Publié par : cbernier | 29 mai 2016

Les plus beaux bords de l’eau

Dans les prochaines années, nous pourrons profiter de tous nouveaux aménagements au bord du fleuve, et ils s’annoncent très intéressants. Le réaménagement de la jetée Alexandra, qui, à son extrémité, permettra de descendre au niveau de l’eau; la Plage de l’Est; celle de Verdun; l’accès au fleuve devant Habitat 67 pour les surfeurs et le projet de Bain Portuaire sont autant de nouveaux accès au bord de l’eau qui s’annoncent de grande qualité.

Lorsque les villes aménagent le bord de l’eau, certaines voix s’élèvent pour questionner la sécurité. Ce réflexe est fort et plusieurs villes du monde y répondent sans ajouter de clôtures, qui créeraient une frontière entre les gens et l’eau. Heureusement! Les villes améliorent ainsi l’expérience que l’on peut vivre lors d’une promenade sur le bord d’un fleuve ou d’un canal. Découvrez plusieurs exemples, provenant de 14 villes, qui devraient nous inspirer pour nos futurs aménagements, ou nous donner de bonnes idées pour améliorer certains de nos parcs riverains existants…

Les grandes villes du monde

Plusieurs grandes villes du monde pourraient nous servir de modèles pour nos aménagements. Berlin est l’une de celles-là, comme en témoignent les deux photos ci-dessous, l’une prise en plein centre-ville, l’autre dans un quartier limitrophe. De belles promenades sur le bord du fleuve, avec un accès direct à l’eau…

1 BerlinDSCN6514

DSCN7092

Istanbul a aussi su donner une réelle convivialité à certains de ses parcs riverains, qui mériterait d’être étudiée ici:

1 DSCN1523Istanbul

Pour répondre aux enjeux de sécurité, plusieurs villes ont choisi la pente, plutôt que la clôture. Ainsi, si quelqu’un tombe, il se retrouve dans une petite pente, pouvant se sortir de l’eau facilement. On voit de tels aménagements dans plusieurs villes de France, dont Paris:

2 Paris

Et Lyon:

2 Lyon 975

Mais aussi à Porto, au Portugal:

2 Porto10

À Séville, en Espagne:

SévilleDSCN3098

Et à Lucerne, en Suisse, par exemple:

2 Lucerne

Toutefois, pour revenir à une plus grande ville, c’est Lisbonne qui m’a le plus marqué avec ses aménagements de bord de mer. Faisant face à une baie qui lui donne accès directement à l’océan Atlantique, cette ville a misé sur l’accès à l’eau pour améliorer la qualité de vie de ses habitants et des touristes de passage. On y trouve de magnifiques bords de l’eau:

1 Lisbonne DSCN1759

1 Lisbonne Lisbonne1

Les dessous de pont sont aussi mis en valeur et très utilisés par les joggeurs et autres flâneurs:

1 Lisbonne DSCN1146Aménager l'abord des Ponts aussi LXFactory

1 Lisbonne DSCN0929

Le souci du détail va jusqu’à peindre des dauphins sur le socle des piliers du pont… Un bel endroit pour rêver et laisser son esprit prendre le large. Parce qu’à Lisbonne, on nous y invite partout, sur le bord de l’eau:

1 Lisbonne DSCN1780

Mieux, on y a même installé tout ce qu’il faut pour prendre son temps, comme ce bar dans un voilier (oui, il y a un serveur dans le bateau pour nous servir du vin, de la bière ou une boisson gazeuse!), et sa terrasse, qui permet d’observer le mouvements des réels bateaux, qui sont sur l’eau:

1 Lisbonne DSCN0335

On le voit bien, un aménagement agréable du bord de l’eau ne nécessite pas toujours de grands aménagements, il suffit parfois d’installer quelques chaises et d’enlever la clôture qui gêne la vue sur les vagues…

Les villes de canaux

Même les villes qui comptent tout un réseau de canaux ont compris que les clôtures ne sont pas la réponse à tout. Voyons Amsterdam:

3 AmsterdamDSCN5731

L’Homomonument, qui commémore les personnes qui ont été victimes de persécution à cause de leur orientation sexuelle, permet de descendre au raz de l’eau. Situé au coeur de la ville d’Amsterdam, il pourrait nous servir d’inspiration pour des aménagements locaux:

3 AmsterdamDSCN6178

Venise offre aussi à ses promeneurs un horizon sans obstacle visuel:

3 VeniseDSCN1076

C’est vrai sur les très grands canaux de la ville, mais ce l’est aussi sur les plus petits. J’aime beaucoup le petit escalier qui descend dans l’eau, un bel endroit pour s’asseoir et rêvasser:

Venise DSCN0980

Il y a peut-être des leçons à tirer de ces photos pour améliorer notre Canal Lachine?

Il y a des vagues? Et puis après?

Certains s’inquiètent aussi des vagues et des rochers… Et pourtant, ils permettent de tellement beaux espaces! Dubrovnik, en Croatie, l’a bien compris, installant un bar au milieu des rochers qui séparent la fortification de la ville de l’eau. L’effet est spectaculaire:

4 Dubrovnik1

À Sliema, sur l’île de Malte, en pleine mer Méditerranée, il y a des échelles qui descendent dans l’eau à tous les 20 mètres. Là aussi, les vagues et les rochers contribuent au plaisir et à la qualité de vie de la population:

4 Dubrovnic aDSCN2063

Même en Amérique!

Chicago est une autre ville qui pourrait nous servir de modèle dans nos aménagements riverains. Cette ville offre de superbes bords de l’eau à ses habitants et ses touristes, comme celui-ci (qui, au bout, devient une vraie grande plage de sable!):

5 Chicago1

Ou celui-là, en retrait du centre-ville, et qui me fait un peu penser à notre Canal Lachine:

5 ChicagoDSCN7293Transport maritime régulier

Encore plus près de nous, la Promenade Samuel de Champlain, à Québec, est un autre bel exemple d’aménagement en bord de l’eau qui ne compte aucune clôture, offrant aux yeux des passants le fleuve, sans obstacle:

5 Québec aDSCN9127

Montréal a aussi de beaux aménagements pour certaines de ses rives, il serait toutefois si facile d’en bonifier certains autres! La proximité de l’eau a un quelque chose de reposant, qui nous connecte avec ce qui nous entoure. Un sentiment qu’on ne ressent par lorsqu’on reste éloigné ou qu’on est coupé de l’eau par la distance, la hauteur ou un obstacle. Montréal est une île, il ne manque donc pas de berges à mettre en valeur.

Espérons que les projets à venir au Vieux-Port, à Pointe-aux-Trembles et à Verdun seront précurseurs d’une volonté renouvelée d’améliorer l’accès au fleuve, par des aménagements modernes, agréables et ouverts…

Sur le même sujet:

  • L’an dernier, dans mon texte Plages urbaines, je montrais quelques autres exemples d’aménagements sur le bord de l’eau.
  • Et le journaliste Marc-André Carignan nous faisait récemment découvrir d’autres exemples surprenants.

Publié par : cbernier | 12 mai 2016

Un nom comme attraction

Une Ville qui affiche son nom en grosses lettres, pour permettre aux touristes de se photographier avec, est-elle quétaine? C’est une question que je me pose chaque fois que je voyage et que je croise une de ces signatures. Mais invariablement, je la photographie…

C’est donc dire que ça fonctionne? Je ne me pose pas avec, mais c’est tout comme… Et vous, comment réagissez-vous à l’étranger quand vous croisez ces « attractions »?

Tout le monde connaît le I NY, qui jouit d’une bonne réputation. J’ai vu le Only Lyon, soutenu par une foule d’outils qui font des Lyonnais à l’étranger, et même de certains touristes, des ambassadeurs de cette ville française. Avec plus de 22 500 personnes branchées sur leur campagne, on peut dire qu’ils ont bien réussi. À Montréal, l’initiative #MTLmoments de Tourisme Montréal va un peu dans le même sens, mais c’est Contact MTL, l’initiative de Montréal International, qui se rapproche le plus de la campagne de Lyon. L’idée derrière de telles campagnes dépasse en effet largement la simple pose de lettres géantes dans la ville: elles veulent susciter l’engagement. Lyon combine les deux approches.

Moins ambitieux, le I amsterdam d’Amsterdam est néanmoins une réelle réussite, comme en fait foi cette photo :

I Amsterdam

Un peu comme à la plage de Malagueta, à Marbella dans le sud de l’Espagne, où les gens semblent apprécier s’agglutiner autour de cette signature, quitte à se retrouver sur des photos de touristes du monde entier (ou ils s’y agglutinent « pour » se retrouver sur des photos?).

