Publié par : cbernier | 18 mars 2015

Poésie urbaine et Slam du bitume

Le 21 mars est la journée mondiale de la poésie, le saviez-vous? Je m’imagine votre expression en lisant ceci… Oui, je sais, c’est un sujet « pointu », mais qui ajoute de la couleur à notre ville, alors j’ai le goût de vous inviter à prendre quelques minutes pour ajouter cette couleur, et celle du Slam -une des versions contemporaines de la poésie- dans votre vie.

La ville, et Montréal en particulier, est un terrain fertile pour la poésie. Ici, la nature offre tellement de facettes à exploiter : le fleuve, l’île, sa montagne… Nous vivons toutes les saisons, donc la pluie, la neige, le soleil et les couleurs changeantes s’expriment largement. L’artificiel nous entoure : de la tour aux souterrains et des matériaux divers aux nouvelles technologies… En plus, nous sommes au carrefour de tellement de migrations : celles des autochtones, des colons, et aujourd’hui, des immigrants. Ville d’Europe comme d’Amérique, notre Montréal est multiple!

Et pourtant, la poésie n’est pas si présente à Montréal… Il faut chercher pour la trouver. Il y a toutefois de nombreuses initiatives qui mériteraient d’être mieux connues des Montréalais. En voici quelques-unes.

Depuis de nombreuses années, le Plateau se targue d’être l’épicentre poétique de Montréal. Par le nombre de poètes qui l’habite, par les quelques monuments qui y sont érigé en l’honneur de poètes disparus (Émile Nelligan, Octave Crémazie, Félix Leclerc et du Roumain Mihai Eminescu) et par son histoire. C’est dans le Monastère voisin de la station de métro Mont-Royal que fut imprimée la première édition de l’œuvre d’Émile Nelligan… Toutes ces choses, je les ai appris en écrivant un texte pour le Journal Métro, en 2002, qui présentait la Maison de la Poésie.

Des festivals

Cette Maison, qui aimerait bien un jour passer de l’étape d’organisme à but non lucratif à celui d’édifice regroupant les poètes montréalais, organise depuis plus de 15 ans une foule d’activités, dont le Festival de la poésie de Montréal, qui se déroule autour de la station de métro Mont-Royal (du 25 mai au début juin).

Pour ceux et celles qui préfèrent le Slam, un autre festival existe, mis en place pour la relève par l’organisme Mon quartier mon art, avec sa soirée dédiée à cette nouvelle forme de poésie (le 3 avril). Car le Slam se développe à l’écart de la poésie, avec ses propres organisations, comme SlaMontréal. Une visite sur leur site nous en apprend d’ailleurs un peu plus sur cette pratique :

Né il y a plus de 20 ans à Chicago, le Slam dépoussière les soirées traditionnelles de poésie, dynamise le verbe et place la performance au premier plan. Genre oratoire à part entière, le Slam est devenu, partout où il s’est imposé, un phénomène médiatique et populaire. Et pour cause, confronté au public qui vote pour sa performance, le poète doit user de stratégies poétiques pour le mettre dans sa poche, et ce, sans le recours à aucun accessoire ni musique ni costume et dans un laps de temps n’excédant pas trois minutes au chrono.

Pour avoir une idée plus précise, les deux premières vidéos de mon texte Chanter Montréal mettent en vedette des Slameurs bien connus: Grand Corps Malade et le Montréalais Ivy.

Les Maisons de la Culture offrent aussi un Accès-poésie (du 21 mars au 23 avril) pour celles et ceux qui veulent découvrir des poètes montréalais. 10 rendez-vous vous sont proposés, dans presque autant de quartiers.

D’autres initiatives

Tango pour Montréal

La Place Gérald-Godin, qui encadre la station de métro Mont-Royal, est ornée depuis 1999 d’un immense mur-poème, nommé Tango de Montréal. Le Plateau n’est toutefois pas le seul quartier à se démarquer côté poésie. Hochelaga-Maisonneuve a aussi son épicentre poétique, situé sur la rue Desjardins, au Sud d’Ontario : la Rue de la Poésie. On y trouve des affichettes à poème, des poèmes accrochés aux arbres, de l’animation régulière, et ce, depuis 2012. Ce « sentier poétique » débute par un autre mur-poème, œuvre de Tony Tremblay, et vise à mettre en valeur les artistes du quartier. Stratégiquement bordée à l’Est par la Maison de la Culture et à l’Ouest par la bibliothèque, la Rue de la Poésie est un carrefour incontournable pour les amateurs du genre, comme pour les curieux:

Rue des Poètes

J’aimerais bien avoir plus de ces murs-poèmes à Montréal…

L’ouverture récente de la bibliothèque Marc-Favreau, dans la Petite-Patrie, est aussi à mettre dans la liste des initiatives qui valorisent la poésie urbaine. Qui de mieux que Sol, ce clochard poète, pour personnifier cet art? Et pour souligner qu’entre le poème conventionnel et le Slam, il y a de multiples univers poétique susceptible de nous charmer…

Lors de voyages, j’ai aussi croisé un poème-pochoir qui m’avait marqué et, dans une ruelle, une corde-à-poèmes inspirante. Deux éléments à intégrer à nos ruelles vertes? Des initiatives équivalentes existe-t-elles à Montréal? Je ne le sais pas… Et vous, où avez-vous croisé de la poésie urbaine la dernière fois?

