Publié par : cbernier | 15 décembre 2017

Les plus belles murales de 2017

L’art mural continue de se développer à Montréal, à une bonne vitesse depuis plusieurs années. Si, en 2010, on en comptait très peu, elles se sont multipliées grâce à l’impulsion du festival Under Pressure, au travail de terrain de MU et d’Art du Commun, à la créativité du festival MURAL, et au dynamisme des entreprises comme Artgang et A’Shop, entre autres. Ce sont maintenant plusieurs centaines de murales qui agrémentent nos quartiers et il s’en est ajouté plusieurs dizaines en 2017.

En parallèle, il n’y a jamais eu autant de talent chez ces artistes du grand format, qui peuvent maintenant exercer leur savoir-faire légalement et même en tirer des revenus.

Je vous présente ici mes photos des nouvelles murales les plus marquantes de l’année, en tenant compte de toutes celles produites depuis mon dernier palmarès, publié à l’automne 2016. Vous verrez, encore une fois cette année, qu’il y en a du talent au mètre carré! Et les choix ont été difficiles… Mais comme en 2015 et 2016, j’ai sélectionné ces murales en utilisant les 4 mêmes critères :

  1. Complexité de l’oeuvre
  2. Émotion suscité
  3. Originalité
  4. Ancrage dans son milieu

Sans plus de préambule, voici donc mon palmarès, qui ne vous est pas présenté en ordre de préférence, mais plutôt par quartier.

Top 10 des plus belles murales grand format de 2017

Ville-Marie

Le festival Under Pressure marque une nouvelle fois le paysage du Quartier Latin avec sa grande murale collective aux coins des rues Sainte-Catherine et Sainte-Élisabeth. Elle recouvre une des plus belles murales de 2016 par une nouvelle réalisation tout aussi magnifique, cette fois signée par les artistes Monk.e, Fonki et Ankh One. (carte)

Les Éco-quartier sont des promoteurs de l’ombre de la multiplication des murales à Montréal, qu’il est difficile de suivre puisque leurs réalisations ne rayonnent souvent qu’au niveau local. À force de recherche, on finit par dénicher ces perles qui améliorent les ruelles de la ville et certains autres murs, comme ici, avec L’Aube de l’artiste Rouks (du collectif A’Shop), inaugurée à la fin de 2016. (carte)

L’Éco-quartier Peter-McGill et le collectif A’Shop sont aussi derrière la réalisation de L’avenir prévisible, une murale de Earth Crusher qui joue dans les registres de la science-fiction, pour étonner les citadins. (carte)

Le Plateau

Cette année, le quartier s’illustre avec deux réalisations abstraites. L’œuvre de l’Allemande MadC, réalisée dans le cadre du festival MURAL, m’a particulièrement marqué avec son emballage complet d’un bâtiment. (carte)

À l’autre bout du quartier, Cap Tourmente, une murale de l’artiste Stare peinte à la fin de 2016 avec le soutien de Artgang, change le décor de son bout du boulevard Saint-Laurent. Selon l’heure et la luminosité, cette œuvre change d’apparence de façon assez étonnante. (carte)

Verdun

L’oeuvre Diversité, de Ankh One et Benny Wilding (A’Shop) est une autre grande réalisation de l’année 2017. Ancrée dans l’imaginaire de Verdun avec de nombreux référents au quartier, elle joue avec une superposition d’éléments pour passer un message fort. (carte)

Dans un registre tout à fait différent, la murale Joannette, de Jason Botkin (produite par MU), nous amène dans un monde étrange, onirique. Se retrouver devant, quand elle occupe tout notre champ de vision, est une expérience surprenante. (carte)

Ville-Émard (Le Sud-Ouest)

Peinte comme un conte pour enfants, la murale Le Nahual et la Pirogue, de Monk.e (AShop), égaye la cour de l’école Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours. Combien d’élèves seront inspirés par l’animal mythique qu’elle nous fait découvrir? (carte)

Hochelaga

Monk.e est aussi l’artiste derrière la prochaine murale. On le reconnaît à ses lunes en arrière-plan, qui jouent sur le thème du rêve et de la réalité, sans qu’on sache très bien où se situer. (carte)

Saint-Michel

Pour la première fois, le quartier Saint-Michel figure dans un de mes palmarès de murales! C’est grâce à l’École Louis-Joseph-Papineau, qui s’est dotée de l’œuvre Éclosion, de Fluke, fondateur du collectif A’Shop. Ma photo, prise en fin d’après-midi, ne témoigne pas de la luminosité de cette murale. Allez la voir, en plein soleil, avant d’aller prendre une marche au nouveau Parc Frédéric-Back, situé tout près… (carte)

Hors catégorie

Par leurs ampleurs et leur lien avec le deuil collectif de Leonard Cohen, deux autres grandes murales se distinguent particulièrement cette année. Ce sont les murales de : Kevin Ledo, produite dans le cadre du festival MURAL… (carte)

et du duo El Mac et Gene Pendon (aidés de 13 autres personnes!), produite par MU, et située à l’ouest du centre-ville. Celle-ci est la 100e murale de l’organisme MU et la plus grande murale de Montréal à ce jour! Bravo 😉 (carte)

Top 10 des plus belles petites murales de 2017

Le Plateau

Il est parfois difficile de retracer l’histoire de certaines murales, c’est le cas de ce volatile de Cryote et du serpent de Waxhead… Selon les sources, l’oeuvre daterait de 2014… ou de 2017. Google street view, utilisé pour géolocaliser les murales de ce texte, montre toutefois qu’en 2016, la murale n’existait pas encore… De toute façon, l’oiseau est trop mignon pour ne pas se retrouver quelque part dans mes palmarès, alors le voici! (carte)

Passons maintenant à l’une des plus simples. Reproduction d’une célèbre estampe de l’artiste Japonais Hokusai surnommée La Vague, elle est d’une grande beauté. Sans inscription ni signature, elle orne une ruelle sans qu’on puisse l’identifier. (carte)

Le festival MURAL nous a offert, cette année, deux magnifiques murales de moins de deux étages. La plus marquante est sans nul doute l’œuvre d’Aydin Matlabi et de Miss Me, appuyées par Vision Mondiale. En intégrant des photos de visages d’enfants à leur murale, elles montrent que c’est un art qui n’a pas fini de nous surprendre. (carte)

L’autre est une murale de Dodo Ose (A’Shop), un habitué de mes palmarès, cachée au 2e étage d’un petit édifice du Plateau. Avec son style unique, il explore la représentation de sculptures qui semblent de marbre, entourées de halos lumineux colorés. Il en a réalisé d’autres de ce style, une l’an dernier et une autre cette année… (carte)

Saint-Laurent

La voici justement. Intitulée L’envol, cette murale de Dodo Ose illustre les mythiques Renommée, Pégase et Arion, qui personnifient respectivement la reconnaissance sociale et populaire, la créativité et la liberté artistique, selon l’auteur. (carte)

Rosemont-La Petite-Patrie

L’arrondissement qui compte le plus de ruelles vertes à Montréal est peut-être celui qui possède aussi le plus grand nombre de murales de ruelle… D’ici à ce que ce soit prouvé, il s’en produit plusieurs chaque année, dont cette magnifique baleine de Sbu One, produite par l’éco-quartier du secteur, la Société de développement environnemental de Rosemont (SODER). Remarquez le kayakiste en bas et l’hallucinant découpage de l’animal… (carte)

Artgang transforme le secteur de la Plaza Saint-Hubert depuis deux ans avec ses murales qui ont valu à l’artère commerciale d’être nommée « ensemble exceptionnel » de murales en 2016. Cet ensemble déborde de la Plaza et s’étend jusqu’à la station de métro Beaubien, qui jouit depuis cette année de cette très belle réalisation de l’artiste Benny Wilding. (carte)

Ville-Marie

L’an dernier j’avais souligné la murale des personnages d’Ulysse 31, peints dans le cadre du festival Under Pressure par 123Klan… Ils ont disparu, au profit de Goldorak, peint dans le même cadre, par les mêmes artistes. Toute aussi nostalgique, elle réanime nos cœurs d’enfants en nous rappelant qu’on vieillit… (carte)

Hochelaga

Elle a moins de 2 étages, mais est tellement longue qu’elle aurait pu se retrouver dans mes plus belles grandes murales. L’œuvre de Zek, commandée par la Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve, transforme un grand mur aveugle, voisin d’un grand jardin communautaire, en fresque montréalaise! Une belle réussite. (carte)

Verdun

On peut dire la même chose de la murale Les rives de l’envol, de Zek et Monk.e (A’Shop), qui anime un mur de l’école Monseigneur-Richard. Peinte avec l’aide des élèves en 2016, elle témoigne de l’engagement des acteurs de ce mouvement artistique en faveur de l’appropriation de leur œuvre par la collectivité qui les accueillent. (carte)

