Publié par : cbernier | 21 août 2016

Le buzz des bancs publics

Les bancs publics de Montréal sont vraiment plus originaux qu’on le pense. Si j’ai déjà abordé cette question dans mon texte Des bancs pour tous les goûts, en 2013, il est maintenant temps de revenir sur le sujet, parce que nos arrondissements ne cessent d’innover pour nous en mettre plein la vue. Le Plateau ne s’en cache pas, il cherche ainsi à créer un « buzz artistique ». Dans Hochelaga-Maisonneuve, Ahuntsic, Pointe-aux-Trembles et au centre-ville, on s’affaire aussi à créer des ambiances accueillantes, surprenantes et distinctives avec les bancs publics. Même les autres villes de l’île, comme Dorval, entrent dans la course pour se démarquer.

Voici 15 nouveaux bancs publics qui montrent que la recherche d’originalité n’a pas fini de nous donner toujours plus d’espaces de qualité, où prendre une pause en ville.

Les nouveaux bancs du Plateau à l’origine de l’expression « buzz artistique » sont ceux-ci. Taillés dans du bois rond, ils se répartissent aux quatre coins de l’intersection des rues Saint-Viateur et de l’Esplanade.

01 PlateauDSCN8103

À mon avis, toutefois, ceux qui auraient dû faire parler d’eux sont ceux des placottoirs installés cet été dans Hochelaga, sur la rue Ontario. En plus d’oser des formes inhabituelles pour les bancs, ils sont entièrement ouverts, sans clôture pour les séparer de la rue. On se rapproche du concept de rue partagée!

02 Hochelaga 2016

J’ai toujours aimé les gros blocs de calcaire de l’aménagement autour du Musée des Beaux-Arts. Je ne suis pas le seul, puisqu’ils ont contribué à l’obtention d’un prix d’aménagement pour cet espace, en 2013. Mi-bancs, mi-décor, ils sont là, invitants…

03 Centre-Ville MBAM

Tout en courbe, le banc de la saillie de trottoir au coin Milton et Sainte-Famille étonne. Alors qu’il pourrait orner tant d’espaces urbains, il est caché sur cette intersection peu passante… Il mériterait d’être utilisé pour agrémenter d’autres endroits.

04 Plateau Saillie Milton Ste-Famille

La Place du Village de la Pointe-aux-Trembles a été dotée de bancs des plus utiles. Successivement bancs et tables, leur surface qui change de hauteur tout en changeant d’angle est une belle innovation.

05 Pointe-aux-Trembles

Avec leur Grand prix du Design 2015, les Bancs-nana de Dix au carré sont franchement amusants! J’aimerais voir plus d’imitations de ce genre en ville, Montréal est une ville festive, qui ne se prend pas trop au sérieux, ce banc en est une des meilleures illustrations.

06 Plateau Banc nana

Une autre façon d’illustrer l’esprit de notre ville pourrait être d’avoir plus de bancs peints. Celui de la caserne de pompiers collé sur la station de métro Joliette est un des rares qu’on peut voir à Montréal. Il y a bien les 3 bancs artistiques de la rue Masson, ou ceux de la Place Marcelle-Ferron à Outremont, mais avouez que c’est peu dans une ville qui compte tant de créateurs!

07 Hochelaga Caserne metro Joliette

Dans un autre style complètement, j’avais parlé des chaises Adirondack dans mon texte Des bancs pour tous les goûts… Elles sont toujours présentes sur le terrain de la bibliothèque Maisonneuve, mais dans la rue adjacente, cet été, des chaises Transat ont fait leur apparition. Avec leur grand carré de sable, elles offrent des airs de vacances à ce bout de rue piétonnisé. Un vrai bonheur!

08 Maisonneuve Transat

Les curieux hamacs de la Grande Terrasse Rouge, sur Saint-Denis, font aussi partie des « bancs d’été » qui apparaissent pour la belle saison. Ceux-ci sont liés aux travaux majeurs que subit la rue, mais souhaitons qu’ils réapparaissent l’an prochain même si les travaux sont terminés! Je les ai essayés et je vous les conseille, on s’y sent complètement ailleurs.

09 Plateau Terrasse rouge

Toujours dans l’ambiance « vacances », les bancs berçants de Pointe-aux-Trembles méritent aussi d’être testés. À deux pas de la Place du Village de la Pointe-aux-Trembles, l’ensemble est suffisamment intéressant pour se retrouver dans le récent Top 15 des parcs inusités du blogue MesQuartiers.

10 Pointe-aux-Trembles

Ce sont les mêmes bancs berçants, ou presque, mais à Dorval cette fois. Eux aussi sont face au fleuve et invitent à la détente. C’est triste qu’il n’y ait ce type de bancs qu’aux extrémités est et ouest de l’île… Il me semble que le long de la Rivière-des-Prairies, à Ahuntsic–Cartierville, ce serait bien aussi…

11 Dorval

Parlant d’Ahuntsic, on y inaugurait, cet été, une nouvelle place publique sur Chabanel. Inspiré du mobilier urbain du Quartier des Spectacles, on y a ajouté d’immenses bancs blancs, véritables plates-formes qui nous invitent à nous étendre au soleil.

12 Ahuntsic Chabanel

Le Plateau s’était déjà doté de telles plates-formes de détentes au Parc Baldwin, baptisées Effoiroirs… Si le nom est questionnable, ces bancs (devrait-on plutôt parler de lits publics?) sont appréciés.

13 Plateau Parc Baldwin

Passons des plus grands aux plus petits, les bancs individuels qui sont apparus à la suite de la réfection complète de la rue De la Gauchetière, dans le Quartier Chinois, sont venus ajouter une touche de classe et de beauté à cette rue qui en avait bien besoin (j’ai proposé en début d’année mes idées de relance de ce quartier…).

14 Chinatown

Enfin, le projet de recyclage des arbres affectés par l’agrile du frêne dans Rosemont–La Petite-Patrie mérite d’être souligné. Fabriqués par des entreprises d’économie sociale, ces nouveaux bancs permettent de valoriser les arbres qui doivent être abattus à cause de l’insecte ravageur. Un projet écologique, durable et social à la fois! Bravo!

15 Rosemont

En plus de ces bancs de la rue Masson et Saint-Laurent, déjà installés, d’autres, nettement plus originaux, s’ajouteront dans deux parcs de cet arrondissement d’ici la fin de l’été, c’est donc à suivre…

À n’en pas douter, un autre texte sur les nouveaux bancs publics sera nécessaire d’ici deux ans! La créativité dont fait preuve Montréal pour ses bancs publics est merveilleuse, mais d’autres villes du monde sont aussi originales que nous dans ce domaine. Pour vous permettre de le découvrir, restez à l’affut de mon prochain texte😉

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Publié par : cbernier | 31 juillet 2016

J’aime le Stade

Je l’avoue d’emblée, j’aime le Stade olympique de Montréal. Édifice surprenant, imposant, original, il est dans une catégorie à part. Bien des villes aimeraient avoir un tel monument architectural chez elles. Curieusement, il est mal aimé par certains Montréalais. Il y a 5 ans, une consultation sur l’avenir du Parc olympique s’est tenue pour changer la relation d’amour-haine qu’ils entretiennent avec notre héritage olympique. Cette consultation a animé certains médias et des groupes universitaires, mais sans vraiment passionner la population. Et pourtant! Le site est magnifique, ses possibilités sont sans fins, et il est au confluent de deux quartiers populaires et vivants…

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Heureusement, il s’est passé bien des choses depuis, qui montrent que l’exercice en valait la peine. Du rapport de la consultation aux actions concrètes qui se sont déroulées sur le terrain ces 5 dernières années, voici plein de nouvelles raisons d’aimer notre Stade:

1 L’esplanade

Depuis 2012, l’Esplanade Financière Sun Life rempli ses promesses. Les activités originales, l’aménagement flexible et le goût du risque qui marquent le développement de ce terrain immense méritent d’être soulignés. Ce sont les ingrédients essentiels du succès de la démarche de réappropriation du site pas les Montréalais depuis 5 ans. La notoriété bien marquée, il serait toutefois temps de revoir la grosseur des logos de l’entreprise sur le site, qui, de par leur nombre et leur ampleur, commencent à déranger. Mais sinon, chapeau!