Pochoir Zalez Toulouse

Ce matin l’automne / dans le miroir / le visage de mon père

Strasbourg Corde-a-poèmes

J’allais oublier la ligne d’aide poétique… Si jamais il vous vient une rage de poème, à toute heure du jour et de la nuit, vous pouvez utiliser la ligne d’urgence de Pavé Poésie, qui vous soulagera! Pour vos besoins pressants de poésie, il suffit de composer le 514-700-2117 et de suivre les indications… Essayez-le, vous serez surpris. Un brin d’humour, plusieurs doses de poésie et une technologie décalée font de cette initiative un véritable petit bijou!

Le Président poète

Montréal a la chance de compter, parmi ses élus municipaux, un poète actif : Frantz Benjamin, aujourd’hui Président du conseil municipal. Celui qui n’arrêtera jamais d’écrire, dit-il dans une récente entrevue, a déjà plusieurs recueils à son actif, dont le fascinant livre collectif Montréal vu par ses poètes (2006). Regroupant plus de 40 poètes et autant de poèmes urbains, jouant sur tous les terrains fertiles de la ville et utilisant des représentants de toutes les migrations qu’a connu Montréal, on peut y lire un condensé de ce qu’était, de ce qu’est et de ce que sera notre ville.

Le Président est aussi un ardent défenseur de la poésie urbaine, comme en fait foi l’accueil dans le Hall de l’Hôtel de ville, du 19 au 28 mars, de 12 X Montréal, une exposition qui permet à 12 jeunes de nous présenter leur regard sur notre ville, en poésie et en photographies. Ce projet est réalisée avec le Poète de la Cité, Martin Thibault. Parce que, croyez-le ou non, après plusieurs villes anglo-saxonnes, Montréal a été la première ville francophone à se donner un « poète officiel », nommé par le son Conseil des Arts. Martin Thibault termine dans les prochaines semaines sa résidence de deux ans, on lui cherchera donc bientôt un successeur… Avis aux intéressés!

Grâce à l’ensemble de ces actions, la poésie se fait une place à Montréal. À l’aube de la prochaine journée mondiale de la poésie, j’espère vous avoir donné le goût d’explorer cette facette de notre ville et d’ajouter cette couleur à vos vies.

Montréal n’a jamais cessé d’être fondée. Chaque nouveau venu y ajoute une pierre.

- Extrait du poème Montréal, ma ville de Naïm Kattan, Montréal vu par ses poètes

Montréal vu par ses poètes

Publié par : cbernier | 11 mars 2015

5 ans déjà!

C’est fou comme le temps passe vite… On assiste à une conférence sur l’utilisation d’internet, on en ressort en se disant « pourquoi je ne me remettrais pas à l’écriture », on fait un premier texte, on échange avec des gens virtuellement, puis on les voit en personne… Pour se rendre compte que 5 ans ont passé!

C’est un peu ce qui m’arrive avec C’est toi ma ville. Je n’avais pas d’objectif précis de durée au départ, je voulais surtout regagner l’habitude d’écrire régulièrement, perdue après avoir arrêté le journalisme en 2003. Seulement 8 textes dans la 1ère année, mais depuis, je maintiens le rythme en vous offrant un texte pratiquement chaque semaine. 40 textes dans la dernière année, sans parler de la mise à jour de plusieurs textes publiés précédemment…

Je n’avais jamais pensé, non plus, que des nouvelles relations naîtraient de ce blogue. Elles ont été virtuelles jusqu’à récemment, lorsque le blogueur derrière Propos Montréal nous a invités, moi et celui qui produit les vidéos de Montréal dans ta pipe, pour prendre un verre. Il faut dire que nos regards sur notre ville, résolument positifs et très souvent complémentaires, nous prédisposaient à dépasser les échanges par clavier interposé.

Peu de blogueurs bénévoles partagent leur passion pour Montréal comme nous trois. Notre île de 1,8 million d’habitants n’abrite qu’une poignée de gens qui bloguent pour faire connaître aux autres leur ville positivement. En excluant les blogues dédiés à un quartier précis ou à la nourriture, les seuls qui me viennent à l’esprit, spontanément, sont ceux qui produisent YULorama et la bande dessinée Ponto… C’est peu de points de vue, compte tenu de tout ce que notre île a à offrir.

C’était un peu le constat qui m’avait poussé à lancer C’est toi ma ville avec ces mots :

Le besoin de vous parler de Montréal est plus fort que moi. Tellement de choses à dire, à montrer! Montréal est une ville magnifique, mal aimée de trop de ses propres citoyens. Depuis 2009, je visite « comme un touriste » des quartiers et produit des albums photos de mes découvertes sur Facebook. Il me fallait aller plus loin. Le blog me paraît un bon outil. Alors vous voici à lire les premiers mots de cette nouvelle aventure d’écriture, qui nous amènera aux quatre coins de Montréal, en passant parfois par d’autres villes, pour pouvoir se comparer et réaliser que Montréal est vraiment une des plus belles villes du monde :)

5 ans plus tard, le besoin est toujours là et les choses à dire, toujours plus nombreuses. Ce qui me confirme qu’une demi-douzaine de blogueurs bénévoles et positifs pour une ville comme Montréal, c’est vraiment peu. Faites-vous partie de celles et ceux qui pourraient être tentés? Si c’est le cas, lancez-vous! Montréal est vraiment une des plus belles villes du monde, il y a tant de façons de le faire savoir aux autres : textes, mais aussi vidéos, bandes dessinées, etc.