Hors catégorie

Elle n’a pas été produite avec de la peinture, mais la murale de Vhils, un artiste originaire du Portugal, mérite sa place dans ma recension de 2017. Les oeuvres de Vhils peuvent être vues dans plusieurs villes du monde, que ce soit Sydney, Beijing ou Lisbonne. En avoir une ici aussi est une autre preuve que Montréal a rejoint le circuit des grandes villes du street art. Nous rayonnons à l’international grâce à nos événements et au talent de nos artistes, ce qui attire l’attention des talents du monde entier. Vhils, qui était invité par Artgang, produit ses murales en grattant la surface des murs plutôt qu’en les peignant. (carte)

Les ensembles exceptionnels

En 2015, je vous ai présenté 8 lieux significatifs qui regroupent plusieurs murales qui méritent d’être connues. Lachine y était pour sa série de murales sur la rue Notre-Dame. Noires, blanches et rouges, elles ajoutent une collection distinctive de murales à la ville. Mais Lachine compte aussi un deuxième ensemble significatif, qui existe de longue date, mais que je n’ai découvert que l’été dernier : le mur du Parc Duff Court, qui sépare le quartier de l’autoroute 20. (carte)

En 2016, la Plaza et Pointe-Claire s’ajoutaient aux lieux significatifs pour découvrir les murales montréalaises. Cette année, c’est la Petite-Bourgogne qui se démarque à son tour, avec ses quatre murales réparties dans le quartier. Sur le thème de l’apport des communautés culturelles, les trois premières ont été réalisées l’an dernier par Art du Commun. Suivies cet été par la quatrième, qui reprend le même thème et les même couleurs, mais pour illustrer le secteur. Elles font partie des efforts de la Coalition de la Petite-Bourgogne pour développer le quartier. (carte) (carte) (carte) (carte)

Nouveautés à souligner

Deux nouveautés sont à souligner cette année. Certains éco-quartiers le faisaient déjà, tout comme l’organisme MU, mais sinon, il y avait rarement d’indications pour connaître les auteurs et les commanditaires des murales. A’Shop appose maintenant de petites plaques sur ses murales et le festival MURAL fait ajouter son logo aux murales produites dans le cadre de son événement. Puis il y a l’initiative pour faire connaitre les murales de l’avenue Savoie, cachée derrière la Grande bibliothèque. Pour les révéler aux passants, on a ajouté tout autour ces « affiches », qui annoncent les « Murs à mots ». Ces initiatives fonctionnent, nous renseignent et méritent d’être soulignées.

Enfin, le fameux répertoire sous forme de carte que j’appelais de mes vœux depuis de nombreuses années se construit en ce moment sur le site web Art Public Montréal! On peut y voir et géolocaliser 200 murales, en plus de pouvoir les chercher par année de production. J’estime qu’il y a près de 700 murales actuellement à Montréal, la recension n’est donc pas terminée, mais c’est un pas de géant qui a été franchi avec la création de cet outil!

Voilà qui termine mon palmarès des plus belles murales de l’année 2017. J’espère que vous l’avez apprécié!

N’hésitez pas à le partager! 😉

Pour revoir le palmarès de 2016, cliquez ici.

Pour connaître mon classement des murales plus anciennes, visitez ces trois textes fondateurs :

Vous devriez aussi apprécier :

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Publié par : cbernier | 5 décembre 2017

5 ans d’évolution dans Griffintown

S’il y a un quartier qui change rapidement à Montréal, c’est bien Griffintown! En plus des multiples tours à condos, des parcs y ont poussé, de nouvelles rues sont apparues, plusieurs lieux culturels y ont éclos, sans parler de la multiplication des petits bars, cafés, restos, qui s’y implantent un peu partout… Ça bouge! Et vite.

Alors, 5 ans après avoir écrit Quartier en devenir… La naissance de Griffintown, texte qui m’avait été inspiré par la Journée « porte ouverte » Griffintown organisée par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) en janvier 2012, j’ai pensé vous proposer un « avant-après » en utilisant des photos de 2012 à 2017.

Je ne prétends pas faire ici un exercice d’analyse. Je vous offre simplement quelques flashs photographiques de l’évolution du quartier, qui sont quand même assez spectaculaires! Celles et ceux qui voudront aller plus loin pourront relire les documents de l’OCPM, ou le Programme particulier d’urbanisme pour Griffintown, voté par la Ville en 2013. Mais avant, voyez à quel point le quartier a changé en 5 ans à peine.

Visite du « chantier » Griffintown

Il y a 5 ans, je débutais ma visite photographique du quartier avec l’ouest de la rue Bassin. Avouez que le changement est radical!

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Ce développement, nommé Le Canal Griffintown, est traversé par une voie piétonne des plus agréables, qui permet de découvrir, à travers plusieurs panneaux d’information, l’histoire du secteur.

Le Canal Griffintown est avantageusement situé en face des Écluses Saint-Gabriel. Vous aurez compris qu’il tire son nom du fameux Canal de Lachine, qui contribue fortement à la qualité de vie du quartier.

A quelques pas de là, Le William s’est installé dans un ancien édifice industriel. La transformation, depuis 2012, est totale.

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Mais pas autant que sur l’immense terrain des Bassins du Havre, qui longe la piste cyclable du Canal. Sur un vaste terrain vague, en 2012…

…on a vu apparaître plusieurs édifices à condos.

Un quartier dans le quartier

La maquette utilisée pour faire la promotion de ce développement, lors des expositions Montréal du futur de 2010 et 2014, montrait plusieurs bassins qui devaient être aménagés en déterrant les bassins d’origine du Canal Lachine.

Au moins jusqu’en 2015, on pouvait aussi voir sur place une grande affiche qui montrait les bassins… Pour l’instant, ces travaux n’ont pas encore débuté, mais espérons qu’ils ne seront pas abandonnés!

Ou simplement remplacés par ce genre de piscine, qui sépare deux des édifices du développement.

Parlant de séparation, des sentiers piétons ont été aménagés sur le vaste terrain pour délimiter des îlots. Ils permettent un accès plus facile au Canal Lachine au sud et une magnifique vue dégagée sur le centre-ville, au nord. Ici, l’Allée des Charbonniers.

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On parlait, en 2012, de 1800 unités dans le seul projet des Bassins du Havre! Il a fallu prolonger la Rue Bassin sur le terrain du développement pour desservir la douzaine d’édifices prévus. Lorsqu’on s’y promène aujourd’hui on voit, plus à l’est, une nouvelle forêt de constructions, toutes âgées de moins de 5 ans, elles aussi…

L’immense terrain des Bassins du Havre s’est aussi bonifié d’un premier parc, le Parc du Bassin-à-Gravier, inauguré en juillet 2016 et récompensé en 2017 d’un Grand Prix du Design. Sa partie nord est occupée par des modules de jeux pour enfants et des jeux d’eau…

Tandis que sa partie sud est un vaste bassin de bio-rétention de l’eau de pluie, plantée de 24 000 plantes indigènes. L’effet naturel en est saisissant.

Le parc se termine sur un agréable quai du Canal de Lachine.

Intégrer l’ancien dans le nouveau

Plusieurs autres projets sont sortis de terre depuis 2012, comme ceux de la rue de la Montagne.

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Ils profitent du Parc du Faubourg-Sainte-Anne, sur la même rue, qui y est depuis de nombreuses années. Ses étonnants vestiges de l’église catholique anglophone St-Ann lui ont d’ailleurs valu une place dans le Top 15 des parcs inusités du blogue MesQuartiers.

Tout près, bien qu’elle ait survécu au développement du secteur, l’écurie du Horse Palace voit toujours son avenir compromis… J’ai déjà traité sur ce blogue de tous les avantages d’avoir des chevaux en ville, il me semble que cette institution mériterait de voir enfin la lumière au bout du tunnel!

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D’autant plus qu’on tente de préserver le patrimoine du quartier, à travers différentes initiatives, comme la transformation prochaine de la tour d’aiguillage Wellington en lieu culturel.

La tour est située à l’extrémité de la Promenade Smith, aménagée le long de la rue du même nom. Réalisée par NIP paysage, cette habile transformation nous fait oublier qu’on longe le chemin de fer en nous offrant un agréable endroit où prendre une pause. Avouez que le contraste est important.

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Il l’est d’autant plus que l’environnement dans lequel la Promenade Smith s’est implantée a lui aussi connu d’importants changements ces 5 dernières années. Le vaste chantier de 2012 a en effet fait place à plusieurs édifices, dont le Alt hôtel. Premier hôtel de Griffintown, il offre aux visiteurs et voyageurs un accès privilégié à l’effervescence du quartier, tout en restant à proximité du centre-ville.

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Plusieurs entreprises et commerces se sont aussi implantés ces 5 dernières années dans le secteur, desservis par une société de développement commercial dynamique, Les Quartiers du Canal. Si la rue Notre-Dame, en bordure de Griffintown, est en pleine effervescence, tous ne se sont pas installés récemment dans Griffintown. Il y a eu quelques précurseurs, dont le Brasseur de Montréal, qui transforme la vie du quartier depuis 2008, et qui continue à s’investir dans celui-ci.

