Publié par : cbernier | 11 mai 2017

Refaire les trottoirs

En ville, ils font tellement partie du décor qu’on ne les remarque même plus. Pourtant, ils sont essentiels à nos déplacements. Lorsqu’ils sont trop petits ou défoncés, on s’en préoccupe, alors qu’ils devraient faire l’objet de beaucoup plus d’attention…

L’idée d’un espace surélevé pour les piétons le long des rues est connue depuis l’Antiquité. En effet, les trottoirs de Pompéi, cette ville de l’Empire Romain ensevelie par les cendres d’un volcan il y a 2000 ans, en témoignent encore aujourd’hui.

C’est étonnant à quel point ils ont peu changés à travers le temps. Les trottoirs sont tout de même disparus pendant le Moyen-Âge, mais depuis 300 ans, aucune grande ville ne peut s’en passer.

À Montréal, la Place D’Youville témoigne de l’évolution des trottoirs d’ici depuis plus de cent ans. On peut y voir se croiser des reproductions de trottoirs de différentes époques, dans un aménagement de grande qualité. Développé par Claude Cormier, le projet en entier peut encore être vu sur le site web de son idéateur, alors qu’une partie a fait place au chantier pour l’agrandissement du musée Pointe-à-Callières. La section restante nous rappelle qu’à une certaine époque, les trottoirs de Montréal étaient fait en bois!

De plus en plus de villes font l’effort d’utiliser leurs trottoirs comme des outils d’animation et d’amélioration de la qualité de vie d’un quartier, et Montréal participe au mouvement. Les « bateaux », ces abaissements de trottoirs pour faciliter la vie des personnes à mobilité réduite, sont bien plus présents ici qu’ailleurs dans le monde. Les carrés d’arbres s’agrandissent, tout comme certains trottoirs, et on pense même construire des trottoirs chauffants sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Ça reste somme toute des changements assez fonctionnels. Avec 6 675 kilomètres de trottoirs sur l’île, il y a de la place pour faire preuve de plus d’imagination…

Pour illustrer l’éventail des possibilités, je vous propose un tour d’horizon de plusieurs bonnes idées exploitées ici même à Montréal, mais aussi dans d’autres villes du monde.

Par les arts

Un des exemples d’amélioration des trottoirs dont on peut profiter à Montréal est celui de la rue de Castelnau Est. Chaque été, on y peint la chaussée en bleu, créant un espace des plus agréables à visiter. J’aime beaucoup cette réalisation, même si c’est d’une simplicité désarmante! Un peu de peinture et hop! on voit la petite rue commerciale d’un autre oeil…

Sur Saint-Laurent aussi on joue à peindre les trottoirs, cette fois lors du Festival MURAL. C’est ludique, mais trop temporaire pour véritablement marquer la vie du quartier, alors qu’il y a là une idée à explorer.

L’art de rue s’invite aussi parfois pour améliorer son environnement… À Bruxelles, j’ai croisé ce petit bout de trottoir, cimenté par un citoyen avec quelques bouts de porcelaines. Ce n’est pas très réussi, mais ça a l’avantage de montrer qu’avec un peu de créativité, on peut marquer notre ville positivement et durablement.

À Miami, dans le quartier financier, les traverses piétonnes ont été animées de motifs. Rien de bien compliqué, mais une petite touche sympathique tout de même, qui crée un bel effet. Avec tout le talent artistique des Montréalais, on pourrait sûrement créer des coins de rue surprenants, en s’inspirant de ces traverses.

Les prolongements de trottoirs sur les terrains privés sont plus souvent l’objet d’attention spéciale que les trottoirs eux-mêmes. Alors qu’il serait si agréable que toute la ville puisse profiter de tels aménagements… Ici, un sentier de l’Université d’Istanbul en Turquie, tout en couleur.

À Amsterdam, on aime ce qui est coquin! Au hasard d’une promenade lors d’un voyage, j’y ai croisé cette étonnante sculpture incrustée dans le pavé, où une main palpe un sein…

A Boston aussi on s’est amusé avec des incrustations au sol, dans une traverse piétonne cette fois. Ces reproductions de déchets alimentaires ont été installées sur une rue où se tient, chaque fin de semaine, un marché public.

