Publié par : cbernier | 13 juillet 2017

Pour ne rien rater de l’été du 375e

Montréal est déjà une ville foisonnante d’activités l’été. Avec l’ajout de celles du 375e, c’est la débauche! Plus de 400 nouvelles activités sont offertes aux Montréalais pour célébrer le 375e, cet été seulement! C’est un énorme calendrier… Espérons seulement qu’on en sortira pas trop éméchés l’automne venu, parce que les célébrations, elles, ne seront pas terminées!

Ainsi, après vous avoir invités à célébrer l’hiver et le printemps du 375e, je récidive avec une troisième saison et une quinzaine de propositions pour vivre cet événement à plein régime. Je rappelle, en conclusion, quelques activités déjà inscrites dans mes textes précédents, mais qui se poursuivent pour la belle saison. Vous verrez, vous ne saurez plus où donner de la tête…

Juillet : les arts en fête

Jusqu’au 30 juillet, Montréal accueille le plus grand événement d’art de rue en Amérique du Nord : À nous la rue! Près de 50 compagnies de théâtre de rue présentent 800 représentations extérieures gratuites, un peu partout en ville. Ne vous surprenez pas de croiser un groupe de personnes peintes de la tête aux pieds ou une déambulation de grandes marionnettes, c’est normal en juillet… De plus, 5 grands spectacles seront offerts tout au long du mois. Enfin, l’épicentre de l’événement sera situé, jusqu’au 25 juillet, sur la rue Saint-Denis dans le Quartier Latin, tous les soirs de 17 h 30 à 23 h. Avis aux intéressés.

Jusqu’à l’automne, Saint-Denis littéraire met à l’honneur une cinquantaine d’auteurs. Des extraits de leurs textes et des citations sont visibles tout le long de la rue commerciale, sur le sol ou les murs. Le mobilier urbain a été revu pour l’occasion, question d’offrir une expérience vraiment agréable aux passants. Pour les journées chaudes, l’arrondissement y a même installé d’autres de ses innovations, comme la Vague, halte fraîcheur, ajoutant à l’ensemble.

Jusqu’au 20 août, le Théâtre de la botte trouée se promène dans une quinzaine de ruelles de Villeray et de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, avec ses Ruelles enchantées du 375e. On propose chaque fois 3 jours d’animation (d’une quinzaine de minutes) les soirs de semaine, suivis d’une pièce de théâtre présentée dans un parc du secteur, la fin de semaine. Une belle activité familiale.

Les nostalgiques d’Expo 67 ont l’embarras du choix pour se remémorer ou découvrir cet événement exceptionnel de l’histoire du Québec, avec l’ajout des expositions Explosion 67 Terre des jeunes (jusqu’au 2 septembre 2018, au Centre d’histoire de Montréal) et À la recherche d’Expo 67 (jusqu’au 9 octobre, au Musée d’art contemporain), qui présente 19 artistes explorant les avenues les plus novatrices et expérimentales d’Expo 67. Pour compléter votre retour dans le temps, plusieurs autres occasions vous sont offertes, comme l’exposition Mode Expo 67 du Musée McCord (jusqu’au 1er octobre), Rêver le Monde du Musée Stewart (jusqu’au 8 octobre) et une exposition du Centre de Design de l’UQAM qui se penche sur Habitat 67 et son architecte, Moshe Safdie (jusqu’au 13 août), où l’entrée est libre en tout temps.

Août : la diversité célébrée

À partir du 25 juillet, Bercer le temps fait le tour de l’île pour nous chanter une berceuse, dans une chaise berçante! La collection de chansons, dans une dizaine de langues, nous permettra de nous laisser transporter dans un monde onirique et nostalgique, le temps d’une berceuse. Une façon de célébrer les différentes origines de la population montréalaise.

Le 1er août débutent de nouveaux volets de Rues de Montréal, histoires urbaines en bande dessinées, un projet qui s’étale dans quelques parcs de Rosemont–La Petite-Patrie et du Plateau-Mont-Royal. Bien que les bandes dessinées soient disponibles sur internet, l’occasion de visiter les parcs du cœur de l’île devraient primer sur la facilité… Jusqu’au 26 octobre, vous trouverez des panneaux exposant ces bandes dessinées, produites par des artistes de Montréal, dans les parcs Baldwin, Molson et de la Petite-Italie.

Le 5 août, à la Place des Festivals, nous sommes conviés à Nova Stella – L’art d’être différents ensemble. Coproduit par Diversité artistique Montréal (DAM) et Terres en vues, dans le cadre de Présence autochtone, cette soirée haute en couleurs promet de célébrer avec éclat la diversité de la population de l’île. Le spectacle promet d’être fort intéressant.

Du 10 au 20 août, Montréal accueillera la toute première édition de Fierté Canada, une célébration qui réunira les quelque 80 festivals LGBTQ du pays, à l’initiative de Fierté Montréal. Cette année, la Fierté gaie de Montréal rayonnera à travers l’ensemble du pays! Ouvert à l’ensemble de la population, ce populaire événement prendra une plus grande ampleur cet été et proposera un nombre important de spectacles et d’activités. Même Karim Ouellet, Dan Bigras et Marie Mai y seront! Pour le 375e, osez l’arc-en-ciel!

Le 19 août, sur le flanc est du Mont-Royal, il ne faudra pas rater Montréal Symphonique. Ce spectacle à grand déploiement regroupera nos trois grands orchestres : l’OSM, l’Orchestre Métropolitain et l’Orchestre symphonique de McGill pour la première fois sur une même scène! Plus de 300 musiciens, chanteurs populaires et choristes vous en mettront plein les oreilles.

Puis, du 30 août au 15 octobre, ce sera au tour de Km3 de nous surprendre. Un grand parcours d’art public sera proposé dans le Quartier des spectacles, avec plus d’une vingtaine d’œuvres et d’installations temporaires, en plus des œuvres permanentes du secteur. On nous en promet de toutes les couleurs…

Septembre : se projeter vers l’avenir

Les 12, 17, 24 et 25 août, Vue de ruelle sera dans Le Sud-Ouest, puis les 8, 9, 15 et 16 septembre, dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Cette initiative du Regroupement des éco-quartiers et de vidéastes québécois mettra en lumière la face cachée et le côté merveilleux des ruelles vertes. Un programme, qui visitera 8 ruelles différentes, pourrait vous inspirer en vue d’un futur engagement citoyen, qui sait?

Le 2 septembre, au parc Jeanne-Mance, Montréal vivra sa toute première Électro Parade! Ce sera une première aussi pour l’Amérique du Nord, après que les Électros Parades aient déferlées sur toute l’Europe. Pour danser sur le son des meilleurs DJ, ce sera un incontournable de l’été… Et peut-être le début d’un nouveau rendez-vous annuel?

Du 7 au 12 septembre, l’exposition De Ville-Marie à demain rassemblera des maquettes 3D et des présentations virtuelles des édifices et des aménagements significatifs qui ont marqué l’histoire de Montréal, en plus de quelques grands projets à venir. Cette occasion de voir ou de revoir les constructions qui transforment Montréal sera présentée à la Place des Arts.

Tout l’été : un rappel des activités qui se poursuivent

Dans mes textes sur l’hiver et le printemps du 375e, je vous présentais d’autres activités que vous n’avez peut-être pas encore eu le temps de découvrir… Voici un rappel de celles qui sont toujours à l’affiche.

Le Pavillon pour la Paix du Musée des beaux-arts de Montréal, offert par le gouvernement du Québec à Montréal quelques semaines avant le début officiel de son 375e, mérite vraiment de se retrouver sur votre liste d’activités. Tout comme la Balade pour la Paix, dont je vous ai déjà parlé plus d’une fois.

Le Musée Pointe-à-Callière a lui aussi procédé à l’ouverture d’un nouveau pavillon, le Fort Ville-Marie, lieu de la fondation de Montréal en 1642. Peu de villes du monde connaissent le lieu exact de leur fondation, Montréal a dévoilé au monde le sien pour son 375e anniversaire, l’avez-vous vu?

Vous pourrez en profiter pour visiter ou revisiter Cité mémoire, des vidéos projetés sur plusieurs murs du Vieux-Montréal, tous les soirs à la tombée de la nuit et jusqu’à 22h. C’est vraiment spectaculaire comme animation, et c’est tout à fait gratuit, en plus.

Si les sciences vous intéressent, jusqu’au 19 octobre, les « Midis Ville-Marie » vous proposent des rencontres informelles, ludiques et participatives avec les chercheurs des grandes institutions de recherche du centre-ville de Montréal, mises en scène et animées par des étudiants en théâtre. Tout un programme vous y attend, avec des thèmes scientifiques à la fois intéressants et étonnants…

La Grande Tournée, l’événement phare du printemps, poursuit ses visites des arrondissements jusqu’au 17 septembre. Chaque fin de semaine, un quartier est à l’honneur, avec :

  • un parc aménagé pour recevoir la Tournée, animée entre autres par le Cirque Éloize et le Musée McCord
  • une rue de « fenêtres qui parlent », un concept né dans le nord de la France qui permet à des résidents d’offrir à des artistes leurs fenêtres, balcons ou escaliers comme lieux d’exposition
  • l’animation de Chats de ruelles qui permet de redécouvrir un arrière cours du voisinage du parc qui reçoit la Tournée
  • l’enregistrement d’émissions en direct par Radio-Canada
  • etc…

Enfin, l’émission de Télé-Québec « MTL », en rediffusion (et sur internet) met en lumière les caractéristiques de notre ville à travers des capsules des plus intéressantes. On y retrace l’histoire avec un grand H, grâce au regard d’historiens allumés, mais aussi de personnalités connues (comme Dominique Michel), qui nous racontent la petite histoire de notre ville. C’est vraiment bien fait, instructif et ludique à la fois…

Je vous le disais en introduction, c’est un énorme calendrier! Par où commencerez-vous? 😉

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Publié par : cbernier | 30 juin 2017

Le MAC idéal

Si vous me suivez depuis la naissance de ce blogue, en 2010, vous savez que j’y publie régulièrement sur le thème des arts. Rien de compliqué, je ne suis pas un connaisseur. J’aime simplement vous partager ce qui est beau et ce qui ajoute du piquant à la vie urbaine. Mon tout premier texte parlait de ça, en prenant pour exemple Art souterrain. Quelques jours avant d’écrire ces lignes, je mettais aussi à jour mon texte Doubler le musée, initialement écrit en 2011, puisque le projet de réaménager le Musée d’art Contemporain (MAC) de Montréal débloquait enfin. J’ai rarement abordé le thème de l’art contemporain de front ici, c’est maintenant le temps 😉

J’aime l’art contemporain parce qu’il laisse libre cours à notre imagination, parce qu’il nous amène à lui trouver un sens, sans tenter de nous dire ce que nous devrions en penser, parce qu’il nous surprend très souvent. Montréal est chanceuse d’avoir eu le premier Musée d’art contemporain du Canada (1964) et, 25 ans après l’inauguration de son édifice actuel, de pouvoir compter sur un réaménagement qui lui fera gagner de l’espace. Du coup, il nous fera gagner la chance de voir un plus grand nombre d’œuvres.