Sur l’Esplanade, vendredi prochain le 5 août, ce sera « Premier Vendredi », soit le plus grand rassemblement de camions de cuisine de rue au Québec. Il faut l’avoir vu pour comprendre l’engouement : des milliers de personnes convergent alors vers le Stade pour profiter de l’ambiance et d’un petit plat… S’y ajoute cet été un volet culturel, bonifiant encore l’expérience. Un must, qui se poursuit chaque premier vendredi du mois, jusqu’en octobre.

Premier vendredi

Juste en dessous, dans un renfoncement circulaire caché derrière l’édicule de la station Pie IX, se trouve Les Jardineries, un splendide endroit qui nous rappelle vaguement un terrain de camping et qui nous transporte en vacances aussitôt qu’on y met les pieds dans le gazon… Ouvert toutes les fins de semaines, c’est un secret méconnu des Montréalais. Si vous ne le connaissez pas encore, regardez notre album photos, vous serez conquis!

2 Les événements extérieurs

Toujours en 2012, Kent Nagano, le chef de l’Orchestre symphonique de Montréal, décidait de s’impliquer pour faire aimer le Stade aux Montréalais en y tenant un premier concert. Il raconte que le Stade a été la 1e chose qu’il a vu en arrivant en avion et qu’il avait été très impressionné… Depuis, il espère faire partager cette émotion aux Montréalais à travers un concert annuel, aux pieds du monument. L’Orchestre sera sur place le mercredi 10 août 2016.

Dans un tout autre registre, le Festival de sports d’action Jackalope, qui se déroule du 19 au 21 août 2016, est une autre des nouveautés des dernières années. On nous promet une grosse surprise dans quelques jours, et quoi qu’il arrive, c’est un festival de grandes sensations. Avis aux intéressés.

3 La jeunesse

En 2012, on a aussi pris acte de l’ampleur de l’importance pour les jeunes adeptes de planches à roulettes du « Sifflet », ou « BigO », un tunnel de béton qui a servi d’entrée dans le Stade pour les athlètes, lors des Olympiques de 1976, mais qui a aussi une forme parfaitement adapté pour s’y amuser sur une planche… Tellement que ce Sifflet est reconnu mondialement! Des travaux qui auraient nécessité sa destruction se sont transformés en grand effort de sauvegarde et, depuis 2013, l’équipement a été déplacé et mis en valeur, au grand bonheur des amateurs.

Gigantesque espace de béton, l’esplanade du Stade est évidemment un lieu qui attire les planchistes depuis des années. La réussite de l’expérience de sauvegarde du Sifflet n’est donc sûrement pas étrangère au choix de construire, dès l’an prochain, un grand Parc à planche permanent. Un équipement nouveau genre, mais qui trouve une place naturelle au côté du plus grand monument sportif du Québec…

4 Le Planétarium

Inauguré en 2013, le Planétarium est venu enrichir le pôle scientifique déjà installé sur place, avec le Biodôme. À quelques pas du Jardin botanique et de l’Insectarium, il confirme une seconde vocation du site : la culture scientifique.

Planétarium

5 L’éclairage symbolique

Toujours en 2013, l’éclairage de la niche de la Tour était mis en service puis, en 2014, son échine prenait aussi des couleurs, au profit des gens de l’Est. Véritable phare dans la ville depuis, la Tour du stade peut prendre n’importe quelle couleur. On peut même la choisir, à condition d’avoir une cause sociale ou humanitaire à laquelle la Régie des installations olympique peut souscrire! L’effet est chaque soir saisissant.

Échine du Stade

6 La rénovation des équipements intérieurs

En 2015, la remise à neuf de la piscine olympique et du centre sportif ont fait un grand bien à ces équipements vieillissants. Il faut y retourner pour le constater, plusieurs Montréalais l’ont fait et ont adopté cet endroit tout neuf pour leurs mise en forme.

7 Les activités du 40e anniversaire

Cette année, c’est le 40e des Olympiques! Pour l’occasion, une exposition en trois lieux d’Hochelaga-Maisonneuve a été organisée. Les Jeux, l’Architecture et les Gens derrière l’événement sont les trois thèmes abordés au Stade, au Château Dufresne et à la Maison de la Culture Maisonneuve. Un billet permet de profiter des trois thèmes.

Gratuite, la Frise du temps vient bonifier cette exposition. Installée le long de la rue Pierre de Coubertin, elle raconte les 40 ans du site avec des panneaux historiques simples, mais agréables à consulter et bien pensés. Elle mériterait d’être gardée pour l’été prochain et d’être inscrite dans les activités du 375e anniversaire de la Ville…

8 La Tour de Montréal

Pour la Tour, il n’y a que des annonces pour l’instant, mais elles promettent de nous redonner une attraction de calibre mondial dans les prochaines années. Premièrement, en ayant réussi à attirer un locataire! Dès 2018, ce sont des centaines de travailleurs qui convergeront vers le stade tous les jours, offrant un nouveau bassin de clients pour une diversification accrue de l’offre d’activités et de services autour du stade. Un plus qui ne pourra qu’avoir un impact positif sur la poursuite du développement du site.

Le funiculaire devra être remis à neuf en 2019 et une rénovation de fond en comble du hall touristique et de l’observatoire au sommet de la Tour devrait suivre en 2020. On pense même permettre aux visiteurs de sortir sur le toit du mât et leur offrir un plancher de verre! C’est à suivre…

Même si ces travaux ne sont pas encore réalisés, on peut en tout temps visiter l’observatoire de la Tour et profiter de cette magnifique vue sur la ville:

Vue de l'observatoire de la Tour

Vue de l'observatoire de la Tour 2

9 Les autres attraits déjà présents

Le site continue de profiter de l’ensemble de ses équipements, qui existaient avant 2011. Et de ses nombreuses foires et autres expositions intérieures. Un fil conducteur semble toutefois avoir émergé de l’exercice de consultation d’il y a 5 ans et il se résume en 3 mots : Sport Science Culture. Par exemple avec l’Impact, le Biodôme et le StarCité. Ou, dans les nouveautés, le Jackalope, le Planétarium et le concert de l’Orchestre symphonique de Montréal. Il faut poursuivre sur cette voix. 3 spécialités, c’est déjà beaucoup!

10 Le potentiel encore inexploré du site

En 2011, alors que peu de gens s’étaient encore donné la peine de s’exprimer dans le cadre de la consultation publique qui avait cours, j’avais écrit deux textes sur ce blogue. Un premier pour donner trois pistes générales de réflexions et un deuxième pour inciter les gens à participer, en donnant mon opinion. Vous verrez qu’une partie de cette vision est maintenant réalisée, mais on peut encore en tirer des inspirations pour l’avenir… Voici, en conclusion, ce que j’écrivais en 2011 :

Une architecture de calibre mondial

Pourrait-on tirer profit de l’architecture audacieuse du Stade comme certaines autres villes tirent profit d’édifices sur leur territoire? Pourrait-on faire aimer cette originale création aux Montréalais? Comment?

