Publié par : cbernier | 18 mai 2018

L’indispensable carte Accès Montréal

Certains trucs me permettent de mieux profiter de la Ville, la carte Accès-Montréal est un de ceux-là. En plus de m’offrir un rabais de 20% sur mon abonnement Bixi, elle me permet de profiter des jardins extérieurs du Jardin botanique gratuitement, tout l’été!

Nous serions 60 000 détenteurs de la carte Accès Montréal, c’est peu compte tenu de la population montréalaise… C’est donc dire que vous êtes plusieurs à ne pas en profiter. Elle est pourtant facile à se procurer puisqu’il suffit de fournir les documents suivants dans un des 70 points de vente, notamment les bibliothèques, les bureaux d’arrondissements et les bureaux Accès Montréal :

  • une photo récente
  • une preuve de résidence
  • une pièce d’identité

À seulement 8 $ (ou 15$ pour deux personnes qui vivent à la même adresse), le coût de la carte est amorti en une seule visite des jardins extérieurs du Jardin botanique! Elle offre des rabais dans 14 musées, une dizaine de festivals, 8 théâtres et j’en passe.

Convaincus?

Si non, voici quelques autres rabais intéressants pour les sportifs :

  • à la patinoire de l’Atrium Le 1000, rabais de 2 $ sur le prix de l’admission, en tout temps
  • au Golf municipal
  • au TAZ
  • à la Plage Jean-Doré, 2 entrées pour le prix d’une, du lundi au vendredi

L’intérieur du Taz

Pour les cinéphiles :

  • au Cinéma Beaubien et au Cinéma du Parc, rabais de 15 % sur le prix d’une admission générale, présentée en programmation régulière, tous les jours

Pour les amoureux de la nature et de l’espace :

  • rabais de 4 $ sur le prix des billets adulte du Jardin botanique
  • rabais de 10% sur le prix des billets adulte au Zoo Écomuseum
  • rabais de 4 $ sur le prix des billets adulte du Planétarium

Les loutres du zoo Ecomuseum

En +

  • rabais de 3 $ sur le prix d’un billet adulte à l’Observatoire de la Place Ville-Marie
  • et même des spéciaux au Strøm spa nordique

Étonnant, ne trouvez-vous pas?

Et une fois que vous l’aurez, il ne vous restera plus qu’à la renouveler en ligne à chaque année pour continuer à en profiter… Simple, pratique, économique!

Êtes-vous prêts pour profiter de la ville tout l’été?

Pour en savoir plus sur la Carte Accès-Montréal

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Mes Quartiers et C'est toi ma Ville

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Publié par : cbernier | 3 mai 2018

Bonne fête Montréal!

Le 17 mai est le jour de la fondation de Montréal, nommé initialement Ville-Marie, en 1642. L’an dernier, la Ville a reçu de nombreux cadeaux : les legs du 375e. Quelle que soit notre opinion sur la pertinence de souligner cet anniversaire, ces legs ont donné un nouvel élan à Montréal.

Certains s’en souviendront sûrement, il y a un quart de siècle, le 350e a été l’occasion d’offrir aux Montréalais quelques nouveaux espaces verts, dont le Champ-de-Mars et le parc Émilie-Gamelin. Il a permis de rénover, agrandir ou ouvrir de nombreux musées, donc le musée McCord, le musée d’art contemporain et le tout nouveau musée d’archéologie et d’histoire de Pointe-à-Callière. Il a redonné au public le marché Bonsecours et a été marqué par l’ouverture du Biodôme, le réaménagement du Vieux-Port, la construction du 1000 de La Gauchetière et du 1250 René-Lévesque, encore aujourd’hui les deux plus hautes tours de Montréal.

25 ans plus tard, peut-on en dire autant du bilan du 375e? Pour vous permettre de vous faire votre propre idée, voici quelques-uns des legs dont on peut maintenant profiter grâce à cet anniversaire atypique.

Commençons par les legs des gouvernements supérieurs…

Le nouveau pavillon pour la Paix

Le Pavillon pour la Paix du Musée des beaux-arts de Montréal a été le premier cadeau à être offert aux Montréalais pour cet anniversaire, afin d’accueillir entre autres la collection des maîtres anciens de Michal et Renata Hornstein. Cette collection est, aussi, la plus imposante collection jamais confiée à un musée québécois! Un 2 dans 1…

L’Illumination du pont Jacques-Cartier

Intitulé « Connexions vivantes », la magnifique mise en lumière interactive de la structure du pont Jacques-Cartier, activée en temps réel par les saisons et par l’effervescence de Montréal, ne cesse de m’émerveiller. Il faut voir l’animation des 5 premières minutes de chaque heure pour en profiter pleinement, ou celle de minuit…

La gare maritime Iberville et la Jetée Alexandra

La réhabilitation de la gare des croisiéristes nous a aussi légué un petit centre d’exposition de la vie commerciale maritime, en plus d’une grande terrasse sur le toit de l’édifice (où s’ajoutera une œuvre d’art) et un nouvel accès au fleuve. De quoi enrichir nos prochaines visites dans ce grand ensemble qu’est le réaménagement du Vieux-Port, lui-même un legs du 350e de Montréal!

L’expérience Cité Mémoire

Déployées dans le Vieux-Montréal, les projections multimédias sur des murs aveugles, des arbres et au sol n’en finissent pas de nous faire voir le quartier historique sous un nouvel éclairage… Une expérience assez unique, dont on peut profiter à l’année, le soir venu. Si vous n’en avez toujours pas profité, allez faire un tour dans le Vieux un soir, vous serez charmés.

Le recouvrement de l’autoroute Ville-Marie

Le recouvrement, partiel, d’une portion de l’autoroute Ville-Marie a quand même ajouté un espace vert dans un secteur qui ne s’en plaindra pas… Toutefois, son aménagement devra attendre encore un peu, puisque le gagnant du concours international d’architecture de paysage ne sera connu qu’à l’automne 2018. Suite à ces travaux, nous pourrons enfin découvrir la Place des Montréalaises. Comme quoi un legs peut en amener un autre…

Le réaménagement du parc Jean-Drapeau

Les travaux de construction d’un amphithéâtre naturel au parc Jean-Drapeau ne seront peut-être pas le plus glorieux legs du 375e… Mais l’annonce d’une consultation publique cet automne pour réfléchir le développement du parc (pour la prochaine décennie) viendra encadrer la suite des choses, ce qui est tant mieux! D’ailleurs, n’hésitez pas à participer à cet exercice démocratique

La mise à en valeur de l’Oratoire

Les réaménagements, toujours en cours, visent à améliorer l’accessibilité et l’attractivité du site, qui est la 3e destination touristique du Québec! Parmi les travaux à venir, c’est l’aménagement d’un observatoire panoramique, au sommet du dôme de l’Oratoire Saint-Joseph, qui s’annonce le plus spectaculaire. On a bien hâte d’y monter!

Le gouvernement du Québec a offert quelques autres legs, que vous pouvez aller voir pour compléter ce tour d’horizon des legs des gouvernements supérieurs.

Ce n’est pas tout, puisque la Ville s’est aussi activée pour s’offrir de nombreux cadeaux. Encore une fois, s’il est difficile de dire si ces projets auraient eu lieu ou non sans le 375e, il n’en reste pas moins que cet anniversaire aura été un puissant accélérateur pour bon nombre de travaux…

Les ajouts à Pointe-à-Callière

L’ancien égout collecteur sous Pointe-à-Callière, qui est en fait une canalisation (construite en 1832) de la petite rivière Saint-Pierre, permet aujourd’hui de circuler entre les pavillons du musée et de rejoindre un nouveau pavillon, qui expose les vestiges du Fort Ville-Marie, où Montréal a été fondée! 25 ans après la fondation du musée, ces ajouts méritent à eux seuls de le redécouvrir.

Le réaménagement de l’autoroute Bonaventure

Il faut aller marcher entre l’immense statue Source de l’artiste catalan Jaume Plensa et les deux « arbres » nommés Dentrites de Michel De Broin pour constater la profonde modification vécue par ce secteur de la Ville depuis la mise à terre de l’ancienne autoroute surélevée qui y trônait. Aujourd’hui, c’est un grand parc, où même l’aire de jeux pour enfants est rarement vide!

La Promenade Fleuve-Montagne

Elle n’était pas si impressionnante lors de son inauguration, mais j’ai bien aimé la Promenade Fleuve-Montagne. Avec les ajouts que compte y faire la nouvelle administration, entre autres en piétonnisant McGill Collège, il est évident qu’elle pourra éventuellement devenir une promenade que les Montréalais voudront emprunter… D’ici ces prochaines phases d’aménagements, on peut profiter du magnifique mobilier urbain qui y a été installé sur la portion entre la montagne et la rue Sherbrooke.