Plage de Malagueta, Malaga

Alors, initiative intéressante, utile ou futile? À l’ère des médias sociaux, il faut se garder de juger trop rapidement… La plupart des grandes villes européennes ont succombé à la tentation de ces signatures et les plus petites villes s’y sont mises elles aussi. Ici même, alors que je ne connais aucun projet de ce genre pour Montréal, la ville de Québec pourrait bien se doter de cette attraction touristique prochainement!

S’inspirera-t-elle de Barcelone, qui a misée sur un nom sous forme d’œuvre d’art, mieux adapté à son centre historique que des pimpantes lettres rouges?

Barcelona

Et Montréal là-dedans? Puisque le MTL fait de plus en plus l’unanimité des initiatives de promotion de la ville, pourrait-on voir apparaître ces trois lettres sur certains sites choisis pour mousser notre ville à l’international? Je verrais bien ces trois lettres se promener d’un festival à l’autre, dépassant la foule lors des concerts et des spectacles, apparaître dans les photos promotionnelles de la ville, etc… Et pourquoi ne pas y joindre une section de la fameuse rosace, logo de la Ville, qu’il est si facile de confondre avec un coeur? Tellement que la Ville l’a déjà utilisé ainsi dans une campagne de publicité en 2008.

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Évidemment, puisque je ne suis pas graphiste, il faudrait retravailler un peu le concept😉 Ou reprendre celui de 2008…

Avec notre 375e anniversaire qui s’en vient, à défaut de reprendre l’idée d’ajouter un M à gauche de la croix du Mont-Royal et un L à droite, pour former un gigantesque « MtL », il y a peut-être là une idée de promotion à explorer. Quoi qu’il en soit, Montréal, qui cherche à se faire reconnaître pour ses créateurs, aurait avantage à bien réfléchir sa mise en marché international, pour tirer profit de la visibilité, des échanges économiques et du tourisme que de telles campagnes peuvent générer…

Une campagne plus subtile, misant sur des forces qui nous distinguent, et faisant appel aux mêmes mécanismes d’appropriations que permettent les signatures plus conventionnelles, serait peut-être plus marquante. C’est ce que suggère cet intéressant texte sur le sujet : « la puissance des marques se mesure justement à leur capacité à s’effacer ». Alors, comment évoquer Montréal, pour un étranger, sans utiliser le nom de la ville? Sans paraître quétaine? La question est lancée!

En complément de ce texte :

 

Publié par : cbernier | 21 avril 2016

Camouflage urbain

Que faire avec du mobilier urbain terne et encombrant? Comme ces boîtes électriques et autres armoires de métal (à l’usage souvent mystérieux) qui déparent plusieurs de nos parcs et trottoirs… Mais le déguiser, voyons! Ainsi, on peut redonner un peu de lustre à des espaces publics qui souffrent de la présence de cette nuisance. Comment? Voici 3 techniques intéressantes utilisées ici ou dans d’autres villes du monde :

Faire disparaître l’intrus

À Côte-Saint-Luc, on maquille maintenant certaines des boîtes électriques (et autres laideurs) qui sont sur le domaine public avec des motifs de camouflage. L’expérience donne de bons résultats, comme on peut le voir ci-dessous. Faux lierre, fausse fougère ou fausse clôture de bois, c’est l’environnement qui dicte le motif choisi.

Camouflage urbain Côte-Saint-Luc 1

Côte-Saint-Luc

Camouflage urbain Côte-Saint-Luc 4

Côte-Saint-Luc

L’ensemble est nettement plus agréable à l’oeil que des boites grises, avouez! Au Pays-Bas, l’artiste Roeland Otten est passé maître dans l’art de fondre de telle boite dans leur décor, comme le montrent les quelques photos disponibles ici. L’artiste photographie l’environnement tel qu’on le verrait si la boîte n’encombrait pas le paysage et colle ces photos sur celles-ci, pour les faire littéralement disparaître.

En Californie, l’artiste Joshua Callaghan utilise un procédé similaire, mais en ajoutant parfois des éléments à la photo, comme des fleurs, des bancs publics, etc. Une autre façon de rendre les boîtes électriques pratiquement invisibles…

Lancer un appel aux artistes

Si on peut noyer ces boites dans le décor, comme on vient de le voir, on peut aussi, au contraire, les rendre encore plus visibles. En faisant appel à des artistes, les boîtes grises peuvent prendre toutes sortes de couleurs et contribuer à colorer la ville… C’est le choix qui a été retenu sur le Plateau. Il y a encore peu de ces boîtes entièrement peintes, mais elles agrémentent vraiment bien les parcs où j’ai eu la chance d’en voir.

Camouflage urbain sur Laurier près de St-Laurent

Parc Saint-Michel sur le Plateau

Camouflage urbain dans le square métro Sherbrooke

Carré Saint-Louis

Il y a eu un projet très intéressant il y a 5 ans à Québec, qui nous permettait, entre autres, de croiser un coyote en plein quartier Saint-Roch. L’illusion était parfaite, comme vous pouvez le voir sur cette photo:

Camouflage urbain à Québec

J’étais loin de me douter qu’une trentaine d’œuvres étaient disséminées dans le quartier grâce au projet Artistique avenue de l’organisme ExMuro… Elles étaient bien là, maquillant la ville, pour nous surprendre au détour d’une promenade. Avoir su que le projet ne durerait qu’un an, j’en aurais fait le tour! Quoi qu’il en soit, l’initiative mérite d’être soulignée et pourquoi pas, copiée!

D’autres villes proposent des programmes artistiques de transformation de leurs boîtes électriques en œuvres d’art, comme Toronto et Brisbane (Australie). En Suisse, pour faire pratique, c’est un catalogue de photos de cartes postales qu’on propose aux villes pour recouvrir les boîtes électriques de l’entreprise SIG. Dans ce dernier exemple, on est loin du projet Artistique avenue de Québec, mais c’est quand même mieux que de les laisser ternes et grises.

Utiliser la créativité du Street art

À défaut de tels programmes, certains artistes du graffiti de Montréal ont fait la preuve de leur créativité en maquillant, à leur goût, certaines boîtes électriques de la ville.

Parc Lafontaine

Parc Lafontaine

Parc des Royaux

Parc des Royaux

Dans un effort plus structuré, les 15 boîtes électriques de la rue Das Floras, à Porto, ont été peintes par des artistes du Street art qui oeuvrent dans cette ville portugaise. La rue, très touristique, y gagne une touche de fantaisie des plus agréables, tout en offrant à la Ville une image de dynamisme et de créativité qu’on pourrait envier… N’avons-nous pas, ici à Montréal, deux des plus importants festivals de Street art au monde, avec UnderPressure et MURAL? À quand un tel projet sur Saint-Laurent ou Sainte-Catherine?

Camouflage urbain à Porto 2

Camouflage urbain à Porto 3

Pour voir d’autres images de la rue Das Floras, c’est par ici.

Inspiré par cette expérience avec le Street art, par les démarches artistiques conventionnelles comme celle de Artistique avenue ou par des efforts de camouflages présentées au début de ce texte, implanter à Montréal de telles façons de faire pourrait être agréable, non? Cela offrirait de petites touches de couleurs et d’art en ville qui pourraient créer toute une différence dans notre paysage urbain. Une forme d’acuponcture urbaine pour embellir et dynamiser nos quartiers… Après Côte-Saint-Luc et le Plateau, quel sera le prochain secteur de la l’île à organiser le camouflage de ses boîtes électriques?

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Publié par : cbernier | 6 avril 2016

Bixi et ses cousins

C’est le vendredi 15 avril prochain que redémarre la saison du Bixi, qui se prolongera jusqu’à la mi-novembre. Pour moi, c’est à chaque année une grande fête : retrouver ce moyen de transport, si agréable lors du retour du beau temps, et si pratique tout au long de l’été! 8e saison déjà, 8e abonnement annuel. Je ne reviendrai pas sur mon amour de ce vélo en libre-service, je l’ai déjà exprimé dans mon texte Bixi pour la vie, en 2014. Cette fois-ci, j’ai le goût de vous parler du vélo en libre-service ailleurs dans le monde. Car si Montréal a été assez avant-gardiste dans ce domaine, aujourd’hui, plus aucune ville d’importance sur la planète ne peut se passer de ce mode de transport alternatif!

