en étant un « atelier de quartier »… On y offre donc une foule d’activité de type artistique, en plus des livres, neufs ou usagés. Ce sont des commerces assez uniques, très adaptés au quartier, et qui animent de façon admirable le secteur.

Que ce soit sur la terrasse du Bobby, au comptoir en vitrine de l’excellente Grange du Boulanger ou assis dans un fauteuil de la librairie La Flèche rouge, l’ambiance est magique. Il n’en faudrait pas beaucoup plus pour qu’on ait l’impression d’être sur une place d’Europe ;) Commerces alternatifs, odeur de pain frais et église monumentale créent ce mirage, qui pourrait facilement être renforcé si on réaménageait le parvis, comme le propose le blogue Mes Quartiers dans son circuit découverte d’Hochelaga. En effet, si le « débarcadaire-stationnement » qui occupe le parvis était remplacé par une place publique, c’est tout le quartier qui en serait métamorphosé. Et si la nécessité de permettre aux voitures de s’y stationner est incontournable, l’exemple du Quartier des spectacles nous montre bien qu’espace public et espaces de stationnement ne sont pas incompatibles…

On sait déjà qu’à trois coins de rues plus à l’Ouest, à la bordure du quartier, une place publique verra le jour, sur Ontario, dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal et revitalisera cette porte d’entrée d’Hochelaga. Il n’y a toutefois plus de commerces rendu là… Mais ce nouveau chantier confirmera la tendance positive pour l’Ouest de la Promenade et permettra sûrement de soutenir son développement.

Un centre bio et équitable

L’arrivée du Terre à Soi (juillet 2014, après avoir passé 5 ans sur Sainte-Catherine Est) et de l’Antidote Super alimentation (octobre 2014), à quelques rues de Aliments Merci, déjà installé depuis quelques années, a changé le secteur central de la Promenade. Ces 3 adresses, inspirées des mouvances bio-équitables, créent un nouveau pôle bien intéressant pour les résidents. L’arrivée prochaine d’une boutique Roxy Lama, qui offre des vêtements « importés directement, dans un rapport de respect et d’équité avec les artisans » et des bijoux et accessoires pour femmes produits par des créateurs d’ici, viendra renforcer ce mouvement.

Il y a de la place dans le quartier pour ce type de commerces et d’initiatives sociales. Le site Potloc, qui invite la population à choisir les prochains commerces à s’établir dans leur quartier, a d’ailleurs identifié quelques locaux vacants au centre de la Promenade. Sur ce site, on choisit un type de commerce qu’on aimerait voir s’installer dans notre quartier, on identifie dans quel local vacant, recensé sur le site, on aimerait le voir arriver, puis on publie notre « demande ». Pour l’entrepreneur, cela permet de savoir si le quartier est intéressé au type de commerce qu’il pense ouvrir… Un concept bien intéressant, qui couvre déjà l’ensemble de l’île, mais aussi le Québec, l’Ontario et le Vermont!

Pour revenir aux initiatives de la Promenade Ontario, le programme Un quartier en art est aussi bien présent au centre de cette rue commerciale. On offre aux artistes du quartier d’exposer leurs œuvres dans les vitrines de commerces vacants, pour attirer l’attention sur les talents d’ici et sur les espaces commerciaux en attente de nouveaux projets… C’est assez efficace, les magnifiques lampes de Nathalie Clouâtre m’ont fait remarquer un petit local que je n’avais jamais remarqué auparavant, et je me suis mis à rêver d’ouvrir une mini boutique ;)

Tout comme la place publique pour le 375e anniversaire de Montréal pour le secteur Ouest de la Promenade, les initiatives de Potloc et la 2e édition du programme Un quartier en art contribueront certainement à renforcer le centre de cette rue commerciale d’Hochelaga…

L’Est animé et festif

La personnalité de l’Est de la Promenade est aussi unique, de par sa concentration de bars et de restos. Le restaurant Le Chasseur a été un précurseur, en septembre 2012, en s’installant pas très loin du boulevard Pie IX. En décembre 2013, l’ouverture du resto-bar Monsieur Smith laissait présager qu’un changement était en cours… Personne n’aurait pu imaginer qu’un an plus tard, le resto L’État-Major s’installerait à quelques portes de distance (décembre 2013), que le bar Le Trèfle suivrait (août 2014) et que la Brasserie Le Blind Pig (mars 2015) viendrait rapidement remplacer le précurseur Le Chasseur, qui lui a cédé son bail pour aller vers de nouveaux projets.