Parce que c’est bien beau avoir un Musée d’art contemporain, encore faut-il qu’il soit plus qu’un lieu anecdotique dans la Ville. Et qu’il puisse plaire à l’ensemble de la population, pas seulement à un groupe hermétique de visiteurs. Avouons que c’est là le plus grand défi de notre Musée, qui manque cruellement d’espace…

Montréal compte de nombreux lieux de diffusion de l’art contemporain et plusieurs événements liés. On en voit dans nos rues et dans nos parcs avec la collection de la Ville, on compte de nombreuses galeries d’art et un impressionnant réseau de Maisons de la Culture (et autres organismes apparentés), puis il y a le Musée des beaux-arts de Montréal. Musée chouchou des Montréalais et des touristes, avec son million de visiteurs par année, l’institution est de calibre international. Sa collection d’art contemporain, plus consensuelle que celle du MAC, permet de s’initier plus facilement à cet art qui dérange parfois.

Mais la mission des deux institutions est différente. C’est au MAC que revient le défi de chercher ce qui est nouveau, de débusquer des tendances, de prendre des risques. Pour que le défi devienne sa force, il est grand temps qu’on lui donne de l’espace pour nous en mettre plein la vue. Voici donc quelques exemples de MAC du monde que j’ai eu la chance de visiter et qui m’ont fait rêver qu’un jour celui de Montréal rivalise avec eux.

Parce qu’ils osent, parce qu’ils offrent un espace d’exposition extérieur significatif et gratuit, parce qu’ils mettent en évidence la richesse de la culture locale, parce qu’ils ont su mettre en évidence des œuvres frappantes, pour l’architecture des lieux, les expositions temporaires magnifiques qu’ils offrent ou parce qu’ils sont un modèle pour tous les autres…

Intéressants Musées d’art contemporain du monde

Porto

Le Serralves Museum of Contemporary Art est situé au milieu d’un grand parc, en partie dans une demeure Art Déco. La proposition est déjà intéressante! D’ailleurs, pour bien marquer le coup, une étonnante truelle nous attend dans l’entrée, pour rappeler qu’on entre dans un autre univers. La collection tient ses promesses, avec des œuvres surprenantes, comme celle avec des ballons gonflés à l’hélium…

Ou cette curieuse salle de projection de vidéos, très confortable.

Dans un cas comme dans l’autre, on ose, et on marque des points! C’est une des forces de ce musée.

Prague

Encore plus osé, le Kampa Museum entasse ses œuvres jusque dans l’escalier et les laisse déborder sur le terrain autour.

Babies de David Cerny

Babies, de David Cerny

Il offre à ses visiteurs un intéressant jardin de sculptures…

Et nous invite à renouveler notre regard sur la ville qui l’entoure.

La proposition de ce musée est des plus stimulantes! Le toit compte même une petite terrasse, qui invite à la contemplation, avant de retourner dans la débauche visuelle que le Kampa Museum propose au sein de ses murs.

Saint-Paul de Vence

Restons sous le thème du jardin. J’aime beaucoup découvrir des œuvres à l’air libre. C’est une des propositions que nous fait la Fondation Maeght, dans le Sud de la France, avec entre autres cette œuvre d’Alexandre Calder :

a Oeuvre de Calder St-Paul de Vence

Les jardins proposent de nombreuses œuvres d’artistes renommés, modernes et contemporains, comme les personnages élancés de Giacometti.

Et cette très particulière fontaine mobile ajoute un élément fascinant au jardin de la Fondation.

a Fontaine, de Paul Bury

Fontaine, de Paul Bury

La rue du Musée, agrémentée de sculptures par le Musée des beaux-arts de Montréal, est un autre exemple de jardin d’art contemporain réussi. Espérons que le MAC profitera de ses travaux, ou de ceux actuellement en cours à la Place des Arts, pour se doter d’un jardin à la hauteur de ses ambitions…

Buenos Aires

Il est trop à l’étroit, comme notre MAC, mais le Musée d’art latino-américain de Buenos Aires (MALBA) a su tirer son épingle du jeu en proposant des œuvres marquantes, qui témoignent d’une culture forte. Cet ancrage local compense largement la petitesse des lieux et nous permet de voir des œuvres différentes.

a Juanito Sleeping de Juanito Laguna

Juanito Sleeping, de Juanito Laguna

Donc certaines m’ont rappelé notre art populaire de patenteux…

a Sordidness serie Comic Monsters de Juanito Laguna

Sordidness, de la serie Comic Monsters, de Juanito Laguna

Et d’autres, certains courants artistiques de nos années 60.

a Sudamérica no 10 de Maria Freire

Sudamérica no10, de Maria Freire

Pouvoir comparer l’art d’ici et d’ailleurs est un grand plaisir, puisqu’il nous permet d’identifier ce qui fait de notre culture une culture unique. L’expérience est d’autant plus enrichissante qu’elle ne peut pas se répéter n’importe où dans le monde, puisqu’elle est ancrée dans une culture locale. Nos musées québécois l’ont bien compris et misent sur notre exception culturelle pour attirer. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas dans d’autres musées d’art contemporain du monde…

Lisbonne

Au Centro de Arte Moderna (Calouste Gulbenkian Museum) j’ai aussi constaté l’influence de la culture locale sur l’art contemporain. C’était subtil, mais quand même. J’y ai découvert des artistes dont les œuvres ont moins voyagé, comme António Dias Charrua.

a Wave de António Dias Charrua

Wave, de António Dias Charrua

Encore une fois, j’ai pu voir des œuvres qui m’ont transporté dans le monde des bricoleurs de fond de ruelle.

Et j’ai souri en constatant que la politique inspire les artistes. Tout en voyant bien que la barrière de la langue pouvait expliquer pourquoi certaines œuvres voyagent moins que d’autres…

a Ministère des enquêtes et de l'innovation de Antoni Muntadas

Ministère des enquêtes et de l’innovation, de Antoni Muntadas

Malaga

Le minuscule Centre Pompidou de Malaga se retrouve dans ma liste, malgré sa petite collection de 70 œuvres, parce qu’il a su se positionner fortement en misant sur deux ingrédients très simples. Une grande installation très marquante comme œuvre centrale…

a Ghost de Kader Attia

Ghost, de Kader Attia

Et une série d’œuvres atypiques qui se démarquent des collections habituelles, ici des portraits assez humoristiques.

A Joella de Ed Paschke et The Morrocan de John Currin

Joella, de Ed Paschke et The Morrocan, de John Currin

Une vidéo du même genre, qui n’est pas sans rappeler nos Têtes à claques, agrémente aussi le Centre. Situé sur le bord de l’eau, le Centre Pompidou de Malaga a trouvé une façon de marquer les esprits, sans avoir à sa disposition une grande collection. C’est efficace.

A It's verry nice de Pierrick Sorin

It’s verry nice, de Pierrick Sorin

Miami

Le Perez Museum se retrouve dans ma liste à cause de son architecture. Situé sur le bord de l’eau, c’est vraiment un bel édifice. Les bancs qui font office de bac à arbres, de chaque côté du chemin vers l’entrée, sont magnifiques. Ils se sont d’ailleurs retrouvés dans mon palmarès des plus beaux bancs publics du monde.

À l’arrière du musée, face à l’eau, des chaises-balançoires permettent de relaxer en terminant la visite. Une œuvre d’art ludique qui mérite d’être soulignée. Un peu à l’image de nos 21 balançoires du Quartier des Spectacles…

a Netscape de Konstantin Grcic

Netscape, de Konstantin Grcic

Bien que la collection de ce Musée ne soit pas dans les plus intéressantes que j’ai vues, elle n’en compte pas moins quelques pièces d’intérêt, dont celle-ci.

a Western Sun de Mark Handforth

Western Sun, de Mark Handforth

New Delhi

La National Gallery of Modern Art n’a pas un bel édifice pour attirer les foules. Mais elle a eu le génie de produire une grande exposition temporaire sur l’œuvre de Subodh Gupta, l’étoile de l’art contemporain Indien, lorsque j’étais de passage à New Delhi.

a Dada de Sobodh Gupta

Dada, de Subodh Gupta

L’hallucinante exposition s’inspirait autant de la culture du pays…

a The Way Home de Sobodh Gupta

The Way Home, de Subodh Gupta

…que de ses problèmes sanitaires. Le clin d’œil sur la valeur d’une simple toilette méritait bien cette fascinante œuvre.

a Everything is Inside de Sobodh Gupta

Everything is Inside, de Subodh Gupta

Cette exposition témoigne de l’importance pour les musées d’art contemporain de soigner aussi leur calendrier d’expositions temporaires qui, à défaut d’être suffisantes pour faire venir de l’étranger un touriste, permettent aux amateurs locaux de profiter de rendez-vous exceptionnels.

Nice

Pour moi, le MAC idéal, c’est le MAMAC, le Musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice, dans le Sud de la France. Presque tout y est! On y ose en exposant des œuvres surprenantes.

a La Tulipe de Arman

La Tulipe, de Arman

Un jardin de sculptures est offert aux visiteurs, mais sur le toit!

On y fait la promotion d’artistes locaux, comme Ben et son écriture si typique.

a La Cambra de Ben

La Cambra de Ben

Le musée compte aussi plusieurs œuvres atypiques:

a Portrait relief de Claude Pascal, Arman et Martial Raysse, de Yves Klein

Portrait relief de Claude Pascal, Arman et Martial Raysse, de Yves Klein

Et si l’architecture du musée n’est pas la plus facile à aimer, on s’en est servi à merveille lors de cet hommage à Alexander Calder, en 2013.

a Hommage à Alexander Calder MAMAC 2013

Hommage à Alexander Calder, de Arne Quinze

Et Montréal?

J’aime notre Musée d’art Contemporain, mais je souhaiterais qu’il profite de son réaménagement pour s’inspirer de ce qui se fait de mieux dans le monde. Qu’il laisse aussi plus de place à sa collection permanente, dont on ne peut voir que 1% actuellement! Qu’il décloisonne son jardin de sculptures, quitte à le rendre public. Qu’il nous fasse mieux connaître les artistes Montréalais. Et qu’il programme plus d’expositions temporaires intéressantes pour les néophytes. Ce musée mérite plus de visiteurs, un plus grand rayonnement et, pourquoi pas, un véritable agrandissement pour fêter son 75e anniversaire, en 2039, comme je le proposais dans mon texte Doubler le musée.