Personnellement, quand je voyage, je suis toujours impressionné par les bâtiments modernes, pourtant souvent bien moins extravagants que notre Stade! Il y a quelque temps, j’ai visité le Parc olympique d’Athènes, malheureusement quasi abandonné, mais ces deux photos vous montrent à quel point ça peut être fascinant de se retrouver devant de tels lieux, une telle architecture :

Parc Olympique d'Athènes 1 par Calatrava

Parc Olympique d'Athènes 2 par Calatrava

Pourquoi ne réussissons-nous pas à faire sentir aux Montréalais toute la grandeur et la beauté de notre Stade? Pourquoi ne le vantons-nous pas plus à l’international comme un édifice qu’il faut absolument avoir vu dans sa vie?

Une exposition du même type que les panneaux sur les rues McGill College ou au Parc Émilie-Gamelin, avec de grandes photos expliquant la construction des édifices du Parc olympique, leur histoire, pourrait aider à atteindre cet objectif. Une telle exposition pourrait suivre un parcours qui amène le visiteur du métro Pie IX au métro Viau, en passant au nord du Stade. Ainsi, on créerait un itinéraire pour faire découvrir du même coup les différents espaces du site… Un parcours en forme de U qui permettrait aux Montréalais et aux touristes de voir les étapes de la construction, les grands événements qui l’ont marqué, de connaître les architectes des édifices, etc. Mais aussi, qui les amène à des points de vue particuliers sur le paysage unique au monde créé par le Parc olympique de Montréal.

Pour nous inspirer, je vous propose un petit tour d’horizon de ce que j’ai vu en Europe, dans des villes bien plus petites que Montréal…

Valence (810 000 habitants)

La Cité des Arts et des Sciences. Trois images valent bien mille mots :

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Amsterdam (780 000 habitants)

Le toit du Centre des Sciences Nemo accueille, en été, une « plage urbaine » avec vue sur la ville :

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Gênes (610 000 habitants)

Pour célébrer le 500e anniversaire de la découverte de l’Amérique, le port de Gênes s’est construit le « Grand Bigo », qui comprend, entre autres, une cabine d’observation de la ville (on la voit au centre de la photo), qui monte et descend en tournant sur elle-même :

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Aix-en-Provence (150 000 habitants)

Le Pavillon noir, centre chorégraphique, offre un bel exemple de ce qu’on peut faire, même dans une petite ville :

Aix 02

Et Montréal?

Toutes les futures constructions sur le site du Parc olympique devraient viser un objectif d’excellence et de positionnement de Montréal comme destination architecturale internationale.

Une esplanade à mettre en valeur!

Il y a une chose sur laquelle tout le monde s’entend: l’esplanade le long du boulevard Pie IX, ensevelie sous le béton, mais jouissant d’une très belle vue, devrait être repensée, verdie, animée, utilisée. Pourquoi ne pas y installer un festival? Des terrasses l’été? Une patinoire l’hiver? Innover un peu… L’annonce de l’entente avec la Financière Sun Life est un pas dans la bonne direction. Il ne faudrait toutefois pas perdre le focus. La diversification des utilisations, déjà entamée avec la construction du complexe cinématographique StarCité, devrait être stoppée. Sans image de marque, le Parc olympique ne deviendra jamais la destination phare internationale qu’il pourrait être. Il faut choisir la vocation du site, en tenant compte que d’autres lieux existent à Montréal, avec leurs vocations propres, comme le Quartier des Spectacles et sa vocation culturelle. Dédoubler quelque chose qui existe ailleurs serait, à mon avis, une très grave erreur.

Alors, pourquoi ne pas miser sur la vocation de base de l’endroit : les sports et loisirs? Le site est déjà prisé des amateurs de skateboard. Pourquoi ne pas aménager un grand parc pour eux, avec un festival dédié à cette pratique?

Le Mont-Royal souffre de l’absence de pistes de vélo de montagne à Montréal? Le long de la rue Sherbrooke, le dénivelé permettrait sûrement d’aménager de telles pistes. Et des gradins pourraient être aménagés en parallèle pour que les gens puissent s’asseoir et profiter du spectacle.

L’été, un véritable « Montréal Plage » pourrait être aménagé sur une portion de l’esplanade, avec jeux d’eau et volleyball de plage. Une immense étendue de sable pourrait accueillir des compétitions de volleyball, mais aussi, une foule de Montréalais en manque d’espace calme pour se faire bronzer en buvant un verre… Plusieurs petits bars rappelant les îles, des cafés-terrasses et des chaises longues pourraient venir agrémenter l’endroit et créer une activité commerciale intéressante…

L’hiver, le même espace pourrait être transformé en lieu dédié au patinage. Et les mêmes petits bars pourraient vendre des boissons chaudes dans une ambiance de fête des neiges. Le Canadien de Montréal, qui finance des patinoires à Montréal dans le cadre de son 100e anniversaire serait peut-être intéressé à un projet au Parc olympique…

Ainsi, ce lieu magnifique deviendrait un havre de détente pour les gens du quartier et pour les touristes, rempli d’activités sportives à proposer. Il faut inventer pour rendre l’endroit attrayant, imaginer le potentiel. Montréal est une ville de créateurs, mettons-les à profit!

Un Parc des sciences

La transformation du Vélodrôme en Biodôme était-elle une bonne idée? Il y a eu un grand débat à l’époque de ce changement. Aujourd’hui, bien que certains auraient aimé garder cet équipement sportif, personne ne remet en question l’immense acquis qu’est le Biodôme. Avec l’arrivée du Planétarium, dont la construction se terminera en 2013, on viendra renforcer l’attraction du Parc olympique et confirmer sa vocation scientifique. Les récents rapprochements avec Espace pour la vie vont dans le même sens. Il y a là une voie dans laquelle s’engager plus clairement. Avec les sports et loisirs, une vocation scientifique pourrait venir offrir un complément intéressant au site, puisque déjà présent.

Depuis plusieurs années un petit groupe de bénévoles s’activent autour du Musée de paléontologie et de l’évolution, qui ne possède pas de salle d’exposition permanente… Il n’y a pas d’institution muséale à Montréal avec une telle vocation, pourquoi ne pas venir enrichir un futur « Parc des sciences » avec ce projet? La Tour du Stade pourrait l’héberger, le temps que le projet murisse et en vienne à avoir son propre édifice…

Le Stade, de son côté, pourrait devenir notre « Moulin à image ». En effet, dans cette idée de renforcer la vocation scientifique du site, pourquoi ne pas mettre à profit les arts numériques pour produire quelque chose d’unique à Montréal? La Société des Arts Technologique, sur le boulevard Saint-Laurent, est un leader mondial en la matière. Pourquoi ne pas s’y associer pour produire un spectacle à grand déploiement, le soir, sur le Stade? L’esplanade, redéveloppée comme je le mentionnais plus tôt, avec ses petits commerces, pourrait ainsi devenir une destination de soirée aussi.

Il y a tant à faire et à imaginer pour que ce site soit un des phares de la vie montréalaise, une destination internationale courue et un lieu de fierté. Il ne manque qu’un peu de vision, de volonté et de persévérance pour faire du Parc olympique de Montréal un lieu vivant, dynamique, incontournable.

Et pourquoi pas, l’un des principaux pôles d’activités du 375e anniversaire de Montréal qui s’en vient à grands pas…

Un autre texte de ce blogue sur l’expérience olympique de notre ville pourrait vous intéresser :

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Publié par : cbernier | 28 juillet 2016

Dans La Presse

La Presse publie un interview avec moi sur le thème de la crème glacée! Une belle occasion de redécouvrir mon texte Les meilleures crèmes glacées et sorbets 😉

Pour lire le texte de La Presse, c’est ici.