J’aimerais bien voir des œuvres d’art ainsi inscrites dans nos trottoirs. Montréal a déjà été une ville où on pratiquait de ces incrustations dans le béton… Je me souviens d’avoir vu des feuilles d’érables en bronze dans certains trottoirs de Rosemont et ces affiches de « Accurso contractor » à différents endroits à Montréal… Elles sont durables, puisqu’elles affichent toutes des dates des années 50. Comme quoi on pourrait installer durablement des œuvres d’art dans nos trottoirs! 😉

Par la science

On pourrait aussi penser utiliser les trottoirs pour reconnecter les Montréalais avec la nature et les sciences, comme tente de le faire le projet Mundus, qui nous invite à porter le regard vers le ciel. 4 installations permettent en effet d’observer le soleil et les étoiles avec un regard neuf. Comme dans l’exemple ci-dessous où, devant l’entrée principale du 1981 McGill College on peut voir, à certaines dates indiquées au sol, la constellation du Cygne encadrée sur trois côtés par des tours à bureaux.

Plus symbolique et poétique, à Nantes en France, le projet des Belles de bitume vise à marquer le nom des herbes qui poussent à travers les craques des trottoirs, directement sur celui-ci, pour les sortir de l’anonymat et célébrer leur présence. Un cours de botanique en ville, pourquoi pas?

Ailleurs dans le monde, on fait de la science brute avec les trottoirs et on tente de récupérer l’énergie produite par les pas des passants pour fournir la ville en énergie. Je vous en parlais dans ce texte sur Les énergies et la ville. Mentionnons aussi les tests pour construire des routes en panneaux solaires, qui trouveront probablement aussi, un jour, leur place sur nos trottoirs.

Par la lumière

Pendant que certains rêvent de produire de la lumière avec les trottoirs, d’autres utilisent les trottoirs pour diffuser de la lumière. La Place des Jacobins, à Lyon en France, est constellée de petits point brillants jusqu’aux trottoirs qui l’entourent, ce qui en fait vraiment une belle place la nuit tombée. À défaut de bien voir les étoiles en ville, on nous propose un succédané…

Par des motifs

Pour donner du caractère à certains secteurs d’une ville, plusieurs municipalités de la planète utilisent des motifs inscrits dans les trottoirs. L’exemple le plus frappant que j’ai eu la chance de voir est celui de Barcelone. Plusieurs motifs y existent, dont ce premier qu’on doit au grand architecte Gaudi, dans les lieux très touristiques.

Le deuxième est banal, mais il ajoute tout de même un petit quelque chose aux rues où il est utilisé. À Montréal, quels seraient nos motifs? Et pour quels quartiers?

Il ne manque pas d’exemples de villes qui utilisent les pierres qui composent leurs trottoirs et leurs rues piétonnes pour y dessiner des motifs. Dans le sud de l’Espagne, en Algarve, plusieurs rues en profitent. Un premier exemple de la Ville de Faro :

Et un autre, encore plus impressionnant :

À Macao, en Asie, on a aussi choisi de bercer les passants par ces motifs au sol.

Même à Nice, en France, on a créé un bel effet visuel, le long de la Place Massena, en jouant sur les dalles au sol. Les sources d’inspiration sont nombreuses pour l’utilisation des motifs pour égayer nos trottoirs, rues piétonnes et places publiques…

Par de la signalisation

Lors de la reconstruction de la rue Saint-Laurent, en 2006, on a incrusté dans le trottoir la date de construction des édifices qui le bordent. Ces repères  historiques et symboliques marquent l’importance patrimoniale de l’artère, qui célébrait son 100e anniversaire en 2005. L’effet est intéressant et mériterait d’être mieux expliqué. Et une fois qu’on le sait, on ne peut s’empêcher de lever les yeux lorsqu’on voit une date très ancienne.