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Publié par : cbernier | 8 juin 2017

Des Promenades au centre-ville

Depuis 2010, la Ville planche sur le concept de promenades urbaines, pour offrir à la population un environnement encore plus favorable aux piétons, sur certains axes. Dès le début de cette réflexion, la Ville a fait le choix d’utiliser le 375e anniversaire de Montréal pour lancer la première promenade urbaine d’envergure, la Promenade Fleuve-Montagne, qui est en cours d’aménagement. Bien qu’elle ne soit pas complétée, cette promenade s’inscrit dans un ensemble d’espaces, aménagés récemment, qui rendent les promenades au centre-ville de plus en plus agréables. Parce que oui, le 375e anniversaire transforme actuellement Montréal!

Les aménagements sur l’avenue McGill College sont parmi les plus visibles, avec leurs terrasses publiques gigantesques et leurs chaises bleues, prélude à un futur aménagement permanent.

De nombreux bacs de fines herbes, toujours très gros, égayent aussi le secteur.

Et un clin d’œil à la Forêt urbaine du Musée McCord s’est ajouté cette année sur l’avenue McGill College, pour amener les promeneurs à découvrir ce petit tronçon de rue si étonnant, situé à quelques dizaines de mètres seulement…

Voici d’ailleurs à quoi la Forêt urbaine ressemble cette année. Avouez qu’en plein centre-ville, ça surprend!

Vous êtes alors à quelques pas de la rue Sherbrooke Ouest. Si vous n’y êtes pas allé depuis le mois de mai 2017, vous serez agréablement surpris de sa transformation! On s’y sent maintenant comme sur un grand boulevard, aménagements et architecture en prime. Du Musée McCord (et sa Forêt urbaine) au Musée des Beaux-Arts (et son jardin de sculpture sur la rue du Musée), c’est une toute nouvelle expérience qui attend les passants.

On a profité de la construction du nouveau pavillon du Musée des Beaux-Arts pour joindre, par la rue Bishop, les espaces aménagés à la faveur des piétons de la rue Sherbrooke Ouest et les aménagements plus anciens qui bordent les pavillons de l’Université Concordia, sur le boulevard de Maisonneuve (revampé, lui aussi, il y a quelques années). La rue Bishop est méconnaissable:

Ainsi, de McGill College à l’Université Concordia, en passant par la rue Sherbrooke, la Ville offre maintenant aux promeneurs une tout autre expérience du centre-ville. Et c’est tant mieux!

La Balade pour la Paix

Inaugurée le 5 juin et offerte aux Montréalais jusqu’au 29 octobre par le Musée des Beaux-Arts de Montréal, la Balade pour la Paix profite des nouveaux aménagements sur la rue Sherbrooke Ouest pour en faire un lieu d’exposition d’un kilomètre de long, dans le cadre du 375e. On y a ajouté 29 œuvres d’art aux nombreuses déjà situées sur le parcours, offrant un véritable musée à ciel ouvert aux passants. Le tout sous une procession de drapeaux du monde, clin d’œil au 50e anniversaire de l’Expo. L’effet est spectaculaire et les œuvres, toutes plus intéressantes les unes que les autres.

La maquette de l’oeuvre L’Homme, de Calder, a été réalisée à l’échelle de 1/6. Elle est exposée dans le cadre de la Balade pour la Paix, au coins des rues Sherbrooke et du Musée

La Promenade Fleuve-Montagne

Aux coins des rues Sherbrooke Ouest et McTavish se trouvent, au moment d’écrire ces lignes, de petits bouts de chantiers. Ce sont ceux de la construction de la fameuse Promenade Fleuve-Montagne, qui partira du sommet du Mont-Royal pour descendre McTavish, tournera sur Sherbrooke vers l’Est, puis sur McGill College vers le Sud (au milieu des terrasses et des chaises bleues). Elle devrait ensuite emprunter Sainte-Catherine jusqu’au Square Phillip.

Ce secteur de la rue Sainte-Catherine aura droit à sa cure de jouvence en 2018 pour devenir, à part entière, un tronçon de la Promenade Fleuve-Montagne. Il ne restera plus qu’à connecter de façon plus agréable, pour les piétons, le Square Phillip à la Côte-du-Beaver-Hall pour compléter l’aménagement de la fameuse Promenade vers le fleuve (en passant ensuite par le Square Victoria, la rue McGill et la Place D’Youville, pour se rendre au Vieux-Port).

Pour nous y retrouver, des bornes ont fait leur apparition à plusieurs endroits du trajet. C’est du moins ma déduction pour expliquer ces curieux poteaux. En plus d’indiquer l’altitude, elles semblent aussi indiquer la direction: jaune vers la Montagne, bleu vers le Fleuve…

Mais restons au centre-ville et concentrons-nous sur la promenade vers la Montagne. La rue McTavish montre déjà tout le potentiel qu’elle offrira aux promeneurs dans quelques semaines! La Ville prévoit en effet terminer les travaux au mois de juillet.

Si le cœur vous en dit, une fois passé le premier pavillon de l’Université McGill sur la rue McTavish, à votre droite vous pourrez faire une incursion dans le campus vert de la vénérable université pour profiter de la Terrasse McLennan-Redpath. Passez entre les pavillons, sous la passerelle aérienne, et vous découvrirez cet espace splendide, au cœur de la ville, et en même temps pratiquement à la campagne. Cet endroit a été complètement réaménagé en 2014. C’est d’ailleurs un des plus beaux lieux où luncher au centre-ville, comme je l’indiquais dans ce texte.

De là vous pourrez retourner sur la Promenade Fleuve-Montagne en longeant la Terrasse vers le Nord, pour reprendre la rue McTavish. Si le chantier n’est pas terminé, trouvez un moyen de le contourner pour aller profiter de la portion de cette rue qui se trouve à flanc de montagne. L’aménagement paysager y est très beau.

Et surtout, les espaces pour s’asseoir offrent une très belle vue sur le centre-ville.

D’ailleurs, il faut souligner le design de deux grands bancs publics qui y ont été installés, qui mériteraient amplement leur place dans mon texte sur Le buzz des bancs publics à Montréal!

Arrivé à l’avenue des Pins, l’entrée Peel du Mont-Royal se trouve à quelques dizaines de mètres à gauche. Montez le petit escalier et entrez dans la forêt, puis retournez-vous pour constater l’effet magique de la Montagne, qui fait disparaître la frénésie de la Ville si vite.

Plus haut dans les sentiers, vous pourrez monter le grand escalier qui vous mènera au belvédère Kondiaronk, pour contempler la vue sur le centre-ville… et le fleuve.

Ou faites-le à l’envers, en partant du haut de la Montagne pour descendre vers le fleuve, c’est plus facile!

Tout n’est pas encore en place pour que la Ville se targue d’offrir aux Montréalais des promenades urbaines, comme elle le planifie depuis plus de cinq ans, mais ça s’en vient. Avec ce grand tronçon de la Promenade Fleuve-Montagne, le réaménagement de la rue Sherbrooke sur plus d’un kilomètre, les efforts autour du Musée des Beaux-Arts et de l’Université Concordia, l’avenue McGill College et la Forêt urbaine du Musée McCord, il y en a pour tous les goûts! Et vous en avez pour des kilomètres de marche avant d’en faire le tour.

Cliquez sur la carte pour l’agrandir… Bleu: Promenade Fleuve-Montagne (pointillé = aménagements à venir) / Bleu foncé: incursion sur le campus McGill / Orange: Forêt urbaine / Rouge: Rues Sherbrooke, Bishop et Maisonneuve / Rose: Rue du Musée

Sans oublier la rue Sainte-Catherine piétonne dans le Village, le Quartier Chinois (réaménagé en 2016) et l’ensemble du Quartier des Spectacles, trois autres zones de promenades agréables. C’est vraiment tout le centre-ville qui est en train de se transformer au profit des piétons! Lentement, peut-être, mais au moins, durablement.

Le blogue MesQuartiers te propose un itinéraire pour découvrir les Quartiers Latin, Chinois et des Spectacles qui passe par plusieurs des aménagements récents de la Ville, profites-en pour redécouvrir ces autres portions du centre-ville 😉

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Publié par : cbernier | 30 mai 2017

Des toilettes publiques pour Montréal

Le centre-ville devrait avoir ses premières toilettes publiques permanentes d’ici l’automne.  Nous n’en avions pas eu depuis les « Camiliennes », disparues il y a déjà longtemps. En leur absence, les Montréalais ont pris l’habitude de fréquenter les bâtiments publics (comme les bibliothèques et certains chalets de parc), les centres d’achats ou des commerces (comme les McDo) pour répondre à leurs besoins (sans jeux de mots 😉 ). Nous avons d’ailleurs publié ici notre guide des plus belles toilettes de la Ville, question de joindre l’utile à l’agréable…

Avec l’arrivée imminente de cabines autonettoyantes au centre-ville, nous avons pensé ajouter à ce premier texte sur les toilettes, une petite recension de ce que nous avons pu voir dans d’autres villes du monde comme installations sanitaires. Vous verrez, elles vous feront passer de l’admiration au dégoût et de l’étonnement à l’envie.

Une des rares installations saisonnières de toilettes publiques au centre-ville, qui ne soit pas des toilettes chimiques, est celle des Jardins Gamelin, quand même relativement agréable.

Ailleurs dans le monde, on utilise parfois un modèle de petit bâtiment, mais on fait généralement le choix de l’installer de façon permanente.

Berlin site OlympiqueDSCN6725

« Pissoir » du parc Olympique de Berlin

Toilettes sur un sentier piéton près du quartier Golden Gai, à Tokyo

On opte même, à certains endroits plus touristiques, pour un bâtiment plus gros. Comme dans cet exemple d’Amsterdam, où les portes des toilettes sont transparentes !

Des toilettes publiques étonnantes à Amsterdam

Individuelles et toujours propres

Dans aucun de ces cas on ne parle de toilettes autonettoyantes. Puisque c’est ce que la Ville veut installer ici, voyons certains modèles qui ressemblent à ce qu’on peut s’attendre à voir à Montréal :

Lyon, assez neutre

Milan, déjà plus stylisée

Londres, avec une imitation de bâtiment de pierre…

On pourrait toutefois y aller avec plus d’originalité dans les formes, comme à Aix, une petite ville du sud de la France :

Une toilette-colonne d’Aix

Ou opter pour l’invisibilité, comme le modèle rétractable dans le sol de la ville de Perth (Australie), dont parlait le Journal Métro dans ce texte sur « l’éthique de l’urinoir »

Pour hommes seulement

Montréal aurait aussi pu opter pour de simples urinoirs, très présents dans certaines villes du monde.

Le modèle portatif d’urinoirs en triangle, populaire pour les événements, peut être vu aux Pays-Bas et en Allemagne, entre autres… Pratiques, avec son tuyau qui se déverse directement à l’égout.

Vu lors d’un festival à Bamberg, en Allemagne

Bruxelles à plutôt choisi un modèle double, permanent et assez élégant, installé au milieu d’un paillis de cèdre:

BruxellesDSCN5135

Bordeaux et Amsterdam ont des modèles plus vieillots…

Assez massifs à Bordeaux

Plus travaillés à Amsterdam

Pour celles qui seraient curieuses de voir ce que cachent les panneaux qui entourent ces urinoirs, voici à quoi ça ressemble de « l’intérieur »… Rien de bien ragoûtant.