Votre originalité pourrait ajouter une belle diversité au sein des points de vue déjà exprimés par les blogueurs actuels! Il y aura toujours trop de beaux projets desquels parler pour les quelques blogueurs que nous sommes, alors ne vous gênez pas…

Quoi qu’il en soit, j’espère que vous avez autant de plaisir à continuer à me lire (et à partager mes textes sur vos réseaux sociaux!) que j’ai de plaisir à écrire pour vous!

Publié par : cbernier | 4 mars 2015

La guerre des colas

Les titans de l’industrie, Coca-Cola et Pepsi, se font la lutte sur le marché des boissons gazeuses depuis plus de 100 ans. Le premier apparaît en 1886, le second, en 1898. Depuis quelques semaines, un petit nouveau a décidé de les narguer, s’affichant fièrement « 1642 cola », de Montréal.

Il faut dire que le Québec est particulier dans cette guerre mondiale des colas, ayant permis à l’éternel rival de Coca-Cola de lui ravir la 1ère place des ventes, un fait rarissime, avec son « Ici, c’est Pepsi ». Au Québec, on aime être différents! Et à Montréal?

L’industrie des colas me fait un peu penser à celle de la bière. Il y a deux marques dominantes sur le marché, accompagnées d’un foisonnement de microbrasseries partout au Québec, avec un ancrage territorial fort (même à Montréal, ville que j’ai déjà qualifié de Capitale de la bière). Pourrait-il en être de même pour les colas?

1642 colaLes « colas alternatifs » existent depuis longtemps et se positionnent soit comme concurrents des deux titans, soit comme colas misant sur une spécificité régionale. Cette dernière catégorie comprend une panoplie de colas régionaux en France et des colas arabes, chinois, péruviens, etc. Le Québec n’est pas épargné par la vague et a vu apparaître, en quelques mois, Bec Cola et 1642 cola, tous deux sucré au sirop d’érable.

Mais ce qui différencie les deux, c’est que le premier suit la vague existante des produits régionaux, alors que le 1642 cola mise avant tout sur sa ville, Montréal. Une tendance récente, qui s’ancre sur un territoire très précis, et qui est tout aussi internationale, comme le démontre la naissance récente du Parisgo Cola de… Paris.

Pendant que la guerre mondiale des colas se poursuit, des batailles hyperlocales s’engagent pour soustraire des parts de marchés aux titans de l’industrie, soit en misant sur des spécificités régionales, soient en moussant la fierté des habitants des métropoles du monde! 1642 arrivera-t-il, en 2015, à s’affirmer dans cette bataille? C’est nous qui en déciderons!

Quoi qu’il en soit, ce cola arrive avec une tactique connue et bien rodée : exacerber la fierté et s’ériger en symbole. Avec une publicité (voir ci-dessous) surprenante et osée, qui fait penser à une version 2.0 des risques pris par Pepsi pour faire sa place, à une autre époque…

Tout en nous rappelant que Montréal a été fondé en 1642 et qu’elle fêtera, bientôt, ses 375 ans. Il ne reste qu’à savoir qui sera le cola officiel de ces célébrations ;)

Une nouvelle bataille s’enclenche, mais la guerre est loin d’être terminée…

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Quel sera le premier bar de ma liste des meilleurs cocktails à oser utiliser le 1642 cola dans ses mélanges? Les paris sont ouverts!

Le Toqué et le Europea, deux des restaurants les plus réputés de la ville, le servent déjà

Pour découvrir ces colas d’ici:

Publié par : cbernier | 26 février 2015

Miami: trois idées inspirantes

Je reviens tout juste d’un séjour à Miami et j’ai constaté que cette ville est bien loin des idées qu’on s’en fait souvent au Québec. Ces dernières années, elle s’est renouvelée à sa façon, entre autres avec le quartier Wynwood, dont je vous parlerai dans un prochain texte.

Pour celui-ci, je vais plutôt vous présenter trois petites inspirations :

  • la traverse piétonne artistique
  • l’utilisation de l’autobus pour commémorer l’histoire
  • les Parcodons

La traverse piétonne artistique

Pavé BarcelonePour donner du caractère à certains secteurs d’une ville, plusieurs municipalités de la planète utilisent des motifs dans les trottoirs. L’exemple le plus frappant que j’ai eu la chance de voir est celui de Barcelone:

À Miami, dans le quartier financier, ce sont les traverses piétonnes qui ont été animées de motifs. Rien de bien compliqué, mais une petite touche sympathique tout de même, qui crée un bel effet. Avec tout le talent artistique des Montréalais, on pourrait sûrement créer des coins de rue surprenants, en s’inspirant de ces traverses.

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L’utilisation de l’autobus pour commémorer l’histoire

J’ai été particulièrement heureux de constater que, malgré son passé esclavagiste et ségrégationniste, le Sud des États-Unis était aujourd’hui capable de faire face à son passé, pour mieux préparer son avenir. Par un geste bien simple, mais ô combien porteur de mémoire, plusieurs autobus de la ville ont un siège dédié à la commémoration de l’histoire de Rosa Parks, cette femme qui défia, en 1955, l’obligation faite aux noirs de céder leur place aux blancs dans un autobus. Pour bien marquer le coup, c’est le premier siège derrière le chauffeur qui sert à cette commémoration.

Commémoration Autobus

Il ne me vient pas spontanément d’exemple de commémoration que nous pourrions ainsi faire à Montréal, mais j’ai trouvé l’idée intéressante. Rappeler l’histoire dans un lieu inhabituel est une façon originale de perpétuer la mémoire de certains événements…

Les Parcodons

Parcodons Miami

Pour cette dernière idée, il n’est pas tant question de s’en inspirer que de la remettre au goût du jour, car les Parcodons ont déjà existé à Montréal. Je vous en parlais d’ailleurs dans ce texte sur les dons comme outil de développement de notre ville (2011)… Malheureusement, depuis, ils sont disparus.