On connait tous le Walk of Fame de Hollywood, ces étoiles de célébrités incrustées dans le trottoir de Los Angeles, mais saviez-vous que Montréal a sa propre Promenade des Stars? L’initiative inscrite dans le trottoir qui borde l’édifice de TVA (à l’ouest) n’a toutefois pas du tout la même ampleur, puisqu’on n’y trouve que des récipiendaires pour les années 1995 et 1996. Mais qui sait, peut-être qu’un jour elle se prolongera pour aller rejoindre la nouvelle maison de Radio-Canada, qui devrait être construite plus au sud…

À Boston, une ligne rouge dans les trottoirs de la vieille ville permet aux touristes de suivre un circuit qui les mène aux principaux monuments de la ville. C’est la Freedom Trail. Une idée intéressante pour sa simplicité et son efficacité.

À Barcelone, on a plutôt choisi de placer dans les trottoirs une plaque pour identifier les commerces centenaires. Une pratique qui permet de faire connaître des boutiques qui, sinon, pourraient passer inaperçues. Et une façon d’encourager la survie de ces trop rares commerces qui perdurent dans le temps.

Bordeaux en France utilise la même technique, mais pour des plaques commémoratives.

Tandis qu’à Buenos Aires en Argentine, c’est le service d’information touristique qui a trouvé, par cette technique, une façon de suivre les visiteurs où qu’ils aillent… Comme quoi il existe plusieurs idées dans le monde qui pourraient être utilisées dans nos quartiers historiques et touristiques!

Par les aménagements

À Montréal, on transforme beaucoup de trottoirs en verdissant leurs abords, comme le fait Jardin de rue. Avouez que ça rend la promenade tellement plus agréable! Autant pour nous que pour les animaux (remarquez le chat qui se repose au milieu des plantes).

On conçoit aussi des chemins verts qui permettent de traverser la ville, séparés des voitures. Ces chemins de traverse deviennent alors plus que des trottoirs et se transforment en petits parcs linéaires, comme je vous en parlais dans ce texte. Ce sont toujours des aménagements appréciés de leurs riverains, alors pourquoi ne pas les multiplier? L’exemple ci-dessous est celui de la Promenade Luc-Larrivée, dans Hochelaga, où on a choisi de rappeler le passage du train à cet endroit, à une autre époque.

On change de plus en plus nos façons de faire les trottoirs à Montréal, comme en témoignent la Place des festivals ou la Place d’Armes.

À Cordoue en Espagne, on distingue à peine la différence entre les sections de trottoirs et la rue, dans cet aménagement qui entoure la Plaza Cristo de Gracia. La végétation et le mobilier urbain séparent les espaces subtilement, mais très efficacement.

À Grenade, toujours en Espagne, on vient de refaire une des rues principales de la ville en la dotant de trottoirs au même niveau que la rue, mais avec une bordure végétalisée qui se relève pour créer une frontière entre la rue et l’espace piéton. Les arrêts d’autobus y sont surélevés pour faciliter l’embarquement, mais sinon, il n’y a plus de bordure de trottoir.

Complètement différent, l’exemple de Waikiki à Hawaï, sépare physiquement le trottoir de certaines rues. Ça transforme radicalement l’expérience, donnant l’impression d’être sur un chemin vert plutôt qu’en bordure de rue. On y anime même l’espace avec des torches enflammées, qu’on peut voir à gauche de la photo!

Il y a un exemple sur notre propre île qui me fait penser à celui-là… À Montréal-Nord, on a reconstruit un bout de trottoir de la rue Pie-IX et celui qui longe la Place de l’Harmonie, sur le boulevard Rolland, avec un aménagement vaguement comparable. Le résultat est très intéressant.

La dizaine d’exemples Montréalais utilisés dans ce texte montrent bien qu’on est assez créatifs pour rendre nos trottoirs plus conviviaux et agréables à utiliser. La vingtaine d’exemples provenant d’autres villes du monde nous rappelle toutefois qu’il ne faut pas relâcher nos efforts. Avec 6 675 km de trottoirs, dont une infime partie est agrémentée par une initiative d’embellissement, nous avons encore beaucoup de place à l’amélioration pour que nos trottoirs soient utilisés à leur plein potentiel.