Ou découvre mes textes plus récents ci-dessous…

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Publié par : cbernier | 22 juillet 2016

Ville de tous les possibles II

Plage nocturne surréelle qui longe le chemin de fer sous le Pont Jacques-Cartier; jardin inventé de toutes pièces au métro Berri-UQAM; festival de graffiti en plein centre-ville; biergarten aux airs berlinois improvisés entre d’anciennes manufactures du fin fond du Mile-End; petites zones de piétonnisation semées un peu partout; tapis rouge pour nous rapprocher d’un chantier; Montréal, de plus en plus, se réinvente. Et c’est assez fantastique!

Cette introduction d’un texte de l’an dernier est toujours d’actualité. Presque tous les projets dont je parlais existent encore (vous pouvez donc aller relire ce texte, que je viens de mettre à jour) et ça se poursuit de plus belle, cet été encore! Mais il y a plus. Ce mouvement n’est pas concentré au centre-ville, il est aussi présent dans plusieurs quartiers de la ville, qui s’inventent et changent tout autant.

J’ai donc le goût de vous faire découvrir de nouvelles initiatives, toutes plus intéressantes les unes que les autres. Jardin caché au pied du Stade; séances de danse en plein air; multiplication des Marchés de quartier; retour des cinéparcs; arrivée des shows de ruelle; implantation de l’agriculture urbaine; développement des ludothèques; Montréal, c’est vraiment une incroyable ville de tous les possibles!

Si l’an dernier, c’est le Village au Pieds-du-Courant qui avait inspiré mon texte, cette année, je pourrais dire que c’est Les Jardineries qui m’ont re-transportées dans le « Montréal où tout est possible » que j’aime tant. Le site, caché au cœur du Parc Olympique (dont l’accès secret est derrière l’édicule de la station de métro Pie IX), est fantastique. On s’y retrouve comme dans un terrain de camping, avec le stade comme lampadaire le soir venu! Les pieds dans le gazon et un verre à la main, on s’y installe à la bonne franquette et on profite de la douce brise de l’été. Les chaises dépareillées, mêlées au mobilier conçu en palettes de livraison, donnent le ton, tout comme l’omniprésence des plants de légumes. Un vrai jardin… Ou une belle et grande cour arrière, ouverte à tous les Montréalais. Unique et magique!

Les Jardineries

Cliquez et découvrez 10 photos sur les Jardineries offertes sur la page Facebook de MesQuartiers+C’est toi ma ville

Une ville qui bouge

Si vous aimez plutôt danser, plusieurs rendez-vous hebdomadaires pourraient vous intéresser. Celui de Verdun, où l’arrondissement ferme la rue Wellington à la circulation devant la crèmerie Boboule tous les vendredis soirs pour de la danse latine, est probablement le plus spectaculaire. Ils osent fermer un coin de rue pour faire le party! J’y suis allé et j’avoue être impressionné. Verdun compte en plus une piste de danse extérieure, sur le bord du fleuve. Et il s’y donne des cours de… danses latines.

Danse sur Wellington Montréal

Ça m’a rappelé avoir déjà vu du Tango au Parc Saint-Viateur, à Outremont, les dimanches (il y a une initiative similaire au Parc Notre-Dame-de-Grâce). J’ai aussi entendu parler de pistes de danse extérieures à LaSalle et à Lachine, sans parler de la danse en ligne au Marché Maisonneuve et sur la Place du Village-de-la-Pointe-aux-Trembles. Une rapide recherche m’a aussi permis de constater que depuis 58 ans (!!!) il y a de la danse traditionnelle au chalet du Lac-des-Castor… Il y a sûrement une diversité encore plus incroyable d’activités dansantes aux 4 coins de la Ville, outre les discothèques. Si vous aimez danser, ça vaut la peine de faire un peu de recherche…

Une ville cultivée

Verdun s’est aussi dotée d’un Marché saisonnier, au pied de la magnifique église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, une des plus belles églises de Montréal, selon MesQuartiers. Elle est en plus un exemple à suivre pour ses portes ouvertes, très fréquentes… Si vous y allez et qu’elles sont ouvertes, entrez, vous serez étonnés! Mais revenons à ce marché, qui ne fait pas partie des marchés de quartiers gérés par la Corporation des Marchés publics de Montréal. C’est une autre initiative, tout comme le marché de Pointe-aux-Trembles, les 4 sites saisonniers de L’Autre-Marché et probablement de nombreux autres. Là encore, un peu de recherche pourrait vous en faire découvrir un près de votre travail ou de la maison, qui sait? Il y en a une quarantaine à Montréal, selon ce diagnostic (page 12)

L’an dernier, j’étais tombé par hasard sur celui de l’esplanade de la Place Ville-Marie, au centre-ville. J’y suis retourné juste avant d’écrire ce texte et il a pris une ampleur étonnante cet été. Il y a du mobilier urbain original, du gazon a été ajouté, des chaises et des coussins permettent de s’asseoir autour des quelques kiosques qui s’y installent les jeudis midis. En plus des produits frais ou transformés, on y offre même des cours de cuisine en direct!

Marché Ville-Marie

Deux des 16 oeuvres de la promenade intitulée « parmi les gratte-ciel » d’Art public Montréal y sont, rappelant que cette fantastique initiative, lancée en octobre 2015, déploie une grande énergie pour faire connaître toute la richesse des collections d’art qui sont accessibles au public… Au moment d’écrire ces lignes, déjà 12 promenades sont proposées, partout à Montréal.

Art public

Autoportrait (de la Place Ville-Marie) par Nicolas Baier

Hors catégorie, le Marché des Possibles combine artisans, camion de rue, prestations artistiques, bar et d’autres activités, chaque fin de semaine, d’ici le 7 août. Situé tout près du Jardin du Crépuscule, dont j’ai déjà parlé ici, il concentre en un seul lieu tellement d’initiatives que c’en est impressionnant! Comme quoi un marché n’est pas qu’un endroit où on retrouve des légumes…

Une ville de lumières

Hochelaga-Maisonneuve sort aussi des sentiers battus avec ses Shows de ruelle. Le nom dit tout : un artiste se produit dans une ruelle tout près du parc Morgan, nouvellement réaménagé. L’ambiance doit être assez électrique. Après les ruelles vertes et les ruelles blanches, doit-on s’attendre à voir apparaître de nouvelles formes d’utilisation de ces routes délaissées par les camions de services qui les utilisaient anciennement?

À deux coins de rue, les projections de film du « Ciné-parc sans ma voiture » créent chaque fois l’événement. Dans le stationnement du Dairy Queen, les gens sont invités à arriver avec leurs chaises. Même chose à la Place de la Paix au centre-ville, mais avec l’initiative Cinéma urbain à la belle étoile. Autre lieu, autre concept, parce que pour se démarquer il faut se spécialiser, Film Noir au Canal, un festival de films policiers cultes, est apparu l’an dernier dans le Sud-Ouest. Encore une fois, je suis convaincu que plusieurs autres initiatives existent ailleurs sur l’île…

D’une ampleur sans commune mesure avec les initiatives cinéphiles déjà mentionnées, Cinéma sous les étoiles propose de voir, à 16 endroits de Montréal, le meilleur du documentaire social et politique de l’année. Parce que pour créer des villes de tous les possibles, il faut aussi des gens qui veulent changer le monde😉

Une ville les pieds sur terre

L’arrivée de l’agriculture urbaine sur le devant de la scène montréalaise est une autre des démonstrations de l’effervescence que vit notre ville en ce moment. Les Biquettes, arrivées dans Rosemont cet été pour tondre la pelouse de certains parcs, attirent tous les jours des dizaines de curieux. Il faut les voir à l’œuvre, c’est apaisant. On se croirait tout d’un coup à la campagne… Lorsque j’ai écrit le texte Chevaux, vaches et moutons en ville, je ne pensais pas que ça bougerait si vite.