Cette incroyable effervescence se poursuit, avec l’arrivée d’un petit nouveau, le fast-food gastronomique la Mâle bouffe (juin 2015), qui vient compléter le tableau des nouveautés qui m’ont interpellé côté bars et resto à l’Est de la Promenade. Avec les restos que j’aime bien, La Cervoise et Les Canailles, déjà installés dans le coin depuis longtemps, il y a maintenant une vraie zone « sortie de soirée » sur la Promenade. Avec l’embarras du choix et du plaisir assuré, quel que soit l’endroit visité!

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Terrasse du Atomic Café – photo de Gilles Beaudry

De plus, il y a, cet été, 20 terrasses installées sur la rue Ontario entre Moreau et le Marché Maisonneuve! Un autre signe évident que la rue attire de plus en plus l’intérêt des résidents… On y va même d’une expérience de piétonnisation partielle de la rue Ontario, devant la Place Valois!

Il y a évidemment de nombreux autres commerces dont je ne parle pas dans ce texte. Quelques nouveaux venus, comme des adresses appréciées des gens du coin depuis des décennies. Il y a même la réouverture, ce mois-ci, de notre succursale de la SAQ dans un local neuf, en face de l’ancien. C’est l’ensemble de cette offre commerciale, ancienne et nouvelle, s’adressant à monsieur et madame tout le monde, visant la clientèle jeune et urbaine ou les « sages » du quartier, qui donne un charme à une rue commerciale locale.

Ainsi, même si j’aime bien sortir avec des amis dans un bar branché sur Ontario, j’apprécie retrouver tout près de chez moi un Rossy (oui, oui!), plusieurs Dollorama (ou l’équivalent), une petite quincaillerie Rona, etc. En pouvant trouver sur ma Promenade tout ce dont j’ai besoin, et en osant continuer à entrer dans des boutiques où je n’ai jamais mis les pieds, même après 3 ans dans le quartier, je sens moins le besoin d’aller chercher ailleurs ce qui peut se trouver à quelques pas de chez moi… Cette grande diversité est une des clés du succès de plusieurs rues commerciales locales.

Encore récemment, je découvrais (grâce au blogue Les Promeneurs) un commerce pourtant installé depuis quelques années: le Café Marco Rosa. Ce genre de magasin général latino-américain offre à la fois des piments forts séchés entiers et d’autres produits importés, quelques aliments frais et de supers bons empanadas

Développements perpendiculaires

Parlant de diversité, à force de découvrir les nouvelles adresses de mon quartier, je me suis mis à remarquer des boutiques que je n’avais jamais vues avant, sur des rues perpendiculaires à Ontario. La boutique Raymond IV, par exemple, se dit « vide-dressing chic » et interpelle les femmes, sur Dézéry, depuis le début 2015 (triste qu’elle n’ait pas encore de vêtements pour homme).

Un peu plus loin, c’est le Bric à Brac, livres pour les 0 à 17 ans, que je découvrais en préparant ce texte. Situé sur Aylwin, cette librairie spécialisée est située juste derrière une boutique de jouets du même nom, paradisiaque pour les enfants, petits et grands.

À l’Est du boulevard Pie IX, c’est une initiative citoyenne qui occupe une rue perpendiculaire : la rue de la Poésie. L’avenue Desjardins est devenue la vitrine de l’imaginaire des poètes d’Hochelaga-Maisonneuve qui affichent leur prose sur des panneaux, dans les carrés d’arbres, sur les terrains et même sur les murs. J’en parlais dans mon texte Poésie urbaine et Slam du bitume.