La nouvelle Place Vauquelin

À mon avis, ce n’est pas tant la place que l’escalier menant au Champ-de-Mars qui constitue la plus belle réussite de ce legs. Avec sa pente universellement accessible et son aménagement paysager, ce serait le meilleur chemin entre le métro et le Vieux-Montréal si on corrigeait une erreur du passé : le retrait du remblai qui permettait de passer entre les deux vestiges de la fortification de la Ville…

L’ouverture du Parc Frederic-Back

Ce gigantesque nouveau poumon vert de Montréal n’en est qu’à ses premières étapes d’aménagement, mais quelles étapes tout de même! Le chemin de ceinture est maintenant ouvert, permettant de découvrir l’ancienne carrière Miron sous un nouveau jour. Il faudra encore 5 ans pour l’aménager entièrement tellement il est grand. Mais il est déjà des plus invitants!

La Plage de Verdun

Prévue initialement pour l’été 2017, la Plage de Verdun devrait finalement accueillir ses premiers baigneurs en 2019. Annoncée comme un legs du 375e, elle n’est pas le seul projet de plage aménagée en milieu urbain à Montréal, mais la Plage de l’Est accuse elle aussi un retard. Si bien que ce sera peut-être deux plages sur le fleuve qui seront offertes aux Montréalais dès l’an prochain…

Le réaménagement du Biodôme

Le Biodôme se réinvente actuellement, légèrement en retard sur le calendrier initial. Alors que les travaux de réaménagement devaient se faire pendant le 375e, c’est finalement à la fin de celui-ci qu’ils ont été autorisés. Quoi qu’il en soit, ces travaux, 25 ans après l’ouverture de cette institution unique au monde, devraient nous offrir un contact avec la nature encore plus spectaculaire.

Les legs d’arrondissement

Tous les arrondissements de Montréal ont eu droit à une enveloppe d’environ un million de dollars pour déterminer un legs local du 375e. Un programme intéressant puisqu’il a permis à tous de se doter d’un nouvel aménagement, passant de la Place des Tisserandes, pour remplacer une voie de services dans Hochelaga-Maisonneuve…

… à un belvédère sur le fleuve et sa Promenade de l’Aqueduc pour LaSalle…

Une scène extérieure pour Anjou…

…et ainsi de suite, à raison d’un projet par arrondissement.

Les nouvelles œuvres d’art

Pour les célébrations de Montréal, le Jardin d’œuvres du Cirque du Soleil, dans le quartier Saint-Michel, a été ouvert au public…

De nombreuses œuvres d’art ont aussi fait partie des legs du 375e, dont l’œuvre d’Elisabeth Buffoli, Les Touristes, offerte par la Ville de Paris et installée dans le nouveau Parc de La Presse, à la frontière du Vieux-Montréal…

Il y a aussi eu Le contour des conifères dans la nuit bleue et les étoiles derrière ma tête sont dans tes yeux, œuvre de Jean-Robert Drouillard offerte par la Ville de Québec et installée dans le très beau réaménagement du carrefour Pie IX et Sherbrooke

Et Soleil de minuit, qui symbolise l’amitié entre les villes de Bruxelles et de Montréal. Cette œuvre est le fruit d’une collaboration de l’artiste Adrien Lucca avec des maîtres verriers belges et souligne les 40 ans du métro de Bruxelles, les 50 ans de celui de Montréal et le 375e anniversaire de Montréal. Elle peut être admirée à la station Place-d’Armes. En échange, la STM offrait elle aussi une œuvre au métro de Bruxelles.

Puis il y a eu la très belle initiative de la Brigade Arts Affaires de Montréal, qui a regroupé 100 jeunes mécènes pour offrir à Montréal Le Joyau royal et le Mile doré, une œuvre de Philippe Allard et Justin Duchesneau.

De nombreuses autres œuvres ont aussi été offertes, augmentant d’autant notre collection d’art public.

Les emblèmes

Même des emblèmes ont été offerts en cadeau à Montréal! Le plus étonnant est la fleur emblème, qui a été développée par Espace pour la vie, en collaboration avec des professionnels de l’horticulture afin d’identifier quel type de fleur serait la plus appropriée pour représenter la métropole. Il y a eu consensus sur l’échinacée et un nouvel hybride a été créé, l’échinacée de Montréal, qui fleurit de juillet à septembre et dont la couleur varie du jaune orangé au rose vif.

Mais surtout, il y a eu l’importante mise à jour des symboles ornant le drapeau de la Ville! Ainsi, le drapeau de Montréal reflète désormais les cinq peuples fondateurs de la ville : les nations autochtones, les Français, les Anglais, les Écossais et les Irlandais (avec l’ajout du pin blanc au centre des quatre autres symboles).

Les souvenirs

Tous ces legs sont déjà impressionnants, mais il ne faudrait pas oublier les souvenirs impérissables qu’ont laissés aux Montréalais les nombreux événements du 375e anniversaire, comme le défilé des Géants

… ou l’amplification des nombreux festivals et événements de la métropole pour cette année particulière, qui a bénéficié d’un calendrier d’activités très rempli! Comme les Hivernales, Illuminart, la Grande Tournée des arrondissements, Balade pour la Paix, les expositions sur Expo 67 dans plusieurs musées et toutes les activités dont je vous ai parlé dans mes 4 textes Pour ne rien rater de (l’hiver, le printemps, l’été et l’automne) du 375e. Ou même les émissions de télé, comme la série MTL, toujours disponible sur le site de Télé-Québec.

Avec cette panoplie de cadeaux en tout genre, il est difficile de prétendre que le 375e ne laissera pas sa marque sur Montréal… Il est peut-être trop tôt pour faire une comparaison objective entre les legs du 350e et ceux du 375e, mais ce n’est pas bien grave, puisqu’on peut dès maintenant bénéficier de tous ces investissements pour profiter encore plus de notre ville!

Pour connaître tous les legs, cliquez ici.

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Publié par : cbernier | 15 avril 2018

Les microbibliothèques de Montréal

Depuis le début des années 2010, elles se multiplient dans les villes occidentales. Créées par des citoyens en quête de culture de proximité, les bibliothèques libre-service sont portées par plusieurs mouvements, dont celui qui a inspiré ses instigateurs à Montréal, le Little Free Library.

Ici, c’est dans Rosemont qu’elles sont apparues en premier. Les 4 microbibliothèques citoyennes d’origine ont été installées en avril 2013, rapidement suivies par une dizaine d’autres. L’engouement international pour ces boîtes à livres avait atteint Montréal, et depuis, il n’a cessé de prendre de l’ampleur, partout sur l’île.

Dès l’année suivante apparaissait les Croque-livres, un réseau de mini bibliothèques destiné aux jeunes de moins de 12 ans et soutenu par la Fondation Lucie et André Chagnon. Présents partout au Québec, les Croques-livres ont fortement contribué à l’accélération du mouvement. On compterait, en 2018, plus de 133 Croque-livres à Montréal seulement!

Des mini bibliothèques citoyennes et des Croque-livres sont naturellement apparus dans les ruelles vertes. J’en ai croisé dans Saint-Henri, Villeray, Saint-Michel, Hochelaga et Maisonneuve. Elles ajoutent un service de proximité aux riverains de ces ruelles, de plus en plus populaires. Il faut dire que les ruelles vertes offrent un terrain particulièrement fertile à la multiplication des microbibliothèques à Montréal.

Si les citoyens et les organismes qui s’adressent aux tout-petits ont été les premiers acteurs de l’implantation massive de boîtes à livres dans nos quartiers, suivis des comités de ruelles vertes, il y a aujourd’hui de nombreux autres organismes et institutions qui s’y sont aussi mis…

Microbibliothèque de la Maison de la culture Maisonneuve

Moi déposant un livre dans la microbibliothèque du Centre d’hébergement J.-Henri Charbonneau, dans Rosemont

Le mouvement est si important à Montréal que même certaines artères commerciales, comme la Promenade Fleury, embarquent maintenant! C’est ainsi que sont nées 3 mini bibliothèques sur cette rue en 2017.

Les bibliothèques libre-service des arrondissements

Dès 2013, pratiquement en même temps que s’implantaient les premières microbibliothèques citoyennes sur l’île, deux arrondissements innovaient à leur façon.

L’arrondissement du Sud-Ouest lançait ses Machi-O-livres, des distributrices à livres à 1$. Pas tout à fait un libre-service, mais presque…

Les Machin-o-Livres passent l’hiver à l’intérieur, mais ressortent l’été venu

De son côté, Côte-des-Neiges Notre-Dame-de-Grâce mettait en place ses grosses boîtes de Livre-service, aux quatre coins de l’arrondissement.