Intérieur d’un urinoir d’Amsterdam

À Berne, en Suisse, on a choisi le modèle du muret. On installe les urinoirs sur un mur, puis on les cache avec un paravent esthétique. On voit d’ailleurs les jambes des utilisateurs…:

À Lisbonne ou à New Delhi, on ne se formalise pas avec les apparences et on offre aux hommes des pissoirs des plus rébarbatifs.

Toilettes en bout de ferrailles à Lisbonne

Vu à travers la vitre (et le logo) d’un autobus touristique à New Delhi, l’urinoir de céramiques est à droite, et utilisé…

Élégants, vieillots, rétro, esthétiques ou rébarbatifs, les modèles pour hommes seulement ne peuvent pas être une solution pour une ville où l’égalité des sexes est importante.

Berlin s’est doté d’un modèle rétro, pour hommes et pour femmes, qui ne manque pas de panache:

Mais avouons qu’il ne correspond pas non plus à l’image d’avant-garde que cherche à projeter Montréal… À moins d’en revoir le design complètement?

Vertes et néorustiques

Puisque les toilettes publiques autonettoyantes peuvent être dispendieuses et polluantes, il serait peut-être intéressant de plutôt s’inspirer de certaines initiatives vertes qui existent dans de nombreuses villes du monde. Ou d’en développer nous-mêmes, en faisant appel à notre créativité!

À Strasbourg, j’ai vu des toilettes et urinoirs qui fonctionnent avec une litière de copeaux de bois! C’est étonnant et surtout, très agréable à l’odeur…

L’urinoir est en fait un récipient rempli de sciures de bois, qu’on change quand il est entièrement imbibé d’urine. Un effort a été fait pour rendre la visite agréable, avec un rideau pour plus d’intimité et une tapisserie de couleur, qui rappelle certains chalets 😉

Et on « tire la chasse » de la toilette en y versant une pelletée de copeaux de bois! Simple et efficace!

À Nantes (toujours en France), on a développé un urinoir sans odeur, qui permet de fertiliser des plantes… La Presse nous en parlait au début de 2017, alors que des prototypes étaient testés à Paris. J’imagine que ce concept pourrait aussi être développé pour des toilettes unisexes ?

Comme quoi il y a différentes façons de répondre aux envies pressantes des Montréalaises et des Montréalais. Temporaires, permanentes, autonettoyantes ou écolos, vous, quelle genre de toilettes publiques aimeriez-vous voir apparaître au centre-ville ?

Plusieurs blogueurs montréalais ont donné leur opinion sur le sujet, Propos Montréal avec un projet de start-up et Yulorama avec ce billet. Deux textes complémentaires au mien, pour continuer la réflexion…

Ce texte vous a fait sourire? Partagez-le…

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Publié par : cbernier | 11 mai 2017

Refaire les trottoirs

En ville, ils font tellement partie du décor qu’on ne les remarque même plus. Pourtant, ils sont essentiels à nos déplacements. Lorsqu’ils sont trop petits ou défoncés, on s’en préoccupe, alors qu’ils devraient faire l’objet de beaucoup plus d’attention…

L’idée d’un espace surélevé pour les piétons le long des rues est connue depuis l’Antiquité. En effet, les trottoirs de Pompéi, cette ville de l’Empire Romain ensevelie par les cendres d’un volcan il y a 2000 ans, en témoignent encore aujourd’hui.

C’est étonnant à quel point ils ont peu changés à travers le temps. Les trottoirs sont tout de même disparus pendant le Moyen-Âge, mais depuis 300 ans, aucune grande ville ne peut s’en passer.

À Montréal, la Place D’Youville témoigne de l’évolution des trottoirs d’ici depuis plus de cent ans. On peut y voir se croiser des reproductions de trottoirs de différentes époques, dans un aménagement de grande qualité. Développé par Claude Cormier, le projet en entier peut encore être vu sur le site web de son idéateur, alors qu’une partie a fait place au chantier pour l’agrandissement du musée Pointe-à-Callières. La section restante nous rappelle qu’à une certaine époque, les trottoirs de Montréal étaient fait en bois!

De plus en plus de villes font l’effort d’utiliser leurs trottoirs comme des outils d’animation et d’amélioration de la qualité de vie d’un quartier, et Montréal participe au mouvement. Les « bateaux », ces abaissements de trottoirs pour faciliter la vie des personnes à mobilité réduite, sont bien plus présents ici qu’ailleurs dans le monde. Les carrés d’arbres s’agrandissent, tout comme certains trottoirs, et on pense même construire des trottoirs chauffants sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Ça reste somme toute des changements assez fonctionnels. Avec 6 675 kilomètres de trottoirs sur l’île, il y a de la place pour faire preuve de plus d’imagination…

Pour illustrer l’éventail des possibilités, je vous propose un tour d’horizon de plusieurs bonnes idées exploitées ici même à Montréal, mais aussi dans d’autres villes du monde.

Par les arts

Un des exemples d’amélioration des trottoirs dont on peut profiter à Montréal est celui de la rue de Castelnau Est. Chaque été, on y peint la chaussée en bleu, créant un espace des plus agréables à visiter. J’aime beaucoup cette réalisation, même si c’est d’une simplicité désarmante! Un peu de peinture et hop! on voit la petite rue commerciale d’un autre oeil…

Sur Saint-Laurent aussi on joue à peindre les trottoirs, cette fois lors du Festival MURAL. C’est ludique, mais trop temporaire pour véritablement marquer la vie du quartier, alors qu’il y a là une idée à explorer.

L’art de rue s’invite aussi parfois pour améliorer son environnement… À Bruxelles, j’ai croisé ce petit bout de trottoir, cimenté par un citoyen avec quelques bouts de porcelaines. Ce n’est pas très réussi, mais ça a l’avantage de montrer qu’avec un peu de créativité, on peut marquer notre ville positivement et durablement.

À Miami, dans le quartier financier, les traverses piétonnes ont été animées de motifs. Rien de bien compliqué, mais une petite touche sympathique tout de même, qui crée un bel effet. Avec tout le talent artistique des Montréalais, on pourrait sûrement créer des coins de rue surprenants, en s’inspirant de ces traverses.

Les prolongements de trottoirs sur les terrains privés sont plus souvent l’objet d’attention spéciale que les trottoirs eux-mêmes. Alors qu’il serait si agréable que toute la ville puisse profiter de tels aménagements… Ici, un sentier de l’Université d’Istanbul en Turquie, tout en couleur.

À Amsterdam, on aime ce qui est coquin! Au hasard d’une promenade lors d’un voyage, j’y ai croisé cette étonnante sculpture incrustée dans le pavé, où une main palpe un sein…

A Boston aussi on s’est amusé avec des incrustations au sol, dans une traverse piétonne cette fois. Ces reproductions de déchets alimentaires ont été installées sur une rue où se tient, chaque fin de semaine, un marché public.

J’aimerais bien voir des œuvres d’art ainsi inscrites dans nos trottoirs. Montréal a déjà été une ville où on pratiquait de ces incrustations dans le béton… Je me souviens d’avoir vu des feuilles d’érables en bronze dans certains trottoirs de Rosemont et ces affiches de « Accurso contractor » à différents endroits à Montréal… Elles sont durables, puisqu’elles affichent toutes des dates des années 50. Comme quoi on pourrait installer durablement des œuvres d’art dans nos trottoirs! 😉

Par la science

On pourrait aussi penser utiliser les trottoirs pour reconnecter les Montréalais avec la nature et les sciences, comme tente de le faire le projet Mundus, qui nous invite à porter le regard vers le ciel. 4 installations permettent en effet d’observer le soleil et les étoiles avec un regard neuf. Comme dans l’exemple ci-dessous où, devant l’entrée principale du 1981 McGill College on peut voir, à certaines dates indiquées au sol, la constellation du Cygne encadrée sur trois côtés par des tours à bureaux.

Plus symbolique et poétique, à Nantes en France, le projet des Belles de bitume vise à marquer le nom des herbes qui poussent à travers les craques des trottoirs, directement sur celui-ci, pour les sortir de l’anonymat et célébrer leur présence. Un cours de botanique en ville, pourquoi pas?

Ailleurs dans le monde, on fait de la science brute avec les trottoirs et on tente de récupérer l’énergie produite par les pas des passants pour fournir la ville en énergie. Je vous en parlais dans ce texte sur Les énergies et la ville. Mentionnons aussi les tests pour construire des routes en panneaux solaires, qui trouveront probablement aussi, un jour, leur place sur nos trottoirs.

Par la lumière

Pendant que certains rêvent de produire de la lumière avec les trottoirs, d’autres utilisent les trottoirs pour diffuser de la lumière. La Place des Jacobins, à Lyon en France, est constellée de petits point brillants jusqu’aux trottoirs qui l’entourent, ce qui en fait vraiment une belle place la nuit tombée. À défaut de bien voir les étoiles en ville, on nous propose un succédané…

Par des motifs

Pour donner du caractère à certains secteurs d’une ville, plusieurs municipalités de la planète utilisent des motifs inscrits dans les trottoirs. L’exemple le plus frappant que j’ai eu la chance de voir est celui de Barcelone. Plusieurs motifs y existent, dont ce premier qu’on doit au grand architecte Gaudi, dans les lieux très touristiques.

Le deuxième est banal, mais il ajoute tout de même un petit quelque chose aux rues où il est utilisé. À Montréal, quels seraient nos motifs? Et pour quels quartiers?

Il ne manque pas d’exemples de villes qui utilisent les pierres qui composent leurs trottoirs et leurs rues piétonnes pour y dessiner des motifs. Dans le sud de l’Espagne, en Algarve, plusieurs rues en profitent. Un premier exemple de la Ville de Faro :

Et un autre, encore plus impressionnant :

À Macao, en Asie, on a aussi choisi de bercer les passants par ces motifs au sol.

Même à Nice, en France, on a créé un bel effet visuel, le long de la Place Massena, en jouant sur les dalles au sol. Les sources d’inspiration sont nombreuses pour l’utilisation des motifs pour égayer nos trottoirs, rues piétonnes et places publiques…

Par de la signalisation

Lors de la reconstruction de la rue Saint-Laurent, en 2006, on a incrusté dans le trottoir la date de construction des édifices qui le bordent. Ces repères  historiques et symboliques marquent l’importance patrimoniale de l’artère, qui célébrait son 100e anniversaire en 2005. L’effet est intéressant et mériterait d’être mieux expliqué. Et une fois qu’on le sait, on ne peut s’empêcher de lever les yeux lorsqu’on voit une date très ancienne.