Renforcement du secteur institutionnel

Le secteur à l’Est de Pie IX est très différent du reste de la Promenade. Il y a quelques restaurants, mais ce sont les institutions qui dominent : bibliothèque, maison de la culture, CLSC, école et organismes du quartier se succèdent, jusqu’au Marché Maisonneuve et sa magnifique place publique dont je parlais dans mon palmarès des plus belles places de Montréal. Cet ensemble de services vient compléter à merveille le secteur commercial et continu à se renforcer. En effet, tous les vendredis de l’été, des fermiers viendront vendre leurs produits au Marché, qui s’affirme de plus en plus comme un incontournable.

À noter aussi, l’initiative Vélopousse, qui permet de se faire transporter pour une visite de style touristique du quartier, sera une fois de plus offerte cet été, vous permettant de faire encore plus de découvertes!

Il n’en tient qu’à vous de partir en ballade pour explorer votre voisinage. Vous verrez, que ce soit la Promenade Ontario ou une autre rue commerciale, elles bougent vite et vous surprendront.

Marché Maisonneuve

Pour découvrir d’autres rues commerciales locales, voici mes suggestions :

Article mis à jour le 3 août 2015

Après la 3e édition du Festival MURAL (sur la Main du 4 au 14 juin dernier), et à moins de quelques heures du festival de graffiti UnderPressure (5 au 10 août), c’est le moment de réaffirmer l’importance de notre ville dans le monde du street art. Plusieurs villes du monde s’affichent volontiers comme des destinations incontournables pour l’art urbain, alors, plusieurs acteurs de Montréal ont décidé de viser, eux aussi, cette reconnaissance internationale. Car la scène montréalaise du graffiti, de la murale et du street art mérite d’être célébrée et reconnue. Avant de vous expliquer pourquoi je le pense, permettez-moi de vous présenter Wynwood, un des quartiers du monde qui reçoit le plus d’attention médiatique pour sa promotion de l’art de rue. C’est à ce quartier de Miami que j’ai choisi pour nous comparer…

Wynwood c’est…

Imaginez un quartier d’industries légères, parsemé d’entrepôts, aux rues aussi larges que désertes et pratiquement sans arbre, qui s’étend sur une douzaine de rues de long et de large. C’est Wynwood, un quartier au Nord de Miami qui était pratiquement abandonné il y a quelques années à peine. Aujourd’hui, c’est une toute autre chose!

Un promoteur immobilier, connu pour avoir œuvré à la revitalisation de SoHo à New York, a vu tout le potentiel de ce quartier de grands murs vierges, tous prêt à accueillir des murales. Il a débuté en invitant quelques artistes de rues à peindre sur les murs des entrepôts qu’il avait acheté à bas prix, puis il a contribué à multiplier les murales et les fresques dans les alentours. La notoriété du quartier, son attractivité et, évidemment, la spéculation ont fait le reste. Aujourd’hui, Wynwood est sur le point de devenir un incontournable pour les touristes et il s’y ouvre des cafés, restos et boutiques à la douzaine.

L’ensemble des peintures est maintenant trop vaste pour être cartographié et, même avec Google Street View, il est difficile de se faire une idée du nombre de murales qui y sont présentées. Le visiteur fait donc face à un musée à ciel ouvert qui couvre tout un quartier (et maintenant, qui en déborde), dont les œuvres ne sont pas cataloguées et qui peuvent tout simplement avoir disparu la veille, sous une autre murale! Impressionnant et déstabilisant.

Wynwood MiamiEntièrement tourné vers la murale, Wynwood à les défauts de ses qualités. Il est impossible de planifier une visite en fonction des œuvres qu’on veut y voir, on doit donc y déambuler au hasard, sachant qu’il sera impossible d’en faire le tour. L’abondance donne aussi une certaine impression de répétition (par exemple, il y a beaucoup de murales représentant le visage d’une femme). Aussi, le quartier est excentré et difficile d’accès en transport en commun…

Positionner Montréal

Ces défauts, Montréal les évite tous, heureusement. On pourrait considérer le festival MURAL et sa cinquantaine de murales le long de la rue Saint-Laurent comme la colonne vertébrale des murales de Montréal, comme notre équivalent au quartier Wynwood.