Le concept est simple : on colore de vieux parcomètres, qui deviennent des collecteurs de fonds pour lutter contre l’itinérance. Les passants peuvent y mettre leur monnaie et un organisme communautaire bénéficie de cette nouvelle source de revenus pour améliorer ses services.

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Série de textes sur les idées inspirantes:

Publié par : cbernier | 3 février 2015

Le taxi idéal

Lorsque je me déplace en ville, ici comme ailleurs dans le monde, mon premier réflexe, c’est de favoriser le transport en commun. Pour le service à la clientèle, le paiement facile et la sécurité. Je vous l’ai déjà écrit, ce sont mes limousines (les autobus et les métros)… Mais si l’industrie du taxi voulait me séduire, moi et les autres réfractaires à ses services, que devrait-elle m’offrir? Voici le taxi de mes rêves.

Le service

Parce que, pour moi, l’industrie du taxi c’est avant tout des chauffeurs, j’aimerais qu’ils agissent comme des « chauffeurs personnels ». Ça débuterait par un « Bonjour » lorsque j’entre dans leur voiture. Après avoir donné ma destination, on m’offrirait le choix entre un poste de radio qui me plait ou le silence. Aussi, le conducteur adapterait sa conversation à la mienne. Quand je garde le silence ou que j’ai le nez collé sur mon écran de téléphone, il en tiendrait compte.

Connaître le chemin devrait être la norme dans l’industrie du taxi, surtout avec les GPS. Je n’aime pas avoir à donner des indications au chauffeur (et bien souvent, je ne sais même pas comment me rendre, compte tenu des sens uniques, etc.). Aussi, parce que respecter les limites de vitesse peut aussi se conjuguer avec efficacité, j’aimerais ne pas subir de slaloms intempestifs pour tenter de dépasser tout le monde. Uber offre à ses utilisateurs d’évaluer des chauffeurs… Ce serait peut-être une bonne idée pour l’ensemble de l’industrie?

Les petites attentions sont une autre façon d’intéresser les potentiels clients. Par exemple, j’apprécie toujours les revues laissées dans les pochettes derrière le banc du conducteur. Une fois, je suis même tombé sur un guide touristique de Montréal et je me suis amusé à m’imaginer touriste dans ma ville. Le vrai touriste doit l’apprécier encore plus! Mais quelle que soit la revue, c’est agréable de voir qu’on a pensé à nous. Un jour, on pourra peut-être penser à faire comme à New York, où les taxis ont carrément des télés pour les passagers…

taxi New-YorkCe qui ne devrait plus attendre, pourtant, c’est de doter les taxis des facilités de paiement modernes, comme le dispositif qu’on voit sur ma photo de l’intérieur d’un taxi new-yorkais. J’aimais beaucoup les coupons de taxi, mais pratiquement plus aucun chauffeur du centre-ville ne les accepte. Si le chauffeur avait de la monnaie en tout temps et offrait différents modes de paiement à ses clients, ça améliorerait grandement le service. Et si en plus on avait un reçu automatiquement, comme au restaurant, ce serait encore mieux.

Le métier de chauffeur de taxi n’est pas facile, j’en conviens. Mais ce sont de petits détails qui m’inciteraient à utiliser leur service plus souvent.

Le véhicule

Depuis plusieurs années je rêve d’une couleur unique pour nos taxis. Pas jaune, ce serait copier New York, pas noir non plus, couleur de ceux de Londres. J’avais pensé à bleu, mais à Montréal, c’est une couleur associée au transport en commun. Il reste le vert, associé à l’environnement, qui viendrait souligner cet aspect de l’industrie du taxi, qui libère notre centre-ville de quantité de voitures individuelles en nous offrant un service collectif. Le sujet a régulièrement fait couler de l’encre, sans jamais se réaliser, malheureusement.

Tant qu’à se donner une couleur verte, pourrait-on penser la mettre véritablement en valeur, en privilégiant les voitures hybride ou électrique? Un double message qui aurait des retombées touristiques et de promotion de Montréal évidentes… Ce qu’a très bien compris Alexandre Taillefer, qui travaille depuis plusieurs mois à mettre sur pieds la Mutuelle de Taxis et Limousines de Montréal, promettant même de tels véhicules verts et électriques pour 2016

En plus de me soucier de l’extérieur de la voiture, je rêve de taxis confortables, sans publicité agressante à l’intérieur et sans vitre pour me séparer du chauffeur. J’aime beaucoup, aussi, les intérieurs légèrement personnalisés. Ça pique ma curiosité, crée une expérience plus intime. On fait le ménage de la maison lorsqu’on invite des amis, alors dans les taxis de mes rêves, j’aimerais que mes « chauffeurs personnels » m’invitent dans une voiture propre et personnalisée.

En complément de tout ça, ce serait bien de réanimer le projet d’aménagement des aires d’attentes, qui avait fait de très belles propositions, en 2010. Ces aménagements, qui avaient fait l’objet d’un concours de design, avaient l’avantage d’être beaux, de marquer l’espace des aires d’attentes existantes et d’y ajouter la commodité d’un banc… Simple, mais efficace pour améliorer le service et attirer de nouveaux usagers!