On connait tous le Walk of Fame de Hollywood, ces étoiles de célébrités incrustées dans le trottoir de Los Angeles, mais saviez-vous que Montréal a sa propre Promenade des Stars? L’initiative inscrite dans le trottoir qui borde l’édifice de TVA (à l’ouest) n’a toutefois pas du tout la même ampleur, puisqu’on n’y trouve que des récipiendaires pour les années 1995 et 1996. Mais qui sait, peut-être qu’un jour elle se prolongera pour aller rejoindre la nouvelle maison de Radio-Canada, qui devrait être construite plus au sud…

À Boston, une ligne rouge dans les trottoirs de la vieille ville permet aux touristes de suivre un circuit qui les mène aux principaux monuments de la ville. C’est la Freedom Trail. Une idée intéressante pour sa simplicité et son efficacité.

À Barcelone, on a plutôt choisi de placer dans les trottoirs une plaque pour identifier les commerces centenaires. Une pratique qui permet de faire connaître des boutiques qui, sinon, pourraient passer inaperçues. Et une façon d’encourager la survie de ces trop rares commerces qui perdurent dans le temps.

Bordeaux en France utilise la même technique, mais pour des plaques commémoratives.

Tandis qu’à Buenos Aires en Argentine, c’est le service d’information touristique qui a trouvé, par cette technique, une façon de suivre les visiteurs où qu’ils aillent… Comme quoi il existe plusieurs idées dans le monde qui pourraient être utilisées dans nos quartiers historiques et touristiques!

Par les aménagements

À Montréal, on transforme beaucoup de trottoirs en verdissant leurs abords, comme le fait Jardin de rue. Avouez que ça rend la promenade tellement plus agréable! Autant pour nous que pour les animaux (remarquez le chat qui se repose au milieu des plantes).

On conçoit aussi des chemins verts qui permettent de traverser la ville, séparés des voitures. Ces chemins de traverse deviennent alors plus que des trottoirs et se transforment en petits parcs linéaires, comme je vous en parlais dans ce texte. Ce sont toujours des aménagements appréciés de leurs riverains, alors pourquoi ne pas les multiplier? L’exemple ci-dessous est celui de la Promenade Luc-Larrivée, dans Hochelaga, où on a choisi de rappeler le passage du train à cet endroit, à une autre époque.

On change de plus en plus nos façons de faire les trottoirs à Montréal, comme en témoignent la Place des festivals ou la Place d’Armes.

À Cordoue en Espagne, on distingue à peine la différence entre les sections de trottoirs et la rue, dans cet aménagement qui entoure la Plaza Cristo de Gracia. La végétation et le mobilier urbain séparent les espaces subtilement, mais très efficacement.

À Grenade, toujours en Espagne, on vient de refaire une des rues principales de la ville en la dotant de trottoirs au même niveau que la rue, mais avec une bordure végétalisée qui se relève pour créer une frontière entre la rue et l’espace piéton. Les arrêts d’autobus y sont surélevés pour faciliter l’embarquement, mais sinon, il n’y a plus de bordure de trottoir.

Complètement différent, l’exemple de Waikiki à Hawaï, sépare physiquement le trottoir de certaines rues. Ça transforme radicalement l’expérience, donnant l’impression d’être sur un chemin vert plutôt qu’en bordure de rue. On y anime même l’espace avec des torches enflammées, qu’on peut voir à gauche de la photo!

Il y a un exemple sur notre propre île qui me fait penser à celui-là… À Montréal-Nord, on a reconstruit un bout de trottoir de la rue Pie-IX et celui qui longe la Place de l’Harmonie, sur le boulevard Rolland, avec un aménagement vaguement comparable. Le résultat est très intéressant.

La dizaine d’exemples Montréalais utilisés dans ce texte montrent bien qu’on est assez créatifs pour rendre nos trottoirs plus conviviaux et agréables à utiliser. La vingtaine d’exemples provenant d’autres villes du monde nous rappelle toutefois qu’il ne faut pas relâcher nos efforts. Avec 6 675 km de trottoirs, dont une infime partie est agrémentée par une initiative d’embellissement, nous avons encore beaucoup de place à l’amélioration pour que nos trottoirs soient utilisés à leur plein potentiel.

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Publié par : cbernier | 26 avril 2017

Pour ne rien rater du printemps du 375e

Débuté en décembre dernier avec la diffusion de l’émission Montréal s’allume sur les 4 grands réseaux de télévision francophones du Canada, les célébrations du 375e anniversaire de Montréal se poursuivent ce printemps. Elles profiteront du momentum créé par l’anniversaire de notre ville, le 17 mai prochain, pour prendre un nouvel envol. Avez-vous profité de l’hiver du 375e? Je vous le souhaite, car il était des plus excitants! Quoi qu’il en soit, vous ne voudrez pas rater ce qui s’en vient…

Dans le très gros calendrier d’activités offertes aux Montréalais ce printemps, je vous propose une sélection d’une quinzaine d’activités qui ont attiré mon attention. Ainsi, vous pourrez continuer à profiter de la fête tout au long de la saison, sans avoir à vous y retrouver dans le vaste calendrier des célébrations.

Commençons par l’émission de Télé-Québec « MTL », diffusée les jeudis soirs à 20h, jusqu’au 29 juin (aussi sur internet). Cette série de capsules qui cherchent à mettre en lumière les caractéristiques de notre ville est des plus intéressantes. On y retrace l’histoire avec un grand H, à travers le regard d’historiens allumés, mais aussi de personnalités connues (comme Dominique Michel), qui nous racontent la petite histoire de notre ville. C’est vraiment bien fait, instructif et ludique à la fois…

Des activités partout, pour tous

Pour célébrer dans votre quartier, où pour partir à la découverte des 19 arrondissements de la Ville, la Grande Tournée sera réellement l’événement phare du printemps. À partir du 12 mai et pour 19 fins de semaines, elle se déplacera pour les visiter tous. Le premier arrêt de la Grande Tournée se fera dans Rosemont-­La Petite-Patrie. Chaque fin de semaine, il y aura une rue de « fenêtres qui parlent », un concept né dans le nord de la France qui permet à des résidents d’offrir à des artistes leurs fenêtres, balcons ou escaliers comme lieux d’exposition. Un parc sera aménagé pour recevoir la Tournée, animée entre autres par le Cirque Éloize et le Musée McCord. De plus, Chats de ruelles nous permettront de redécouvrir nos arrières cours. Une Tournée prometteuse!

Dans Hochelaga-Maisonneuve, l’activité Flashmob aura aussi sa petite tournée. Tous les vendredis du mois de mai et les 2 et 3 juin, des prestations de danse avec des projections numériques et des activités d’animation pour la famille se dérouleront devant différents lieux historiques du quartier. Les heures aussi varient, mais l’activité sera aux populaires Premier vendredis de mai et de juin à l’Esplanade Financière Sun Life du Parc Olympique, dès 17h. Vous pourrez ainsi faire un 2 dans 1 en voyant à la fois le Flashmob et le plus gros rassemblement mensuel de cuisine de rue au Canada!

Du 11 mai au 19 octobre, une autre petite tournée vous attend, avec les « Midis Ville-Marie ». 24 rencontres informelles, ludiques et participatives avec les chercheurs des grandes institutions de recherche du centre-ville de Montréal, mises en scène et animées par des étudiants en théâtre, auront lieu dans 24 espaces publics extérieurs de l’arrondissement. Tout un programme vous y attend, avec des thèmes scientifiques à la fois intéressants et étonnants…

Parlant de sciences, du 25 mai au 31 décembre (du mercredi au dimanche), le Musée des maîtres et artisans du Québec nous propose Saint-Laurent en 7 temps, une présentation en réalité virtuelle, accessible gratuitement. On pourra y expérimenter le visionnement 360° en nous faisant raconter 7 histoires courtes inspirées de l’histoire de l’arrondissement Saint-Laurent, interprétées par des enfants du quartier. Intrigant! Au même endroit, jusqu’au 4 juin toutefois, on nous propose Regard sur le livre, regard sur la ville, une exposition internationale de reliure d’art et de livre d’artistes. Avec l’exposition permanente, qui est elle-même fort intéressante, vous aurez de bonnes raisons de découvrir ou de redécouvrir ce musée installé au cœur d’une ancienne église (dont vous parlait MesQuartiers dans ce texte sur les plus belles conversions d’églises).

Une autre activité, la Symphonie d’Hochelaga, a éveillé ma curiosité… Ce concert gratuit sera présenté par l’Orchestre Métropolitain, avec la participation d’élèves des écoles primaires et secondaires de la Commission scolaire de Montréal de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. On y jouera une œuvre symphonique inédite, composée par quatre Montréalais, et ponctuée de narrations historiques qui relatent l’histoire du quartier. Pour les mélomanes, c’est un rendez-vous le dimanche 28 mai, au Centre Pierre-Charbonneau.

Montréal s’allume pour nous

Depuis le 21 mars et jusqu’au 30 septembre, la Basilique Notre-Dame de Montréal se montre sous un nouvel éclairage avec Aura, une expérience lumineuse développée par Moment Factory, une firme montréalaise qui s’est entre autres fait connaître avec son illumination de la façade de la Sagrada Familia, à Barcelone, en 2012. Une fois de plus, ils signent une mise en lumière magique.

C’est aussi Moment Factory qui a développé le concept de l’illumination du pont Jacques-Cartier, entourée d’un collectif de six studios montréalais (Ambiances Design Productions, ATOMIC3, Éclairage Public/Ombrages, Lucion Média, Réalisations et UDO Design). Dès le 17 mai, cette gigantesque nouvelle signature lumineuse montréalaise se mettra en place et dévoilera le premier pont connecté du monde! Animé chaque nuit par une programmation intelligente qui évoluera au rythme des saisons et de l’énergie de la ville, elle fera du pont un baromètre de la vie montréalaise. Réalisée dans le cadre du 150e anniversaire de la Confédération du Canada et le 375e anniversaire de Montréal, ce projet nous rappelle qu’il y a une autre grande fête cette année, celle du Canada

Parmi les spectacles lumineux qui marqueront le 375e de Montréal, il y aura aussi Avudo. Présentée sur un mur d’eau créé dans le Vieux-Port, du 17 mai au 2 septembre, cette attraction gratuite s’annonce des plus impressionnantes. Réservez votre place dès maintenant!

Vous pourrez en profiter pour visiter ou revisiter Cité mémoire, de retour dans le Vieux-Montréal dès le 10 mai, tous les soirs à la tombée de la nuit et jusqu’à 22h:

Parce qu’il y a aussi l’Expo!

Je m’en voudrais de ne pas inclure dans cette liste de propositions quelque chose en lien avec le 50e anniversaire de l’Expo: 3e grande célébration de cette année. Cet événement si marquant pour notre ville fait l’objet de plusieurs rétrospectives qui pourraient retenir votre attention. Il y en a pour tous les goûts et, même si plusieurs débuteront seulement à l’été, vous pouvez dès maintenant faire un retour dans le temps avec l’exposition Mode Expo 67 du Musée McCord (jusqu’au 1er octobre). Vous pourrez ensuite poursuivre avec Rêver le Monde au Musée Stewart (du 26 avril au 8 octobre) et vous pencher sur Habitat 67 et son architecte, Moshe Safdie, grâce à une exposition du Centre de Design de l’UQAM (du 1er juin au 13 août), où l’entrée est libre en tout temps.