Les œuvres produites dans le cadre du festival MURAL sont cartographiées, il est donc possible de les voir toutes lors d’une visite. Elles sont extrêmement diversifiées et situées en plein centre de la ville, donc très facilement accessibles. En plus, la vie commerciale y est bien présente, permettant de s’arrêter lors de notre visite pour prendre un verre, un café ou manger, sans se soucier de trouver un endroit pour le faire (contrairement à Wynwood). Aussi, ce secteur de la rue Saint-Laurent compte de petites places sympathiques, créant un environnement beaucoup plus agréable qu’un monotone quartier d’industries légères, parsemé d’entrepôts…

Le Parc du Portugal, par exemple, offre un îlot de fraicheur au milieu de plusieurs murales. Les édifices qui le bordent au Nord-Est sont couverts de graffitis, d’affiches et d’autocollants produits par des artistes de la rue. C’est une autre différence qui me plaît. Wynwood compte assez peu d’exemples d’autres pratiques artistiques que la murale, alors que la rue Saint-Laurent, notre Main, propose une foule de médiums différents à l’amateur de street art. Le tout encouragé par le festival MURAL, qui invitait l’an dernier le Diamantaire de Paris, aussi bien que par UnderPressure, par exemple. En nous obligeant à être attentif pour identifier ces plus petites œuvres, la promenade sur le circuit des murales autours de la rue Saint-Laurent nous permet de découvrir toute la créativité des artistes de la rue. Cette effervescence se sent jusqu’à la rue Sainte-Catherine, épicentre du festival UnderPressure, qui fêtera en 2015 sa 20e édition!

Street art Montréal

Le Diamantaire, affiche de Enzo e Nio, collant de ROC514, pochoir (inconnu) et céramique #endroitofficieldebisous

MURAL et UnderPressure viennent ainsi souligner de façon festive une pratique présente depuis plusieurs années à Montréal. Que ce soit l’organisme MU, qui fait apparaître plusieurs murales dans nos quartiers chaque année (la carte de leurs réalisations est ici); les producteurs de murales comme le spectaculaire A’Shop ou le surprenant ArtDuCommun; ou les programmes de ruelles vertes, qui incluent souvent la production d’une murale pour égayer les ruelles réaménagées, une multitude d’acteurs oeuvrent à faire de Montréal une destination de calibre international pour les amateurs de street art. Mon Top 20 des plus belles murales donne un bon aperçu de ce que notre ville a à offrir: des murales tout simplement fantastiques!

Ce n’est donc pas seulement le secteur de la Main qui participe à l’effervescence des murales, mais tous les quartiers de la ville, créant un effet peut être moins spectaculaire et condensé qu’à Wynwood, mais nous surprenant à n’importe quel endroit de la ville, y compris dans nos ruelles. L’art de rue n’est donc pas seulement tourné vers les visiteurs, mais il est aussi offert aux résidents.

Ce n’est sûrement pas étranger au fait que Montréal est la seule ville Canadienne présente, pour l’instant, dans la section street art du Google Art Project! Montréal y est d’ailleurs beaucoup mieux représentée que Miami… Un constat qui se répète sur le Street Art View, une plateforme collaborative pour cartographier l’art de rue dans le monde. Pour toutes ces raisons, Montréal se compare bien à Miami, selon moi, même si elle ne profite pas de toute la publicité faite autour du phénomène Wynwood. Alors imaginez si elle avait la même visibilité…

Les Montréalais ont beaucoup de talents. Que ce soit pour créer des murales, pour les multiplier ou pour les faire connaître, plusieurs acteurs travaillent sans relâche à nous faire voir le graffiti et le street art d’un nouvel œil. Le festival MURAL nous en a mis plein la vue en juin dernier, nous permettant de voir des artistes à l’œuvre, tel que Monk.E, un des muralistes d’ici qui m’impressionne le plus. UnderPressure prendra maintenant la relève, du 5 au 10 août…

Ajout de juillet 2015: C’est grâce a tous ces acteurs si Montréal fait maintenant figure de modèle, comme le raconte François Cardinal, dans La Presse.

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Magnifique murale de Bryan Beyung, un artiste Montréalais, à l’édition 2014 du Festival MURAL

Pour en savoir plus sur le sujet :

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