Complémentarité

Enfin, il y a un détail qu’il ne faut jamais oublier : les piétons, les cyclistes, les utilisateurs de Bixi et de l’autobus 737 vers l’aéroport sont souvent, à d’autres moments, des clients pour les taxis. Ainsi, lorsqu’un chauffeur tempête contre les uns et les autres, il y a de fortes chances pour que la personne assise sur sa banquette arrière se sente insultée. Ce n’est pas le meilleur moyen de l’encourager à reprendre le taxi… Un meilleur arrimage entre le transport actif, collectif et le taxi est possible et souhaitable. Ainsi, le taxi de mes rêves respecterait les passages piétons, garderait une distance sécuritaire au côté des vélos, aurait même un porte-vélo, offrirait un rabais aux abonnés Bixi et arrêterait de penser que la 737 lui vole des clients.

Voici donc le taxi de mes rêves. Vous séduirait-il aussi?

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Puisque le sujet vous intéresse, je vous propose de lire ce texte du blogue Propos Montréal. On y apprend une foule de détails intéressants sur notre industrie du taxi et il complète à merveille mon propre texte.

Aussi, le blogue de Vlad le Taxi et celui, malheureusement inactif, de Un taxi la nuit.

Série de textes sur le transport:

Publié par : cbernier | 22 janvier 2015

Osez vous payer du luxe!

Pour moi, le luxe, c’est de s’offrir quelque chose de plus cher que ce qu’on serait normalement prêt à se payer. Je ne parle donc pas, ici, du grand luxe accessible seulement au 1% des plus riches, mais bien des petits luxes qu’on mérite tous.

Ainsi, depuis plusieurs années, moi et mon amie Caroline nous payons un resto chic pour nos anniversaires. Nous avons ainsi osé mettre les pieds au Toqué!, au Renoir et cette année, au Birks Café. Sur l’heure du midi, ces adresses prestigieuses offrent des prix plus abordables, qui permettent de se les offrir en cadeau. Manger autours des tables les plus réputées de notre ville, c’est toujours une expérience. Ces restos, qui attirent des journalistes de partout dans le monde, sont les nôtre. Réussir à en profiter, ne serait-ce qu’une seule fois par année, me permet de goûter à cette ville-là, d’assouvir ma curiosité pour ces endroits et de dire, ensuite « j’y suis déjà allé ».

Dans certains cas, les bars entre autres, le prestige de l’adresse n’équivaut pas systématiquement à des prix gonflés. La qualité se goûte et justifie souvent le détour. Encore faut-il oser entrer… Par exemple, certains bars de ma liste des meilleurs cocktails peuvent sembler réservés à une certaine élite, mais ce n’est jamais le cas.

J’aime bien, aussi, profiter des stations de dégustation aménagées dans quelques succursales de la SAQ. J’ai ainsi déjà goûté à un vin dont la bouteille se détaillait plus de 500$. Un petit verre, évidemment, mais qui m’a coûté moins de 10$. Tout compte fait, je n’aurais jamais payé aussi cher pour ce vin qui, sommes toutes, ne se démarquait pas tant que ça de ceux que j’aime à 15$… Parce que c’est aussi un avantage qu’on se donne en osant le luxe : on découvre que tout ce qui se vend à prix d’or ne le vaut pas nécessairement.

De tout temps je me suis payé du luxe. Toujours un luxe à la portée de mon portefeuille, sans excès, mais du luxe pareil. Déjà adolescent, j’osais. C’est ainsi que je me suis acheté, vers 12 ans, un cristal Swarovski. J’y suis allé seul, avec mon argent gagné en distribuant des circulaires, en osant entrer dans la boutique de beaux objets qui les mettait en vitrine.

Ainsi, je m’offre depuis toujours de petits luxes pour les fêtes, pour célébrer mes victoires, mais aussi et surtout pour me récompenser des défaites. Avoir osé et ne pas réussir mérite autant que les succès d’être souligné! En 2009, suite à une de ces défaites, je suis allé visiter les galeries du Vieux-Montréal pour voir si je pouvais me payer le luxe d’une toile d’artiste, bien à moi. Je suis tombé en amour avec un petit format, rouge flamboyant, intitulé Chrono #12. Le thème du temps collait très bien à l’événement, alors j’ai osé.

Chacune de ces occasions d’oser m’ont permis de découvrir ma ville autrement, de m’approprier certains endroits, où je ne serais jamais allé si je ne m’étais pas donné ce droit. Montréal regorge d’occasions de se payer du luxe, souvent à des prix plus abordables qu’on pense! La Boutique Voir, entre autres, permet d’obtenir de bons rabais auprès de plusieurs commerces de la ville.

Restos, bars, bijoux, œuvres d’art s’offrent à nous, tout comme les designers de mode (en rabais, c’est l’idéal), les spectacles de vedettes internationales de passage en ville ou le théâtre… Osez-vous? Partagez avec nous vos bonnes idées, vos adresses préférées pour faire du lèche vitrine et pour profiter du côté givré de Montréal ;)

Publié par : cbernier | 14 janvier 2015

Feux pour piétons originaux

Amplemann Berlin

Il y a des détails qui changent la perception qu’on a d’une ville. S’il m’est resté une opinion si positive et une impression de dynamisme si forte au retour de mon voyage à Berlin, c’est en partie attribuable à un petit bonhomme qui éclaire ses rues, l’Ampelmann, figure emblématique des feux de circulation pour piétons de la ville. Son histoire est fascinante: un leg de l’Allemagne de l’Est, devenu aujourd’hui le porte-étendard touristique de Berlin (j’en parlais dans mon texte Vendre Montréal). Une petite innovation, on en conviendra, mais elle est significative dans un monde où les variantes originales de lumières pour piétons sont inexistantes ou presque.