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Publié par : cbernier | 26 avril 2017

Pour ne rien rater du printemps du 375e

Débuté en décembre dernier avec la diffusion de l’émission Montréal s’allume sur les 4 grands réseaux de télévision francophones du Canada, les célébrations du 375e anniversaire de Montréal se poursuivent ce printemps. Elles profiteront du momentum créé par l’anniversaire de notre ville, le 17 mai prochain, pour prendre un nouvel envol. Avez-vous profité de l’hiver du 375e? Je vous le souhaite, car il était des plus excitants! Quoi qu’il en soit, vous ne voudrez pas rater ce qui s’en vient…

Dans le très gros calendrier d’activités offertes aux Montréalais ce printemps, je vous propose une sélection d’une quinzaine d’activités qui ont attiré mon attention. Ainsi, vous pourrez continuer à profiter de la fête tout au long de la saison, sans avoir à vous y retrouver dans le vaste calendrier des célébrations.

Commençons par l’émission de Télé-Québec « MTL », diffusée les jeudis soirs à 20h, jusqu’au 29 juin (aussi sur internet). Cette série de capsules qui cherchent à mettre en lumière les caractéristiques de notre ville est des plus intéressantes. On y retrace l’histoire avec un grand H, à travers le regard d’historiens allumés, mais aussi de personnalités connues (comme Dominique Michel), qui nous racontent la petite histoire de notre ville. C’est vraiment bien fait, instructif et ludique à la fois…

Des activités partout, pour tous

Pour célébrer dans votre quartier, où pour partir à la découverte des 19 arrondissements de la Ville, la Grande Tournée sera réellement l’événement phare du printemps. À partir du 12 mai et pour 19 fins de semaines, elle se déplacera pour les visiter tous. Le premier arrêt de la Grande Tournée se fera dans Rosemont-­La Petite-Patrie. Chaque fin de semaine, il y aura une rue de « fenêtres qui parlent », un concept né dans le nord de la France qui permet à des résidents d’offrir à des artistes leurs fenêtres, balcons ou escaliers comme lieux d’exposition. Un parc sera aménagé pour recevoir la Tournée, animée entre autres par le Cirque Éloize et le Musée McCord. De plus, Chats de ruelles nous permettront de redécouvrir nos arrières cours. Une Tournée prometteuse!

Dans Hochelaga-Maisonneuve, l’activité Flashmob aura aussi sa petite tournée. Tous les vendredis du mois de mai et les 2 et 3 juin, des prestations de danse avec des projections numériques et des activités d’animation pour la famille se dérouleront devant différents lieux historiques du quartier. Les heures aussi varient, mais l’activité sera aux populaires Premier vendredis de mai et de juin à l’Esplanade Financière Sun Life du Parc Olympique, dès 17h. Vous pourrez ainsi faire un 2 dans 1 en voyant à la fois le Flashmob et le plus gros rassemblement mensuel de cuisine de rue au Canada!

Du 11 mai au 19 octobre, une autre petite tournée vous attend, avec les « Midis Ville-Marie ». 24 rencontres informelles, ludiques et participatives avec les chercheurs des grandes institutions de recherche du centre-ville de Montréal, mises en scène et animées par des étudiants en théâtre, auront lieu dans 24 espaces publics extérieurs de l’arrondissement. Tout un programme vous y attend, avec des thèmes scientifiques à la fois intéressants et étonnants…

Parlant de sciences, du 25 mai au 31 décembre (du mercredi au dimanche), le Musée des maîtres et artisans du Québec nous propose Saint-Laurent en 7 temps, une présentation en réalité virtuelle, accessible gratuitement. On pourra y expérimenter le visionnement 360° en nous faisant raconter 7 histoires courtes inspirées de l’histoire de l’arrondissement Saint-Laurent, interprétées par des enfants du quartier. Intrigant! Au même endroit, jusqu’au 4 juin toutefois, on nous propose Regard sur le livre, regard sur la ville, une exposition internationale de reliure d’art et de livre d’artistes. Avec l’exposition permanente, qui est elle-même fort intéressante, vous aurez de bonnes raisons de découvrir ou de redécouvrir ce musée installé au cœur d’une ancienne église (dont vous parlait MesQuartiers dans ce texte sur les plus belles conversions d’églises).