Festivals, rendez-vous et promenades

Le rendez-vous le plus grandiose du 375e sera probablement la visite des Géants. Ces gigantesques marionnettes, développées dans la ville Française de Nantes, seront avec nous du 19 au 21 mai 2017. 3 jours pour se faire émerveiller par ces créatures fantastiques… Il ne faudra pas rater ça! Ici, une vidéo filmée à Berlin:

Au même moment, on nous rappellera une autre époque, avec les Rencontres de la Nouvelle-France à la Place d’Youville. Ce rendez-vous annuel sera doublé, pour le 25e anniversaire du Musée (hé oui, il fait partie des legs du 350e anniversaire de Montréal!), de l’ouverture d’un nouveau pavillon, le Fort Ville-Marie, lieu de la fondation de Montréal en 1642. Peu de villes du monde connaissent le lieu exact de leur fondation, Montréal dévoilera le sien pour son 375e anniversaire.

Puis il y aura la traditionnelle Journée des musées montréalais, le 28 mai. Il y a plus de 50 musées sur l’île, alors profitez-en pour en découvrir un que vous ne connaissez pas! Chacun à leur façon, ils dévoilent une partie de l’histoire de notre ville.

Du côté des promenades, du 1er juin au 31 décembre vous êtes invités à suivre les Parcours Sonores MTL, une série de baladodiffusions qui racontent le passé et le présent des résidents de Notre-Dame-de-Grâce et de Côte-des-Neiges. Bâtiments, points d’intérêt locaux, ruelles et parcs vous seront racontés, dans des histoires provenant autant des premiers habitants de ces quartiers que des résidents actuels. Prometteur.

Du 5 juin au 29 octobre, une grande promenade sera proposée sur la rue Sherbrooke, entre le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée McCord. On nous y présentera un musée à ciel ouvert, la Balade pour la paix, à travers 67 œuvres portant les valeurs d’Expo67. Elle débutera à proximité du tout nouveau Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein (un des premiers legs du 375e, dont on vous parlait dans notre texte l’hiver du 375e). La Ballade sera jalonnée par 29 sculptures monumentales d’artistes canadiens et étrangers et de quelque 40 photographies d’artistes montréalais. De plus, les drapeaux de quelque 200 pays du monde et des 13 provinces et territoires du Canada flotteront au-dessus de la rue Sherbrooke. Cette installation, créée par le designer montréalais Claude Cormier, à qui l’on doit entre autres les boules roses du Village (qui seront multicolores cet été), s’inspirera du caractère ludique et futuriste d’Expo67.

Enfin, dans la liste des activités du printemps du 375e anniversaire de Montréal, il me semble important de souligner les activités de rapprochement avec les Premières Nations. Ainsi, deux Pow Wow sont au programme. Le premier sera celui de Verdun, les 6 et 7 mai prochains, qui nous invite à découvrir des danses et des chants traditionnels, à l’Auditorium de Verdun. Puis, le 18 juin, ce sera le Pow Wow de l’amitié, qui soulignera musicalement quelques vagues migratoires dans l’histoire d’Ahuntsic-Cartierville, à travers un après-midi d’échanges culturels mettant de l’avant les traditions autochtones, maghrébines et québécoises.

Deux activités qui nous rappellent la volonté de la Ville de voir apparaître, sur le drapeau de Montréal, un symbole autochtone au milieu de ceux des 4 « peuples fondateurs ». La fleur de lys rappelle l’origine française, la rose évoque l’apport des Anglais, le chardon, celui des Écossais, et le trèfle, la présence des Irlandais. Quel sera celui choisi par les autochtones? Nous l’apprendrons peut-être pendant le printemps du 375e!

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Publié par : cbernier | 4 avril 2017

Savoir choisir son quartier

Il y a 5 ans, je vous parlais de mon déménagement à vélo et je vous racontais mon premier tour d’horizon du nouveau quartier où j’élisais domicile. 5 ans plus tard, moi et mon amoureux avons décidé de remettre ça et de nous déplacer de Hochelaga vers Maisonneuve. En fait, on se rapproche du secteur du quartier qu’on fréquente le plus, dans l’espoir de s’y établir pour longtemps.

Nous avons été très sérieux dans notre choix de déménager, nous avons bien évalué la situation et pris le temps de comparer plusieurs quartiers. Pour différentes raisons, on a finalement voulu rester dans ce secteur de la Ville. En y pensant bien, c’est important de prendre notre temps pour choisir notre quartier, parce que c’est l’une des décisions les plus importantes pour nous permettre d’aimer notre vie en ville.

Appartement, coop, condo ou maison, quand vient le temps de faire le grand saut, il faut penser à bien des éléments avant d’arrêter notre choix. Voici quelques pistes qui nous ont été utiles et qui pourraient vous aider si, cette année, vous avez choisi de migrer comme le font tant de Montréalais… Ces pistes pourraient même vous aider si vous ne déménagez pas, en vous permettant de mieux découvrir et de mieux profiter de votre quartier.

1 Parc des rapides Montréal LaSalle

Parc des Rapides, LaSalle

  1. Laisser de côté nos préjugés

On pense bien connaître certains quartiers, puis, quand on prend la peine d’en arpenter les rues, on découvre qu’on ne les connait pas si bien. Montréal change, ses quartiers se démarquent les uns des autres, se développent rapidement. Les arrondissements rivalisent pour se doter d’initiatives innovantes et pour améliorer la qualité de vie de leurs citoyens. Si vous n’êtes pas allé dans un quartier depuis plus de trois ans, vous serez bien souvent étonné de constater à quel point il a changé depuis votre dernière visite… Alors, quand viendra le temps de choisir où vous irez vivre, ne laissez pas vos préjugés être une barrière à vos mouvements! Suivez les quelques pistes qui vous sont offertes dans ce texte et osez aller arpenter les quartiers où elles vous mèneront.

  1. Penser à ce qu’on aime comme milieu de vie

Vous préférez le bord de l’eau ou la montagne? Vous voulez être dans le cœur de l’action ou dans une rue verdoyante qui mène au Jardin botanique? Vous préférez le centre-ville ou les cœurs de villages? Il y a tout ça à Montréal! Lachine et son bord de l’eau, le Plateau et sa montagne, le Quartier Latin et sa vie trépidante, Rosemont et son Jardin… Puis tous les anciens cœurs de Village qui sont aujourd’hui le centre de leur quartier, souvent identifiables à la présence d’une église ancienne et de quelques édifices prestigieux, qui abritaient jadis une Caisse populaire ou une banque, par exemple…

Avec ces indications de préférences, il sera plus facile de faire le reste de vos recherches et de tenter de vous rapprocher le plus possible du milieu de vie qui vous convient.

Promenade Luc-Larivée, Hochelaga-Maisonneuve

  1. Identifier les services de la Ville qu’on utilise

Vous êtes chaque mois à la bibliothèque ou à la piscine? À la maison de la Culture ou dans un Aréna? Vous aimez les marchés publics ou préférez les terrains de tennis? Google Maps permet de les trouver facilement en tapant le nom du service, comme « bibliothèque », avec le nom de la Ville. Il faut souvent agrandir la carte pour voir tous les services, c’est donc une étape plus facile à franchir lorsqu’on sait dans quels quartiers on veut chercher…

Lorsque vous serez prêts à devenir plus précis dans votre recherche, vous n’aurez besoin que de deux outils pour vous organiser comme un pro : Internet et une carte de la Ville (par exemple celle du réseau de transport en commun de la STM, qui est disponible normalement auprès des changeurs de toutes les stations de métro). En gardant en tête le milieu de vie que vous cherchez, vous pourrez alors identifier sur la carte de la Ville vos principaux points d’intérêts.

Bibliothèque du Boisé, Saint-Laurent

  1. Marquer nos grands attraits

Vous êtes fan d’un festival en particulier ou vous êtes amateur de hockey? Votre grand plaisir c’est de passer des heures au centre d’achat ou de flâner sur une grande rue commerciale locale? Se rapprocher des attraits qui nous passionnent nous rend la vie plus facile et agréable, pourquoi s’en priver? Identifiez-les tous sur votre carte! Pas nécessairement pour habiter tout près, mais au moins pour qu’ils soient facilement accessibles à vélo, en autobus, en métro, ou par un autre mode de transport.

Rue Saint-Paul, Vieux-Montréal

  1. Évaluer l’accessibilité

Il est effectivement important de rester réaliste dans notre recherche. Si notre travail est stable et qu’on l’aime, il est préférable de trouver un quartier d’où on peut s’y rendre facilement! L’accessibilité est importante, parce qu’on ne veut pas perdre de temps en détours et en longs trajets chaque jour de la semaine! Sinon, ça nuit grandement à notre qualité de vie. Mais savez-vous où mènent les autobus qui passent près de votre lieu de travail? Ça peut valoir la peine de le vérifier, pour étendre vos possibilités… La carte de la STM est alors un outil précieux.

  1. Sélectionner nos commerces essentiels

Vous voulez vivre près d’un supermarché? Vous avez une bannière préférée? Ou vous aimez plutôt visiter plusieurs commerces spécialisés? Nous avons tous des préférences et des exigences concernant nos habitudes d’achats, il est bien d’en tenir compte dans le choix d’un quartier où vivre. Si vous voulez une librairie près de la maison ou une animalerie, pourquoi ne pas en tenir compte lors de votre recherche? Pensez aussi aux artères commerciales que vous fréquentez: la Promenade Ontario, la Plaza, la Well, Fleury Ouest, Monk, etc. autant d’offres de services et de boutiques coup de coeur qui pourront améliorer votre vie de quartier…

Marché Atwater, Sud-Ouest

  1. Déterminer nos critères concernant le logement

Vivre en hauteur n’est pas possible dans un secteur de maisons en rangées. Avoir une petite idée de ce qu’on cherche comme logement est donc important. Et il faut réfléchir aux conditions qui nous permettront de le choisir ou non. Veut-on un balcon? Des fenêtres sur deux murs pour assurer une circulation de l’air l’été? Un stationnement facilité? Des Bixi à proximité? Ce sera utile de le savoir lorsque viendra le temps de discriminer un logement par rapport à un autre. Et puisque c’est là qu’on passe le plus de temps, il ne faut pas trop sacrifier sur nos priorités…

  1. Évaluer le rayonnement possible

Une fois le lieu trouvé ou le quadrilatère de recherche d’un logement choisi, il est utile de faire l’évaluation de l’accessibilité, mais à l’envers : les lignes d’autobus du coin vous mènent où? Vous serez peut-être étonné par un circuit d’autobus que vous n’avez jamais utilisé… Ça été mon cas il y a 5 ans, lorsque j’ai déménagé dans Hochelaga. J’ai découvert que la 29 Rachel passait à un coin de rue de chez moi et m’amenait directement sur le Plateau, en quelques minutes à peine, pour me déposer au cœur d’une zone de commerces que j’aime bien… C’est important de pouvoir rayonner facilement à partir de notre logement, pour avoir le plus d’options possibles quand vient le temps de sortir, de manger au restaurant, d’aller profiter de la Ville, de ses attraits et de son effervescence…