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Audaces architecturales

On ose aussi l’architecture dans le quartier, comme avec la Maison des étudiants de l’ÉTS, qui était dans mon palmarès des audaces architecturales de 2012 à 2016.

Mais ce n’est pas le seul projet de Griffintown qui se démarque de ce côté. La tour Yoo, dessinée en partie par le célèbre designer français Philippe Starck, change le décor de tout son quadrilatère.

Sur De la Montagne, le projet Arbora mise sur des valeurs écologiques, en utilisant une structure en panneaux de bois massif lamellés-croisés et en s’approvisionnant d’une entreprise de Chibougamau qui gère de façon durable la forêt boréale, pour vendre ses condos. Ce sont toutefois ses balcons en angle qui captent le plus l’attention des passants.

Il ne faudrait toutefois pas croire que toutes les constructions du secteur sont des condos. Le quartier compte aussi des habitations communautaires, comme le Portage II, développé par la talentueuse firme Rayside Labossière, qui ajoute une touche de couleurs (visuelle et sociale) à Griffintown.

Un vrai milieu de vie

La vie artistique a aussi su s’intégrer dans l’évolution du quartier avec, dès 2011, l’ouverture de l’Arsenal, une gigantesque galerie d’art installée dans un ancien hangar de chantier naval, rapidement suivie en 2012 par les salles de spectacle de la New City Gas, une ancienne usine de transformation de charbon en gaz! Ces lieux faisaient partie de mon texte Quartier en devenir… La naissance de Griffintown, mais depuis, une troisième institution a investi un édifice historique, le 1700 La Poste, consacrée aux arts visuels, qui s’est établie dans l’ancien bureau de poste « Station F ». Des atouts notables pour redynamiser le quartier…

Certains édifices patrimoniaux attendent toujours leur tour, comme c’est le cas du Chalet du Square Gallery, étonnant vestige art deco qui mériterait d’être mis en valeur…

Pour soutenir l’amélioration de la vie de quartier, il est enfin prévu d’inaugurer plusieurs nouveaux parcs dans les années à venir. Le Parc archéologique de la Pointe-des-Seigneurs devrait être l’un de ceux-là.

Comme vous l’avez vu avec ces photos, Griffintown s’est transformé radicalement dans les derniers 5 ans. Une évolution très rapide, ponctuée d’occasion d’affaires, de bonnes intentions, mais aussi de critiques. Et ça continue!

On dit bien des choses sur Griffintown depuis 5 ans… Le quartier est maintenant bien vivant et mérite mieux que d’avoir une simple réputation. Il mérite qu’on le découvre, qu’on le fréquente et qu’on apprenne à l’aimer, avec ses défauts, mais surtout, ses nombreuses qualités.

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Publié par : cbernier | 27 novembre 2017

L’apparition des ruelles blanches

On dit qu’il y a maintenant près de 350 ruelles vertes à Montréal. L’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, avec plus de 100 ruelles ainsi aménagées, est sans conteste le champion dans cette catégorie. Mais que deviennent ces ruelles l’hiver venu?

Le concept de ruelles blanches, qui invite les citoyens à s’approprier l’espace non déneigé pour en faire un terrain de jeu propice aux activités extérieures, a été mis de l’avant en 2013 par la triste histoire d’une patinoire d’enfants jugée illégale dans Villeray. Devant le tollé des parents, l’arrondissement est devenu, l’hiver suivant, le premier à reconnaître officiellement ces aménagements temporaires.

Ce n’est pourtant pas d’hier que certaines ruelles deviennent, l’hiver, le terrain de jeu presque exclusif des enfants! Il y a quelques décennies, j’ai moi-même profité d’une telle zone d’activités dans Rosemont. J’y ai fait plusieurs anges dans la neige, quelques châteaux et j’ai souvent profité du monticule produit par des voisins pour faire quelques glisses avec mes copains. Les courses à obstacles étaient aussi nombreuses, mais je n’ai pas eu droit à une patinoire, comme celle de Villeray. J’aurais probablement aimé.

Nous n’avions qu’une règle à respecter : ne pas nuire aux adultes qui déneigeaient l’accès à leur stationnement arrière. Puisque ce déneigement ne touchait qu’un tiers de notre ruelle, il était facile de s’en accommoder. En y pensant bien, elle était là notre patinoire… Les traces des roues devenaient souvent glacées, ce qui suffisait pour nous amuser.

Chaque fois que j’entends des gens dire qu’il est difficile d’élever des enfants en ville, je sursaute. Je n’ai peut-être pas d’enfant, mais je l’ai été, et les souvenirs de ma ruelle blanche font partie de ce qui m’a le plus marqué comme enfant de la ville. Cet immense terrain de jeu, où j’ai pu me lier d’amitié avec plusieurs autres jeunes, m’a permis d’être actif, allumé, ouvert et curieux. Il se passe toujours quelque chose de nouveau dans une ruelle.

Aujourd’hui, les parents sont beaucoup plus impliqués dans les jeux de leurs enfants. Ainsi, ils peuvent être d’une aide précieuse pour construire une glissoire qui soit plus qu’un simple monticule. L’entretien d’une patinoire est grandement facilité par leur implication et construire un château faisant rêver à la guerre des tuques devient possible.

Rien n’empêche les parents de s’inspirer des activités des ruelles vertes pour les répéter l’hiver venu… Les dîners pourraient être transformés en dégustation de chocolat chaud et les projections de films se poursuivre lors de la saison froide avec des courts métrages. Les seules limites aux nouvelles activités sont celles de l’imagination des enfants, de leurs parents et du voisinage! Les ruelles sont un des plus beaux secrets des gens de la ville, il serait bien d’en tirer profit à l’année.

Si Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension appuie maintenant officiellement la création de ruelles blanches, les autres arrondissements s’en tiennent toutefois à une politique de non-ingérence non-indifférence. Bien que partout on fasse respecter le droit des riverains à l’accès à leur stationnement, s’ils en déneigent l’accès… Rosemont–La Petite-Patrie offre une ligne téléphonique spécifique aux demandes concernant les ruelles blanches, le 514-727-6775 poste 905, mais vous reconnaîtrez qu’on est encore loin de la promotion active!

À l’heure où on parle de plus en plus de villes actives, d’engagement citoyen et de réappropriation de l’espace public, il me semble que les ruelles blanches devraient profiter du même effort de promotion que les ruelles vertes. On trouve d’ailleurs souvent, dans les ruelles vertes existantes, un noyau dur de riverains engagés qui pourraient être intéressés à prendre possession de la ruelle 4 saisons par année, moyennant un minimum d’accompagnement et de soutien. Avec 350 ruelles vertes sur le territoire, qui sait combien de ruelles blanches pourraient naître en une seule année si on s’y mettait sérieusement?

Les mouvements d’urbanisme éphémère, de bricolage urbain et de recyclage (de palettes de transport, entre autres) qu’on voit maintenant un peu partout en ville lorsqu’il fait chaud pourraient se transformer, l’hiver, pour nous inciter à vivre un peu plus notre nordicité. C’était d’ailleurs le cas, à l’hiver 2016-2017, avec La Petite Floride qui sert d’illustration à ce texte! Des aménagements simples qui montraient tout le potentiel de l’hiver…

C’est bien qu’on puisse profiter d’événements hivernaux comme celui-là, la Fête des Neiges ou la Nuit Blanche, qui nous font sortir dehors quelques jours, même par grand froid. Mais pourquoi ne pas aménager, avec nos voisins, un espace commun permettant de tirer profit de notre ruelle tous les jours de l’hiver? Ce serait un beau cadeau de Noël à se faire, non?

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Publié par : cbernier | 16 novembre 2017

Le buzz des bancs publics II

On vante beaucoup la créativité montréalaise, mais elle n’est pas toujours évidente à déceler dans la ville… C’est parfois dans les détails que ce genre de signature d’une ville se fait sentir. À Montréal, notre créativité s’exprime de façon assez particulière avec les bancs publics, entre autres. Le 375e a été l’occasion de développer quelques innovations, mais il ne suffit pas à expliquer le foisonnement de nouveaux bancs publics qui est apparu dans nos quartiers cette année.

Déjà l’an dernier, je vous en présentais 15 qui méritaient d’être identifiés pour leur contribution à l’identité de leur quartier, et pourquoi pas, multipliés. En seulement un an, il y a eu tellement de nouveautés inspirantes que je reviens avec un nouveau Top 15 des bancs publics de Montréal, complètement différent, mais tout aussi emballant!

Voici donc 15 nouveaux bancs publics qui montrent que la recherche d’originalité n’a pas fini de nous donner toujours plus d’espaces de qualité, où prendre une pause dans notre ville.