Une autre activité, la Symphonie d’Hochelaga, a éveillé ma curiosité… Ce concert gratuit sera présenté par l’Orchestre Métropolitain, avec la participation d’élèves des écoles primaires et secondaires de la Commission scolaire de Montréal de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. On y jouera une œuvre symphonique inédite, composée par quatre Montréalais, et ponctuée de narrations historiques qui relatent l’histoire du quartier. Pour les mélomanes, c’est un rendez-vous le dimanche 28 mai, au Centre Pierre-Charbonneau.

Montréal s’allume pour nous

Depuis le 21 mars et jusqu’au 30 septembre, la Basilique Notre-Dame de Montréal se montre sous un nouvel éclairage avec Aura, une expérience lumineuse développée par Moment Factory, une firme montréalaise qui s’est entre autres fait connaître avec son illumination de la façade de la Sagrada Familia, à Barcelone, en 2012. Une fois de plus, ils signent une mise en lumière magique.

C’est aussi Moment Factory qui a développé le concept de l’illumination du pont Jacques-Cartier, entourée d’un collectif de six studios montréalais (Ambiances Design Productions, ATOMIC3, Éclairage Public/Ombrages, Lucion Média, Réalisations et UDO Design). Dès le 17 mai, cette gigantesque nouvelle signature lumineuse montréalaise se mettra en place et dévoilera le premier pont connecté du monde! Animé chaque nuit par une programmation intelligente qui évoluera au rythme des saisons et de l’énergie de la ville, elle fera du pont un baromètre de la vie montréalaise. Réalisée dans le cadre du 150e anniversaire de la Confédération du Canada et le 375e anniversaire de Montréal, ce projet nous rappelle qu’il y a une autre grande fête cette année, celle du Canada

Parmi les spectacles lumineux qui marqueront le 375e de Montréal, il y aura aussi Avudo. Présentée sur un mur d’eau créé dans le Vieux-Port, du 17 mai au 2 septembre, cette attraction gratuite s’annonce des plus impressionnantes. Réservez votre place dès maintenant!

Vous pourrez en profiter pour visiter ou revisiter Cité mémoire, de retour dans le Vieux-Montréal dès le 10 mai, tous les soirs à la tombée de la nuit et jusqu’à 22h:

Parce qu’il y a aussi l’Expo!

Je m’en voudrais de ne pas inclure dans cette liste de propositions quelque chose en lien avec le 50e anniversaire de l’Expo: 3e grande célébration de cette année. Cet événement si marquant pour notre ville fait l’objet de plusieurs rétrospectives qui pourraient retenir votre attention. Il y en a pour tous les goûts et, même si plusieurs débuteront seulement à l’été, vous pouvez dès maintenant faire un retour dans le temps avec l’exposition Mode Expo 67 du Musée McCord (jusqu’au 1er octobre). Vous pourrez ensuite poursuivre avec Rêver le Monde au Musée Stewart (du 26 avril au 8 octobre) et vous pencher sur Habitat 67 et son architecte, Moshe Safdie, grâce à une exposition du Centre de Design de l’UQAM (du 1er juin au 13 août), où l’entrée est libre en tout temps.

Festivals, rendez-vous et promenades

Le rendez-vous le plus grandiose du 375e sera probablement la visite des Géants. Ces gigantesques marionnettes, développées dans la ville Française de Nantes, seront avec nous du 19 au 21 mai 2017. 3 jours pour se faire émerveiller par ces créatures fantastiques… Il ne faudra pas rater ça! Ici, une vidéo filmée à Berlin:

Au même moment, on nous rappellera une autre époque, avec les Rencontres de la Nouvelle-France à la Place d’Youville. Ce rendez-vous annuel sera doublé, pour le 25e anniversaire du Musée (hé oui, il fait partie des legs du 350e anniversaire de Montréal!), de l’ouverture d’un nouveau pavillon, le Fort Ville-Marie, lieu de la fondation de Montréal en 1642. Peu de villes du monde connaissent le lieu exact de leur fondation, Montréal dévoilera le sien pour son 375e anniversaire.

Puis il y aura la traditionnelle Journée des musées montréalais, le 28 mai. Il y a plus de 50 musées sur l’île, alors profitez-en pour en découvrir un que vous ne connaissez pas! Chacun à leur façon, ils dévoilent une partie de l’histoire de notre ville.