Oeuvre La vélocité des lieux, Montréal-Nord

  1. Aller marcher

Pour bien profiter de notre appartement, notre coop, notre condo ou notre maison, il est nécessaire de faire le tour, à pieds, de son environnement pour voir les surprises qui s’y cachent, tout en découvrant un petit parc caché, une mini-bibliothèque de ruelle, un resto cool ou un nouveau bar branché qui nous aurait échappé… Le printemps et l’été sont particulièrement propices pour faire ces petites escapades vers les quatre points cardinaux qui entourent notre demeure ou notre zone de recherche pour en trouver une. Vous découvrirez quelque chose d’intéressant, c’est sûr! Avec les années, il faut répéter l’expérience même si on reste au même endroit. Car comme je vous le mentionnais dans la piste #1, les quartiers rivalisent de projets et d’initiatives pour améliorer la vie de leur résidants…

Les Jardineries sur l’esplanade du Stade, Hochelaga-Maisonneuve

  1. Profiter pleinement de la vie

J’ai écrit mon premier texte sur ce blogue en 2010 et depuis, je n’ai pas arrêté d’être étonné par le foisonnement de nouveaux projets, l’éclosion de nouveaux commerces, l’apparition de nouveaux espaces de détente à Montréal. Les 10 pistes que je viens de vous proposer, ce sont aussi un peu celles qui guident mon écriture : oser fréquenter des quartiers que je ne connais pas, être curieux des équipements collectifs construits par la Ville, être à l’affut des tendances pour bien profiter de la Ville.

Ces 5 dernières années, j’ai constaté à quel point notre lieu de résidence est essentiel pour aimer notre vie en Ville. Être loin de tout ce qui nous intéresse nuit à notre qualité de vie. Ne pas savoir comment rayonner efficacement dans la Ville aussi. Le pire, c’est quand on ne sait même pas que plusieurs attraits existent à quelques coins de rue de chez nous, simplement parce qu’on ne se promène pas dans notre quartier. Pour aimer sa Ville, il faut la connaitre…

J’espère que ces 10 pistes vous aideront, vous aussi, à profiter pleinement de la vie, et surtout, de la Ville!

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Publié par : cbernier | 23 février 2017

Illuminer la Ville

La toute dernière nouveauté des activités hivernales à Montréal, Illuminart, transforme le centre-ville en véritable boîte à surprises! Ses 20 installations qui allient son, lumière, art et technologie changent radicalement les soirées de la Métropole. Lors de l’inauguration de ce parcours qui nous est offert par le festival Montréal en Lumière, les passants découvraient à quel point notre Ville est étonnante. Le succès a été instantané et c’est évident qu’Illuminart se hissera au rang d’activité incontournable de nos hivers! Vous avez jusqu’au 11 mars pour le constater (de 17h30 à 23h, du mercredi au samedi).

En plus des installations, Illuminart peut compter sur le réseau d’éclairages architecturaux mis en place depuis quelques années dans le Quartier des Spectacles. Je vous avais parlé de ces écrans gigantesques du centre-ville dans le texte Ville lumière. Avec l’ajout d’Illuminart, on ambitionne clairement de se démarquer sur la scène internationale!

Fantastic Planet, d’Amanda Parer (Australie), est à mon avis l’installation la plus spectaculaire de la première édition d’Illuminart. Avec ses trois géants installés sur le Parterre du Quartier des Spectacles, on se croiraient dans un autre monde.

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Passage, de Serge Maheu (Montréal), offre une expérience immersive des plus intéressantes. Bien que cette œuvre semble assez simple, la traverser nous montre qu’elle réussit à susciter des émotions, permettant à son auteur de tenir parole puisque son objectif était « d’explorer les relations émotives entre la lumière et le son ». Lors de mon passage, un enfant y jouait, totalement absorbé par la lumière de cette spirale…

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La Bétonnière boule miroir, de Benedetto Bufalino et Benoit Deseille (Lyon, France), est un autre incontournable d’Illuminart, qui surprend par son humour. La musique joue, alors s’il vous vient le goût de danser, ne vous gênez pas! Ce détournement ludique d’un élément banal du décor urbain montre bien toutes les possibilités de l’imagination pour améliorer la Ville.

illuminart-2017-1

Évolutions, de Yann Nguema du groupe EZ3kiel (France), transforme la façade de l’église Saint-James avec une animation d’une qualité rarement vue à Montréal. On se souhaite que l’expérience incite plus d’événements à explorer ces technologies pour nous en mettre plein la vue plus souvent. La photo ne rend pas du tout honneur à l’animation, il vous faudra aller la voir pour avoir une meilleure idée…

illuminart-2017-5

Toutefois, le clou du spectacle, c’est l’animation de la murale L’air du temps! Cette murale, qui était en vedette dans le texte sur les ensembles de murales exceptionnelles de Montréal en 2015, se met en mouvement sous nos yeux les soirs d’activités d’Illuminart! Le ciel devient orageux, avec des éclairs; les cônes oranges se multiplient; la murale devient jeu vidéo… C’est fascinant! Il faudrait développer cette idée, car avec le nombre de murales qui couvrent les murs de notre Ville, il y a là tout un potentiel! Il faut le voir pour le croire, alors ne manquez pas L’air du temps en mouvement! Restez au moins jusqu’à l’orage, qui est confondant de vérité!

illuminart-2017-4

Vous pouvez d’ailleurs combiner la découverte de ce parcours avec le plus récent itinéraire proposé par MesQuartiers : Quartiers Latin, Chinois et des Spectacles, puisque celui-ci permet de croiser plus de 10 des installations d’Illuminart. Pour voir toutes celles présentées ici, il vous suffit de poursuivre votre chemin sur De Maisonneuve, une fois l’itinéraire terminé, et de tourner à gauche sur City Concillor, pour aller voir la projection Évolutions sur l’église Saint-James.

Sinon, vous pouvez utiliser le parcours disponible sur le site d’Illuminart pour voir les 25 œuvres, réparties sur un circuit de 3,6 km. L’expérience est fascinante et mérite vraiment d’être vécue!

En cet hiver du 375e anniversaire de Montréal, ce nouvel ajout à notre saison froide deviendra, à coup sûr, un des « must » de nos activités culturelles de l’année. Ce sera aussi un beau prélude à Art Souterrain, qui se déroulera du 4 au 26 mars 2017. Les deux événements proposent des expériences similaires et des œuvres tout aussi spectaculaires, alors on serait fou de ne pas en profiter!

Il y a d’ailleurs un certain parallèle à faire entre les deux événements. En effet, ils nous amènent tous les deux à explorer des coins de la Ville qu’on connait peu. Art Souterrain nous amène sous terre, dans des corridors peu fréquentés, alors qu’Illuminart nous fait découvrir des rues du centre-ville qui nous sont inconnues, comme Charlotte; des parcs cachés, comme le Jardin Sanguinet de l’UQAM; et nous encourage à passer à travers les Habitations Jeanne-Mance!

Osez parcourir le centre-ville ces prochains jours, lorsque le soleil se couche. De 17h30 à 23h, du mercredi au samedi d’ici le 11 mars, vous serez étonné d’y croiser un Éléphant rouge, un pendule lumineux géant, des mirages, des autruches roses et une foule d’autres installations qui transforment la Ville, le temps de l’événement.

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Publié par : cbernier | 15 février 2017

Un 2e hiver nucléaire

Pour combattre le froid par le froid, l’équipe derrière la maison d’éditions Front Froid ne manque pas de propositions. C’est ainsi qu’ils nous offraient, en 2016, le 2e opus de la BD Hiver Nucléaire de Caroline Breault, CAB pour les bédéphiles.

La prémisse de cet univers est l’explosion, dans l’Est de Montréal, d’une hypothétique centrale nucléaire « Gentilly-3 » qui provoque un hiver qui ne veut plus finir. Avec toutes les conséquences que seule l’imagination de l’auteure peut inventer! Je vous avais parlé du premier, en espérant qu’il mènerait à une suite. Je vais vous parler du deuxième avec le même fol espoir, puisqu’il est tout aussi divertissant.

C’est que le Montréal de CAB est réconfortant. Des personnages attachants, une histoire bon enfant, des dessins attrayants et de petit clins d’œil à la ville réelle, comme l’incinérateur des Carrières en ruine ou le détour de Flavie, l’anti-héroine du récit, par le Canal Lachine. On ajoute à l’ensemble quelques animaux transformés par les radiations et la magie opère…

La Librairie Z, dans Hochelaga, a eu la bonne idée d’inviter Caroline Breault à une soirée causerie, à laquelle j’ai assisté pour découvrir l’envers du décor. L’auteure nous a expliquée comment elle avait débutée par une web-série, pour se forcer à mener son projet à terme. Une planche par semaine, elle a développé son premier Hiver Nucléaire, « une comédie de science-fiction » s’est-elle amusée à la définir. Puis, elle a trouvé sa maison d’éditions.

À ce moment-là, un 2e Hiver n’était pas prévu. C’est à la vue d’une vidéo « de moto-cross à une chenille » qu’il lui est venu le goût de faire renaître les aventures de Flavie. Elle l’avouera sur le bout des lèvres, c’était aussi, un peu, pour répondre aux nombreux messages d’encouragement des fans du premier numéro. Aujourd’hui encore, elle dit ne pas penser faire un 3e. Cédera-t-elle une nouvelle fois aux bédéphiles en découvrant un nouveau véhicule à faire circuler dans son monde polaire? Je pourrais lui proposer de regarder cette vidéo du MTT-136 pour la convaincre! 😉

En attendant de savoir si nous auront droit à un 3e opus, je vous invite à vous offrir une agréable pause de l’hiver qui sévit, en vous amusant avec les deux premiers tomes d’Hiver Nucléaire, une boisson chaude à la main.

Les occasions de s’évader dans des histoires de science-fiction qui se déroulent dans un Montréal inventé sont trop peu nombreuses pour qu’on ne les soulignent pas! Bravo à Front Froid et à Caroline Breault, qui nous rappellent que Montréal est vraiment une ville de BD.

Vous voulez découvrir d’autres Montréal imaginaires?

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Publié par : cbernier | 31 janvier 2017

Oser l’architecture

Nos constructions sont plus audacieuses depuis quelques années. Il était temps!

Lors du dévoilement de la maquette du Planétarium j’avais salué ce projet, qui montrait qu’on était prêt à se remettre à construire des bâtiments à l’architecture unique, qui pourraient attirer autant les montréalais que les touristes. C’était d’ailleurs la conclusion de mon texte L’architecture comme moteur de développement, écrit en 2011.