La terrasse publique estivale sur Wellington, créée par l’arrondissement Verdun, comporte une microbibliothèque depuis au moins l’été 2015…

Et l’arrondissement Ville-Marie installait son premier « pigeonnier » à la fin de 2015. Issu d’un concours de design, on en compte aujourd’hui plus d’une dizaine sur le territoire de cet arrondissement, où se situe le centre-ville.

Le développement des boîtes à livres

Ces microbibliothèques sont tendance, mais pour combien de temps encore? Tant qu’il y aura des Montréalais pour les installer, les entretenir et les remplir… Vu nos températures, certaines sont seulement estivales, mais d’autres passent à travers les 4 saisons, exigeant certaines réparations. Si plusieurs sont chouchoutées par leurs créateurs, d’autres subissent parfois des vols de livres, vidant d’un coup la boîte. Ce sont de petites difficultés, facilement surmontées lorsque la petite bibliothèque est entourée de citoyens ou d’organismes attentionnés.

Pour qu’il y ait un développement optimal de ce réseau parallèle de prêt de livres, il faudrait maintenant qu’il y ait un réseau! Au minimum, une carte pour les trouver (ou pour vérifier si notre voisinage manque de ces microbibliothèques). C’est ce qu’offre, du côté anglophone, le Little Free Library… Comme quoi il ne faut jamais perdre de vue ceux qui nous ont d’abord inspirés 😉

L’été arrive, c’est le bon moment pour découvrir les microbibliothèques du voisinage en explorant son quartier… S’il y en a pas, pourquoi ne pas en fabriquer une? Et s’il y en a une, pourquoi ne pas faire le ménage dans ses livres, pour voir s’il n’y en a pas qui pourraient être partagés?

J’ai vu de telles bibliothèques citoyennes dans au moins 9 arrondissements… Et des croques livres pratiquement sur toute l’île! Cherchez-les près de chez-vous, prenez un livre, puis ramenez-en un! C’est tout ce qu’il faut pour que ce mouvement prenne encore de l’ampleur.

Vous aimerez aussi :

Et pour en savoir encore plus :

  • Lisez le texte J’invente la bibliothèque dans Le Devoir
  • Ou visionnez cette conférence sur les quartiers culturels et le mouvement mondial des microbibliothèques :

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Publié par : cbernier | 4 avril 2018

Les meilleurs tacos à Montréal

Pour mettre du soleil dans son assiette, quoi de mieux que des tacos? J’en mange souvent au resto, mais je suis trop souvent déçu. Après plusieurs années d’essais et d’erreurs, je vous propose mes découvertes les plus intéressantes. Comme pour chacun de mes palmarès, celui-ci sera mis à jour chaque fois que je ferai une trouvaille, vous permettant d’enrichir vous aussi vos expériences culinaires. D’ailleurs, n’hésitez pas à commenter ce texte pour me proposer vos coups de cœur, ils se retrouveront peut-être bientôt ici!

Vous trouverez l’ensemble de mes autres palmarès à la fin de ce texte.

Alors, par où commencer? Il n’y a pas d’ordre de préférence dans la liste que je vous propose, seulement plusieurs choix excellents et les raisons qui expliquent leur présence dans mon Top des Tacos de Montréal. Je n’y présente que des restos qui offrent le service aux tables.

El Rey del Taco (Marché Jean-Talon)

Le Roi du Taco, c’est une cantine qui nous amène directement au Mexique! Rien de très formel, agréablement bon enfant. En arrivant, on nous sert des nachos avec trois sauces (douce, moyenne et piquante), le temps de choisir notre repas. Essayez la Horchata, une boisson sucrée typique des pays latins, c’est très bon! Et ça ajoute à l’impression d’être ailleurs… Pour les tacos, vous avez une dizaine de choix possibles. Les assiettes comptent 4 tacos, donnant plus d’occasions de partager. Je choisis pratiquement toujours celui à l’agneau (barbacoa), sauf sur la photo ;)… Enfin, l’été, la terrasse donne sur le Marché, ajoutant un autre + à cette proposition.

Maria Bonita (Mile-End)

Entre le tapas et la cuisine traditionnelle mexicaine, ce petit resto en retrait des zones passantes est un bijou. Il n’offre pas de tacos à proprement parler, ce sont plutôt des « cazuelitas », des petites casseroles de terre cuite, qui sont au menu. Un très grand choix, tous servis avec un panier remplis de petites tortillas, permettant de créer nos propres tacos. Les cazuelitas de Choriqueso (chaire de saucisses maisons dans du fromage fondu) et de porc Pastor donnent de magnifiques résultats! Un bon choix de vins est aussi offert, à très bon prix, permettant de s’en sortir avec un repas à la fois gastronomique et pas trop dispendieux.

Tacos resto Maria Bonita

Augusto Al Gusto (Verdun)

Je passais devant depuis des années quand j’ai finalement décidé, en 2018, d’y manger. Ouf! Mais quelle expérience! Il n’y a peut-être que trois tacos au menu, mais celui aux crevettes et à l’avocat vaut le déplacement! De grosses crevettes, nombreuses, qui débordent des deux tacos que compte l’assiette. Savoureux et impossible à manger sans qu’il n’en tombe partout. Ajoutez l’entrée de ceviche (sans aucun doute l’un des meilleurs de Montréal) et le généreux dessert de churros (servis avec un délicieux caramel) et vous serez comblés. Ce joli resto péruvien offre un menu diversifié, comprenant même du poulet grillé, et semble assez populaire. Les vendredis et samedis, il vaut peut-être mieux réserver avant de vous déplacer…

Tacos resto Augusto al Gusto

Escondite (2 adresses au centre-ville)

Dans un décor inspiré par les traditions populaires du Mexique, utilisées de façon flamboyante, on a le choix de déguster une dizaine de tacos différents. Servis en paire, ils sont tous très bons. La cuisine, un peu fusion, propose des tacos au poulet frit, aussi bien que les traditionnels Al Pastor. Il y en a même un au tofu! Pour l’ambiance très tendance et pour la qualité du menu, ce sont des bonnes adresses à connaitre! À l’une des deux, même la toilette mérite d’être vue

Resto Escondite Tacos

La Capital Tacos (Quartier chinois)

Le surprenant Capital, en plein Quartier chinois, joue sur sa localisation pour nous étonner. Assiettes asiatiques et tacos authentiques sont au menu! Les recettes sont bien dosées, permettant de jouer sur les goûts et les textures pour nous en mettre plein la bouche. Les tacos Al Pastor, avec leur porc légèrement croustillant, sont un régal; tout comme ceux aux beignets de crevettes, avec une touche sucrée surprenante. Avec 8 choix de tacos, on peut y retourner souvent…

Joverse (Vieux-Montréal)

On va au Joverse pour voir et pour être vus. Mais pas seulement! Déjà identifié dans mon texte sur les meilleurs cocktails en ville, il figure aussi dans celui sur les plus belles toilettes 😉 Le menu change et est plus cher qu’ailleurs, mais ce que j’y ai mangé était très bon. 2 tacos sont normalement offerts (servis en paire), j’avais bien aimé celui au brisket, il n’est toutefois plus au menu (au moment d’écrire ce texte). Quoi qu’il en soit, pour une sortie plus luxueuse, lors d’une soirée où vous avez une rage de tacos, c’est la place!

Resto Joverse Tacos

Saint-Houblon (2 adresses : Quartier Latin et Côte-des-Neiges)

Qui aurait cru qu’un bar pourrait se retrouver dans une liste des meilleurs endroits où commander des tacos? Et pourtant! J’y ai mangé un super tacos porc et sésame (malheureusement plus au menu). C’était assez pour me donner le goût d’essayer les trois nouvelles sortes offertes. L’avantage, c’est de pouvoir déguster nos tacos avec une bonne bière à la main… Au Saint-Houblon, on a effectivement le choix entre une vingtaine de bières québécoises en fut. Enfin, puisque les deux bars sont à proximité d’une université (l’UQAM et l’Université de Montréal), l’ambiance y est des plus festives. Avis aux intéressés.