Il faut voir la carte nord-américaine des services de vélo-partage pour comprendre à quel point c’est rendu vrai. Même les États du Sud s’y sont mis. Parfois avec de simples projets pilote, mais quand même! Et tellement d’autres villes pensent à l’implanter (les ? sur la carte) :

Le vélo-partage en Amérique du Nord

Un exemple parmi tant d’autres, Miami et South Beach se sont dotées d’un vrai service de vélo-partage, avec 1750 vélos et 170 stations (comparativement à près de 5000 vélos et 460 stations à Montréal):

Miami

Plus au Nord, la ville de Chicago, bien qu’elle utilise les technologies développées par Bixi, cherche maintenant à devancer Montréal pour détenir le plus gros service de vélos en libre-service des Amériques. En nombre de vélos, Montréal menait toujours l’an dernier, mais en nombre de stations, la « Windy City » nous aurait dépassés de quelques stations…

Chicago

Il y a un an, j’ai eu la chance de visiter Buenos Aires, en Argentine. La ville était en pleine implantation des bornes de stationnement de son tout nouveau système de vélos en libre-service. Comme celui de Paris, mais contrairement à celui de Montréal (qui peut être déplacé), leur système nécessitait d’importants travaux de connexions électriques souterraines. C’est en voyant plein de rues en travaux, pour la mise en place de ce service, que j’ai vu à quel point le Bixi était innovant. Ses stations sont mobiles, alimentées à l’énergie solaire, elles peuvent être déplacées en tout temps et en plus, elles sont jolies!

Service temporaire pendant l'installation à BuenosAires

Service temporaire pendant l’installation du nouveau système de vélos en libre-service de Buenos Aires

D’ailleurs, notre Bixi se compare tout aussi avantageusement face aux services similaires qui existent en Europe. Bien qu’ils soient aussi pratiques et agréables pour les touristes que l’est le Bixi pour les Montréalais, vous verrez, nos vélos et nos bornes de stationnement ont quelque chose que les autres n’ont pas… Pour vous en donner un aperçu, voici quelques exemples :

Barcelone

Barcelone

Berlin

Berlin

Bruxelle

Bruxelles

Istanbul

Istanbul (Turquie)

Marseille

Marseille

Milan

Milan

Monaco

Monaco

Nice

Nice

Paris

Paris

Rome

Rome

Avouez que le Bixi est plus beau! Tout comme le sont ses bornes de stationnements. Nous avons la chance de profiter d’un des meilleurs services de vélo en libre-service du monde, pourquoi s’en passer? En plus, il nous familiarise avec ce mode de déplacement alternatif, tellement pratique lorsqu’on visite une ville étrangère! Pouvoir prendre un vélo, visiter un quartier, s’arrêter et le stationner pour entrer dans quelques boutiques ou un musée, puis repartir… C’est un peu l’offre que nous fait Bixi, à Montréal : devenir un touriste dans votre ville, en utilisant un moyen de transport qui vous incite à admirer la ville, à l’observer, à en profiter, tout en prenant le temps de vivre pleinement… Ici et ailleurs, profitez-en!

À Montréal ou lors de vos voyages, avez-vous osé vivre l’expérience du vélo en libre-service? Racontez-le nous en commentant cet article!

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Publié par : cbernier | 11 mars 2016

Comment empiler les voitures au centre ville?

Je n’ai jamais été favorable aux stationnements étagés jusqu’à ce que je croise le 1111 Lincoln Road de Miami. Installé à l’extrémité d’une surprenante rue piétonne où les voitures ont fait place à une végétation luxuriante, il marque le paysage avec éclat. Tellement que je me suis demandé si, tout compte fait, de tels stationnements ne pourraient pas, dans certains contextes, être une alternative correcte pour combattre l’encombrement de nos centre villes par les voitures…

Le 1111 Lincoln Road de Miami, vu de la rue piétonnisée

Le 1111 Lincoln Road de Miami, vu de la rue piétonnisée

La construction possible d’un stationnement étagé sur le côté du Square Phillips, à Montréal, est venue cristalliser cette question dans mon esprit. Si un tel projet voit le jour à Montréal, il faudrait qu’il s’inspire de ce qui se fait de mieux! Sinon, l’édifice nuira au centre-ville pour des décennies…

Miami compte plusieurs autres stationnements étagés intéressants, comme ce mur de points multicolores :

MiamiDSCN3604

Chicago (et le monde) contemple depuis 1964 la Marina City. Tellement que la Ville vient de le désigner « Official Landmark » pour lui assurer une certaine protection! Les premiers étages de ces deux tours, qui sont des stationnements, s’agencent étonnamment bien avec le reste de l’édifice.

Chicago DSCN6668

Les villes américaines sont des championnes de la construction de parkings étagés, il n’est donc pas surprenant de trouver des palmarès des plus beaux d’une ville, comme dans ce texte : Five Most Beautiful Parking Garages (Yes, Parking Garages) in Los Angeles.

On organisait même, récemment, une compétition d’architectes pour proposer un nouveau parking étagé à New York! Les propositions faites étaient des plus réussies…

Il n’y a pas que les États-Unis qui construisent de tels stationnements, l’Asie ne s’en prive pas, entre autres avec cette tour de Hong Kong, qui intègre du verdissement aux étages utilisées comme stationnements, ce qui lui donne des airs de jardin suspendu.

Beaucoup plus proche de nous, le stationnement de la Falaise Apprivoisée, à Québec, a reçu le prix du public aux Mérites d’architecture de la Ville! Surprenant, puisqu’il était vivement contesté lors de sa construction. Il faut croire que lorsqu’ils sont bien pensés et adaptés à leur environnement, de tels stationnements étagés peuvent finir par être adoptés par leur voisinage…

Québec basse-ville

Les concours pour penser ces places de stationnements superposés sont assez populaires dans le monde, on en trouve rapidement plusieurs sur les moteurs de recherche, dont celui organisé à Québec, l’an dernier. Encore une fois, les propositions faites étaient des plus intéressantes…

Toutefois, même avec les meilleures intentions, certains projets finissent pas être détruits parce qu’ils nuisent à la ville, comme ça a été le cas à Nice… Son immense stationnement étagé en bordure de la vieille ville, qui offrait pourtant des jardins sur son toit et des terrains de sports, a été démantelé ces dernières années. Mur dans la ville, il rebutait les habitants qui boudaient ses espaces verts en hauteur.

Nice Esplanade du Paillon avant et après

À gauche, photo de l’affiche qui montrait le stationnement avant qu’on entreprenne sa destruction, il y a quelques années.

Malgré plusieurs réussites, l’intégration d’un stationnement étagé dans la trame d’une ville reste donc un pari risqué. Si, malgré tout, on décide d’en construire un, il faut toujours se rappeler qu’on a le choix entre ce genre de construction là ou ça :

Miami ça ou ça

Ajout d’avril 2016: Marc-André Carignan nous propose d’autres exemples inspirants.

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Publié par : cbernier | 3 mars 2016

Quand l’art change la ville

Chaque année, j’attends avec impatience le début d’Art Souterrain. En introduisant des œuvres d’art dans le Montréal souterrain, ce festival modifie à tout jamais notre expérience des corridors sous la ville. Jusqu’au 20 mars, plus de 70 installations, sculptures, photos et autres oeuvres sont intégrées au Montréal souterrain, créant une expérience absolument unique. Je vous invite à les découvrir! Vous verrez, les œuvres marquantes resteront gravées dans votre imaginaire et habiteront toujours le lieu où elles vous ont surpris. Et si vous répétez l’expérience quelques années, ce sont la plupart de ces corridors que vous ne verrez plus jamais de la même manière…

2016 est une cuvée intéressante d’Art Souterrain, qui mérite le détour. On aimerait plus d’installations, toutefois celles qui sont exposées cette années sont des plus intéressantes. On aimerait aussi que les oeuvres soient disséminées sur un circuit plus court, bien que l’initiative de présenter le tout comme 3 parcours distincts soit une bonne idée. Au chapitre des bonnes idées, il y en a deux autres qui méritent d’être soulignées, soit l’heureuse association avec la Banque d’oeuvre du Conseil des Arts du Canada et la Collection Loto-Québec; et la diminution des présentations vidéos au profit de la photo. Il faut d’ailleurs souligner la beauté de la série Gods of Suburbia (corridor entre la Place des Arts et le complexe Guy Favreau) et l’étrangeté de celle de I was here (corridor de la station Square-Victoria menant à la Place de la Cité internationale-OACI).