Moutons de Rosemont

Il y a eu les poules, qui avaient fait beaucoup jaser à leurs arrivées dans la Petite-Patrie, mais qui, depuis, restent assez anecdotiques… Les moutons offrent une visibilité tellement plus grande aux opportunités de ramener un peu de nature en ville… Côté agricole, La Petite-Patrie y est donc allée d’un autre type de démonstration cette année: l’aquaponie… À peu près inconnue ici, c’est un élevage de poissons combiné à un jardin de légumes, qui fonctionne en circuit fermé. Mais rien ne vaut une visite pour bien comprendre!

Aquaponie

Ludothèque est un autre mot avec lequel nous ne sommes généralement pas familiers. J’avais découvert le concept sans en savoir le nom l’an dernier, lors de la piétonnisation de l’avenue Park-Stanley, sur le bord de l’eau, dans Ahuntsic. On y prêtait aux gens des ballons, des cordes à danser, des frisbees, pour s’amuser. J’ai toujours pensé que chaque parc devrait offrir un tel service… Cette année, c’est l’inauguration de la première ludothèque de l’arrondissement Le Sud-Ouest qui m’a fait connaître le nom de ce service, et découvrir du même coup que Le Plateau en a deux dans ses parcs. Encore une fois, les bonnes idées des uns semblent inspirer les autres et les bons projets d’un quartier s’étendent un peu partout en ville. Il y a fort à parier, encore une fois, qu’avec un peu de recherche on découvrirait plusieurs autres ludothèques à Montréal…

Toutes ces initiatives créent une ville à dimension humaine, où il fait bon vivre. Malheureusement, elles sont peu connues, mal publicisées hors de leur quartier et difficiles à trouver sur internet. Espérons que l’engouement des Montréalais pour ces alternatives permettra de créer un mouvement suffisamment fort pour mener à de meilleures communications et surtout, à un partage de l’information pour qu’on puisse en profiter, quel que soit notre quartier d’origine…

Et vous, quelle est l’initiative qui vous a marqué depuis le début de l’été et qu’il serait bon de partager avec nos lecteurs? Ajoutez-la en commentant cet article!

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Publié par : cbernier | 6 juillet 2016

À quand une terrasse sur le Mont-Royal?

L’idée n’est pas nouvelle, mais la question est toujours d’actualité : comment se fait-il qu’il n’y ait pas de terrasse avec service (au moins des boissons) au belvédère Kondiaronk du Mont-Royal?

Dans son texte Top 10 des plus beaux parcs urbains à Montréal, le blogue Mes Quartiers en profitait pour questionner cette absence :

« Un chalet domine le belvédère dont le potentiel touristique pourrait cependant être mieux exploité. En effet, j’ai visité de multiples belvédères du genre, au sommet de montagnes dominant les centres-ville de Prague, Hong Kong, Salzbourg, Dubrovnik, Barcelone, Berne, et Athènes… Et je dois faire ce malheureux constat: le nôtre est le seul qui ne possède aucun café, aucun bistro, aucune terrasse avec des tables et des parasols pour s’asseoir, manger, et profiter de la vue! Dommage, car les touristes pourraient alors prolonger leur expérience de l’endroit, voire même prendre un verre le soir en regardant les grattes-ciel s’illuminer… Un choix qui s’explique mal, d’autant plus que l’espace ne manque pas… »

J’ai décidé d’illustrer son propos d’exemples provenant de 4 des villes qu’il nomme. Vous le constaterez, les photos montrent tout le potentiel d’un belvédère en montagne pour établir un bar, un café ou un bistro sans prétention. Un tel aménagement offre plusieurs avantages :

  • On peut y apprécier beaucoup plus longuement la vue qui s’offre à nous. Du coup, les images qu’on en rapporte sont plus nombreuses et moussent la promotion de notre ville
  • Notre expérience est bonifiée (surtout si les boissons offertes sont de qualité, mais avec nos colas montréalais, nos bières locales et les autres liquides du terroir qui existent ici, ce serait facile)
  • Le lieu y gagne un attrait supplémentaire, surtout si on fait appel à nos créateurs pour réaliser la terrasse et ses meubles
  • Et les souvenirs qui se rattachent à tous ces avantages sont plus marquants et plus riches, améliorant notre expérience de la ville

1 Quelques chaises sur le Mont-Royal

Si notre Mont-Royal offrait plus que quelques chaises aux visiteurs de son belvédère, de quoi ça pourrait avoir l’air?

Comme à Salzbourg?

Cette petite ville autrichienne compte plusieurs collines autour de son centre historique, où on peut prendre un verre à différents endroits et profiter de la vue sur la région. Le Musée d’Art Moderne est l’un de ceux-là. Avantageusement situé, comme l’est le Chalet de la Montagne à Montréal, il offre une comparaison assez facile à imaginer :

2 Musée d’Art Moderne de Salsburg par Gilles

Il suffit que la terrasse soit légèrement surélevée par rapport aux espaces publics qui l’entourent pour que tout le monde profite de la vue. Assis à la terrasse ou non, l’expérience est positive, comme le montre cette autre photo :

3 Musée d’Art Moderne de Salsburg par Gilles

Si Salzbourg réussit à aménager aussi agréablement son tout petit espace sur la montagne, imaginez tout ce qu’on pourrait faire à Montréal avec l’immense place centrale du belvédère Kondiaronk!

4 Belvédère Kondiaronk Mont-Royal

Comme à Dubrovnik?

Encore plus petite que Salzbourg, Dubrovnik, en Croatie, offre aussi à ses résidents et visiteurs un splendide point de vue en hauteur sur ses remparts et la mer. Elle le fait en gardant un espace entièrement public, mais dans ce cas-ci, situé côte à côte avec la terrasse. J’ai eu la chance de profiter d’une table directement sur le bord et mon souvenir de cet endroit restera impérissable. Je suis absolument convaincu qu’un tel aménagement ici pourrait produire le même effet sur les touristes qui nous visitent…

5 Dubrovnik par Gilles

Comme à Athènes?

Plusieurs croyaient qu’il serait impossible de faire vivre un café-bistro dans le chalet du Parc Lafontaine et pourtant, depuis plusieurs années, l’Espace Lafontaine tient bon (et pourrait servir de modèle pour un projet similaire sur le Mont-Royal, comme je l’écrivais déjà en 2011). Cette entreprise d’économie sociale a réussi à réanimer le chalet du Parc Lafontaine et le résultat est spectaculaire. Je ne peux pas m’empêcher de lui trouver une certaine ressemblance avec l’aménagement de la Colline du Lycabette à Athènes, en Grèce. Sans la vue…

6 Athene vs Montréal

Comme à Barcelone?

Le Musée national d’art de Catalogne, sur le Montjuïc à Barcelone, offre lui aussi une terrasse avec vue à ses visiteurs. À partir de l’intérieur, voici la vue qu’il offre comparativement à celle du chalet du Mont-Royal :

7 Barcelone vs Montréal

À Barcelone, on va encore plus loin, avec un petit parc d’attractions sur une autre colline de la ville, le Tibidabo. Pas de terrasse avec vue, mais une grande roue panoramique… L’effet est saisissant!

8 Tibidabo Barcelone

Évidemment, on ne veut pas d’un tel manège sur le Mont-Royal. Pour améliorer notre expérience de la ville, une simple terrasse, comme il en existe sur les montagnes urbaines de plusieurs villes du monde, me semble toutefois une évidence…

C’est un peu fou de se passer d’une terrasse sur le Mont-Royal, surtout l’été, non?