Les originaux

Dans le cadre d’une exposition extérieure de DHC/ART Fondation pour l’art contemporain et du Centre Phi (qui se poursuit jusqu’au 30 novembre 2017), l’artiste Maria Hupfield nous offre son banc en forme d’étoile KA-POW! au Square Victoria. C’est une forme sous-exploitée pour les bancs publics, qui mériterait d’être copiée…

Depuis trois ans, le Festival Mode & Design collabore avec l’École de design de l’UQÀM pour organiser son concours de « Placottoirs ». Présentés sur l’esplanade de la Place Ville-Marie, deux des projets lauréats pouvaient être utilisés tout l’été. Le placottoir « 30 degré » d’Audrey Cruz, Mélika Koreï, Noémie Maulant et Xuan-Nhi Nguyen a su retenir notre attention. On aimerait bien le voir installé de façon permanente quelque part au centre-ville…

Halte 3, un projet d’animation de l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, nous a offert, l’été dernier, un « nid d’oiseau pour humains fatigués » au parc Sandro-Pertini, dans Saint-Michel! Des branches de saule et du tapis gazon jaune: il n’en fallait pas plus pour qu’on se mette à rêver de voir ce genre de divans publics envahir nos parcs l’été prochain!

La créativité de l’équipe derrière Halte 3 ne s’est pas arrêtée là! Au parc Victorien-Pesant, dans Villeray, c’est une installation qui « nous plonge dans l’atmosphère enchanteresse du camping en réinventant quelques-uns de ses attributs apaisants » qui était offerte à la population. Encore une fois, ça frappait dans le mile! Pour réaliser ces projets d’exception, Halte 3 comptait sur le soutien de Ubisoft Canada, des Lapins Crétins et du Fonds de solidarité FTQ. Espérons que l’expérience se poursuivra, car les espaces publics aménagés par Halte 3 en 2017 étaient fantastiques.

Les legs permanents du 375e

Dans les legs du 375e anniversaire de Montréal, nous pourrons compter la Promenade Fleuve-Montagne, dont nous vous avons parlé dans ce texte. Imparfaite, la promenade a au moins à son actif des lieux de repos de haut calibre, comme ces plateformes polyvalentes de l’avenue McGill College.

La Promenade Fleuve-Montagne nous invite aussi au salon, avec ces bancs qui donnent une vue sur le centre-ville tout à fait exceptionnelle. Été comme hiver, sur la rue McTavish, ils sont une invitation à la contemplation. Encore faut-il grimper sur le flan du Mont-Royal pour en profiter…

Un autre legs du 375: les Tables à pique-nique multigénérationelles de Loblaws. Il y en a une pour chacun des 19 arrondissements, et 5 pour les parcs-nature. Conçues par Isabelle Vo et Émilie Proulx, étudiantes en design de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal, ces tables peuvent accueillir 22 personnes, dont deux à mobilité réduite. Elles ont aussi une section plus basse, pour les enfants, il y a donc fort à parier qu’elles seront très populaires pour rassembler le voisinage, encore de nombreuses années!

Les beaux bancs usinés

J’aime beaucoup quand la ville joue avec ses bancs publics. Le modèle des ateliers municipaux, visible un peu partout, a trouvé un autre détournement cette année avec l’aménagement de la Place Vauquelin. On l’avait déjà vu rond au Square Dorchester, on peut maintenant le voir brisé, tout près de l’Hôtel-de-Ville. Et gris pâle en plus!

L’arrondissement Anjou, de son côté, a montré que même s’il achète des bancs publics usinés, il cherche tout de même un minimum de personnalité. Ainsi, malgré que ces deux bancs publics proviennent de catalogues d’entreprises, on se plait à les regarder et à les utiliser au parc Goncourt… Ils changent de nom selon l’entreprise, mais chez Équiparc, par exemple, ils sont 1980 et 1640.

Même la rue Saint-Denis profite de bancs publics industriels… Ces derniers ajouts n’ont peut-être pas la même valeur qu’un mobilier fait sur mesure, mais malgré tout, ils ont l’avantage d’offrir un joli coup d’œil et un agréable endroit pour s’assoir lorsqu’on magasine. Pour l’effort de multiplication du nombre de places pour prendre une pause qu’ils représentent, ils méritent leur présence dans ce palmarès…

Usinés ou non, les bancs publics de la rue Ontario, à proximité de la station de métro Frontenac, sont très intéressants. Massifs, distinctifs, différents, ils donnent le ton à cette rue, méconnaissable depuis son réaménagement.

Les concepts prometteurs

Il y a eu une piétonisation temporaire autour de l’église Notre-Dame-des-Victoires, dans Mercier, en 2016 et 2017: le Carré NDV. Fantastique! Plusieurs types de chaises, bancs et balançoires étaient offerts aux voisins, mais celui qui a retenu notre attention est le banc-jardin. Un peu brut, le concept mériterait d’être bonifié, parce qu’il y a là une piste évidente à suivre pour proposer un nouveau banc aux Montréalais!

La Terrasse Roy, sur le Plateau, était dans la même situation. Une idée géniale, qui mériterait qu’on la travaille… Ses chaises, qui permettaient qu’on laisse trainer nos mains dans le gazon, étaient merveilleuses! Il suffirait de solidifier la structure du dossier et le tour serait joué!

« Le Diplomate », un autre placottoir lauréat du concours du Festival Mode & Design, proposé cette fois-ci aux explorateurs de la Promenade Fleuve-Montagne, aurait pu être plus confortable… Réalisé par Anick Juneau et Julien Thibodeau, deux finissants de l’École de design de l’UQÀM, il était un peu strict dans sa forme, donc peu confortable. Pourtant, la structure était prometteuse. On ne devrait pas gaspiller tout ce talent! Il faudrait apporter quelques ajustements et reprendre l’expérimentation l’été prochain…

Les points de vue exceptionnels

Les bords de l’eau ont aussi bénéficié de nouvelles installations notables, comme celles du nouveau parc Marie-Claire-Kirkland-Casgrain, sur la Promenade de l’Aqueduc, qui nous offre un belvédère sur le fleuve. On peut maintenant s’y installer sur de grandes chaises longues pour admirer le fleuve et laisser le temps passer, loin des bruits de la ville.

Enfin, en bonus, je ne peux passer sous silence les nouvelles chaises Adirondac jumelées de Parc Canada. Présentes dans tous les parcs nationaux du pays, pour souligner le 150e anniversaire du Canada, elles permettent aux couples de profiter, côte-à-côte, de vues exceptionnelles sur le Canal Lachine ou les écluses de Sainte-Anne-de-Bellevue, entre autres. Agréables et romantiques à souhait.

Et les autres…

Mon nouveau Top 15 des bancs publics de Montréal, qui en compte plutôt 17 à cause des deux bancs usinés d’Anjou et du bonus des chaises Adirondac jumelées, aurait pu être encore plus long. En effet, je n’ai sélectionné que de nouveaux bancs, apparus depuis 2016, que j’ai pu photographier. Comme vous le savez, sur ce blogue, je n’utilise que mes propres photos (sauf de rares exceptions)… Je présume donc qu’il me manque quelques spécimens intéressants…

Mais l’exhaustivité n’ajouterait rien à ce texte, qui souligne la grande créativité des Montréalais dans le développement de ses bancs publics et autres lieux de repos. Cette variété crée de la personnalité, une ambiance, pour chacun des segments de rues qui en profitent. Nos quartiers y gagnent donc en beauté et en qualité et les exemples utilisés suffisent à le démontrer.

Il faut maintenant que ça continue, car comme je l’affirmais en 2016 lors d’une entrevue dans le Huffington Post :

«Un banc public doit être confortable, beau, propre, attirant et être là où on a besoin de lui. Il doit contribuer à l’image positive de la ville et être un ambassadeur pour les touristes. Plusieurs bancs à Montréal répondent à ces critères, comme les nouveaux bancs du quartier chinois, les fauteuils du Quartier des spectacles, les bancs colorés de la rue Fairmount ou ceux de la Place Valois.»

Et, grâce à un nombre croissant d’aménagements urbains, à dimension humaine, de plus en plus de bancs publics nous invitent à profiter de notre ville!

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Publié par : cbernier | 1 novembre 2017

La mort et la Ville

Il est courant d’entendre que novembre est le mois des morts… Initié avec l’Halloween, se poursuivant avec la Toussaint, la Fête des morts et le Jour du Souvenir, c’est un mois gris, froid et où la diminution de lumière affecte les vivants… Le mois tout désigné pour se poser une question : Quelle place fait-on à la mort dans nos villes? L’avons-nous exclue de la ville en la déplaçant dans les cimetières ou, au contraire, on la souligne un peu partout?

Lors de la plus récente Marche des Zombis, samedi le 29 octobre 2017 dans le Quartier des Spectacles, personne ne pouvait penser que les morts ne sont pas tolérés en ville… Mais en dehors de ce rendez-vous annuel macabre?