Une des photos de la série Gods of Suburbia, de Dina Goldstein

Une des photos de la série Gods of Suburbia, de Dina Goldstein

Une des photos de la série I was here, de Ambroise Tézenas

Une des photos de la série I was here, de Ambroise Tézenas

Cette merveilleuse manifestation artistique ne dure que trois semaines, il faut donc en profiter rapidement! Ensuite, il faudra compter sur vos souvenirs (et vos photos) pour prolonger la durée des changements de la ville souterraine qui vous auront marqués… C’est un peu dans cet esprit que j’écris ce texte, pour vous montrer concrètement à quel point Art Souterrain change la ville pendant ses trois semaines d’activités, mais aussi de façon plus durable, en modifiant nos perceptions des souterrains, et surtout, en nous faisant connaître le talent d’artistes d’ici et d’ailleurs.

Rétrospective et perspectives

Pour bien montrer l’ampleur phénoménale de ces œuvres éphémères, réparties sur 7 km de parcours, j’ai fait une sélection de photos de celles qui m’ont le plus marqué au cours des dernières années. De celles qui, selon moi, auraient dû être achetées à celles qui laissent un souvenir impérissable et de celles qui montrent tout le potentiel d’un espace souterrain à celles qui surprennent par leur simplicité.

Le seul cas d’œuvre restée sur place après l’événement Art Souterrain que je connaisse est la murale de Rafael Sottolichio, sous le Centre de Commerce Mondial. Avouez qu’elle change l’ambiance :

2012 murale de Rafael Sottolichio, « Circulations »

Avant 2012 et après 2012, avec la murale de Rafael Sottolichio, Circulations

Si d’autres avaient été conservées, voyez maintenant ce que ça changerait, un peu partout, dans le Montréal souterrain.

Les oeuvres qui auraient dû être achetées

J’aurais aimé que le Palais des Congrès, qui utilise déjà les couleurs sur sa façade, acquière cette œuvre d’art inspirée du lieu. Elle animait merveilleusement un de ses accès les plus ternes à partir du Montréal souterrain :

Infiltration, de France Dubois (2010)

Infiltration, de France Dubois (2010)

Avouez que c’est nettement plus beau avec ces lumières de couleur que sans:

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Même endroit, en 2016

La Gare centrale aurait aussi pu ajouter une note d’humour à son hall en adoptant cette oeuvre, tout à fait adaptée au contexte :

Loren Williams (2014)

Départs – Arrivées (une colonne de valises), de Loren Williams (2014)

Une des photos qui aurait le plus méritée d’être achetée pour devenir permanente est cet intéressant montage, qui montre le mur où il est accroché, qui montre le mur encore, pour nous ramener au fait qu’il s’agit d’une photo avec un « je suis ici ». Ce montage aurait l’avantage d’animer efficacement, et à peu de frais, un des endroits les plus ternes du Montréal souterrain :

Guylaine Séguin 2010

Guylaine Séguin nous amène à confondre la réalité et le passé (2010)

Voyez maintenant le même endroit, mais sans l’intervention d’Art Souterrain…

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Même endroit, en 2016

Les oeuvres qui laissent un souvenir impérissable

Le Complexe Guy-Favreau serait plus accueillant si son coin salon était resté plus longtemps que les quelques jours de l’édition d’Art Souterrain de 2010 :

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Cet édifice, un peu terne avouons-le, profite en 2016 d’une autre oeuvre particulièrement bien agencée… Elle est brune et argent, comme le hall qui l’accueille. L’effet est plus spectaculaire sur place, mais voici quand même a photo:

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Jeux de tables, de Michel de Brouin (2016)

Enfin, autre souvenir impérissable, le corridor menant à la Tour de la Bourse, à partir du métro, ne sera plus jamais le même pour celles et ceux qui ont vu sa transformation de 2013 :

Labyrinthe de l'archétype éternel de Shyra De Sousa

Labyrinthe de l’archétype éternel, de Shyra De Sousa (2013)

Les oeuvres qui montrent tout le potentiel d’un espace souterrain

Un corridor anonyme du Montréal souterrain deviendrait subitement intéressant si l’œuvre qui l’anime pendant Art Souterrain restait tout au long de l’année… Prenons cet exemple d’un même corridor, visité en 2011 et 2012 :

6 2011 et 2012

Couloir du crépuscule, de France Dubois (2011) et La Marelle, de Martine Frossard et Isabelle Guichard (2012)

Les dessous d’escaliers non plus ne seraient plus jamais les mêmes… Ici, l’escalier qui mène à la Place Jean-Paul-Riopelle à partir du souterrain, en 2010, 2011 et 2012 :

Escalier menant à la Place Jean-Paul-Riopelle

En 2010, Espèce d’Espace, de Catherine Grabherr, nous interrogeait sur la nature urbaine souterraine. En 2011, au même endroit, L’hibernation des nymphéas, de Lisette Lemieux, nous attendait. En 2012, Transhumances, de Zoné Vert, occupait le même dessous d’escalier. 3 années, 3 ambiances, 1 dessous d’escalier…

En reprenant l’idée de l’achat d’œuvre ou d’installation à plus long terme, le corridor de l’OACI aurait pu devenir une galerie d’art si on y avait laissé ces deux œuvres :

Corridor-Galerie

En 2015, Michel De Brouin nous offre deux oeuvres phares dans le corridor de l’OACI: Blowback et L’abîme de la Liberté

Il faut toutefois avouer le les installations qui animent ce corridor en 2016 mériteraient elles aussi de devenir permanentes, tellement elles valent le détour… Il faut aller les voir pour comprendre! Alors, pourquoi ne pas y laisser ces oeuvres toute l’année, jusqu’à la prochaine édition d’Art Souterrain?

Enfin, les oeuvres qui surprennent par leur simplicité

Même des interventions plutôt simples sont impressionnantes dans certains contextes. Les mystérieuses portes noires disséminés sur le parcours d’Art Souterrain, en 2013, en sont un exemple. Après en avoir croisé deux, je ne pouvais pas m’empêcher d’imaginer ce qu’elles pourraient cacher :

9 2013aDSCN0304

4 fausses entrées de tunnel, oeuvre de Loren Williams, animaient les souterrains en 2013

Ces panneaux de signalisation, utilisés en 2014 au sous-sol du Complexe Les Ailes, m’avaient marqués. Disposés en cercle, ils nous invitaient à tourner en rond!

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Panneaux pédestres, de Timeanddesire (Denise St Marie et Timothy Walker) (2014)

Cette année, il y a 4 oeuvres au Complexe, mais ce sont celles du Centre Eaton, voisin, qui ont retenues notre attention. En particulier, son étrange vidéo (une des rares en 2016):

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Night Gallery, de Johann Baron Lanteigne (2016)

Et cette oeuvre, des plus surprenantes (merci au Centre d’avoir osé l’accueillir!):

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Port-O-Potty, de Zeke Moores (2016)

Ainsi, que ce soit pour les souvenirs qu’il nous procure ou pour découvrir ce qu’il a à nous offrir, le festival d’art contemporain Art Souterrain mérite de se retrouver dans vos rendez-vous incontournables de l’année… Vous avez jusqu’au 20 mars pour le constater par vous-même!

Et vous, quels souvenirs impérissables gardez-vous de votre passage à Art Souterrain?

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Publié par : cbernier | 25 février 2016

Transformer la ville, le temps d’une Nuit Blanche… ou +

La Nuit Blanche est tellement un événement fantastique qu’elle a inspiré la création de ce blogue il y a 6 ans. En effet, c’est chaque année une débauche d’activités qui, mine de rien, transforment radicalement la ville. En 2010, j’écrivais que la Nuit Blanche est la nuit de tous les possibles. Je le pense toujours et je reste convaincu qu’elle contribue à d’autres possibles, qui s’expriment ensuite tout au long de l’année, comme j’en parlais ici. Je vais maintenant vous le démontrer en prenant quatre exemples concrets :

Comment la Nuit Blanche change notre rapport à l’hiver

En réussissant à devenir un grand happening, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, la Nuit Blanche (et le festival Montréal en lumière qui l’organise) a réussi à démontrer que les Montréalais avaient le goût de vivre leur nordicité. Que s’il ne se passait presque rien l’hiver dans le passé, hormis des activités sportives, ce n’était pas parce que les gens n’avaient pas le goût, mais parce qu’on ne leur offrait pas assez d’occasion. Aujourd’hui, avec Igloofest et la Fête des Neige qui la précèdent, la Nuit Blanche inspire de plus en plus d’activités, comme la Fête des Glaces qui vient de se terminer sur la rue Saint-Denis, le Carnaval d’hiver de Verdun ou le Carnaval hivernal d’Hochelaga-Maisonneuve (les 27 et 28 février 2016).