Le Mont-Royal vous intéresse, vous devriez apprécier cet autre texte:

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Publié par : cbernier | 16 juin 2016

Ces sculptures qui nous font voyager

Nous apprenions au début du mois de juin que des mécènes avaient commandé une œuvre monumentale à l’artiste Catalan Jaume Plensa pour marquer l’entrée de la Ville par l’autoroute Bonaventure. La Ville, qui profite d’un prêt de 25 ans minimum, jouira donc d’une sculpture remarquable de plus, dès l’an prochain. L’entente est inédite, mais c’est surtout le créateur de ce Penseur nouveau genre qui a retenu mon attention.

Source, Jaume Plensa (2015) © : Jaume Plensa et Galerie Lelong

Source, Jaume Plensa (2015) © : Jaume Plensa et Galerie Lelong

Il faut dire que Jaume Plensa compte déjà une œuvre exposée en public à Montréal, son petit Shadows II, qu’on peut voir sur la rue du Musée, à côté du Musée des Beaux-Arts de Montréal.

Jaume Plensa Montréal

C’est lors d’un voyage à l’étranger que j’ai appris le nom de cet artiste de renommée internationale, en voyant une autre de ses fascinantes œuvres. Vous l’avez peut-être vue dans mon texte Nice vs Montréal? Là-bas, j’avais tout de suite trouvé Conversation à Nice familière.

Place Masséna de nuit

Mais c’est lorsque j’ai vu le géant façonné par l’artiste pour le Cap d’Antibe, en France, que je me suis dit que nous étions chanceux d’avoir une de ses œuvres à Montréal, Shadows II, même si elle est bien plus modeste.

Jaume Plensa Cap d'Antibe

La nouvelle sculpture, qui s’intitulera Source, rivalisera toutefois avec les plus grandes œuvres de l’artiste. Montréal pourra s’enorgueillir de ce prêt, aussi impressionnant que la Crown Fountain de Jaume Plensa, située à Chicago. Il faut dire que cette fontaine porte le nom de son principal mécène, la famille Crown… L’artiste n’en est donc pas à son premier partenariat du genre.

Jaume Plensa Chicago

C’est aussi à Chicago que j’ai vu un Stabile de Alexander Calder, comparable à L’Homme, qui orne le Parc Jean-Drapeau et qu’on peut aussi voir des quais du Vieux-Port. Celui de Chicago est en plein centre-ville, enserré entre les buildings, qui nuisent à l’appréciation de sa grandeur et de son ampleur. Un argument de plus pour que je continue d’être convaincu que la place de notre Calder est bien sur les îles, qui l’ont vu naître… C’est aussi un autre exemple d’artiste de réputation internationale représenté dans la collection d’art public de notre ville!

Calder à Chicago vs à Montréal

Calder à Chicago vs à Montréal

D’autres artistes exposés ici et ailleurs

L’œuvre voisine de Shadows II, sur la rue du Musée, est Building VI, d’Antony Gormley. De la même façon que pour Jaume Plensa, j’ai appris son nom en découvrant une œuvre semblable à la nôtre lors d’un voyage.

Plensa et Gormley Rue du Musée

En Italie cette fois, dans la petite ville de Poggibonsi, je suis tombé sur plusieurs sosies de notre petit bonhomme tout en cubes. Au retour, j’ai fais une rapide recherche et encore une fois, c’est grâce à une découverte à l’étranger que je prenais conscience que nous avons, dans notre collection d’art public à Montréal, de nombreux artistes de réputations internationales, qui marquent autant notre paysage que celui d’autres villes du monde.

Antony Gormley Poggibonsi

Ça m’a appris à prendre en note le nom des artistes dont l’œuvre me touche et, ensuite, à regarder sur internet ce qu’ils ont produit d’autres. Un exercice fascinant! Faites-le avec une sculpture que vous aimez à Montréal, vous verrez! Il suffit de savoir qui est l’artiste pour le chercher sur Google Images, en ajoutant les mots « art public » à son nom. Vous voyagerez avec lui à coup sûr!

Et parfois, vous découvrirez même qu’une autre de ses sculptures peut être vue ici, à Montréal!

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Publié par : cbernier | 7 juin 2016

Garbage Beauty : pour embellir la Ville

C’est l’histoire de 4 gars dans les vidanges… et ce n’est pas une joke!

Depuis 5 étés, sur le Plateau, dans la Petite-Italie, Hochelaga et Saint-Henri, ces 4 gars se promènent, le soir des vidanges, pour semer de la poésie dans nos vies. Sérieux? Ben oui! Ils dénichent les meubles, les télés, les planches et les miroirs abandonnés pour refléter les travers de notre société de consommation, par des pensées sympathiques. Leur but avoué? Embellir Montréal, le temps que l’éboueur passe. Ou que quelqu’un tombe amoureux du message laissé et l’emporte chez lui, donnant une seconde vie à un meuble, une télé, une planche ou un miroir auquel son ancien propriétaire ne donnait plus de valeur.

Garbage Beauty 1

« C’est l’histoire d’une civilisation qui renaîtra de ses cendres. »

Leurs messages laissés au bord du chemin, en effet, trouvent parfois preneur, au grand plaisir des 4 auteurs. Issus du monde du graffiti, ils ont voulu poursuivre leurs sorties nocturnes, en offrant quelque chose à la société plutôt qu’en dégradant les biens des autres. La calligraphie s’est imposée et, avec elle, le goût des mots et la recherche de l’inspiration du moment. Le résultat de leur travail de perfectionnement de la calligraphie, et la poésie certaine de leurs pensées, sont offerts gratuitement aux chanceux qui réussissent à croiser une de leurs œuvres. Mais attention, elles se font détruire promptement si la benne à ordure les trouve la première.

Garbage Beauty 2

« Je vois la vie en rose », « Insu Portable » et « Toute une histoire »

Parions que le festival MURAL, qui débute le 9 juin, et l’arrivée prochaine du 1er juillet, jour national du déménagement, les inspireront à laisser leurs traces massivement ces prochaines semaines. Ils surnomment même le 1er juillet le « Garbage Beauty Day », tellement ils apprécient ce moment de l’année…

Garbage Beauty 3

« Street is my comfort zone »

Déjà, depuis 3 semaines dans Hochelaga, je croise une de leurs traces hebdomadairement! Pour vous donner une chance d’en voir vous aussi, pensez à vous promener la veille de la collecte des ordures, dans l’un des secteurs qu’ils fréquentent. Ou la veille de la collecte des encombrants…

Garbage Beauty 4

« Belle, en bois, dormant »

Petit rappel des quartiers qu’ils affectionnent : le Plateau, la Petite-Italie, Hochelaga et Saint-Henri.

Garbage Beauty 5

« Réunis & Tissés serrés »

Pour en savoir plus sur ces 4 gars insolites, ils se présentent en 3 minutes dans cette capsule de la Fabrique culturelle, ils se font présenter dans cet article du Journal Métro et vous racontent leurs aventures (en français) dans cette conférence Creative Morning de 27 minutes (vous pouvez passer l’intro et aller directement à la 8e minute):

Le street art vous passionne, voici mes autres textes sur le sujet :

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Publié par : cbernier | 29 mai 2016

Les plus beaux bords de l’eau

Dans les prochaines années, nous pourrons profiter de tous nouveaux aménagements au bord du fleuve, et ils s’annoncent très intéressants. Le réaménagement de la jetée Alexandra, qui, à son extrémité, permettra de descendre au niveau de l’eau; la Plage de l’Est; celle de Verdun; l’accès au fleuve devant Habitat 67 pour les surfeurs et le projet de Bain Portuaire sont autant de nouveaux accès au bord de l’eau qui s’annoncent de grande qualité.