Nos cimetières se sont déplacés, depuis la fondation de Montréal, toujours plus loin des habitations, alors qu’ils étaient au cœur de la cité à ses débuts. Si les Montréalais avaient l’habitude d’aller se promener en famille, la fin de semaine, dans nos magnifiques cimetières-jardins sur la montagne, ce n’est plus le cas. Différentes initiatives existent pour nous inciter à les redécouvrir (pour leurs tombes célèbres, pour l’observation des oiseaux ou pour profiter du calme de ces endroits), mais avouez que peu d’entre nous les fréquentent…

Par extension, la mort est parfois associée à nos églises… Bien que les funérailles religieuses soient en perte de vitesse, c’est un des rares moments, pour plusieurs d’entre nous, d’entrer dans ces lieux qui cachent pourtant tout le savoir-faire de nos artisans et de nos artistes du passé… Même s’il y a des églises dans tous les quartiers, on ne peut toutefois pas dire qu’elles permettent un contact avec la mort, puisqu’on y entre peu et qu’elles sont aussi liées aux naissances, aux mariages et aux services religieux encore célébrés par une partie de la population.

Encore plus discrètement, certains aménagements rappellent aux initiés qu’ils sont dans un lieu de commémoration… Le meilleur exemple de cela est au Square Dorchester et à la Place du Canada, en plein centre-ville, où de subtiles croix dans le dallage des deux places rappellent qu’il y avait là, à une autre époque, un important cimetière.

Beaucoup plus visibles, certains morts partent avec l’ambition de laisser un souvenir, alors que d’autres sont mis en scène par les décideurs publics, pour souligner leur héritage…

Monument à Crémazie, au carré Saint-Louis: le vers « Pour mon drapeau je viens mourir ici », qui se trouve sous le soldat, est tiré du poème Drapeau de Carillon de Crémazie

En souvenir de bien d’autres disparus anonymes, plusieurs œuvres commémoratives rappellent les guerres du passé…

Monument aux braves de Lachine, par Alfred Laliberté

Les tueries et les attentats viennent aussi s’incruster dans le paysage de certains de nos quartiers…

Nef pour 14 reines, par Rose-Marie Goulet et Marie-Claude Robert, dans Côte-des-Neiges

Pour d’autres quartiers, ce sont les maladies qui s’attaquent à la population qui sont soulignées.

« À la mémoire des personnes mortes du sida au Québec » au Parc de l’Espoir, dans le Village

Puis il y a les vélos blancs et les autres témoignages des morts de la route qui s’affichent, encore trop souvent…

Un soulier blanc en hommage à Concepcion Cortacans, tuée en 2016 par un conducteur ayant brûlé un feu rouge sur l’avenue des Pins

Sans parler des manifestations de type « Die in », où les gens se couchent sur la chaussée, qui marquent régulièrement nos journaux par les images fortes qu’elles permettent.

Enfin, il y a aussi certaines interventions artistiques, comme celles des muralistes, qui n’hésitent pas à employer la mort comme métaphore…

Murale du Festival Hip Hop You Don’t Stop, par A’Shop (2016), dans Notre-Dame-de-Grâce

Ainsi, on souligne la mort un peu partout en ville… Mais y prête-t-on vraiment attention?

Apprivoiser la mort

Si novembre est le mois des morts, pourquoi ne pas en profiter pour honorer la mémoire de quelqu’un? La Toussaint et la Fête des morts nous invitent à penser aux disparus, une belle occasion d’aller voir les couleurs des arbres dans les cimetières (les tombes célèbres ou les oiseaux), en ayant une pensée pour une personne chère…

On peut aussi aller visiter une personne chère qui est encore en vie!

Se réapproprier les lieux de mémoire permet de découvrir ces espaces urbains étonnants que sont nos cimetières et nos églises, entre autres.

On peut aussi choisir d’aller profiter d’autres lieux de mémoire de causes qui nous touchent. Souvent sur de magnifiques places ou au cœur de jolis parcs, ils invitent au recueillement et offrent de beaux havres de paix.

Pour ne pas oublier

Certains vont jusqu’à développer des applications liées aux morts, comme celle de Moscou, qui permet de visualiser, en réalité augmentée, les morts de la route et leurs histoires… Peu de coins de rue échappent à cette triste réalité.

J’aurais tendance à préférer une application qui mettrait en scène la mort de nos ancêtres pour nous raconter les histoires de notre ville et de ses habitants. Leurs rêves, leurs ambitions, leurs combats, leurs erreurs, leur (manque de) qualité de vie. Ça donnerait beaucoup de sens et de profondeur à l’histoire qui nous entoure, sans qu’on le devine, un peu partout en ville.

Il y a déjà eu une initiative du genre avec Sacré Montagne (2010-2011), qui est toujours pertinente même si elle n’a pas été enrichie depuis longtemps. Puis il y a les « fantômes » du passé qui nous parlent au Musée Pointe-à-Callière, ils sont très réussis…

Il existe enfin des lectures fantaisistes qui s’inspirent de la mort et de la ville, comme La rivière des morts, d’Esther Rochon (éditions Alire), une histoire fantastique qui se déroule à Montréal. C’est un livre tout désigné pour le mois de novembre, si vous avez le goût de jouer avec la frontière du réel…

Quoi que vous fassiez, finalement, en ce mois gris, n’oubliez pas qu’apprivoiser la mort en ville, c’est aussi une façon de mieux profiter de la vie!

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Publié par : cbernier | 15 octobre 2017

L’architecture en héritage : Dan Hanganu

Quelles traces laisse un architecte qui s’éteint? Change-t-il le visage de la ville où il habitait? Ce sont des questions que je me suis posées à la suite de la mort de Dan Hanganu, un architecte établi à Montréal depuis les années 70. Maintenant qu’il nous a quitté, que nous laisse-t-il vraiment comme héritage? Montréal porte-t-elle sa signature, comme plusieurs commentateurs l’ont affirmé?

Installé sur l’Île-des-Sœurs, où il construit sa propre maison, les Habitations de Gaspé, il se fait connaître du grand public en réinterprétant le passé à travers des édifices des plus modernes, comme le Musée Pointe-à-Callière, réalisé en collaboration avec Provencher Roy & associés architecte.

Médaille du Gouverneur Général du Canada, 1994 / Grand Prix d’excellence, Ordre des architectes du Québec, 1993 / Prix Orange, Société Sauvons Montréal, 1992

À côté de cette réalisation phare, il réinterprète aussi la Maison des marins, toujours en collaboration avec Provencher Roy & associés architecte.

Le tout nouveau Fort de Ville-Marie, derrière le Musée, porte aussi sa marque.

Dans le Quartier des Spectacles, le Théâtre du Nouveau Monde (TNM) est une autre de ses réalisations.

Le mur ouest du TNM, qui met en valeur les cicatrices de l’évolution de l’édifice, a donné lieu à une belle intégration temporaire d’une œuvre d’art, dans le cadre de Km3, à l’automne 2017…

Contesté par certains pour ses pavillons universitaires, ils lui ont quand même permis d’aller chercher des prix prestigieux, comme avec les HEC.

Prix d’excellence, Ordre des Architectes du Québec, 2000 / Mérite de la feuille d’or, Société Internationale d’arboriculture, 1997

Il faut y être entré pour saisir une partie du génie de l’architecte, qui, par ses ouvertures sur l’extérieur et son utilisation de l’environnement, crée l’impression de se trouver en forêt lorsqu’on est dans la cafétéria de l’institution…

Le Centre de design de l’UQAM n’a pas toujours eu bonne presse, lui non plus, mais sa façade animée de projections continuellement changeantes a transformé les nuits de ce secteur du centre-ville, y amenant un peu de lumière.

Prix du Gouverneur Général du Canada, Institut royal d’architecture du Canada, 1998 / Grand Prix d’excellence, Ordre des architectes du Québec, 1996

Mais c’est probablement le Chaussegros-de-Léry, édifice voisin de l’Hôtel de ville, qui restera son projet le plus contesté…

Moins connu, mais plus réussi, l’intégration de l’ancien édifice de l’Hôtel Godin dans un hôtel moderne, améliore le paysage des rues Saint-Laurent et Sherbrooke depuis sa construction.

Caché dans la ville, l’agrandissement du centre d’archives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, en bordure du Vieux-Montréal, témoigne lui aussi de la minutie qu’avait l’architecte pour développer des espaces intérieurs agréables et lumineux.

Médaille du Gouverneur Général, Institut Royal d’Architecture du Canada, 2002 / Prix d’excellence, Ordre des Architectes du Québec, 2000 / Prix Orange, Sauvons Montréal, 2000

Osant défier les façons de construire plus traditionnelles de certains de ses collègues, il s’est amusé avec le siège social du Cirque du Soleil, offrant aux Montréalais une sorte de cité modulaire faite de tôle et d’acier.

Prix d’excellence en architecture, Ordre des architectes du Québec, 1999 / Prix Orange, Société Sauvons Montréal, 1997

Il s’est même permis une réinterprétation d’une scène extérieure, avec le Pavillon Jean-Brillant dans le parc du même nom.

Dan Hanganu semble avoir développé un goût plus récent pour les bibliothèques, avec de très beaux résultats… Après s’être pratiqué avec la Bibliothèque de droit de l’Université McGill…

Il a signé les plans de la magnifique bibliothèque Marc-Favreau, qui faisait partie de mon palmarès des plus beaux édifices construits entre 2011 et 2016.

Une autre bibliothèque majeure, à Québec cette fois, porte sa marque. En recyclant une ancienne église, il a créé la magnifique bibliothèque Monique-Corriveau (en collaboration avec Côté Leahy Cardas architectes).