La création d’un tel momentum au cœur de l’hiver permet de rêver à une vraie saison touristique urbaine, capable d’attirer des visiteurs de partout. L’œuvre Îlot de chaleur, installée dans le Quartier des Spectacles jusqu’au 5 mars, est un des éléments qui permettent de se démarquer en ce sens. Jouant sur l’idée d’un feu de joie, cette œuvre lumineuse et interactive s’inscrit dans l’imaginaire lié à la saison froide, impossible à recréer là où il n’y a pas de neige. En multipliant ces clins d’œil sympathiques à l’hiver, on change les perceptions des Montréalais comme des touristes et on se démarque à l’international.

Îlot de chaleur (2016)

L’installation Îlot de chaleur peut être visitée jusqu’au 5 mars 2016

Comment des lieux méconnus en profitent pour se faire connaître

Chaque année, trois événements de la Nuit Blanche m’attirent comme un aimant puisque je sais que je ne serai pas déçu : ce sont ceux du Belgo, du Gesù et de Art Souterrain, je vous les recommande. À leurs façons, ils explorent de nouvelles pratiques culturelles, en marge des grandes institutions, décalées, différentes. En osant, elles nous transportent ailleurs…

Le Belgo est un des épicentres de la créativité lors de la Nuit Blanche. Les nombreuses galeries d’art de l’édifice de la rue Sainte-Catherine offrent une panoplie d’activités. Lors de cette folle nuit, les galeries s’improvisent bar ou piste de danse, et célèbrent l’art sous toutes ses formes. La formule attire et était récemment l’inspiration de 2 Soirées Belgo. En réinventant l’accueil offert dans leurs galeries, elles réussissent à séduire de nouveaux publics, tout en créant un événement plus grand que la somme des activités offertes par chacune des galeries participantes.

Belgo

Vivre l’expérience du Gesù lors de la Nuit Blanche est aussi toujours marquant. Dans une magnifique église, différentes manifestations artistiques se succèdent. Jusque- là, c’est assez banal. Mais les éclairages rouges qui illuminent les sculptures de Saints et la cérémonie de vœux qu’on fait brûler sur l’hôtel, créent un univers parallèle des plus surprenants! On aimerait de telles manifestations artistiques plus souvent dans l’année! Le projet de transformation de l’église en lieu culturel pourrait ouvrir la porte à l’installation permanente de cet univers parallèle…

Gésù

Le Gesù lors de la Nuit Blanche… Mystique!

À ces deux adresses, s’ajoutent chaque année une foule de propositions originales. Celles qui m’intriguent cette année ont lieu dans des hôtels! Le Germain, avec un étage de chambres transformées en autant de salles pour faire connaître des artistes et des artisans fait partie de mes coups de cœur. De son côté, le nouvel Hôtel Renaissance ouvre sa terrasse sur le toit pour une soirée où mixologues et DJ s’inspireront mutuellement, pour nous offrir une expérience sensorielle nouvelle…

C’est dans ce même esprit d’influence entre disciplines que la coopérative On est 10 invite les noctambules à son Color bar. Si on en croit cette vidéo, ce sera surprenant! C’est une des principales qualités de la Nuit Blanche : nous permettre d’oser entrer dans des lieux culturels que nous n’aurions jamais visité autrement. Une occasion de découvrir et d’adopter ces lieux, si nombreux à Montréal, mais qu’on connaît peu.

Voyez la carte des activités de la Nuit Blanche, il n’y aurait pas assez de nuits dans l’année pour qu’on les découvre toutes! Il faut donc se laisser porter par le hasard, les mouvements de foule, l’inspiration et profiter de cette occasion unique pour sortir des sentiers battus. Il y a tant de lieux culturels méconnus que vous auriez avantage à connaître!

D’ailleurs, cette carte est intéressante même si vous ne participez pas à la Nuit Blanche, puisqu’elle peut inspirer vos prochaines explorations culturelles…

Comment la Ville en profite pour mettre en place des initiatives intéressantes

Tout le monde profite de la Nuit Blanche pour sortir de sa zone de confort. Ainsi, si tous ces lieux culturels restent ouverts, que les centres d’achats du centre-ville prolongent leurs heures, tout comme plusieurs comptoirs lunchs, c’est aussi un moment utilisé par la Ville et ses composantes pour faire les choses différemment. Il y a aussi la STM qui garde le métro ouvert toute la nuit, un événement trop rare qu’il faudrait au moins répéter pour le jour de l’an! Et il y aura une autre surprise cette année.

Il y a deux ans, inspiré lui aussi de la Nuit Blanche, le Maire proposait que certains bars puissent rester ouverts jusqu’à 6h du matin… Ça m’avait inspiré un texte sur notre vie nocturne et les modèles de conciliation de la vie de nuit et la vie en société. Et bien cette année, 9 bars permettront aux fêtards de faire une vraie nuit blanche. Concentrée dans le Quartier Latin, l’initiative sera suivie de près par la Ville, qui aimerait bien que l’expérience s’étende un peu. Ce sera un genre de projet-pilote. Et un happening unique pour ceux qui en profiteront pour veiller!

Il serait intéressant que le Bureau d’art public soit lui aussi inspiré par la Nuit Blanche. Je rêve que des œuvres présentées par Art Souterrain lors de cette nuit (et pour trois semaines cette année!) deviennent permanentes. Même si ce n’était qu’une par année, le Montréal souterrain compterait maintenant 7 œuvres supplémentaires sur le trajet proposé par Art Souterrain pour sa 8e édition. Et si, en plus, certains gestionnaires d’immeubles où sont installées ces œuvres à partir de la Nuit Blanche en avaient profité pour en acquérir, notre ville intérieure serait aujourd’hui beaucoup plus colorée…

Comment Art Souterrain change nos perceptions sur la ville intérieure

Chaque année, j’attends avec impatience le début d’Art Souterrain. En introduisant des œuvres d’art dans le Montréal souterrain, ce festival modifie à tout jamais notre expérience des corridors sous la ville. Les œuvres marquantes restent gravées dans notre imaginaire et habitent à tout jamais le lieu où elles nous ont surpris.

Le seul cas d’œuvre restée sur place, après l’événement Art Souterrain, que je connaisse est la murale de Rafael Sottolichio, sous le Centre de Commerce Mondial. Avouez qu’elle change l’ambiance :

2012 murale de Rafael Sottolichio, « Circulations »

Avant 2012 et après 2012, avec la murale de Rafael Sottolichio, Circulations

Pour bien vous montrer l’ampleur phénoménale de ces 60 œuvres éphémères, réparties sur 7 km de parcours, j’ai fait une sélection de photos de celles qui m’ont le plus marqué au cours des dernières années. De celles qui auraient dû être achetées à celles qui laissent un souvenir impérissable et de celles qui montrent tout le potentiel d’un espace souterrain à celles qui surprennent par leur simplicité. Chaque année c’est la même chose, plusieurs oeuvres nous touchent et continuent à exister dans notre mémoire. Mais si certaines avaient été conservées, voyez ce que ça changerait un peu partout dans le Montréal souterrain.