Lorsque les villes aménagent le bord de l’eau, certaines voix s’élèvent pour questionner la sécurité. Ce réflexe est fort et plusieurs villes du monde y répondent sans ajouter de clôtures, qui créeraient une frontière entre les gens et l’eau. Heureusement! Les villes améliorent ainsi l’expérience que l’on peut vivre lors d’une promenade sur le bord d’un fleuve ou d’un canal. Découvrez plusieurs exemples, provenant de 14 villes, qui devraient nous inspirer pour nos futurs aménagements, ou nous donner de bonnes idées pour améliorer certains de nos parcs riverains existants…

Les grandes villes du monde

Plusieurs grandes villes du monde pourraient nous servir de modèles pour nos aménagements. Berlin est l’une de celles-là, comme en témoignent les deux photos ci-dessous, l’une prise en plein centre-ville, l’autre dans un quartier limitrophe. De belles promenades sur le bord du fleuve, avec un accès direct à l’eau…

1 BerlinDSCN6514

DSCN7092

Istanbul a aussi su donner une réelle convivialité à certains de ses parcs riverains, qui mériterait d’être étudiée ici:

1 DSCN1523Istanbul

Pour répondre aux enjeux de sécurité, plusieurs villes ont choisi la pente, plutôt que la clôture. Ainsi, si quelqu’un tombe, il se retrouve dans une petite pente, pouvant se sortir de l’eau facilement. On voit de tels aménagements dans plusieurs villes de France, dont Paris:

2 Paris

Et Lyon:

2 Lyon 975

Mais aussi à Porto, au Portugal:

2 Porto10

À Séville, en Espagne:

SévilleDSCN3098

Et à Lucerne, en Suisse, par exemple:

2 Lucerne

Toutefois, pour revenir à une plus grande ville, c’est Lisbonne qui m’a le plus marqué avec ses aménagements de bord de mer. Faisant face à une baie qui lui donne accès directement à l’océan Atlantique, cette ville a misé sur l’accès à l’eau pour améliorer la qualité de vie de ses habitants et des touristes de passage. On y trouve de magnifiques bords de l’eau:

1 Lisbonne DSCN1759

1 Lisbonne Lisbonne1

Les dessous de pont sont aussi mis en valeur et très utilisés par les joggeurs et autres flâneurs:

1 Lisbonne DSCN1146Aménager l'abord des Ponts aussi LXFactory

1 Lisbonne DSCN0929

Le souci du détail va jusqu’à peindre des dauphins sur le socle des piliers du pont… Un bel endroit pour rêver et laisser son esprit prendre le large. Parce qu’à Lisbonne, on nous y invite partout, sur le bord de l’eau:

1 Lisbonne DSCN1780

Mieux, on y a même installé tout ce qu’il faut pour prendre son temps, comme ce bar dans un voilier (oui, il y a un serveur dans le bateau pour nous servir du vin, de la bière ou une boisson gazeuse!), et sa terrasse, qui permet d’observer le mouvements des réels bateaux, qui sont sur l’eau:

1 Lisbonne DSCN0335

On le voit bien, un aménagement agréable du bord de l’eau ne nécessite pas toujours de grands aménagements, il suffit parfois d’installer quelques chaises et d’enlever la clôture qui gêne la vue sur les vagues…

Les villes de canaux

Même les villes qui comptent tout un réseau de canaux ont compris que les clôtures ne sont pas la réponse à tout. Voyons Amsterdam:

3 AmsterdamDSCN5731

L’Homomonument, qui commémore les personnes qui ont été victimes de persécution à cause de leur orientation sexuelle, permet de descendre au raz de l’eau. Situé au coeur de la ville d’Amsterdam, il pourrait nous servir d’inspiration pour des aménagements locaux:

3 AmsterdamDSCN6178

Venise offre aussi à ses promeneurs un horizon sans obstacle visuel:

3 VeniseDSCN1076

C’est vrai sur les très grands canaux de la ville, mais ce l’est aussi sur les plus petits. J’aime beaucoup le petit escalier qui descend dans l’eau, un bel endroit pour s’asseoir et rêvasser:

Venise DSCN0980

Il y a peut-être des leçons à tirer de ces photos pour améliorer notre Canal Lachine?

Il y a des vagues? Et puis après?

Certains s’inquiètent aussi des vagues et des rochers… Et pourtant, ils permettent de tellement beaux espaces! Dubrovnik, en Croatie, l’a bien compris, installant un bar au milieu des rochers qui séparent la fortification de la ville de l’eau. L’effet est spectaculaire:

4 Dubrovnik1

À Sliema, sur l’île de Malte, en pleine mer Méditerranée, il y a des échelles qui descendent dans l’eau à tous les 20 mètres. Là aussi, les vagues et les rochers contribuent au plaisir et à la qualité de vie de la population:

4 Dubrovnic aDSCN2063

Même en Amérique!

Chicago est une autre ville qui pourrait nous servir de modèle dans nos aménagements riverains. Cette ville offre de superbes bords de l’eau à ses habitants et ses touristes, comme celui-ci (qui, au bout, devient une vraie grande plage de sable!):

5 Chicago1

Ou celui-là, en retrait du centre-ville, et qui me fait un peu penser à notre Canal Lachine:

5 ChicagoDSCN7293Transport maritime régulier

Encore plus près de nous, la Promenade Samuel de Champlain, à Québec, est un autre bel exemple d’aménagement en bord de l’eau qui ne compte aucune clôture, offrant aux yeux des passants le fleuve, sans obstacle:

5 Québec aDSCN9127

Montréal a aussi de beaux aménagements pour certaines de ses rives, il serait toutefois si facile d’en bonifier certains autres! La proximité de l’eau a un quelque chose de reposant, qui nous connecte avec ce qui nous entoure. Un sentiment qu’on ne ressent par lorsqu’on reste éloigné ou qu’on est coupé de l’eau par la distance, la hauteur ou un obstacle. Montréal est une île, il ne manque donc pas de berges à mettre en valeur.

Espérons que les projets à venir au Vieux-Port, à Pointe-aux-Trembles et à Verdun seront précurseurs d’une volonté renouvelée d’améliorer l’accès au fleuve, par des aménagements modernes, agréables et ouverts…

Sur le même sujet:

  • L’an dernier, dans mon texte Plages urbaines, je montrais quelques autres exemples d’aménagements sur le bord de l’eau.
  • Et le journaliste Marc-André Carignan nous faisait récemment découvrir d’autres exemples surprenants.

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Publié par : cbernier | 12 mai 2016

Un nom comme attraction

Une Ville qui affiche son nom en grosses lettres, pour permettre aux touristes de se photographier avec, est-elle quétaine? C’est une question que je me pose chaque fois que je voyage et que je croise une de ces signatures. Mais invariablement, je la photographie…

C’est donc dire que ça fonctionne? Je ne me pose pas avec, mais c’est tout comme… Et vous, comment réagissez-vous à l’étranger quand vous croisez ces « attractions »?

Tout le monde connaît le I NY, qui jouit d’une bonne réputation. J’ai vu le Only Lyon, soutenu par une foule d’outils qui font des Lyonnais à l’étranger, et même de certains touristes, des ambassadeurs de cette ville française. Avec plus de 22 500 personnes branchées sur leur campagne, on peut dire qu’ils ont bien réussi. À Montréal, l’initiative #MTLmoments de Tourisme Montréal va un peu dans le même sens, mais c’est Contact MTL, l’initiative de Montréal International, qui se rapproche le plus de la campagne de Lyon. L’idée derrière de telles campagnes dépasse en effet largement la simple pose de lettres géantes dans la ville: elles veulent susciter l’engagement. Lyon combine les deux approches.

Moins ambitieux, le I amsterdam d’Amsterdam est néanmoins une réelle réussite, comme en fait foi cette photo :

I Amsterdam

Un peu comme à la plage de Malagueta, à Marbella dans le sud de l’Espagne, où les gens semblent apprécier s’agglutiner autour de cette signature, quitte à se retrouver sur des photos de touristes du monde entier (ou ils s’y agglutinent « pour » se retrouver sur des photos?).