Il est même possible qu’il lègue à Montréal une autre bibliothèque, puisque son bureau continue d’opérer. En effet, Dan Hanganu Architectes est en lice pour l’agrandissement de la bibliothèque Maisonneuve, un projet déposé il y a déjà un certain temps et dont on devrait connaître l’architecte sous peu…

Le 20 octobre 2017, nous avons appris que c’était bel et bien son projet qui avait été retenu! Pour en savoir plus

Dan Hanganu a été l’architecte derrière plusieurs autres édifices montréalais, mais ce sont, à mon avis, les plus marquants. Et vous, trouvez-vous qu’ils ont changé le visage de Montréal?

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Publié par : cbernier | 3 octobre 2017

Pour ne rien rater de l’automne du 375e

Nous célébrons Montréal depuis le 11 décembre 2016, quand les 4 grands réseaux de télévision francophones du Canada diffusaient l’émission Montréal s’allume comme coup d’envoi des festivités du 375e anniversaire de notre ville. J’avoue être un peu essoufflé, mais la fête continue pour encore une saison, alors après vous avoir présenté les activités de l’hiver, du printemps et de l’été, je ne pouvais pas passer sous silence l’automne!

Ainsi, que vous soyez excités comme au premier jour, ou un peu blasés, voici mes 10 dernières suggestions de ce calendrier un peu fou du 375e, qui nous a proposé plusieurs centaines d’activités cette année!

Logo 375e

Tout au long de La Grande Tournée, fête de quartier qui a fait le tour des 19 arrondissements de la Ville l’été dernier, je publiais sur Facebook des albums-photos qui montraient toute la diversité de nos arrondissements. 19 photos pour chacun des 19 arrondissements, ces albums s’intitulaient 19X19=375. Pour que la multiplication fonctionne, l’arrondissement Ville-Marie, berceau de Montréal, a toutefois eu droit à 14 photos supplémentaires, pour mieux illustrer son immense diversité. Pour les découvrir, bien assis à la maison, visitez la section photos de notre page Facebook. Et profitez-en pour vous abonner, si ce n’est déjà fait, puisque cette page offre un contenu exclusif et complémentaire à celui de ce blogue! 😉

Vendredi le 6 octobre, les Premiers vendredis vous donneront une première occasion de sortir de chez-vous. Ces rendez-vous de la gastronomie servie par des camions n’ont plus besoin de présentation, bien qu’il y ait encore beaucoup de Montréalais qui n’en ont pas fait l’expérience. N’attendez plus et aller vivre le plus grand rassemblement de cuisine de rue au Canada, au pied du Stade olympique.

Premier vendredi

Du 5 au 8 octobre, le viaduc Van Horne (près du métro Rosemont) devient Viaduc 375 pour nous surprendre. Transformé en lieu de promenade pour les piétons, il offrira une nouvelle expérience de traverse du secteur et révèlera ses points de vue étonnants sur la ville. Le festival Pop Montréal y offrira des spectacles tous les soirs, de 18h à 21h, sans parler des nombreuses animations sur le site et autour. Point culminant de l’événement, la Parade Phénoménale du samedi 7 (départ à 16h30) risque de faire parler d’elle! Soyez extravagant et joignez-vous à un des 5 cortèges thématiques…

Les balades au centre-ville se multiplient, je vous en parlais ici… Et bien ça continue, avec KM3, jusqu’au 15 octobre. Une vingtaine d’œuvre d’art public ont été ajoutées un peu partout dans le Quartier des spectacles pour surprendre les passants, et ça fonctionne! Sur notre page Facebook, nous avons partagé un album-photos qui vous permettra de voir nos coups de cœur. Sur place, vous verrez du même coup les nombreux chantiers du secteur, qui transformeront notre expérience au centre-ville dès l’an prochain (Esplanade Clark et îlot Saint-Laurent/Sainte-Catherine, entre autres) et les legs du festival de graffitis Under Pressure, sous la forme de nombreuses murales.

À partir du 12 octobre, le génie autochtone s’installe au Centre des sciences, avec une exposition sur les inventions, toujours actuelles, des Premières nations et des Inuits. Une belle occasion d’aller à la rencontre de ces peuples qui nous ont partagé leur savoir-faire pour passer à travers l’hiver, entre autres.

Dans le même esprit, du 16 au 25 octobre, Autochtoniser Montréal présentera une exposition dans le cadre du Sommet Mondial du Design, dans le Hall du Palais des Congrès. Elle explorera la manière d’assurer la présence de la culture autochtone dans l’espace public de la ville. Une autre occasion de réfléchir à la place de ces peuples dans le Montréal d’aujourd’hui…

Du 27 au 29 octobre, ce sera au tour de la Trouble-fête de transformer le Quartier des spectacles… Pour l’occasion, il sera pris d’assaut par de nombreuses activités. Sous forme d’un conte d’Halloween librement inspiré de l’histoire de Montréal, la Trouble-fête nous promet un événement haut en couleurs, où les vivants et les morts se croiseront dans les rues…

Même si nous en avons déjà parlé dans ces listes « pour ne rien rater », le parcours Cité Mémoire, dans le Vieux-Montréal, se poursuit et se transforme, méritant de se retrouver, une fois de plus, dans nos suggestions d’activités. Il y a les magnifiques projections sur les murs du Vieux, mais aussi les fabuleuses histoires que vous pouvez découvrir en utilisant l’application mobile créée autour du projet. Avec les journées qui raccourcissent, les arbres qui perdent leurs feuilles, c’est dans une toute autre ambiance que vous pourrez faire l’expérience de ces capsules vidéo qui transforment notre quartier historique en livre ouvert sur le passé. Pour profiter de l’ensemble des projections, planifiez toutefois plusieurs visites!

Cité Mémoire

De son côté, jusqu’au 10 décembre, Paul vous invite à une balade sur le Plateau. Notre collègue de Montréal dans ta pipe en a tiré une vidéo, qui explique bien l’intérêt de suivre ce personnage de BD dans son hommage à Montréal. Pour faire cette promenade par vous-même, suivez l’itinéraire proposé par Paul sur cette carte.

Enfin, il faudra bien clore ces festivités… Quoi de plus naturel que de les terminer là où l’histoire de la ville a commencé? C’est donc dans le Vieux-Port qu’aura lieu la grande fête finale de ce 375e anniversaire de Montréal, le 31 décembre prochain. Un rendez-vous à mettre à votre agenda pour trinquer une dernière fois à la santé du 375e, qui nous en aura fait voir de toutes les couleurs en 2017, avouez-le!

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Publié par : cbernier | 23 août 2017

Les mosaïques de la rue Ontario

Il y a des projets qui s’étirent dans le temps et qui méritent d’être célébrés! La persistance de la Société de promotion des arts gigantesques (S.P.A.G.) à promouvoir le travail du mosaïste Laurent Gascon, et la persévérance de celui-ci pour créer un circuit inédit de murales-mosaïques sur la rue Ontario, offrent aux Montréalais un parcours étonnant pour découvrir deux quartiers : Hochelaga et le Centre-Sud, autrefois connu sous le nom de « Faubourg à m’lasse ».

Le projet, dont la première tuile a été collée en 2009, se poursuit depuis, à raison d’une nouvelle murale par année. L’objectif de la S.P.A.G. est de créer une sorte de voie cérémoniale partant de l’Est de Montréal pour se rendre au centre-ville. Rien de moins!

Célébrant les artistes et créateurs québécois, il s’étale aujourd’hui entre l’avenue Bourbonnière et la rue Beaudry. À pied, entre les stations de métro Pie IX et Beaudry, il faut prévoir une bonne heure pour couvrir les 4,5 km de ce circuit. En Bixi, ce sera 15 minutes (plus les arrêts pour admirer les œuvres).

En cours de route, vous découvrirez en plus :

  • la vitalité de la Promenade Ontario,
  • la Place Valois et son chemin vert, en diagonale dans le quartier,
  • la Place en construction (au moment d’écrire ces lignes) devant l’église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge, legs du 375e anniversaire de Montréal à l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve,
  • l’église elle-même, dont le clocher et l’intérieur font partie du Top 20 des églises de Montréal selon le blogue MesQuartiers
  • la jolie Place Joseph-Venne,
  • trois des meilleures brasseries de quartier de Montréal,
  • et le Marché Saint-Jacques, entre autres…

Avec cette intéressante liste d’attractions, vous comprendrez que je vous recommande chaudement de faire le circuit à pied! Je vous le présente maintenant, d’Est en Ouest, ce qui est le sens naturel de cette voie cérémoniale puisque presque toutes ses murales-mosaïques font face à l’Est. Pour agrémenter votre promenade, j’y ai aussi intégré 4 murales peintes. Elles s’inscrivent dans le même esprit que les œuvres de Laurent Gascon et s’insèrent très bien dans son circuit. Attention toutefois, contrairement aux murales-mosaïques, celles-ci ne font généralement pas face à l’Est!