Celles qui auraient dû être achetées

J’aurais aimé que le Palais des Congrès, qui utilise déjà les couleurs sur sa façade, acquière cette œuvre d’art inspirée du lieu et qui animait merveilleusement un de ses accès à partir du Montréal souterrain :

Infiltration, de France Dubois (2010)

Infiltration, de France Dubois (2010)

La Gare centrale aurait pu ajouter une note d’humour à son hall, en adoptant cette oeuvre :

Loren Williams (2014)

Départs – Arrivées (une colonne de valises), de Loren Williams (2014)

Une autre œuvre qui aurait pu être achetée pour devenir permanente est cet intéressant montage photo, qui montre le mur où il est accroché. Il aurait eu l’avantage d’animer efficacement à peu de frais un des endroits les plus ternes du Montréal souterrain :

Guylaine Séguin 2010

Guylaine Séguin nous amène à confondre la réalité et le passé (2010)

Celles qui laissent un souvenir impérissable

Le Complexe Guy-Favreau serait plus accueillant si son coin salon était resté plus longtemps que les quelques jours de l’édition d’Art Souterrain de 2010 :

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Le corridor menant à la Tour de la Bourse ne sera plus jamais le même pour celles et ceux qui ont vu sa transformation de 2013 :

Labyrinthe de l'archétype éternel de Shyra De Sousa

Labyrinthe de l’archétype éternel, de Shyra De Sousa (2013)

Celles qui montrent tout le potentiel d’un espace souterrain

Un corridor anonyme du Montréal souterrain deviendrait subitement intéressant si l’œuvre qui l’anime pendant Art Souterrain restait tout au long de l’année… Prenons cet exemple d’un même corridor, visité en 2011 et 2012 :

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Couloir du crépuscule, de France Dubois (2011) et La Marelle, de Martine Frossard et Isabelle Guichard (2012)

Les dessous d’escaliers non plus ne seraient plus jamais les mêmes… Ici, l’escalier qui mène à la Place Jean-Paul-Riopelle à partir du souterrain, en 2010, 2011 et 2012 :

Escalier menant à la Place Jean-Paul-Riopelle

En 2010, Espèce d’Espace, de Catherine Grabherr, nous interrogeait sur la nature urbaine souterraine. En 2011, au même endroit, L’hibernation des nymphéas, de Lisette Lemieux, nous attendait. En 2012, Transhumances, de Zoné Vert, occupait le même dessous d’escalier. 3 années, 3 ambiances, 1 dessous d’escalier…

En reprenant l’idée de l’achat d’œuvre ou de leur installation à plus long terme, le corridor de l’OACI aurait pu devenir une galerie d’art si on y avait laissé ces deux œuvres :

Corridor-Galerie

En 2015, Michel De Brouin nous offre deux oeuvres phares dans le corridor de l’OACI: Blowback et L’abîme de la Liberté

Celles qui surprennent par leur simplicité

Même des interventions plutôt simples sont impressionnantes dans certains contextes. Les mystérieuses portes noires disséminés sur le parcours d’Art Souterrain en 2013 en sont un exemple. Après en avoir croisé deux, je ne pouvais pas m’empêcher d’imaginer ce qu’elles pourraient cacher :

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4 fausses entrées de tunnel, oeuvre de Loren Williams, animaient les souterrains en 2013

Enfin, ces panneaux de signalisation utilisés en 2014 au cœur d’un centre commercial m’avaient marqués. Disposés en cercle, ils nous invitaient à tourner en rond!

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Panneaux pédestres, de Timeanddesire (Denise St Marie et Timothy Walker) (2014)

Quelles surprises nous réservent l’édition de la Nuit Blanche de cette année? Il faut y participer samedi pour le savoir! Et quels souvenirs impérissables graveront dans notre mémoire Art Souterrain? Nous aurons du 27 février au 20 mars pour le découvrir!

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La Nuit Blanche, nuit de tous les possibles, vous attend encore cette année: c’est ce samedi, le 27 février. Ajoutez cet amalgame d’événements à votre agenda, vous verrez qu’il contribuera à changer votre regard sur la ville! En vous donnant accès à tout ce qui y est caché, cette seule nuit pourra alimenter vos découvertes à venir pour l’année entière. C’est assurément un rendez-vous à ne pas manquer!

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Publié par : cbernier | 12 février 2016

Tokyo : des idées inspirantes

En voyage, j’aime remarquer les façons de faire différentes, les initiatives intéressantes et les bonnes idées qu’on pourrait intégrer à notre ville. Il y a un peu plus de 2 ans, j’ai eu la chance de découvrir Tokyo, une ville aussi fascinante que gigantesque. Avec ses 13 millions d’habitants, c’est pourtant une ville à dimension humaine, aussitôt qu’on prend la peine d’entrer dans ses ruelles, cachées derrière les immeubles et sous les viaducs. C’est aussi une ville hyper organisée et une métropole qui sait se démarquer. Voyez comment Tokyo pourrait être inspirante pour Montréal.

Savoir créer une ambiance de village

Un peu partout à Tokyo, il y a de petites ruelles de micro-restaurants dissimulés aux touristes inattentifs. Bien affichés en japonais, ces regroupements de minuscules restos comptent souvent moins d’une douzaine de places assises et sont suffisamment rustiques et entassés pour intimider les touristes qui ont malgré tout réussi à s’y infiltrer. Construits de bois et plutôt rudimentaires, ils offrent une cuisine bon marché dans une ambiance absolument incroyable. Même si le concept s’appliquerait mal à Montréal, il montre qu’un rassemblement de toutes petites boutiques peut générer suffisamment de fréquentation pour être viable… Un modèle d’affaires à explorer?

Ruelles de restos Tokyo

L’affiche orange montre qu’il y a, dans cette seule ruelle, une cinquantaine de micro-restaurants!

Ruelles de restos 2 Tokyo

Et voici de quoi ils ont l’air: à gauche, celui où je suis allé manger, au 2e étage, en montant l’escalier (!) et celui de droite, le resto voisin…

A défaut d’aller à Tokyo découvrir ces restaurants, dans le texte Les meilleurs tapas en ville, je vous suggère un resto de Montréal, le Kinoya, qui s’inspire de ces micro-restos.

Encore plus surprenant, certaines de ces ruelles sont aménagées directement sous les rails des lignes de trains ou sous le métro aérien de Tokyo! Aucun espace perdu n’est envisageable dans cette mégapole, le dessous des rails est donc colonisé par d’autres ruelles à restos. Pourrait-on penser intégrer un tel regroupement sous les rails qui longent l’autoroute Bonaventure, qu’on transforme actuellement en boulevard urbain? Ça aurait l’avantage de briser la coupure que ce viaduc crée entre le Quartier international et Griffintown…

À Tokyo

À Tokyo

Viaduc Montréal

À Montréal

Il y a de la bouffe de rue partout à Tokyo, même dans les grands parcs, ce qui est assez fantastique. Plusieurs kiosques, des tables à picnic et le tour est joué. Avec le développement des camions de cuisine de rue à Montréal, il serait facile d’en accueillir près du Belvédère Kondiaronk sur le Mont-Royal ou au Sud du Parc Maisonneuve, près du chalet… On les maintient encore trop sur les rues à mon goût, alors qu’une fringale peut très bien nous prendre à l’intérieur d’un grand parc.

Le verdissement est aussi un aspect qui permet à la capitale du Japon d’être une ville à dimension humaine. Pas tant par les efforts de la Ville elle-même, qui compte malgré tout certains aménagements intéressants, comme celui-ci, au carrefour de grands boulevards.

Bacs a fleurs Tokyo

Ce sont plutôt les habitants qui contribuent le plus aux airs de village de certaines ruelles, en verdissant leurs devant de maison. Leur esthétisme n’a rien à voir avec ce qu’on aime ici, nous sommes plutôt portés sur les fleurs que sur le feuillage, mais il n’en reste pas moins que cette débauche de plantes en bols de plastique crée un effet saisissant. Imaginez à quel point on pourrait ajouter de la verdure à notre propre ville, en les imitant. En commençant par nos bords de fenêtres intérieurs? On pourrait sortir le tout au printemps, pour bonifier nos jardinières fleuries…

Verdissement Tokyo

À Tokyo, le printemps est marqué par les cerisiers en fleurs, plantés dans les grands parcs pour créer des mers roses de pétales. Cette floraison est une attraction touristique majeure, qui attire des gens de partout. J’en parlais dans le texte Ces symboles qui nous entourent, Montréal a comme emblème floral le pommetier décoratif… Pourrait-on le mettre un peu plus en valeur, en créant des corridors de pommetiers et ainsi créer des allées de fleurs blanches, roses et rouges au printemps? Ça ferait oublier la neige!

La floraison des cerisiers est un argument efficace pour attirer les touristes au début de printemps à Tokyo, ça pourrait aussi le devenir pour Montréal, si on s’y mettait. À Washington, qui mise elle aussi sur la floraison des cerisiers pour attirer les touristes, on parle de retombées économiques annuelles de 120 millions de dollars!

Au Parc René-Lévesque à Lachine

Au Parc René-Lévesque à Lachine, Montréal

Savoir s’organiser 

Aller au japon, c’est découvrir une des sociétés, sinon LA société, la plus organisée du monde. On nous avertis à tous les 20 mètres du chemin à suivre dans les souterrains, on nous indique où se placer les pieds pour attendre à la lumière rouge et on nous donne l’information sur quel wagon de métro prendre pour arriver devant la porte de notre station de destination!