Bar Saint-Houblon Tacos Bières microbrasseries

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Ou pour découvrir mes autres palmarès sur les plaisirs de la table:

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Publié par : cbernier | 25 mars 2018

Pour une Maison des vins d’ici

La première fois que je suis entré dans une Maison des vins, c’était à Bordeaux, il y a 10 ans. C’était dans un édifice historique, un brin luxueux, et l’aménagement de différents espaces-bars donnait le goût d’en profiter. Je me suis choisi une table, le long d’un mur couvert de bouteilles de vin de la région, et je me suis commandé un verre. Ce fut difficile tant le choix était grand…

Quelques années plus tard, je suis tombé sur une autre Maison des vins, du Portugal cette fois, à Lisbonne, la capitale. Dans ce « tasting room », de longues tables étaient disposées au centre d’une grande pièce carrée, dont les murs étaient couverts de bouteilles des régions viticoles du pays. Pour choisir, il suffisait d’acheter une carte magnétique et de choisir nos dégustations à des stations automatisées…

Ça m’a fait penser à Montréal et aux vins du Québec… On a bien des stations automatisées de dégustation dans certaines SAQ, mais ce ne sont jamais des vins québécois qu’on nous offre. Il y a aussi la Maison des Vins et Boissons Artisanales du Québec, au Marché Jean-Talon, mais à part la dégustation offerte par un producteur différent chaque fin de semaine, c’est essentiellement un endroit pour acheter…

Et si on s’inspirait d’ailleurs? Si on dotait Montréal d’une Maison des vins du Québec, comprenant à la fois un salon de dégustation, une vitrine sur nos régions touristiques viticoles et des ateliers pour comprendre nos vins venus du froid? Souvent j’en rêve. Pouvoir voir toutes les bouteilles de vin produites au Québec, exposées pour le plaisir des yeux, et disponibles pour la dégustation. J’irais! Pas vous? Je serais curieux de les goûter, de comprendre leurs différences avec les vins d’ailleurs, leurs différents terroirs ici-même, au Québec, et en être fier!

Montréal est une ville UNESCO de Design, notre Maison pourrait donc s’en inspirer pour se doter d’un espace à la fois inventif et créatif, à l’image de notre ville. Et offrir à ses visiteurs un avant-goût des autres régions, en présentant une grande photo par région, autour de laquelle les vins seraient regroupés. Et pourquoi pas, ajouter un petit présentoir avec les guides de Tourisme Québec, si bien faits (et gratuits)! Je suis sûr que ça stimulerait le tourisme!

Resterait à décider si on offre un service aux tables, avec menu, comme à Bordeaux, ou des machines distributrices, comme à Lisbonne… J’opterais pour un mélange des deux, avec des conseillers en vins pour répondre à nos questions et nous diriger. Parce qu’il est intéressant de connaitre l’impact du terroir et du climat québécois sur le vin, pour mieux l’apprécier… Les plus curieux pourraient alors profiter d’ateliers, offerts dans les heures plus creuses, pour rentabiliser l’établissement…

Dégustation en Croatie

Dégustation de vins croates, à Dubrovnik

Un bon entrepreneur, passionné par le vin, pourrait naviguer dans la règlementation pour réaliser ce projet, puis trouver une foule de moyens pour le faire prospérer. Verres à vins, boites cadeaux, produits dérivés, circuits de dégustation chez le vigneron, etc.

À Lisbonne, le projet est mené par l’Interprofessional Association of the Portuguese Wine Industry. À Bordeaux, c’est le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux qui officie derrière le bar à vins. Ainsi, un regroupement comme l’Association des vignerons du Québec pourrait aussi devenir le promoteur d’une Maison des vins…

Qui sera le promoteur qui me permettra de réaliser mon rêve de découvrir tranquillement les vins québécois dans l’ambiance chaleureuse d’un bar à vins à l’image de Montréal? Quoi qu’il en soit, sachez que si vous ouvrez, vous avez déjà au moins un client, c’est garanti! 😉

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Publié par : cbernier | 15 mars 2018

Ces Montréalais qui ont survécu à l’Holocauste

Beaucoup de survivants de l’Holocauste sont venus vivre à Montréal à la suite de la 2e guerre mondiale. Il reste bien peu de ces mémoires vivantes, mais dans les années cinquante, il y avait 14 000 de ces rescapés sur l’île! Quatorze milles! Une histoire méconnue, qui doit être mise en lumière pour qu’on comprenne mieux les conséquences possibles de l’indifférence face aux souffrances des autres…

Parce qu’il y a eu les Juifs, mais depuis, il y a eu des génocides contre, entre autres, les Cambodgiens, les Arméniens, les Kurdes, les Tutsis et, en 2018, l’histoire se répète peut-être encore avec les Rohingya du Myanmar… Ainsi donc, il faut parfois se tourner vers le passé pour en tirer des enseignements qui pourraient influencer notre présent. Et c’est ce à quoi nous invite le Musée de l’Holocauste – Montréal avec une nouvelle exposition virtuelle.

Leurs témoignages

C’est donc pour faire rayonner l’histoire des survivants de l’Holocauste que le Musée lançait, en mars 2018, l’exposition virtuelle « Refaire sa vie ». Pour soutenir ce lancement, Sarah Engelhard, une survivante qui vit à Montréal, était sur place pour raconter sa première journée ici, en 1944. Un témoignage des plus inspirants!

Ce témoignage, on le retrouve en partie dans l’exposition virtuelle, qui permet de survoler la vie de 20 survivants qui sont venus s’installer au Canada. Pour chacun on peut:

  • lire une courte fiche qui présente leur histoire;
  • écouter 2 vidéos où ils nous racontent, eux-mêmes, un moment marquant de l’Holocauste et un autre de leur arrivée ici;
  • voir un petit album-photos qu’ils partagent avec nous et, enfin,
  • consulter une carte de leur « parcours du survivant » où on peut suivre leurs déplacements avant de s’établir au pays.

C’est très émouvant…

Cliquez sur l’image ci-dessous si vous désirez visiter l’exposition dès maintenant:

Cette exposition virtuelle n’est pas la première du Musée, qui avait déjà offert aux internautes 14 portraits tout aussi pertinents dans l’exposition virtuelle « Récits de vie ». Un complément des plus intéressants à la plus récente exposition.

Pour celles et ceux qui voudraient entendre encore plus de récits, la page Youtube du Musée en compte de très nombreux, dont celui-ci, aussi utilisé dans « Récits de vie », d’une résistante qui n’a pas pu rester indifférente face à ce qui se vivait à son époque, et qui a décidé d’agir, au risque de sa vie :

Leur histoire au musée

Si ces vidéos permettent d’entendre les survivants parler de leurs expériences, il est parfois nécessaire d’aller plus loin pour comprendre un épisode aussi particulier de notre histoire que l’Holocauste.

Ainsi, il y a près de 40 ans, des survivants ont fondé, à Montréal, un lieu pour informer et sensibiliser la population sur l’Holocauste, l’antisémitisme, mais aussi le racisme, la haine et l’indifférence. Ce lieu est devenu le Musée de l’Holocauste, situé tout près du métro Côte-Sainte-Catherine. Il contient des cendres de victimes du camp de concentration d’Auschwitz, placées sur les restes d’une colonne de l’ancienne grande Synagogue de Varsovie détruite par les nazis, le tout présenté dans une salle de recueillement et de réflexion qui invite à l’introspection:

Ce Musée, il faut l’avoir visité au moins une fois dans sa vie. Parce que l’intolérance et l’indifférence ne sont jamais loin, et parce que même lorsque ces histoires se déroulent à l’autre bout du monde, elles finissent toujours par nous toucher… À travers son exposition permanente, très intéressante, le Musée le montre bien. Car il nous permet d’en apprendre plus sur notre histoire collective, en partant de l’Allemagne nazie évidemment, mais en nous rappelant aussi comment se vivaient les événements de l’époque ici même, à Montréal et au Québec…

Sans nous épargner certains aspects sombres de notre histoire, il nous montre quand même qu’il y a toujours de l’espoir, comme en témoigne ce carnet en forme de coeur, cousu en cachette par des femmes du camp de concentration d’Auschwitz. Elles voulaient souhaiter joyeux anniversaire à une amie qui fêtait ses 20 ans et lui donner le courage de survivre aux atrocités qu’elle y vivait. Un geste d’affection qui aurait pu leur coûter la vie à toutes…

Mais à quoi bon vivre dans l’indifférence?

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Publié par : cbernier | 4 mars 2018

Montréal : si belle de soir!

Se promener à Montréal après le coucher du soleil offre un spectacle très différent de ce que l’on peut voir de jour. Lorsqu’on sait où aller, c’est même de véritables surprises qui nous attendent au coin de certaines rues. Je vous offre donc ce petit tour d’horizon des initiatives d’illumination de la nuit montréalaise qui méritent le déplacement.

Saviez-vous que notre ville compte un plan lumière pour le Vieux-Montréal, un autre pour le Quartier des Spectacles, qu’elle possède un des plus grands réseaux de projections architecturales au monde, qu’elle expose plusieurs œuvres d’art lumineuses qui ne sont visibles que le soir et compte sur un pont éclairé de façon interactive unique sur la planète, qui s’active au rythme de notre vie nocturne? Et bien oui, Montréal offre tout ça, et encore plus, lorsque la lune se lève!