Pour débuter, rendez-vous à la station de métro Pie IX et descendez jusqu’à la rue Ontario, au Sud. Puis tournez sur cette rue vers l’Ouest et le centre-ville : votre promenade débute!

Vous commencerez par la murale-mosaïque qui serait la plus grande murale extérieure en céramique réalisée à Montréal. C’est aussi la seule œuvre de Laurent Gascon, pour l’instant, à être située dans Hochelaga. Elle rend hommage à Gilles Vigneault, auteur-compositeur-interprète, au coin de l’avenue Bourbonnière.

Quelques rues plus loin, sur De Chambly (mais face à l’Ouest), vous pourrez voir l’irrévérencieux portrait peint de Léo Bureau-Blouin, ex-leader étudiant devenu politicien, produit par Hsix…

Rendu à la belle église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge, faites un petit détour par la ruelle située au Nord d’Ontario, entre les rues Saint-Germain et Dézéry. S’y cache une œuvre du collectif Dirty Arts, nommée Québec Love. Cette fresque montre Pauline Julien (que vous reverrez en mosaïques plus loin) et Armand Vaillancourt sous « l’arbre de la rue Durocher » et la fontaine de San Francisco, deux sculptures de ce dernier. On y retrouve aussi les syndicalistes Simone Monet-Chartrand et Michel Chartrand.

De retour sur Ontario, vous passerez sous un viaduc, pour découvrir Plume Latraverse. L’auteur-compositeur-interprète et écrivain peut être vu au coin de L’espérance, sur la deuxième œuvre de Laurent Gascon de ce circuit. Elle est installée sur un mur du Bain Mathieu, siège social et lieu de diffusion de la S.P.A.G.

La murale en hommage à l’illustrateur Vittorio, dans la ruelle derrière le Bain Mathieu (mais visible de la rue Ontario), a été la première de cette série à être produite par Laurent Gascon. C’est aussi la seule qui fait face au Sud.

2009 Vittorio coin Florian

En poursuivant votre route, vous constaterez que les trottoirs de ce secteur ont été refaits avec soin, offrant aux marcheurs un espace agréable… Au coin de la rue Hogan, vous croiserez la murale-mosaïque représentant la chanteuse, auteure, compositrice et actrice Pauline Julien.

Le métro Frontenac et la Maison de la Culture du même nom sont quelques coins de rues plus loin. Si la Maison est ouverte, entrez-y voir ses intéressantes expositions gratuites! Vous pourrez du même coup voir sa petite place aménagée avec de jolies mosaïques, marquant l’espace du Marché solidaire Frontenac

Tout de suite après la Place Joseph-Venne, une murale peinte par des autochtones, intitulée QANUQTUURNIQ (ou ingénieux et innovant), surprend. Il s’agit d’une œuvre de Embassy of Imagination, produite par l’organisme MU.

Faites attention de ne pas rater, de l’autre côté de la rue, la murale-mosaïque qui rend hommage à Robert Gravel, comédien, metteur en scène, dramaturge et fondateur de la ligue nationale d’improvisation, au coin de la rue Dufresne.

Plus loin, entre Fullum et Partenais, c’est la chanteuse Marjo qui vous attend, sur un mur de la Boite à musique.

En face de l’agréable Parc des Faubourgs et de sa fontaine, ne ratez pas la murale-mosaïque représentant Raymond Lévesque, qui était auteur-compositeur-interprète, poète, romancier et dramaturge. Elle est située à côté de l’entrée de l’église, entre les rues De Bordeaux et Dorion.

Passé la rue Papineau, il faudra vous retourner pour voir la murale peinte en honneur à la chanteuse Alys Robi, située entre le Lion d’or et l’organisme Dans la rue. Il s’agit d’une œuvre de Dan Buller et Rupert Bottenberg, produite par l’organisme MU.

La plus récente œuvre de Laurent Gascon vous étonnera quelques pas plus loin. En cours de finalisation au moment d’écrire ces lignes, elle représente l’humoriste Yvon Deschamps, au coin de la rue Alexandre-de-Sève. C’est l’une des plus belles!

Enfin, la dernière mais non la moindre, vu les souvenirs qu’elle suscite chez les générations plus âgées, la murale-mosaïque de Paul Buissonneau, dans son personnage de Picolo, termine cette promenade au coin de la rue Beaudry.

Pour les personnes qui auront fait le circuit à pied, il ne vous reste qu’à descendre Beaudry jusqu’au métro pour terminer votre promenade.

Depuis plusieurs années, ces murales-mosaïques un peu nostalgiques me fascinent. Lorsque vous les aurez vues en personne, vous serez sûrement du même avis! Elles embellissent les quartiers qui les accueillent, Hochelaga et le Centre-Sud, tout en leur offrant une attraction distinctive. Laurent Gascon et la S.P.A.G. prévoient en assembler 10 en tout, mais souhaitons-nous encore de nombreuses années de production de nouvelles œuvres, enrichissant cette « rue des célébrités » de la culture québécoise!

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Publié par : cbernier | 6 août 2017

D’arbres en arbres

Dans mon précédent texte, je vous donnais 10 bonnes raisons de retourner au Jardin botanique. Parmi celles-ci, il y avait une mention des nombreux secrets de l’Arboretum, qu’il est maintenant temps de vous dévoiler. Puisque l’Arboretum s’étend sur toute la moitié Nord du Jardin botanique, c’est un immense espace à découvrir, qui mérite une visite à lui tout seul. Vous avez des doutes? Laissez-moi les dissiper!

Pour mieux profiter de votre visite, je vous encourage à utiliser l’entrée sur le boulevard Rosemont, au niveau de la 29e avenue. Vous entrerez directement dans le monde des arbres et de leurs mystères, qui vous seront racontés de différentes manières…

Votre visite peut toutefois débuter par la Maison de l’arbre qui, depuis 1996, multiplie les expositions, les animations et l’émerveillement avec, entre autres, sa collection d’arbres miniatures cachée dans sa cour intérieure.

Sortez sur le balcon qui surplombe le magnifique lac des saules pleureurs, puis partez en faire le tour. Ce lac profite de son éloignement pour offrir aux curieux un havre de paix étonnant. Un endroit idéal pour se ressourcer…

Puis partez explorer l’Arboretum et ses 7 000 arbres, regroupés par essence. Une vingtaine de panneaux d’information vous permettront de vous familiariser avec chacune des essences et de vous dévoiler certains faits méconnus sur ceux-ci.

Depuis 2013, un parcours interactif de 8 grands modules permet d’apprendre une foule de choses sur la biologie des arbres et sur leurs mystères. C’est franchement bien fait! À la fois éducatifs et ludiques, les modules plaisent aux visiteurs de tout âge. En plus, ils sont beaux!

Ils ont valu au Jardin botanique un prix aménagement Les Arts et la Ville. Ils ne figurent malheureusement pas sur la carte officielle de l’institution, voici donc leur positionnement (les étoiles rouges), ainsi que celui des autres attractions mentionnées dans ce texte :

Cliquez sur la carte pour l’agrandir

Qui dit forêt dit vie sauvage. Même si le Jardin botanique est en pleine ville, il a su attirer bon nombres d’animaux sauvages. L’Arboretum abrite des renards, que vous croiserez peut-être si vous y allez le matin ou en fin d’après-midi. C’est une rencontre assez étonnante!

On y voit aussi de très nombreuses espèces d’oiseaux, dont des Jaseurs d’Amérique ou des Éperviers de Cooper (sur la photo, un juvénile). Le Jardin botanique est vraiment un bon endroit pour les ornithologues amateurs…

Revenons aux arbres. Il y a, en 2017, une exposition très particulière : Monumental Dougherty… Patrick Dougherty, un artiste américain du land art, propose 3 Palais aux visiteurs du Jardin. Faits de branches de saules, ces édifices végétaux ont de quoi surprendre!

Ils me rappellent les fabuleuses Mosaïcultures de 2013… Vous vous souvenez? L’Homme qui plantait des arbres s’est depuis déplacé vers l’entrée montréalaise du Pont Jacques-Cartier, offrant aux gens qui arrivent sur l’île un accueil chaleureux.

Les familles trouvent leur compte dans l’ensemble des activités du Jardin botanique déjà mentionnées, mais plus particulièrement avec Les Héros de la forêt, un sentier d’hébertisme (facile) pour les enfants turbulents.

En retrait, le long de la clôture séparant le Jardin du Parc Maisonneuve, vous pouvez aussi traverser une forêt de frênes, laissée à l’état vierge depuis des années, pour en étudier l’évolution. Je crois me souvenir avoir lu quelque chose sur l’étude des effets du verglas de 1998 sur ces arbres… Aujourd’hui, c’est l’agrile du frêne, un insecte exotique envahissant, qui y est étudié. Quoi qu’il en soit, le traverser donne l’impression d’être sur un sentier perdu au milieu d’une forêt sans fin. Au cœur de Montréal, c’est une promenade des plus intéressantes!