Plage de Malagueta, Malaga

Alors, initiative intéressante, utile ou futile? À l’ère des médias sociaux, il faut se garder de juger trop rapidement… La plupart des grandes villes européennes ont succombé à la tentation de ces signatures et les plus petites villes s’y sont mises elles aussi. Ici même, alors que je ne connais aucun projet de ce genre pour Montréal, la ville de Québec pourrait bien se doter de cette attraction touristique prochainement!

S’inspirera-t-elle de Barcelone, qui a misée sur un nom sous forme d’œuvre d’art, mieux adapté à son centre historique que des pimpantes lettres rouges?

Barcelona

Et Montréal là-dedans? Puisque le MTL fait de plus en plus l’unanimité des initiatives de promotion de la ville, pourrait-on voir apparaître ces trois lettres sur certains sites choisis pour mousser notre ville à l’international? Je verrais bien ces trois lettres se promener d’un festival à l’autre, dépassant la foule lors des concerts et des spectacles, apparaître dans les photos promotionnelles de la ville, etc… Et pourquoi ne pas y joindre une section de la fameuse rosace, logo de la Ville, qu’il est si facile de confondre avec un coeur? Tellement que la Ville l’a déjà utilisé ainsi dans une campagne de publicité en 2008.

html5-logo-montreal2

Évidemment, puisque je ne suis pas graphiste, il faudrait retravailler un peu le concept😉 Ou reprendre celui de 2008…

Avec notre 375e anniversaire qui s’en vient, à défaut de reprendre l’idée d’ajouter un M à gauche de la croix du Mont-Royal et un L à droite, pour former un gigantesque « MtL », il y a peut-être là une idée de promotion à explorer. Quoi qu’il en soit, Montréal, qui cherche à se faire reconnaître pour ses créateurs, aurait avantage à bien réfléchir sa mise en marché international, pour tirer profit de la visibilité, des échanges économiques et du tourisme que de telles campagnes peuvent générer…

Une campagne plus subtile, misant sur des forces qui nous distinguent, et faisant appel aux mêmes mécanismes d’appropriations que permettent les signatures plus conventionnelles, serait peut-être plus marquante. C’est ce que suggère cet intéressant texte sur le sujet : « la puissance des marques se mesure justement à leur capacité à s’effacer ». Alors, comment évoquer Montréal, pour un étranger, sans utiliser le nom de la ville? Sans paraître quétaine? La question est lancée!

En complément de ce texte :

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Publié par : cbernier | 21 avril 2016

Camouflage urbain

Que faire avec du mobilier urbain terne et encombrant? Comme ces boîtes électriques et autres armoires de métal (à l’usage souvent mystérieux) qui déparent plusieurs de nos parcs et trottoirs… Mais le déguiser, voyons! Ainsi, on peut redonner un peu de lustre à des espaces publics qui souffrent de la présence de cette nuisance. Comment? Voici 3 techniques intéressantes utilisées ici ou dans d’autres villes du monde :

Faire disparaître l’intrus

À Côte-Saint-Luc, on maquille maintenant certaines des boîtes électriques (et autres laideurs) qui sont sur le domaine public avec des motifs de camouflage. L’expérience donne de bons résultats, comme on peut le voir ci-dessous. Faux lierre, fausse fougère ou fausse clôture de bois, c’est l’environnement qui dicte le motif choisi.

Camouflage urbain Côte-Saint-Luc 1

Côte-Saint-Luc

Camouflage urbain Côte-Saint-Luc 4

Côte-Saint-Luc

L’ensemble est nettement plus agréable à l’oeil que des boites grises, avouez! Au Pays-Bas, l’artiste Roeland Otten est passé maître dans l’art de fondre de telle boite dans leur décor, comme le montrent les quelques photos disponibles ici. L’artiste photographie l’environnement tel qu’on le verrait si la boîte n’encombrait pas le paysage et colle ces photos sur celles-ci, pour les faire littéralement disparaître.

En Californie, l’artiste Joshua Callaghan utilise un procédé similaire, mais en ajoutant parfois des éléments à la photo, comme des fleurs, des bancs publics, etc. Une autre façon de rendre les boîtes électriques pratiquement invisibles…

Lancer un appel aux artistes

Si on peut noyer ces boites dans le décor, comme on vient de le voir, on peut aussi, au contraire, les rendre encore plus visibles. En faisant appel à des artistes, les boîtes grises peuvent prendre toutes sortes de couleurs et contribuer à colorer la ville… C’est le choix qui a été retenu sur le Plateau. Il y a encore peu de ces boîtes entièrement peintes, mais elles agrémentent vraiment bien les parcs où j’ai eu la chance d’en voir.

Camouflage urbain sur Laurier près de St-Laurent

Parc Saint-Michel sur le Plateau

Camouflage urbain dans le square métro Sherbrooke

Carré Saint-Louis

Il y a eu un projet très intéressant il y a 5 ans à Québec, qui nous permettait, entre autres, de croiser un coyote en plein quartier Saint-Roch. L’illusion était parfaite, comme vous pouvez le voir sur cette photo:

Camouflage urbain à Québec

J’étais loin de me douter qu’une trentaine d’œuvres étaient disséminées dans le quartier grâce au projet Artistique avenue de l’organisme ExMuro… Elles étaient bien là, maquillant la ville, pour nous surprendre au détour d’une promenade. Avoir su que le projet ne durerait qu’un an, j’en aurais fait le tour! Quoi qu’il en soit, l’initiative mérite d’être soulignée et pourquoi pas, copiée!

D’autres villes proposent des programmes artistiques de transformation de leurs boîtes électriques en œuvres d’art, comme Toronto et Brisbane (Australie). En Suisse, pour faire pratique, c’est un catalogue de photos de cartes postales qu’on propose aux villes pour recouvrir les boîtes électriques de l’entreprise SIG. Dans ce dernier exemple, on est loin du projet Artistique avenue de Québec, mais c’est quand même mieux que de les laisser ternes et grises.

Utiliser la créativité du Street art

À défaut de tels programmes, certains artistes du graffiti de Montréal ont fait la preuve de leur créativité en maquillant, à leur goût, certaines boîtes électriques de la ville.

Parc Lafontaine

Parc Lafontaine

Parc des Royaux

Parc des Royaux

Dans un effort plus structuré, les 15 boîtes électriques de la rue Das Floras, à Porto, ont été peintes par des artistes du Street art qui oeuvrent dans cette ville portugaise. La rue, très touristique, y gagne une touche de fantaisie des plus agréables, tout en offrant à la Ville une image de dynamisme et de créativité qu’on pourrait envier… N’avons-nous pas, ici à Montréal, deux des plus importants festivals de Street art au monde, avec UnderPressure et MURAL? À quand un tel projet sur Saint-Laurent ou Sainte-Catherine?

Camouflage urbain à Porto 2

Camouflage urbain à Porto 3

Pour voir d’autres images de la rue Das Floras, c’est par ici.

Inspiré par cette expérience avec le Street art, par les démarches artistiques conventionnelles comme celle de Artistique avenue ou par des efforts de camouflages présentées au début de ce texte, implanter à Montréal de telles façons de faire pourrait être agréable, non? Cela offrirait de petites touches de couleurs et d’art en ville qui pourraient créer toute une différence dans notre paysage urbain. Une forme d’acuponcture urbaine pour embellir et dynamiser nos quartiers… Après Côte-Saint-Luc et le Plateau, quel sera le prochain secteur de la l’île à organiser le camouflage de ses boîtes électriques?

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