Et si Montréal se détournait à son tour du conformisme international de la signalisation pour piétons? L’exposition Walking men wordwide, qui était à Sydney (Australie) en octobre dernier, le démontrait clairement : il y a très peu d’originalité pour les feux pour piétons dans le monde. On pouvait même y voir le petit bonhomme Montréalais, en tout point semblable à celui de Lisbonne, sinon qu’il marche vers la droite plutôt que vers la gauche…

Pourquoi ne pas s’inventer, comme l’ont fait Berlin et quelques rares autres villes de la planète, une silhouette distinctive pour égayer les rues de Montréal? On pourrait même écouter Jean-Pierre Ferland, par exemple, qui a déjà chanté « Montréal est une femme »… Il existe très peu de silhouettes féminines dans le monde monotone des feux de circulation pour piétons, il y a donc là un filon. Et pourquoi ne pas avoir une parité des genres sur nos coins de rue? L’idée est lancée ;)

Feux circulation BixiSi on ne veut pas toucher aux feux de circulation pour piétons, pourrait-on penser aux feux pour cyclistes? Montréal pourrait afficher sa fierté du Bixi en utilisant son image plutôt que le vélo ordinaire actuellement utilisé pour les lumières pour cyclistes… Puisque le Bixi roule dans plusieurs villes du monde, ce serait un beau clin d’œil à faire à nos visiteurs qui ont eux aussi adopté ce vélo pensé, inventé et développé à Montréal! (L’image que j’ai modifiée avec le logiciel Paint pour montrer un peu mon idée, ci-contre, a été trouvée sur Google et provient du blogue de Carl Boileau)

Autres inspirations

Je lisais dernièrement le texte 7 crosswalk signals you won’t mind waiting for, qui montre quelques rares variantes de la lumière pour piétons, comme l’homme qui marche d’un pas décidé du Mexique :

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Le monde du graffiti a depuis longtemps réfléchi à ce qui peut être fait pour animer un peu les silhouettes trop conformistes utilisées par nos villes, comme l’a fait le couple derrière Thundercut, à New York, en les habillant. La Grosse Pomme utilise, comme Montréal, un bonhomme formé de point lumineux, il a donc suffi aux deux artistes de produire des autocollants troués aux bons endroits pour permettre à la lumière de passer. Et ils en ont produit beaucoup!

De son côté, l’artiste Roman Tyc, à Prague, y est allé avec des représentations beaucoup plus controversées… Ses détournements de feux de circulation pour piétons lui ont valu d’être poursuivi par sa ville, il a donc repris son projet, mais dans des galeries d’art cette fois. Subversif…

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Je préfère quand même les modifications plus consensuelles, comme celle qui invitait les piétons de Lisbonne à entrer dans la danse avec leur petit bonhomme du feu de circulation! Rafraichissant!

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Sinon, comment ne pas craquer pour l’utilisation de la silhouette d’Astro le petit robot par un quartier dédié à la robotique dans la Préfecture de Kanawa, au Japon?

Ajout de mars 2015: Buenos Aires aussi s’est laissé tenté par la mise en vedette d’un dessin animé dans ses rues. Gaturro sert de silhouette aux feux piétons sur un coin de rue le long de la Paseo de la historieta, qui rend hommage aux dessins animés argentins:

DSCN8529

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Et nous, à Montréal, qu’est-ce qui pourrait nous distinguer dans l’utilisation des feux de circulation pour piétons ou cyclistes? Qui donnerait une expérience différente et positive de notre ville, comme le fait l’Ampelmann à Berlin? Ou comme le fait le feu de circulation pour chevaux, en plein cœur de Londres, et dont je vous parlais dans Chevaux, vaches et moutons en ville? Vous avez des idées? Partagez-les! :)

Lumière pour chevaux

Publié par : cbernier | 30 décembre 2014

Mon « bye bye » 2014

Depuis deux ans, mon texte de fin d’année faisait l’état du blogue montréalais. Je vous y présentais ceux que je fréquente, les petits nouveaux et les disparus. À mon grand bonheur, mes collègues blogueurs de l’année 2014 sont toujours là, bien actifs, permettant à notre écosystème d’informations positives sur Montréal de rayonner. Je ne réécrirai donc pas sur ce sujet, vous invitant plutôt à aller lire mon texte de l’an dernier.

Je ne reviendrai pas non plus sur l’idée des bonnes résolutions pour la nouvelle année. Il m’a suffi de faire deux ou trois ajustement mon texte d’il y a trois ans sur ce sujet pour qu’il soit encore d’actualité. Pour le constater et pour prendre de bonnes résolutions pour 2015, il suffit de cliquer ici.

L’été dernier, j’ai toutefois négligé de souligner que C’est toi ma ville publiait de façon hebdomadaire depuis trois ans! Alors, puisque ça fait maintenant 3 ans et demi que je vous partage ma passion pour Montréal, je me suis dit qu’il était temps de le souligner. Surtout que je suis loin d’être à court de bonnes idées de textes, il y a donc fort à parier que je publierai encore suffisamment longtemps pour être actif lors du 375e anniversaire de Montréal, en 2017 ;)

2014 aura été, pour mon blogue, une très bonne année. Avec un lectorat en croissance constante (merci de votre intérêt!) et une quarantaine de nouveaux textes, sans parler de la mise à jour d’une vingtaine de textes publiés ces dernières années, je me sens d’attaque pour affronter 2015. J’ai commencé à créer des listes thématiques, que vous retrouvez à la fin de certains de mes textes, pour les regrouper :

Et j’ai ajouté la fonction « sur le même thème », qui permet à WordPress de vous proposer trois textes de C’est toi ma ville à la fin de chacune de mes publications. Profitez-en : puisque j’aime bien que mes textes restent « à jour », je les révise régulièrement pour qu’ils soient autant que possible pertinents, même après trois ans.