Alors, vos doutes sont maintenant dissipés sur l’intérêt d’une visite à l’Arboretum? Je l’espère! Ce gigantesque espace au Nord des jardins thématiques du Jardin botanique cache bien des trésors et est propice au développement de nouvelles attractions. Je rêve d’y voir une passerelle au-dessus de la cime des arbres, comme au Kew Gardens de Londres. Ce serait fantastique, non?

En attendant les prochains développements de l’Arboretum, je vous rappelle, comme je l’ai fait dans mon texte sur mes 10 coups de cœurs du Jardin botanique, que ses jardins extérieurs sont accessibles gratuitement aux détenteurs de la carte Accès-Montréal ou de la carte Lève-tôt (8$ pour un an), aux Amis du Jardin botanique (45$ par année) et aux membres des Cercles des Jeunes Naturalistes (84$ par année pour une famille). Profitez de l’une de ces formules avantageuses pour profiter du Jardin botanique toute l’année! Et pour déterminer vos propres jardins et activités coup de cœur…

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Publié par : cbernier | 28 juillet 2017

Le Jardin des merveilles

Je suis toujours étonné quand je découvre quelqu’un qui n’est pas allé au Jardin botanique de Montréal récemment. Notre Jardin, d’une ampleur et d’une beauté inédite à l’échelle internationale, est pourtant un lieu magique, en continuelle évolution. Et malheureusement méconnu de trop de Montréalais. Pour vous donner le goût d’y retourner, je vous partage mes 6 jardins secrets, cachés dans la trentaine d’espaces thématiques de notre grand Jardin botanique. Et en bonus, je vous ajoute 4 activités qui méritent le déplacement.

Elles le méritent d’autant plus que notre Jardin botanique est le 2e en importance dans le monde pour la grandeur de son site et de sa collection de plantes! 22 000 espèces et cultivars y poussent. Seul le Kew Gardens de Londres est plus imposant. C’est un véritable trésor pour Montréal, qui se trouve à deux pas de la station de métro Pie IX, donc très accessible. Et je vous révèle LE truc, en conclusion, pour que votre entrée soit presque gratuite…

Jardin botanique de Montréal - Carte2

Cliquez sur la carte pour l’agrandir

Débutons par mes 6 jardins coup de cœur :

1 – La Cour des sens

Situé avant même d’arriver à la section payante des jardins extérieurs, ce petit aménagement, conçu en 1999, vous invite à toucher et sentir les plantes. Que de surprises vous y attendent! Quand ce n’est pas une odeur enivrante, c’est la sensation du velours sous les doigts qui vous étonnera.

La Cour est cachée, alors voici derrière quel mur il vous faudra aller pour la découvrir :

2 – Le Jardin alpin

S’il est bien connu des gens qui fréquentent le Jardin botanique, il cache tout de même certains attraits aux visiteurs distraits…

Si vous n’y avez jamais croisé de cactus (à l’extérieur, au Québec?!) c’est que vous ne le connaissez pas encore assez bien. Pour voir l’envers du décor, il faut viser le Sud dans les sentiers pour découvrir la collection de minéraux canadiens, présentée initialement au pavillon du Canada de l’Expo67.

Une fois que vous aurez vu de quoi a l’air une roche de titane, vous pourrez aller voir la magnifique chute de ce jardin, qui a tellement l’air naturelle qu’on s’y tromperait…

3 – Le Coin du Québec

Quand le soleil frappe, il y a des reflets émeraude partout dans ce petit racoin. Sa porte est discrète et le jardin, très petit…

Mais on y trouve en saison des iris, l’emblème du Québec.

Et si on est attentif (et calme), on peut y croiser des tamias rayés, des libellules bleues, des grenouilles vertes ou un cardinal rouge.

4 – Le Jardin des Premières-Nations

Créé en 2001 en puisant dans nos forêts plus de 300 espèces indigènes, cet espace est un véritable diamant brut au cœur du Jardin botanique. On s’y sent, au milieu du bois, comme dans un monde mythique!

Un pavillon se cache au centre, avec une animation légère qui permet de se familiariser avec l’Amérique d’avant l’arrivée des Européens. Ce jardin est évidemment unique au monde, alors osez vous perdre dans ses sentiers sinueux!

5 – Le Jardin d’ombre

Le Jardin d’ombre, que j’appelle Le sous-bois, est un havre de paix à la frontière du parc Maisonneuve. Plus calme que le reste du Jardin botanique, c’est un endroit où je me plais toujours à passer. Avec ses ombres, ses reflets d’argent et de bronze laissés par le soleil, c’est un autre secret trop bien gardé.

Il cache aussi des plantes aux grandes feuilles, qui me font penser au livre La Planète Verte (la suite de E.T. l’extraterrestre), où on découvre la planète des E.T., collectionneurs de plantes de l’univers entier… Oubliez le livre, il n’est pas à la hauteur du film, mais osez le Jardin d’ombre! Avec un peu d’imagination, vous aurez l’impression d’y voir des plantes venues d’ailleurs…

6 – Le Jardin Leslie-Hancock

Depuis 1976, ce jardin fleurit en juin au cœur de l’Arboretum. Une splendide mer de fleurs rose et orange, aux reflets de saphirs, s’y cache, au milieu de grands conifères. Je n’ai jamais vu de photo qui témoigne correctement de la beauté de ce jardin, mais en voici une, pâle expression de ce que vous pouvez voir si vous y allez lors de la floraison.

Certains arbustes se parent aussi de blanc, mais même en dehors de la saison de floraison, ce jardin mérite votre visite, ne serait-ce que pour profiter de son ambiance de boisé en campagne.

J’espère vous avoir surpris avec ces 6 jardins discrets. Ils s’ajoutent aux nombreux autres jardins plus connus, comme la Roseraie, le Jardin japonais, le Ruisseau fleuri, le jardin des Plantes toxiques ou des Plantes utiles… Autant d’autres bonnes raisons de visiter plus souvent le Jardin botanique!

Et maintenant, voici des activités intéressantes qu’on peut aussi faire au Jardin. Celui-ci en propose un nombre infini aux passionnés, mais en me limitant à celles qui sont offertes dans les jardins extérieurs, je vous en propose 4 qui méritent votre attention en ce moment.

7 – Les 4 à 8

Les vendredis et samedis, jusqu’à la fin août, on peut profiter de la terrasse du resto du Jardin pour prendre un verre, accompagné des bruits d’une belle fontaine et du son mélodieux d’une performance musicale, entre 16h30 et 19h30. Cette terrasse est dans la partie publique du Jardin, vous n’avez donc pas besoin de billet pour vous y installer. Elle est à deux pas de la Cour des sens, près de l’entrée aux coins Sherbrooke et Pie IX.

8 – Les concerts intimes

Au nord du Jardin japonais, une petite scène vous attend pour un concert intime chaque dimanche, 14h, jusqu’à la fin août. Luce Dufault (6 août), Marie-Hélène Thibert (13 août), Shawn Phillips (20 août) et Louis-Jean Cormier (27 août) y feront tour à tour une apparition, au milieu des pommetiers.

9 – L’art public

Plusieurs œuvres d’art sont présentes dans le Jardin botanique. Elles ne sont malheureusement pas répertoriées sur la carte de l’institution, mais elles agrémenteront vos promenades. Comme cette chaise de Michel Goulet, intitulée « Un jardin à soi », un espace intime, propice à la contemplation, situé à l’Est du Jardin Leslie-Hancock.

Ou ce banc des amoureux, de Lea Vivot, qu’il faut aller voir de très près, pour lire les nombreuses inscriptions gravées dans le fameux banc… Il est intéressant de mentionner que l’original a été banni de la ville de Toronto en 1979, car la population le considérait trop obscène!

Si les œuvres d’art vous intéressent, Art public Montréal propose une carte de celles du Jardin botanique qui est bien pratique!

10 – La découverte de l’arboretum

Enfin, l’arboretum du Jardin botanique, qui occupe toute la moitié Nord du site, cache tellement de secrets que j’y consacre un texte entier. Vous verrez, il y a plusieurs activités à y faire! En voici une sur les nombreuses contenue dans cet autre texte :

Comment entrer presque gratuitement?

Les détenteurs de la carte Accès-Montréal ou de la carte Lève-tôt (qui coûte 8$ par année et qui est réservée aux Montréalais) peuvent accéder aux jardins extérieurs gratuitement, en tout temps. Tout comme les Amis du Jardin botanique (l’abonnement coûte 45$ par année). Les Amis profitent en plus d’un accès illimité aux serres et d’un abonnement aux revues Quatre-Temps et Flore alors! Un bon deal… Il y a aussi la carte de membre des Cercles des Jeunes Naturalistes (84$ par année pour une famille) qui peut être avantageuse…

Avec une de ces cartes en main, ou un billet d’entrée acheté à la billetterie, vous pourrez voir ou revoir les jardins plus connus du Jardin botanique, mais aussi découvrir les 10 jardins secrets et activités proposées dans ce texte.

J’espère vous avoir convaincu de retourner très bientôt découvrir ce Jardin, véritable trésor des Montréalais…

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