Avec l’arrivée du nouveau métro AZUR à Montréal et de la nouvelle signalétique, une telle carte des stations serait intéressante. On saurait à l’avance où sont situés les escaliers, les ascenseurs, et pourquoi pas, les œuvres d’art de chaque station… À gauche au milieu de la photo, on voit un signe rouge, qui indique la station où on se trouve. En dessous, le nombres de minutes pour se rendre à chacune des autres stations de la ligne. À droite, on voit le train avec ses wagons numérotés, il ne reste qu’à regarder la station de destination pour connaître l’emplacement de l’escalier, selon son code de couleur.

Carte du métro Tokyo

Si les pistes cyclables de Montréal n’ont rien à envier à celles de Tokyo, les bornes touristiques pour circuits cyclables qu’on y trouve sont des plus curieuses. Elles ont l’avantage de permettre de découvrir la ville en passant d’une borne à l’autre.

Circuit cyclable Tokyo

Je ne crois pas que nous en soyons là dans notre rapport à la cigarette, mais dans certains quartiers de la capitale du Japon, il est interdit de fumer sur le domaine public, incluant les trottoirs. Des fumoirs publics extérieurs sont toutefois aménagés, pour permettre aux fumeurs de se retrouver… De jolis enclos, qui cachent ce qu’on ne saurait voir!

Fumoir Tokyo

Savoir se démarquer

Une des plus grandes villes du monde compte aussi sur un quartier rempli des plus petits bars de la planète. Dans le Golden Gai, 200 bars s’entassent entre des chemins à peine assez larges pour laisser passer deux personnes. Nombre de places moyen par bar? 3 à 5! En plus, les places sont souvent réservées aux habitués… Ce concept de micro-bars pourrait-il être viable à Montréal? Si oui, ce serait une sacrée belle curiosité! Je verrais bien un de ces micro-bars ouvrir avec comme thème le « shooter ». Petites consommations, facilité de service, roulement de clientèle rapide…

Golden Gai

Tokyo se démarque aussi parce qu’elle ose laisser les architectes s’exprimer. On y trouve donc, un peu partout dans la ville, des édifices bizarres, monstrueux ou magnifiques. Nous aurions avantage à nous laisser un peu inspirer… L’architecture est un moteur de développement et de rayonnement pour plusieurs villes du monde. Pourquoi Montréal se laisserait distancer, elle qui a déjà plusieurs icônes architecturaux uniques au monde, comme le Stade, Habitat 67, la Place Ville-Marie ou le nouveau Planétarium?

Oser l'architecture Tokyo

Quelques édifices marquants de Tokyo

J’en ai déjà parlé ici, Tokyo sait aussi faire un peu « bling bling », comme dans le cas de l’escalier de l’édifice de la Fuji TV. Dans mon tour du monde des escaliers qui sortent de l’ordinaire, il y a des modèles plus intéressants, mais il faut tout de même reconnaître que cet escalier clignottant, même s’il fait un peu gadget, attire les foules…

Escalier Fuji TV Tokyo

L’illumination du Pont Jacques-Cartier pour le 375e anniversaire de Montréal promet d’être beaucoup plus spectaculaire et tellement plus artistique! Qui sait, dans deux ans, un blogueur japonais écrira peut-être un texte intitulé « Montréal : des idées inspirantes pour Tokyo ».

Pour poursuivre votre découverte de Tokyo, le blogue MesQuartiers vous propose un texte sur Shibuya et Shinjuku, deux quartiers qui illustrent bien les inspirations dont je viens de vous parler. Bonne lecture.

Plusieurs autres villes inspirantes ont fait l’objet d’un texte dans C’est toi ma ville. Pour les découvrir:

Publié par : cbernier | 29 janvier 2016

Pour la relance du Quartier chinois

Depuis 2 ans, beaucoup d’efforts ont été consentis pour donner un peu de souffle au Quartier chinois. La rue piétonne qui le traverse a été entièrement refaite, de sympathiques bancs publics sont apparus, on a installé de nouveaux lampadaires pour faire un clin d’œil aux traditionnelles lanternes et on a ajouté deux magnifiques murales au quartier, qui compte aussi, sur la rue Saint-Urbain, deux murales en bas-relief de pierre fraîchement restaurés, Le roi Singe et Les sons de la musique. L’an prochain, ce sera au tour des quatre arches donnant accès au quartier et à la pagode de la Place Sun-Yat-Sen d’être remises à neuf. Elles ont déjà plus 16 ans pour les plus jeunes et jusqu’à 30 ans pour les plus anciennes…

Les lampadaires sont inspirés des lanternes

Les lampadaires sont inspirés des lanternes

Ces différents travaux permettront-ils au Quartier chinois, identifié ainsi depuis plus de 100 ans, de retrouver sa place dans la liste des quartiers où on aime aller? Traversé par une rue piétonne depuis 1981 mais sans véritable terrasse et sans bar ou resto qui s’ouvre sur la rue, désavantagé par une image vieillotte et ayant offert peu de nouveaux commerces aux Montréalais ces dernières années, il faut avouer que le Quartier chinois attirait de moins en moins. Le temps est venu d’en assurer la relance!

La pagode de la Place Sun-Yat-Sen, qui sera bientôt restaurée

Comment attirer plus de Montréalais?

En 2015, le Kyozon, un resto de la rue Crescent, a fermé ses portes. Le rapport avec le Quartier chinois? Ses cocktails! Ils étaient tous inspirés de l’Orient, utilisant du thé, du gingembre ou du Sake, et ils étaient excellents. Trouve-t-on l’équivalent dans le Quartier chinois? À ma connaissance, non. Je trouve cela d’autant plus surprenant que le Mal Nécessaire, un bar d’inspiration Tiki (donc des îles du Pacifique), s’y est installé, dans un sous-sol, avec beaucoup de succès. Il me semble clair que la demande pour de tels bars à cocktails, dans ce quartier, est assez forte pour soutenir au moins un ou deux nouveaux Kyozon…

Plus largement, c’est toute l’industrie du Nightlife qui est mal desservie dans ce quartier. Nommez-moi un bar pour aller danser? Une salle de spectacle? Un événement culturel du Quartier chinois? Il serait pourtant si facile d’y offrir des endroits et des événements distinctifs!

On y va aussi assez peu pour manger, alors que je suis sûr qu’il s’y cache de véritables petites perles de restos. Pourquoi ne pas créer un guide des restos chinois, visant à faire connaitre leurs spécialités? Vu de l’extérieur, il est difficile de déchiffrer ce que chacun offre. Pour ceux au sous-sol ou à l’étage, c’est pire. On a bien entendu parler du Orange Rouge, mais à part lui, difficile de se faire une idée sur l’offre gastronomique qui nous attend dans le Quartier chinois. Un guide à l’intention des Gweilos (les occidentaux) serait donc très utile…

Vue générale

Rue piétonne De la Gauchetière

Il serait aussi plaisant de trouver un salon de thé typiquement chinois dans le quartier. Mais aussi un bon endroit où aller boire un café… En plus des bars et des restos, ce serait un secteur qui pourrait facilement attirer les étudiants et les travailleurs.

Le quartier a profité de plusieurs travaux ces deux dernières années, mais je me suis toujours demandé pourquoi on n’y aménageait pas un petit parc pour rappeler que le Jardin botanique de Montréal abrite l’un des plus grands jardins chinois hors de Chine du monde. Il pourrait servir de prétexte pour annoncer les activités qui se déroulent au Jardin botanique, comme les Jardins de lumière. Il rappellerait aussi que ce jardin a été réalisé en 1990 grâce à l’apport du Service des Parcs de la ville de Shanghai (en Chine), en utilisant des matériaux chinois expédiés vers Montréal par plus de 120 conteneurs et assemblés sur place par 50 artisans chinois!

Jardin Chinois du Jardin botanique de Montréal

Jardin Chinois du Jardin botanique de Montréal

Comment attirer plus de touristes?

Montréal profite d’un jumelage avec la ville de Shanghai depuis 1985, soit depuis plus de 30 ans. Lors de son plus récent renouvellement, le maire de Montréal en profitait pour demander qu’en plus de la ligne aérienne directe entre Montréal et Pékin, inaugurée en 2015, on en ajoute une avec Shanghai.

Ce serait une belle occasion de faire rayonner différemment le Quartier chinois, en s’inspirant d’un courant majeur qui perce depuis quelques années en Chine et plus particulièrement à Shanghai: l’art contemporain. Pourquoi ne pas s’associer une fois de plus avec notre ville jumelle pour créer une vitrine nord-américaine qui fasse rayonner la culture et l’innovation provenant de la Chine, et de Shanghai en particulier? Après la création d’un des plus grands jardins chinois hors de Chine, pourquoi ne pas se doter du plus grand musée d’art contemporain chinois hors de Chine?