C’est bienvenue, surtout pendant l’hiver, où la clarté du jour nous quitte si tôt. C’est un peu notre façon de prolonger la journée, même lorsque les jours raccourcissent…

Pour admirer les vieilles pierres

Le Plan lumière du Vieux-Montréal est en place depuis maintenant 20 ans. Bien inscrit dans nos mémoires, plus personne ne le remarque. Pourtant, l’éclairage architectural qui s’y déploie offre une ambiance merveilleuse, difficilement imaginable sans ces efforts d’illumination. Étonnamment, plusieurs ne savent pas encore que la rue Sainte-Hélène fait exception au reste de la Ville en étant éclairée au gaz naturel, clin d’œil à une époque révolue…

Plus récemment, l’ajout de Cité-Mémoire a donné au Vieux-Montréal une nouvelle profondeur historique, avec ses multiples films projetés sur les murs du secteur, pour nous faire revivre notre passé. C’est tout aussi impressionnant qu’instructif! Pour en profiter pleinement, n’hésitez pas à utiliser l’application développée par ses concepteurs pour enrichir votre visite. Faire le tour de l’ensemble des projections vous permettra de passer plusieurs soirées à redécouvrir notre quartier historique sous un nouvel éclairage.

Cité Mémoire

Pour assister à la magie des lanternes

Encore plus ancien que le Plan lumière du Vieux-Montréal, la Magie des lanternes, qui se nomme maintenant Jardins de lumières (puisqu’elle combine des aménagements dans les Jardins Chinois, Japonais et des Premières-Nations du Jardin botanique), charme aussi bien les grands que les petits, depuis plus de 25 ans! Si vous n’y êtes encore jamais allé, l’an prochain, ne ratez pas ce rendez-vous!

Après toutes ces années de succès, je suis encore étonné que le concept ne soit pas repris dans le Quartier chinois à l’année… Il me semble qu’il y aurait là une idée à développer, surtout que quelques initiatives ont fait parler d’elles ces dernières années, dont la dernière en date, dans la ruelle Saint-Pierre

Autres initiatives assez anciennes, dans le temps des fêtes, plusieurs rues commerciales s’éclairent pour l’occasion, créant de belles ambiances. Et maintenant, certaines gardent leurs guirlandes à l’année, comme la Promenade Ontario.

Plus spectaculaire, l’initiative du Village de créer à la fois une animation sur les lampadaires et une galerie de photos artistiques rétroéclairées en plein air, la Galerie Blanc, montre qu’on peut encore innover. Parce que les commerces contribuent aussi à l’illumination de nos nuits!

Pour oser fréquenter le Red light

Depuis une décennie, le Quartier des spectacles déploie lui aussi un Plan lumière. C’est à lui que l’on doit les fameux points rouges qui signalent les salles de spectacles du secteur. Il y en aurait un millier sur nos trottoirs le soir tombé! Distinctives, ces lignes de points rouges sont évidemment un clin d’œil au fameux Red Light de Montréal.

Ils jouent sur une histoire lumineuse propre au quartier, quelque chose de rare dans le monde… Trouver une signature lumineuse propre à une ville est difficile, tout comme bâtir sur l’histoire locale pour élaborer ces projets d’éclairage. Nous sommes donc choyés d’avoir eu des créateurs sensibles, qui ont su profiter de l’histoire du secteur pour nous offrir cet étonnant déploiement de lumière.

Une trentaine d’éclairages architecturaux se sont ensuite ajoutés, souvent teintés eux aussi de rouge. Que ce soit le Monument National, le 2-22 ou la Société des Arts Technologiques (SAT), tous s’inscrivent dans le même esprit, pour donner au quartier une impressionnante unité. Celle-ci révèle, du même coup, la concentration exceptionnelle de lieux de diffusion culturelle de Montréal, qui n’aurait de comparable, en Amérique du Nord, que Broadway à New-York!

2012 Le 2-22

Pour voir du cinéma en plein air

Le Quartier des spectacles nous réserve plus que des points rouges et de l’éclairage architectural, aussi ingénieux soit-il pour mettre en valeur le bâtiment qu’il illumine. C’est aussi le lieu du plus grand réseau extérieur de vidéoprojections artistiques au monde, avec ses 9 murs écrans exempts de publicité (dont le Pavillon des sciences et le Centre de design de l’UQAM, le mur aveugle voisin de la station de métro Saint-Laurent et une des façades de la Grande bibliothèque).

Centre de Desing de l'UQAM (1)

L’ensemble de ces efforts, ambitieux projets de marquage urbain, révèlent sur le trottoir et les murs toute l’effervescence culturelle de ce secteur, pour que nous puissions entrevoir tout ce qui se cache derrière les façades de nos théâtres, salles de spectacles, bars, etc. Et ce, 12 mois par année, pas seulement lors d’un festival éphémère.

Pour découvrir l’art public sous un autre jour

Comme si ce n’était pas assez, il s’ajoute, plusieurs fois par année, des œuvres d’art interactives un peu partout dans le Quartier des spectacles. Comme les balançoires musicales au printemps (qui sont aussi lumineuses le soir!) et les bascules de l’hiver, accompagnées de plusieurs autres. Présentées dans le cadre de Luminothérapie, ces œuvres voyagent maintenant partout à travers le monde. L’an dernier, elles ont été 6 à parcourir le globe, faisant rayonner la créativité de Montréal à l’international!

Si Luminothérapie existe depuis bientôt 10 ans, Illuminart est un petit nouveau dans le calendrier des événements qui jouent sur la lumière à Montréal. Je vous en parlais l’an dernier lors de sa première édition, qui profitait de l’impulsion du 375e anniversaire de Montréal pour en mettre plein la vue. Bien que plus modeste, l’édition de cette année montrait toute la pertinence d’un tel événement!

 

Certaines œuvres permanentes sont plus discrètes et contemplatives, comme la projection lumineuse au sol sur la Place d’Arme, qui permet de trouver l’étoile polaire dans le ciel! Une toute autre ambiance pour les promenades de soirée que celle, effervescente, de la Place des Festivals…

Pas très loin, sur la Place Jean-Paul-Riopelle, il y a aussi, l’été, la fameuse fontaine de l’artiste, qui propose un spectacle où se mélange l’eau et le feu une fois l’heure, en soirée. Une telle fontaine, qui exploite la relation entre ces deux éléments pourtant contraires, il n’y en a pas beaucoup sur la planète. Nous avons la chance d’en profiter ici même, dans notre ville!

Des oeuvres lumineuses comme celles-là pourraient très bien se multiplier en ville dans les prochaines années, un peu partout dans nos quartiers, comme ci-dessous dans la Petite-Patrie, sur la bibliothèque Marc-Favreau

Il y a aussi des nouveautés… Participative, l’œuvre Chorégraphies pour des humains et des étoiles, projetée sur le Planétarium, a été la première œuvre numérique de la collection de la Ville de Montréal. Il faut savoir qu’elle réagit à notre présence et nos mouvements pour pleinement en profiter et, lorsque c’est compris, le plaisir commence.

Pour voir l’effervescence de la Ville

Il n’y a pas qu’en dansant devant le Planétarium qu’on montre l’effervescence de Montréal. On peut le faire passivement, en regardant l’illumination du pont Jacques-Cartier, qui est déterminée par la saison (pour sa couleur) et par l’actualité et l’utilisation du #IlluminationMTL sur les médias sociaux (pour son spectacle à chaque heure).

Illumination pont

Il s’ajoute aux illuminations de nos gratte-ciels, comme le sommet de la Place Ville-Marie, qui est maintenant nimbé d’un halo bleu capable de changer de couleur… Les tours du Complexe Desjardins baignent de leur côté dans un vert propre à la marque, visible à des kilomètres à la ronde et qui donne une teinte étonnante au ciel lorsqu’il est nuageux. Plus réussi, le mat du Stade ou l’illumination de l’Hôtel de Ville, changent de couleur au gré des causes soutenues cette journée-là! Il faut parfois aller visiter leur compte Twitter pour comprendre le sens de la couleur choisie, mais c’est généralement d’un très bel effet.

Échine du Stade

Même la Croix du Mont-Royal peut parfois s’y mettre. Essentiellement pour souligner la mort d’un pape toutefois, en virant au pourpre, bien qu’elle ait eu plusieurs couleurs au cours de son histoire…

Ainsi, ce sont plusieurs quartiers qui offrent aux promeneurs nocturnes une ambiance nouvelle le soir venu. Plusieurs autres initiatives existent, un peu partout sur l’île. Après le Vieux-Montréal, le Quartier des Spectacles et les autres initiatives dont je viens de vous parler, quel sera le prochain quartier qui se dotera d’une signature nocturne? La rue Saint-Laurent sur le Plateau, pour éclairer ses murales? Ou le Quartier Chinois, en s’inspirant de la Magie des lanternes du Jardin botanique?

Vous avez d’autres idées? Partagez-les avec nous dans les commentaires!