En 2011, toutefois, le Planétarium n’était encore qu’un projet… Mais il portait l’espoir qu’on se remette à oser construire des édifices aussi inspirants que la Biosphère, les Pyramides olympiques ou Habitat 67.

L’ouverture de la Maison du développement durable est venue nourrir l’espoir, en dotant Montréal d’un bâtiment à l’avant-garde de la recherche environnementale dans le domaine de la construction. Ce qui est spectaculaire dans cette Maison, conçue par la firme MSDL, c’est ce qui ne se voit pas, mais qui se cache dans le bâtiment : géothermie, techniques de ventilation, toit vert, etc. Une visite guidée vous convaincra de l’audace dont il a fallu faire preuve pour construire la Maison du développement durable.

2011-maison-du-developpement-durable

L’année suivante, en 2012, c’est l’inauguration de l’édifice du 2-22 qui a donné une nouvelle impulsion à la qualité architecturale des bâtiments montréalais. Malgré la controverse… Le « starchitecte » français qui devait signer le 2-22 s’est buté à nos « lourdeurs administratives » et a fini par abandonner son projet, laissant Aedifica et Gilles Huot Architectes le mener à bien. L’électrochoc a été important et a peut-être contribué à changer certaines mentalités. Le 2-22 tel qu’on le connait est sorti de terre et a su rallier les Montréalais. On a même procédé, en grandes pompes, à l’illumination de sa façade en 2013. Constamment changeante, la lumière fait du 2-22 un phare dans la nuit montréalaise.

2012-le-2-22

2013, l’année charnière

Tout était en place pour que le point de bascule soit atteint, parce qu’en 2013, ce n’est pas qu’une façade qui a été inaugurée en grandes pompes! Pas moins de 5 autres bâtiments audacieux se sont ajoutés au paysage de la Ville cette année-là. C’est en effet l’année de l’ouverture du tant attendu Planétarium, une œuvre de Cardin Ramirez Julien, qui a livré toutes ses promesses. L’intérieur est aussi magnifique que l’extérieur et il faut aller profiter de son toit vert en pente, l’été, pour constater à quel point il est agréable de regarder et de fréquenter cet édifice.

2013-planetarium

Deux bibliothèques ont aussi fait beaucoup de bruit en 2013. Celle du Boisé, dans l’arrondissement Saint-Laurent, est particulièrement spectaculaire, avec sa tour de verre qu’on voit de loin, ses bassins de rétention comme parvis, son intérieur étonnant et surtout, son arrière-cour, qui s’ouvre directement dans un boisé! Dotée d’un centre d’exposition, elle mérite vraiment le détour! Le consortium des architectes l’ayant dessiné, Cardinal Hardy, Labonté Marcil et Eric Pelletier, s’est d’ailleurs mérité, entre autres, le Grand Prix d’excellence en architecture décerné par l’Ordre des architectes du Québec en 2015.

2013-bibliotheque-du-boise-1

L’autre bibliothèque est celle dédiée à Sol, la Bibliothèque Marc-Favreau, construite par Dan Hanganu Architectes. Maintenant ornée d’une œuvre d’art public lumineuse en façade, cette bibliothèque cache plusieurs clins d’œil au clochard-poète qu’elle commémore. Petite bibliothèque de quartier, elle offre à ses visiteurs une expérience d’une telle qualité qu’ils viennent de toute l’île pour profiter de son aménagement animé, chaleureux et accueillant, dont une salle silencieuse, avec canapés et foyer!

2013-bibliotheque-marc-favreau

La restauration, à des fins communautaires, de la station-service de l’architecte de réputation internationale Mies van der Rohe, à l’île-des-Sœurs, a aussi fait de l’année 2013 une année architecturale exceptionnelle à Montréal. Bâtiment patrimonial, la station-service a été restaurée par FABG en respectant la vision de son créateur, tout en l’actualisant à travers une maison intergénérationnelle tout à fait audacieuse. Découvrez-la dans cette courte vidéo :

5e projet de cette année riche en édifices osés d’un point de vue architectural, les Lofts Irène ont montrés que le secteur privé aussi était prêt à entrer dans ce mouvement de renouveau. En superposant 3 étages de panneaux d’aluminium à un édifice industriel ancien, la firme Kanva Architecte a réussi à créer un élégant mélange des genres, inédit à Montréal. Ce qui lui a d’ailleurs valu le prix de l’Institut Royal d’architecture du Canada – Innovation en architecture.

2015-lofts-irene

Sur une belle lancée!

Les projets qui se sont succédé depuis l’année charnière qu’était 2013 ont fait la preuve qu’un mouvement était bel et bien enclenché. La transformation de l’ancienne église Sainte-Germaine-Cousin, en 2014 dans Pointe-aux-Trembles, est une de ces preuves. Pensé par la firme Rayside Labossière, ce grand projet qui comportait aussi la construction d’un grand bâtiment neuf, est une belle réussite, qui lui a assuré une place de choix dans le Top 15 des plus belles églises converties à Montréal.

2014-eglise-sainte-germaine-cousin-par-gilles

2015 a été une nouvelle année faste pour les promoteurs qui osent l’architecture. 5 nouveaux projets se sont démarqués : 2 publics, 3 privés.

Commençons par le Centre de soccer de Montréal, qui n’en finit plus de recueillir les mentions, entre autre grâce à son immense toit tout en bois. Conçu par Saucier + Perrotte architectes et HCMA, il s’inspire des strates laissées dans la carrière St-Michel où il a été construit. Un parc prendra forme dans les prochaines années sur ce site, le Centre deviendra donc de plus en plus visible et accueillant.

2015-centre-de-soccer-de-montreal

La Maison des étudiants de l’ÉTS est venue donner une touche de modernité au campus en pleine expansion de l’école de technologie supérieure. Ce projet de MSDL (les mêmes que pour la Maison de développement durable), est assez spectaculaire. Entre autres pour sa transparence par rapport à la rue. Pratiquement une invitation à y entrer… Inspiré par les activités d’un entrepôt de glace qui occupait autrefois le site, nous apprend le blogue Kollectif, il s’ajoute aux audaces architecturales de Montréal.

2015-maison-des-etudiants-ets

Du côté des constructeurs privés aussi il y a eu de bons efforts de consentis en 2015. Le Myst, un édifice à condos qui longe le Canal Lachine sans diminuer l’accès aux rives pour le public, est l’un de ceux-là. Lui aussi joue sur la transparence et l’élégance, ajoutant un élément prestigieux à son environnement. Comme si nous étions dans une station balnéaire huppée… C’est l’Atelier Chaloub + Beaulieu qui a su tirer profit de cet espace, tout en se démarquant des autres projets environnants.

2015-le-myst-sur-le-canal

Autre projet privé qui se démarque, celui de l’édifice U, sur de la Gauchetière au centre-ville. Les architectes de l’Atelier Big-City ont brisé la façade en ajoutant des angles à toutes les fenêtres, créant la surprise. Situé en face de la Cathédrale Saint-Patrick, il ajoute une touche contemporaine intéressante à ce secteur méconnu, qui compte aussi un paisible parc.

2015-ledifice-u

Enfin, mon projet préféré de l’année 2015, le Rubic sur René-Lévesque, ajoute une touche de couleur à la Ville. Son rouge flamboie et montre tout le potentiel que peut apporter une simple couleur à la beauté d’un édifice. Les audacieux Rayside Labossière (aussi derrière la transformation de l’église Sainte-Germaine-Cousin) sont allé plus loin, testant un concept de construction « par le toit »… Il faut aller lire ce reportage pour comprendre cette première mondiale. Couleur, jeux de profondeur, innovation, dans ce projet, on a osé!

2015-le-rubic

En 2016, c’était au tour du Musée des beaux-arts de Montréal d’ajouter sa brique à l’édifice des constructions originales de notre Ville, avec son Pavillon pour la Paix. Legs du 375e anniversaire de Montréal, il sera complété par un réaménagement complet de la rue Bishop et de ses trottoirs en 2017. Conçue par l’Atelier TAG en consortium avec Jodoin, Lamarre, Pratte, cet édifice ne révolutionne pas la Ville, mais ouvre le musée sur celle-ci de façon étonnante. En le visitant, on se surprend à trouver que l’extérieur peut aussi être considéré comme une œuvre…

2016-musee-des-beaux-arts

Et on continue à oser pour l’avenir…

Plusieurs étonnants édifices sont actuellement en construction, montrant que la vague n’est pas prête de se tarir. J’en suis bien heureux puisqu’ils ajoutent des candidats potentiels pour constituer la liste des édifices patrimoniaux de demain! En voici quelques-uns.

Le Complexe sportif de Saint-Laurent, qui devrait ouvrir en 2017, est à un lancer de ballon de la Bibliothèque du Boisée. Une fois terminé, il surprendra ceux qui ne l’ont pas encore vu sortir de terre. Conçu par Saucier + Perrotte architectes et HCMA (comme le Centre de soccer de Montréal), il s’en démarque toutefois nettement, offrant aux Montréalais une autre réalisation digne de mention.

2017-complexe-sportif-de-saint-laurent

Les balcons en vague du Peterson, situé sur une obscure rue cachée derrière le Quartier des Spectacles, sont uniques et permettent à l’édifice de condos, dessiné par NEUF, de faire sa marque dans le paysage montréalais. Et de prouver que même sur un terrain isolé, on peut créer de la qualité.

2017-le-peterson-par-gilles

Mais mon projet d’édifice coup de cœur, depuis qu’il a été annoncé en 2014, reste le futur siège social de l’Office national du film. Œuvre de Provencher-Roy, cet immeuble coupé par une grande fracture rouge, promet d’étonner les nombreux visiteurs de la Place des Festivals, lors de son inauguration en 2018. Ce sera un grand geste architectural en plein centre-ville, rien de moins qu’un cadeau aux Montréalais.

Édifice de l'îlot Balmoral tel que présenté à l'exposition Montréal du Futur, en 2014, et actuellement en construction

Édifice de l’îlot Balmoral tel que présenté à l’exposition Montréal du Futur, en 2014, et actuellement en construction

Une Politique, pour aller encore plus loin

Alors que de nombreux autres projets prometteurs sont actuellement en construction, 30 instances municipales ont récemment appuyé le projet de Politique nationale de l’architecture porté par l’Ordre des architectes du Québec. Cette Politique vise à nous permettre d’aller encore plus loin en faveur de l’audace architecturale en éliminant plusieurs barrières règlementaires et politiques à l’émergence de plus d’immeubles aux qualités architecturales élevées. Appuyé par 10 arrondissements de Montréal, par la Commission scolaire de Montréal, par Québec, Laval et Gatineau, cette Politique est vue par les instances publiques comme un outil de plus pour construire le patrimoine de demain.

Une vingtaine de pays européens ont déjà leur Politique de l’architecture, après plusieurs années d’efforts pour ajouter de l’audace dans les constructions montréalaises, il est peut-être temps de poser un nouveau geste pour continuer à oser l’architecture.

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