Exemple d'art contemporain chinois (Galerie de Hong Kong, en 2014)

Exemple d’art contemporain chinois (Galerie de Hong Kong, en 2014)

Shanghai compte au moins 5 musées de ce genre: le Museum of Contemporary Art, la Power Station of Art, le Doland Museum, le Rockbund Art Museum et le Long Museum. C’est sans compter le M50 District, un quartier d’ateliers d’artistes! Ce ne sont donc pas les institutions (avec lesquelles associer notre propre Musée d’art contemporain) qui manquent pour réaliser un tel projet!

Une telle vitrine de cette créativité, installée à Montréal dans le Quartier chinois, ne pourrait pas faire autrement que de devenir une attraction internationale, autant pour les Montréalais que pour les visiteurs. Et ça adonne bien, il y a un immense trou à combler au coin des rues De la Gauchetière et Saint-Laurent.

Emplacement de choix pour un futur musée d'art contemporain Chinois à Montréal?

Emplacement pour un futur musée d’art contemporain Chinois à Montréal?

Avec une attraction de cette importance, qu’il serait utile de coupler à un centre d’interprétation et un kiosque d’information touristique, le quartier se démarquerait de tout ce qui existe en ville. Un tel projet encouragerait de nouveaux créateurs et entrepreneurs à miser sur le Quartier chinois et sur ses signes distinctifs pour lancer leurs propres projets.

Le nouvel an chinois commencera le 8 février prochain. Selon certains, l’horoscope chinois indiquerait que 2016, année du Singe de feu, offre une année propice aux imprévus, à la créativité et à l’audace. Ce serait l’année idéale pour lancer de nouveaux projets innovants, qui trouveront un terreau favorable à leur développement… La réalité rencontrera-t-elle l’astrologie cette année? Si c’est pour inciter les rêveurs, les créateurs et les entrepreneurs à oser redévelopper le Quartier chinois, pourquoi pas!

Pour en savoir plus sur l’histoire du quartier : Archives Montréal

Merci à MesQuartiers pour le soutien à la recherche, ayant permis l’écriture de ce texte.

Cette nouvelle murale de Gene Pendon et Bryan Beyung, qui fait partie de mon Top 25 des plus belles murales de Montréal https://cbernier.wordpress.com/2015/09/23/murales-le-top-25-de-2015/

Cette nouvelle murale (produite par MU et peinte par Gene Pendon et Bryan Beyung) fait partie de mon Top 25 des plus belles murales de 2015

Publié par : cbernier | 20 janvier 2016

Colorer la ville

Curieusement, lorsqu’on parle de villes colorées, il nous vient spontanément à l’esprit une ville tropicale. Pourtant, il me semble que ce sont les villes nordiques, comme Montréal, qui auraient besoin de plus de couleurs, pour mettre de la vie à l’hiver.

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Le chroniqueur urbain Marc-André Carignan en parlait il y a un an dans un texte intitulé Montréal et sa chromophobie. Un autre chroniqueur, Mathias Marchal, proposait au même moment des abribus aux vitres légèrement teintées, pour égayer la ville. L’idée d’ajouter de la couleur à nos villes n’est pas nouvelle, mais revient systématiquement à l’avant-scène.

Mais aussitôt évoquée, on s’empresse de se donner des raisons de continuer à construire en gris-pierre, argent-métallique, rouge-brique, brun-bois ou transparent-vitré. Avouez que tout ça, c’est un peu terne. Il se pourrait toutefois que la résistance soit sur le point de céder…

Le Palais des congrès et son immense baie vitrée de toutes les couleurs a été un précurseur. Et il a choqué. « Trop » a été le mot d’ordre de la critique. Ce débat a sûrement refroidi plusieurs architectes. Heureusement, deux projets actuellement en construction à Montréal osent la couleur : l’Office national du film (SHDM et Provencher Roy) aura une grande fissure rouge de 13 étages de haut dans son nouveau siège social et le Rubic (Rayside/Labossière), un immeuble locatif, surprendra aussi avec ses immenses balcons-rectangles rouges, en façade.

Édifice de l'îlot Balmoral tel que présenté à l'exposition Montréal du Futur, en 2014, et actuellement en construction

Édifice de l’îlot Balmoral tel que présenté à l’exposition Montréal du Futur, en 2014, et actuellement en construction

M9 en 2009

Façade de la phase 1 du M9 (2009)

Il y a quelques années, la coopérative d’habitation Au-pied-du-courant, située sous le pont Jacques-Cartier, avait aussi fait sensation avec ses grandes masses jaunes. Ses architectes (BGLA) ont même reçu un prix pour souligner leur audace. L’an dernier, la coopérative Fleur-de-l’île misait elle aussi sur le jaune. Les condos M9 (Sid Lee Architecture) y allaient plutôt dans le vert et l’orange. Rouge, jaune, vert et orange… Est-ce l’amorce d’une tendance lourde? Je l’espère! Ce serait tellement agréable de vivre dans une ville qui multiplie les couleurs.

Lyon

Lyon

Ailleurs dans le monde, les projets colorés sont parfois des plus spectaculaires, comme le Cube orange de Lyon (France) ou l’édifice multicolore qui borde la gare de Salzburg (Autriche). Beaucoup d’autres villes osent la couleur pour faire parler d’elles, comme l’illustre ce Top 18 des villes les plus colorées du monde.

Souvent, de grandes institutions s’y mettent… Ici, quelles institutions pourraient bien contribuer à l’effort pour colorer la ville?

Salzburg

Salzburg

Énergiser le paysage

Je me suis toujours demandé pourquoi Hydro-Québec ne mettait pas un peu de couleur à ses installations de Montréal, pour redonner vie à celles qui déparent nos quartiers. À commencer par ses postes de transformation. Imaginez que celui-ci, situé dans le Sud-Ouest sur la rue Saint-Antoine, entre des condos et de jolis Plex, voyait sa façade entièrement peinte? Avec de simples carrés de couleurs, par exemple, à l’image de l’édifice de la gare de Salzburg…

HydroSud-Ouest

Cet autre poste, dans Hochelaga sur la rue du même nom, est situé directement en face de Poutine Centrale, qui en tire son nom, et au coeur d’un quartier résidentiel. Imaginez maintenant que son mur, qui enlaidit tout le quadrilatère, soit lui aussi maquillé. Comme ont su le faire pour des murs similaires deux artistes du graffiti, l’un pour une ruelle verte, l’autre pour une roulotte de chantier. Avouez que ce serait plus agréable pour tout le monde.

Mur d'HQ

Poste d’Hydro-Québec dans Hochelaga en haut et en bas, 2 exemples de ce que peuvent réaliser des artistes sur de tels murs beiges

tower-2

Source: Lumière de la ville

Même les pylônes pourraient devenir des œuvres d’art si on prenait simplement la peine d’y insérer des plexiglas colorés. D’immenses vitraux traverseraient la ville, plutôt que de vulgaires pylônes…

Accentuer la tendance

Ce serait bien que de grands acteurs institutionnels se joignent au mouvement qui se met en branle pour ajouter de la couleur à notre ville. En plus des édifices et des architectes qui y contribuent, dont je parlais en première partie de ce texte, il ne faudrait pas oublier l’apport important des muralistes qui peignent aux 4 coins de la Ville, encouragés par les organismes et regroupements Mu, MURAL, Art du Commun, Under Pressure et A’Shop, à ajouter de la couleur à des murs aveugles. Mon dernier Top 25 des plus belles murales en témoigne éloquemment.

Autre apport non négligeable, les éclairages urbains contribuent aussi à donner de la couleur à nos nuits, comme sur l’édifice du 2-22, au coin Sainte-Catherine et Saint-Laurent, qui est parfois rouge, parfois bleu; ou le Complexe Desjardins, tellement vert la nuit qu’il en crée des reflets dans le ciel! Cet apport de lumière a toutefois le défaut de ne pas réellement ajouter de couleurs à la ville le jour…

L’ensemble de ces ajouts de couleurs à la ville ne suffit pas à ce que ce soit perceptible lorsqu’on se promène en ville. Alors, imaginez si on la regarde de l’île Sainte-Hélène ou du Mont-Royal? Il en faudra plus pour rompre la monotonie. Si on encourage ce mouvement, il se pourrait quand même que d’ici quelques années, la couleur se soit réellement répandue un peu partout dans la ville, mettant de la vie partout sur son passage. Qu’en pensez-vous?

Palais des congrès (2)

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