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Publié par : cbernier | 14 février 2018

Une Galerie des cadeaux

Lors de leurs voyages protocolaires, les dignitaires donnent des cadeaux aux élus qui les reçoivent. C’est ainsi que, de tout temps, les maires de Montréal ont reçu, par exemple, des bottes de cow-boy offertes par la mairesse de Dallas, une horloge Cartier donnée par le maire de Paris, un cheval de bois offert par l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire et des centaines d’autres cadeaux de toutes sortes.

Si la majorité de ceux-ci n’ont pas de grande valeur monétaire ou artistique, ces cadeaux protocolaires témoignent toutefois de la richesse des échanges de notre mairie avec les autres dignitaires du monde. Que ce soit au cours des voyages de notre maire ou notre mairesse à l’étranger, ou lors de la réception de dignitaires venus de l’extérieur.

Il reste malheureusement peu de choses des cadeaux offerts à Jean Drapeau et Pierre Bourque. Ils avaient l’habitude d’apporter les cadeaux qu’ils recevaient avec eux, ce qui était une pratique courante à l’époque. Jean Doré, de son côté, gardait peu d’objets. Ses cadeaux étaient plutôt utilisés pour décorer les bureaux des membres du comité exécutif… Depuis Gérald Tremblay, les cadeaux restent à la Ville et sont entreposés. Puis, après un certain temps, on les vend parfois aux enchères!

Mais ces cadeaux, s’ils étaient exposés, pourraient nous en apprendre sur nos relations avec certaines villes, sur la diplomatie municipale, les cultures des autres villes du monde et les origines de certains de nos concitoyens…

Beijing le fait et c’est fascinant! Au Musée national de Chine, c’est une immense galerie qui est consacrée à l’histoire des relations internationales du pays, à travers la présentation des cadeaux protocolaires reçus.

On s’amuse à chercher notre propre cadeau protocolaire…

Ou on s’étonne de celui des autres, en se demandant qui a bien pu choisir ce type de cadeau…

Bien exploité, le concept peut toutefois devenir une intéressante exposition! Pourquoi les cadeaux reçus par notre mairie ne sont-ils pas confiés au Centre d’histoire de Montréal, pour raconter notre ville à travers ce prisme? Il pourrait sélectionner les pièces les plus significatives, les plus originales ou les plus amusantes pour nous faire voir les liens diplomatiques de Montréal, à travers une petite exposition permanente, mais en évolution constante, enrichie des nouveaux cadeaux reçus.

Regroupés par continent, ils pourraient nous faire connaître le monde.

Regroupés par époque, comme le fait l’exposition de Beijing, ils pourraient nous retracer l’histoire des échanges de notre ville avec d’autres villes du monde.

Il me semble qu’il y a là, pour une Ville comme Montréal, un filon à exploiter! Ville onusienne, Montréal fait partie d’une trentaine de réseaux internationaux. Faire honneur aux cadeaux reçus par la mairie en les exposant pourrait ajouter un peu de profondeur à ces échanges, en expliquant les liens institutionnels, politiques, culturels et économiques qu’entretiennent les villes.

Ce serait, de plus, une belle façon de faire rayonner les relations bilatérales et les échanges existants entre Montréal et plusieurs autres villes du monde, et de faire connaitre ces liens. L’accueil de délégations étrangères ne s’en retrouverait que renforcée, les cadeaux échangés ayant des chances d’être montrés fièrement aux Montréalais…

Alors que Montréal renforce ses liens avec les villes chinoises, et avec Beijing plus particulièrement, pourquoi ne pas en profiter pour s’inspirer de la Galerie des cadeaux protocolaires du Musée national de Chine? Ce serait un témoignage diplomatique de l’intérêt que l’on porte à la capitale chinoise! Et une proposition muséale intéressante de plus, offerte aux Montréalais et aux touristes.

Si la Chine vous passionne, vous devriez apprécier cet autre texte:

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Publié par : cbernier | 28 janvier 2018

Capitale de la bière

Montréal est sans aucun doute la capitale de la bière au Canada, et probablement, une des principales en Amérique du Nord. Par son histoire et par le nombre de créateurs et d’amateurs qui y vivent, notre ville ne peut être qu’au top des palmarès des meilleurs endroits sur la planète où prendre une bière. Un exemple, parmi d’autres, est cette recension faite par Expedia, qui donne une note parfaite à Montréal sur toute la ligne : autant pour le nombre de brasseries, que des prix récoltés par nos bières, en plus de reconnaitre notre incroyable créativité!

Il faut dire que la ville est forte d’une tradition qui remonte à près de 370 ans, puisqu’un document officiel mentionne une brasserie ici dès 1650. Notre ville a toujours joué un rôle brassicole important. Même avec le départ imminent de l’usine de Molson pour Longueuil, qui était pourtant établie ici depuis 1786, ça ne changera pas. Il nous reste toujours les installations de Labatt, présentes à LaSalle depuis plus de 60 ans, et surtout, l’effervescence des microbrasseries, qui ont su prendre la relève pour maintenir Montréal dans le peloton de tête des villes les plus intéressantes pour les amateurs de bières.

L’arrivée des microbrasseries

Notre tradition brassicole a en effet pris un tournant à la fin des années 80, avec la naissance d’une nouvelle vague de brasseurs qui sont venus chambarder nos habitudes (il était temps). Imaginées et construites de toutes pièces par des passionnés, leur microbrasseries ont réinventé la bière, ont osé proposer de nouveaux goûts et ont fait lentement leur place. Après les blondes, il était effectivement temps de découvrir les blanches, les rousses et les noires.

Dès 1988, les Brasseurs GMT, installent leur usine sur le bord du chemin de fer qui sépare Rosemont­-La-Petite-Patrie et Le Plateau. Aujourd’hui connus sous le nom de Brasseurs RJ, ces précurseurs restent au coeur de la plus grande concentration de microbrasseries du Québec, au centre de l’île de Montréal, et peuvent maintenant se targuer d’être l’une des plus importantes du Québec.

En 1989, une autre microbrasserie s’installe, le long du Canal Lachine cette fois, pour prendre d’assaut les tablettes de nos dépanneurs : la Brasserie McAusland. Elle développe depuis le goût des québécois pour les bonnes bières, tout en ayant ouvert un pub et une immense terrasse l’été, annexes de son usine.

Certaines microbrasseries ont été rachetées ces derniers temps par les grandes brasseries internationales, comme Le trou du diable (de Shawinigan) acheté par Molson; Archibald (de Québec) qui appartient maintenant à Labatt; et Unibroue (de Chambly) propriété de Sapporo. Toutefois, les microbrasseries de Montréal restent résolument indépendantes.

Les brasseurs artisanaux

Au même moment qu’apparaissaient les microbrasseries, un premier établissement obtenait son permis de brassage artisanal à Montréal, le Cheval Blanc, en 1986. Le sympathique bar est toujours en opération sur la rue Ontario. Il a été suivi par plusieurs autres, dont je vous parle dans mon texte Les meilleures brasseries de quartier.

Carte

Ou cliquez sur la carte pour découvrir toutes mes suggestions

Certains de ces pubs se sont mis à embouteiller leur bière, devenant à leur tour des microbrasseries. C’est le cas du Dieu du Ciel, fondé à Montréal, qui s’est démarqué avec son titre de meilleure brasserie au pays (rien de moins), pendant 10 années consécutives, selon le site international de classement de la bière Ratebeer. Elle fait en plus partie du Top 100 des meilleures brasseries du monde! Il suffit d’y aller pour constater la popularité incroyable du Dieu du Ciel, et pour être charmé par ses bières, diablement bonnes.

Ces microbrasseries se sont réunies au sein de l’Association des microbrasseries du Québec, qui travaille à la défense de cette industrie locale et à la promotion de ses membres. L’association en compte plus de 10 à Montréal seulement.

L’effervescence du milieu de la bière à Montréal ne semble pas sur le point de se calmer, avec l’apparition de l’étonnante coopérative MaBrasserie et de son salon de dégustation, ouvert au public en 2016, au cœur du secteur industriel du Vieux-Rosemont.

Ce lieu hybride permet aux brasseurs en herbe de louer des cuves et de se faire la main avant de se lancer, tout comme à des bars d’augmenter leur production. Un service qu’offre aussi la Brasserie Oshlag, née la même année, en ouvrant de nouvelles perspectives de développement des plus intéressantes…

Montréal attire les talents du reste du Québec

Après les microbrasseurs et les bars spécialisés, les quartiers centraux de Montréal attirent depuis peu des microbrasseries de plusieurs régions du Québec, qui voient dans nos quartiers un terreau fertile pour brasser des affaires. L’achat du Petit Medley par les brasseurs de la Simple Malt, de St-Eustache, a relancé le réputé bar de la rue St-Hubert; pendant que la microbrasserie Pit Caribou, de la Gaspésie, permettait la renaissance d’un bar de la rue Rachel, qui peinait à prendre sa place depuis plusieurs années. La brasserie Siboire, de Sherbrooke, a ouvert sa succursale montréalaise en 2017 sur St-Laurent, à deux pas du Dieu du Ciel; tandis que la microbrasserie À la Fût, de Saint-Tite, s’installera dans l’ancienne Boîte à Marius, sur Papineau, en 2018… Cette nouvelle tendance montre l’attraction irrésistible de Montréal sur le monde brassicole québécois, multipliant les possibilités de découverte pour les amateurs d’ici.