Je constate aussi que vous êtes friands de « Top 10 » et autres palmarès, je vous en ai donc ajouté de nombreux cette année :

Les palmarès trônent en tête des textes les plus lus sur mon blogue, occupant 8 des 10 premières places! Seuls Enfant de la ruelle et Pour un Parc Olympique d’avenir ont su attirer assez de lecteurs pour se hisser dans ce Top 10 en 2014. Le texte Les meilleurs brunchs à Montréal trône toujours (et sans partage) en première position, m’incitant à y ajouter constamment de nouvelles propositions.

De mon côté, j’adore comparer Montréal à d’autres villes et je l’ai fait souvent cette année :

L’année 2015 qui débute sous peu me permettra de continuer à vous faire découvrir Montréal, ses bons coups et son potentiel extraordinaire. J’ai des palmarès à mettre à jour, de nouvelles comparaisons internationales à vous présenter, des quartiers à vous montrer (depuis septembre, j’ai des photos de tous nos quartiers, comme je vous en parlais dans Marcher Montréal)…

Votre intérêt et vos commentaires sont le moteur d’un blogue comme le miens, alors n’hésitez jamais à critiquer un texte, suggérer un ajout, proposer un sujet ou simplement dire bonjour. C’est vraiment apprécié et ça contribue à l’énergie qui m’anime depuis 3 ans et demi pour vous proposer, hebdomadairement, une réflexion, des découvertes, un nouveau regard sur notre ville: Montréal.

Merci!

Et merci aussi à toutes celles et ceux qui me suivent sur Twitter! Depuis le 23 novembre, vous êtes plus de 1 000 :)

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Propos Montréal a aussi fait son bilan de l’année 2014, pour le lire, c’est par ici.

Publié par : cbernier | 17 décembre 2014

Fascinantes vies de quartier

Encore une fois, le musée Pointe-à-Callière réussit à m’impressionner avec une exposition! Le pire, c’est que je ne voulais même pas la voir… À cause de la sur-médiatisation du quartier qu’elle présente, l’exposition Vies de Plateau n’était pas sur ma liste des visites culturelle de l’année. Mais tant qu’à aller voir Les Grecs – D’Agamemnon à Alexandre le Grand, nous avons fait un petit détour par cette autre exposition temporaire… Quels fascinants portraits de l’histoire de ce quartier, qu’on croit pourtant si bien connaître! Nous y avons appris pleins de choses, même si je fréquente le Plateau depuis des années et que mon chum y a vécu presqu’un quart de siècle!

Et quelle qualité aussi! À l’image de l’exposition Quartiers disparus (au Centre d’Histoire de Montréal, de 2011 à 2013), dont j’avais parlé ici, et qui avait été prolongée compte tenu de l’intérêt qu’elle suscitait (il y a d’ailleurs maintenant un livre sur cette expo, comme Propos Montréal nous le faisait savoir récemment). Mais n’attendez pas le livre et courez visiter l’exposition Vies de Plateau avant qu’elle ne se termine, le 4 janvier prochain!

Vous y découvrirez l’enchevêtrement de rivières qui parcouraient ce territoire avant qu’il ne devienne un quartier et qu’on lui donne son nom. Connu alors pour ses tanneries installées le long de ces rivières, ce n’est que récemment qu’il s’est fait baptiser. Mais quelle est l’origine du nom Plateau? D’un hebdo de quartier où de l’école Le Plateau, qui était le terminus de la ligne d’autobus Sherbrooke?

Et les ruelles vertes, saviez-vous qu’il y en a plus de 30 et que la première a été aménagée en 1969? Vous en apprendrez beaucoup plus sur le pourquoi des ruelles, sur le développement des parcs à partir des carrières de pierres du secteur et même sur l’architecture. C’est ainsi qu’on découvre que la pierre grise caractéristique de bien des édifices montréalais a été tirée des carrières le long de la frontière avec l’actuelle Petite-Patrie, que le Parc Jeanne-Mance était à l’origine un golf et un hippodrome et que nos fameux escaliers extérieurs auraient été en partie dictés par la morale de l’Église, qui s’inquiétait de savoir que de jeunes gens pouvaient se croiser dans un escalier fermé (et en profiter…)

Pièces maitresses de l’exposition: vous pourrez voir les deux ensembles de statues qui ornaient la magnifique église Saint-Enfant-Jésus jusqu’en 1978. Elles étaient abimées par le temps, on les a alors retirées, pour éventuellement les restaurer, ce qui n’a été fait que récemment! À la fin de l’exposition, et presque 40 ans plus tard, elles retrouveront leurs socles sur le haut de la façade de l’église du coin de la rue Saint-Laurent et Saint-Joseph… Avec le parc tout neuf qui se trouve devant l’église, ce sera magnifique l’été prochain!

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Si vous êtes curieux et voulez en apprendre plus, planifiez votre prochaine visite au musée Pointe-à-Callière. Vous pourrez, pour le même prix, (re)voir l’excellent film d’introduction Signé Montréal, réalisé en collaboration avec Moment Factory, visiter les sous-sols archéologiques du musée et profiter de l’exposition Les Grecs. On dit qu’elle est « la plus complète sur la Grèce antique à être présentée en Amérique du Nord depuis une génération »! Rien de moins.