Ces microbrasseries du Québec étaient pourtant déjà bien présentes, depuis la multiplication des points de vente spécialisés, comme les dépanneurs Peluso et le Biérologue. Plusieurs se sont même regroupés au sein de l’association des Détaillants de bières spécialisées du Québec, qui fait la promotion d’un service-conseil auprès des clients. Ils sont une dizaine de Montréal, membres de cette association, mais de nombreux autres points de ventes existent sur l’île. Même certains supermarchés s’y sont mis sérieusement…

Le tourisme de la bière

Montréal offre depuis longtemps aux amateurs le plus grand festival de bières internationales en Amérique du Nord! Avec son Mondial de la bière, notre ville des festivals mérite son titre.

La demande est si forte qu’on compte maintenant des circuits touristiques pour visiter nos microbrasseries! Il y a entre autres celui offert par l’entreprise Visites de Brasseries Artisanales de Montréal et celui, l’été, du Vélo Festif, un curieux engin à 16 places mû par l’effort combiné de ses passagers! Dans les deux cas, les visites se déroulent dans Rosemont. Pour ceux qui aiment découvrir par eux-mêmes, il y a aussi le Passeport en fût, qui permet d’explorer les bières en fût de 12 microbrasseries au choix, sur une vingtaine à Montréal (et 50 autres en région!). Une bonne option pour les curieux de nature.

Enfin, si tout ça ne vous convainc pas du statut particulier de Montréal dans le monde de la bière, sachez que notre ville compte 2 expositions historiques sur le sujet! Le passé brassicole de Montréal est tellement important qu’il fait l’objet de la première exposition permanente, conçue par le Musée Pointe-à-Callière, à être présentée à l’extérieur de ses murs. Depuis 2012, Dites donc Dow ! L’histoire d’une brasserie d’ici peut être visitée à l’École de technologie supérieure (qui occupe les anciennes usines de Dow), gratuitement (mais sur un horaire contraignant : du lundi au vendredi, de 10 h à 17 h). Le blogueur Zeke présente l’exposition dans ce texte (en anglais).

À Lachine, c’est la Black Horse Ale de l’ancienne brasserie Dawes qu’on nous rappelle, à travers une exposition étonnante, nommée Pour boire, il faut vendre. Présentée par le Musée de Lachine à l’Entrepôt, un édifice patrimonial ayant appartenu à cette brasserie, elle est elle aussi gratuite, et ses heures d’ouverture, la fin de semaine, en facilite grandement la visite. Qui peut même se poursuivre de façon virtuelle

Ainsi, que ce soit pour son histoire, ses grandes brasseries, ses microbrasseries, ses bars et pubs, ses points de vente, ses brasseurs et ses expositions, ou que ce soit pour ses bières, leur infinie variété, leurs nombreux prix reçus et leur originalité, Montréal est véritablement la capitale de la bière au Canada!

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Publié par : cbernier | 18 janvier 2018

Des centres commerciaux originaux

Qu’on aime ou qu’on déteste, nous finissons tous par devoir aller dans un centre commercial un jour. Je n’aime pas particulièrement. Pourtant, quand j’étais jeune, on m’avait fait rêver du West Edmonton Mall, cité en exemple dans le cahier d’exercices d’un cours du secondaire… Plus grand centre commercial d’Amérique du Nord, le West Edmonton Mall compte plus de 800 magasins et restaurants, en plus d’un parc d’attractions et d’un parc aquatique, où on peut monter dans un bateau pirate et où on pouvait descendre, à l’époque, dans un petit sous-marin!

Avouons que je n’ai jamais trouvé quelque chose de comparable ici… Le Dix30, qu’on disait avoir révolutionné le magasinage, est loin de m’avoir convaincu. Au mieux, c’est une copie de rue commerciale locale; au pire, un décor de théâtre qui vieillit mal. Aujourd’hui on nous vante le projet du Quinze40 à Ville Mont-Royal, au cœur de l’île, qui se serait inspiré de projets qui ont vu le jour ailleurs dans le monde…

En voyage, j’ai découvert plusieurs centres commerciaux différents, qui pourraient aussi nous inspirer… Pas nécessairement pour construire de nouveaux mastodontes du commerce, mais certainement pour améliorer ceux que nous avons déjà. Entre les pressions qu’exerce le commerce électronique sur les ventes en magasin; la concurrence des mégas centres déjà établis en banlieue et la préservation de nos artères commerciales locales, il est important de se demander ce qui pourrait être fait pour que toute la ville tire réellement profit de ses centres commerciaux.

Et si on osait?

L’une des premières galeries marchandes de la planète, la Galleria Vittorio Emanuele II, a été inaugurée à Milan en 1878. Depuis, elle est restée une adresse prestigieuse et est devenue une attraction touristique incontournable de sa ville, entre autres grâce à son architecture et ses œuvres d’art originales.

À Montréal, nous avons le Centre de commerce mondial qui a su tirer profit d’édifices anciens bordant une ruelle, en les recouvrant par une verrière. Avec sa statue européenne datant des années 1700, son miroir d’eau qui reflète les bâtiments tout autour, son accès au Montréal souterrain et le segment du mur de Berlin offert à Montréal pour son 350e anniversaire, c’est aussi un modèle dans son genre, toutes proportions gardées. Un acquis pour notre ville.

Différent, il y a le complexe du Sony Center, à Berlin, constitué d’édifices regroupés autour d’une place publique, elle-même surmontée d’un dôme déposé sur les édifices qui entourent la place! L’effet est saisissant. Les terrasses, les coins verts et les activités peuvent s’y dérouler même par temps pluvieux, ajoutant un aspect pratique à l’étonnante construction.

Et le soir, le dôme s’allume et change de couleur. Une ambiance électrisante, mise à profit par les quelques bars et restos de la place. Berlin a quand même l’avantage de profiter de températures hivernales qui jouent autour du point de congélation… Mais qui dit s’inspirer ne dit pas copier! L’intérêt de regarder ce qui se fait ailleurs, c’est d’ouvrir nos horizons pour mieux inventer ici.

Réinvestir les toits

Sur un terrain en pente de la Ville de Porto, on a construit un petit centre commercial, la Praça de Lisboa, tirant profit de la dénivellation pour offrir un parc accessible du haut de la pente, un passage regroupant quelques commerces au centre de la pente et un accès à un stationnement souterrain au bas de la pente. Ainsi, on offre au voisinage, sur une même surface de terrain, un parc, des boutiques et un stationnement! Un parc planté d’oliviers, qui nous rappelle que nos grands toits plats pourraient peut-être avoir enfin un usage…

Le concept a été poussé un peu plus loin sur le toit du centre d’achat du Tokyo-Dome City, transformé en parc d’attractions, couvert de manèges! Moins propices aux rêves d’enfants que le bateau de pirates du West Edmonton Mall, mais quand même étonnant en pleine ville!

On y est allé beaucoup plus simplement dans le prochain exemple, provenant de Barcelone. Las Arenas est un centre commercial construit à l’intérieur d’une ancienne arène de corrida désaffectée. En soi, pour la transformation d’un édifice historique, c’est un exemple qui mérite d’être souligné! En plus, il offre un toit entièrement repensé, avec un dôme de restaurants au centre, entouré d’une immense terrasse panoramique publique, offrant une vue sur toute la ville… La promenade y est fantastique, autant pour les locaux que pour les touristes.

Je ne crois pas qu’aucun centre d’achat de Montréal n’ait trouvé d’utilisation publique pour son toit, et pourtant, ce sont d’immenses surfaces planes qui offrent tout un potentiel de développement… Imaginez un espace de restaurants entouré de verdure, avec des terrasses l’été et une patinoire l’hiver, ce serait bien, non?

Une architecture audacieuse

J’en parlais dans mon texte Oser l’architecture, depuis quelques années, il se fait de beaux édifices, potentiels patrimoines du futur, à Montréal. C’est aussi le cas ailleurs dans le monde, et même lors de la construction de centres d’achats!

Un exemple de cela est le Galaxy Soho de Beijing. Ce gigantesque complexe cache un centre commercial sous des édifices tout en rondeur, héritage de l’architecte Zaha Hadid, décédée en 2016 en laissant ses magnifiques constructions un peu partout autour du globe.

Moins spectaculaire, mais utilisant lui aussi les rondeurs, le Kanyon d’Istanbul mérite d’être souligné, ne serait-ce que pour rappeler que les allées trop droites de nos centres commerciaux ne sont pas une obligation de l’architecture, mais un choix de facilité…

Certains choix architecturaux sont très réussis, comme celui d’insérer dans la façade du centre d’achats MyZeil, de Frankfort, un trou de verre qui traverse la zone commerciale pour y créer un puits de lumière géant. Cette ouverture sur l’extérieur est de plus reprise avec une grande baie vitrée qui s’ouvre sur la rue l’été, amenant de l’air frais dans le secteur des restaurants. Un luxe que trop peu de centres offrent à leurs clients.

L’originalité du secteur commercial du Langham Place de Hong Kong est cachée du 9e au 12e étage. On a en effet choisi d’y construire un plancher en forme de spirale montante, rendant assez difficiles les repères spatiaux. Les paliers se succèdent en n’étant séparés que d’une courte volée d’une dizaine de marches, créant des quarts d’étages…

Ajouter de l’exotisme

Côté exotisme, Hawaii sait se démarquer. Même le petit centre commercial du complexe du Hilton Hawaiian Village, à Waikiki, se donne des airs d’ailleurs… Ce village de boutiques, enserré entre différentes tours de chambres pour touristes, est noyé sous la verdure, lui assurant un effet vraiment dépaysant. Et surtout, il encourage les visiteurs à ne pas sortir du complexe, situé sur le bord de la plage… Je n’approuve pas l’objectif, mais j’avoue avoir imaginé un instant une allée de boutiques d’un de nos centres d’achats transformée en village de cabanes en bois rond. Avouez que ça vous ferait sourire!

Bien que plusieurs trouvent l’idée kitch ou quétaine, quelques centres commerciaux du monde tentent de reproduire des ambiances d’autres pays du monde. À Tokyo, on peut manger du fast-food dans la cour intérieure d’une villa vaguement italienne, avec un faux ciel en prime! Au VenusFort, on fait les choses en grand, puisque tout le centre est ainsi déguisé en village italien, avec ses places et ses fontaines… Et le « ciel » évolue au rythme des heures, pour s’assombrir ou s’éclairer! C’est peut-être trop pour attirer les Nord-Américains que nous sommes, mais pourquoi ne pas ajouter des éléments de décor à nos propres foires alimentaires, comme une pagode autour d’un kiosque de cuisine asiatique ou des palmiers à côté d’un comptoir mexicain?

À Montréal, un des rares exemples d’exotisme dans un centre commercial est celui des Cours Mont-Royal, avec son grand escalier rappelant le Mount Royal Hotel, un palace des années ’20, dont subsiste toujours le magnifique lustre de l’antique hall principal, ayant appartenu, dit-on, au Casino de Monte-Carlo!

Un peu de nature

Difficile de parler des plus beaux centres commerciaux du monde sans aborder la question de la végétation… Pour ça aussi, Hawaii sait se démarquer. Plusieurs de ses centres sont construits sur un modèle de passerelles extérieures, autour desquelles se greffent les boutiques. On s’y promène donc comme dans un immense parc, sur plusieurs étages, avec cascades et petits plans d’eau! C’est tellement beau que des couples louent les espaces verts de ces centres pour y célébrer leur mariage! Il y en a plusieurs sur ce modèle, tous aussi verdoyants les uns que les autres…

Nous n’avons évidemment pas encore d’équivalent à Montréal, quoique, développé comme une serre, un pavillon de centre commercial pourrait très bien rivaliser avec ce qui se fait ailleurs… Ici, nous avons plutôt misé sur l’eau pour ajouter un peu de nature à nos intérieurs, avec de grandes fontaines, comme celle du Complexe Desjardins.

Pour son originalité, la rivière qui descend l’escalier du centre commercial Sanlitun Soho, de Beijing, mérite une mention. Située dans une cour intérieure, elle ajoute beaucoup de charme à l’endroit, entre autres parce qu’elle glisse sur un lit de roche, calmant de ses clapotis les bruits ambiants.

Miser sur l’art

Une autre façon de se démarquer des autres, c’est de proposer aux visiteurs un accès à plusieurs œuvres d’art. C’est le choix qu’a fait le Roppongi Hills de Tokyo, entre autres avec une sculpture de Louise Bourgeois intitulée « Maman », qui est en fait une immense araignée portant des œufs…  Disons qu’on pourrait utiliser ici une œuvre un peu plus consensuelle… Quoi qu’il en soit, le centre commercial compte aussi, au sommet de sa principale tour, le Mori Art Center, un musée d’art contemporain des plus intéressants, et un observatoire sur le toit permettant d’admirer la ville tout entière.

« Maman », de Louise Bourgeois

À Montréal, nous avons bien le festival Art Souterrain qui, comme je le montre dans ce texte, transforme la ville chaque année, le temps de deux semaines féériques. Certaines années, le Centre Eaton accueillait des œuvres sur presque tous ses étages, en plus d’ouvrir un local commercial pour des ateliers artistiques et d’installer un DJ au cœur de son centre commercial, ayant ainsi une participation exceptionnelle dans le cadre du festival. Je me suis toujours demandé pourquoi les propriétaires ne faisaient pas l’acquisition d’une œuvre, chaque année… Ils auraient aujourd’hui une collection enviable, attirante autant pour les Montréalais que pour les touristes…

Port-O-Potty, de Zeke Moores, exposé au Centre Eaton lors du festival Art Souterrain de 2016

Repenser le centre commercial

Mais ce n’est pas tout, certains centres d’achats poussent l’audace beaucoup plus loin, en questionnant même le modèle, comme le centre ReTuna, de la ville d’Eskilstuna, près de Stockholm. À cet endroit, vous ne trouverez que des produits recyclés, réutilisés et usagés. Le comptoir-lunch, de son côté, favorise les produits bios…

À Moiselles, en France, un projet de centre commercial associé à une ferme est en gestation. L’idée est de tirer profit d’une nouvelle tendance pour les centres commerciaux, qui cherchent à créer des expériences inédites pour les visiteurs, pour mieux compétitionner les ventes en ligne… La ferme serait en production, compterait un verger sur les toits des commerces et offrirait des services éducatifs, en plus de l’offre commerciale régulière! Ce serait effectivement assez inédit comme expérience…

Les nombreux exemples cités dans ce texte sont tous des illustrations de cet effort des centres commerciaux pour survivre aux nouveaux modes de consommation, qui semblent privilégier le e-commerce au détriment de la vente au détail. Cette réalité amènera probablement de plus en plus d’innovation de la part des centres commerciaux, mais aussi de plus en plus de réflexions sur ce qui pourrait être fait pour que toute la ville tire profit de leur présence. C’est l’objet du texte Et si les centres commerciaux devenaient de véritables quartiers, publié récemment par l’excellent blogue du Kollectif.

Nos centres commerciaux sont, avouons-le, vieillissants, le moment est donc propice pour entamer une réflexion sur leur avenir. En s’inspirant de ce qui se fait ailleurs, ou en développant des idées originales, on pourrait faire quelque chose d’intéressant de ces immenses lieux fermés sur eux-mêmes… Même le Montréal souterrain, qui parait  original aux yeux de bien des touristes, pourrait en tirer des leçons.

Il est en effet bien positionné pour offrir une expérience inédite. Alors que d’autres centres commerciaux se dotent de manèges ou d’œuvres d’art pour se démarquer, ce regroupement de corridors, d’édifices et de centres commerciaux compte déjà des accès à une patinoire intérieure, un musée d’art contemporain, plusieurs hôtels, de nombreuses stations de métro, etc. Puisque la tendance d’avenir mise sur l’expérience, le Montréal souterrain, ses centres commerciaux mis en réseau, comme tous les autres grands centres commerciaux de l’île, devraient tous chercher à mieux tirer profit de leur présence en ville, tout en offrant une plus value aux résidents de leur quartier…

C’est le défi qui vient pour les centres commerciaux : trouver leur place en ville, dans un monde qui bouge et qui change, et avec une population de plus en plus exigeante… Mais même si je m’étonne d’être séduit par des centres commerciaux en voyage, suffisamment même pour leur consacrer ce texte, aucun de ceux de Montréal (et des environs) ne bat encore, pour moi, l’expérience d’une artère commerciale locale animée, verte, innovante et ponctuée de boutiques originales! Évolueront-ils suffisamment pour me séduire ces prochaines années? Pour vous séduire aussi? C’est ce que nous verrons…

C’est toi ma Ville s’est associé au blogue Mes Quartiers pour créer une page Facebook dédiée aux amoureux de Montréal. Cliquez « j’aime » sur cette page et découvrez les textes proposés par nos deux blogues, en + d’un contenu original et exclusif!

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