Lors de votre visite, vous constaterez aussi l’urgence d’agrandir cet important musée qui, malgré le prestige des expositions qu’il attire et la qualité de celles qu’il nous propose sur notre ville, est définitivement trop à l’étroit… La Ville de Montréal a donné le feu vert à la prochaine phase d’expansion, mais il en faudra plus pour doter l’institution d’une salle d’expositions temporaires de calibre international.

L’exposition Vies de Plateau se termine le 4 janvier 2015

Publié par : cbernier | 9 décembre 2014

L’odeur de la ville

Il y a quelques mois, l’article Montréal no 5 – du pif pour trouver l’odeur de la ville, a retenu mon attention. On y disait:

« la métropole a cette mystérieuse odeur de sacré, conférée par l’encens, la cire à plancher et les lampions des églises »…

C’était assez loin de ma propre expérience! Alors je me suis posé la question : pour moi, quelle est l’odeur de Montréal?

Je me suis rappelé qu’adolescent, j’avais été marqué par un passage répété dans les livres de science-fiction d’Isaak Asimov. Il soulignait souvent, lorsque ses personnages arrivaient sur une autre planète de l’Empire Galactique, que celle-ci avait une odeur marquante. Désagréable la plupart du temps, rarement séduisante. J’avais trouvé que cette anecdote donnait du réalisme à ses récits, puisque j’avais remarqué que les lieux ont leur odeur particulière. Mais Montréal?

J’étais encore trop confus pour répondre à la question. Jusqu’à ce qu’un soir, en revenant à la maison, l’odeur caractéristique de l’usine de levures Lallemand me saute au nez. Détestée par un grand nombre de personne, elle est pour moi associée à l’été de mes 16 ans. J’avais passé plusieurs semaines dans ce secteur et j’en garde, aujourd’hui encore, de très bons souvenirs… Ainsi, chaque fois que l’usine transforme l’air du quartier avec ses odeurs de levures, une douce nostalgie s’y mêle et renforce mon attachement à celui-ci, d’autant plus fortement que je vis encore une fois une période merveilleuse dans les alentours du métro Préfontaine.

Cette anecdote m’a permis d’identifier ma réponse à la question « quelle est l’odeur de Montréal? ». Il y en a plusieurs, selon les lieux qu’on aime fréquenter… Et selon le sens qu’on veut bien leurs donner! C’est ainsi que, contrairement à plusieurs de mes voisins, moi, j’aime bien l’odeur de levure d’Hochelaga. Et vous, quelle est l’odeur de votre quartier? Désagréable ou séduisante?

Voilà pour les odeurs qui caractérisent un territoire, mais il y a plus. On peut aussi choisir l’odeur que l’on veut donner à notre ville… Passer devant une boulangerie est un bon moyen de privilégier certaines odeurs. Pour ma part, c’est à la fin mai que je donne à la ville l’odeur que je veux, en m’arrêtant à pratiquement tous les lilas qui sont sur mon chemin. Cette fleur, qui est pour moi un symbole de la ville, me séduit année après année, depuis que mes parents me l’ont fait découvrir au Jardin botanique. Montréal n’est peut-être pas une forêt de lilas, mais il y en a ici un nombre appréciable! Alors j’en profite.

Notre rapport aux odeurs a aussi un impact inconscient sur notre rapport à la ville, ce qui fait dire à l’auteur du blogue Smell the City qu’il faudrait apprendre à utiliser les expériences olfactives dans l’aménagement des lieux publics! Plus près de nous, la chercheuse Nathalie Bouchard propose elle aussi d’utiliser les odeurs dans l’aménagement de la ville… Pour le choix des matériaux (le piéton préfère-t-il l’odeur de l’asphalte ou du béton?), comme pour celui des plantations (sapin, arbres à fleurs ou feuillus?). Ainsi, on pourrait rendre encore plus agréable certaines places, en prenant en compte ce sens qu’on oublie pratiquement toujours en urbanisme.

Si la question « quelle est l’odeur de la ville? » apparaît simple, les réponses le sont moins. Curieusement, c’est pourtant une question que peu de gens posent, comme je l’ai constaté lors de la recherche que j’ai effectué pour écrire ce petit texte. Que ce soit du côté des blogues ou des médias plus traditionnels, le web n’offre que peu de pistes pour creuser le sujet… J’ai quand même trouvé ce petit témoignage, qui date de bientôt 10 ans, mais que je veux partager avec vous ;)

Bye bye Paris, bonjour Montréal – 6 septembre 2005:

L’odeur de Montréal

Je n’ai pas visité tant de villes que ça, mais quand même, Montréal est la première grande ville où j’habite qui sente les foins! Je parle pas d’herbe qui fait rigoler, et ce n’est pas non plus une métaphore sur la possible ressemblance entre Montréal et la cambrousse. Non vraiment, simplement, ça sent les foins. Il n’est pas rare d’avoir des grands talus pas vraiment entretenus le long des rues, et récemment l’herbe a été coupé dans un de ces talus pas loin de chez moi. Donc quand je passe devant, je respire à plein nez, me remplis les poumons, et vole ces quelques parfums d’herbe coupée qui languit au Soleil. Ça change de l’odeur des pots d’échappement!

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Pour poursuivre votre découverte des parfums de Montréal, je vous suggère cet article, publié en 2009 dans La Presse, où Thierry Wasser, parfumeur, « sent » notre ville.

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