Du côté des promenades, du 1er juin au 31 décembre vous êtes invités à suivre les Parcours Sonores MTL, une série de baladodiffusions qui racontent le passé et le présent des résidents de Notre-Dame-de-Grâce et de Côte-des-Neiges. Bâtiments, points d’intérêt locaux, ruelles et parcs vous seront racontés, dans des histoires provenant autant des premiers habitants de ces quartiers que des résidents actuels. Prometteur.

Du 5 juin au 29 octobre, une grande promenade sera proposée sur la rue Sherbrooke, entre le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée McCord. On nous y présentera un musée à ciel ouvert, la Balade pour la paix, à travers 67 œuvres portant les valeurs d’Expo67. Elle débutera à proximité du tout nouveau Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein (un des premiers legs du 375e, dont on vous parlait dans notre texte l’hiver du 375e). La Ballade sera jalonnée par 29 sculptures monumentales d’artistes canadiens et étrangers et de quelque 40 photographies d’artistes montréalais. De plus, les drapeaux de quelque 200 pays du monde et des 13 provinces et territoires du Canada flotteront au-dessus de la rue Sherbrooke. Cette installation, créée par le designer montréalais Claude Cormier, à qui l’on doit entre autres les boules roses du Village (qui seront multicolores cet été), s’inspirera du caractère ludique et futuriste d’Expo67.

Enfin, dans la liste des activités du printemps du 375e anniversaire de Montréal, il me semble important de souligner les activités de rapprochement avec les Premières Nations. Ainsi, deux Pow Wow sont au programme. Le premier sera celui de Verdun, les 6 et 7 mai prochains, qui nous invite à découvrir des danses et des chants traditionnels, à l’Auditorium de Verdun. Puis, le 18 juin, ce sera le Pow Wow de l’amitié, qui soulignera musicalement quelques vagues migratoires dans l’histoire d’Ahuntsic-Cartierville, à travers un après-midi d’échanges culturels mettant de l’avant les traditions autochtones, maghrébines et québécoises.

Deux activités qui nous rappellent la volonté de la Ville de voir apparaître, sur le drapeau de Montréal, un symbole autochtone au milieu de ceux des 4 « peuples fondateurs ». La fleur de lys rappelle l’origine française, la rose évoque l’apport des Anglais, le chardon, celui des Écossais, et le trèfle, la présence des Irlandais. Quel sera celui choisi par les autochtones? Nous l’apprendrons peut-être pendant le printemps du 375e!

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Publié par : cbernier | 4 avril 2017

Savoir choisir son quartier

Il y a 5 ans, je vous parlais de mon déménagement à vélo et je vous racontais mon premier tour d’horizon du nouveau quartier où j’élisais domicile. 5 ans plus tard, moi et mon amoureux avons décidé de remettre ça et de nous déplacer de Hochelaga vers Maisonneuve. En fait, on se rapproche du secteur du quartier qu’on fréquente le plus, dans l’espoir de s’y établir pour longtemps.

Nous avons été très sérieux dans notre choix de déménager, nous avons bien évalué la situation et pris le temps de comparer plusieurs quartiers. Pour différentes raisons, on a finalement voulu rester dans ce secteur de la Ville. En y pensant bien, c’est important de prendre notre temps pour choisir notre quartier, parce que c’est l’une des décisions les plus importantes pour nous permettre d’aimer notre vie en ville.

Appartement, coop, condo ou maison, quand vient le temps de faire le grand saut, il faut penser à bien des éléments avant d’arrêter notre choix. Voici quelques pistes qui nous ont été utiles et qui pourraient vous aider si, cette année, vous avez choisi de migrer comme le font tant de Montréalais… Ces pistes pourraient même vous aider si vous ne déménagez pas, en vous permettant de mieux découvrir et de mieux profiter de votre quartier.

1 Parc des rapides Montréal LaSalle

Parc des Rapides, LaSalle

  1. Laisser de côté nos préjugés

On pense bien connaître certains quartiers, puis, quand on prend la peine d’en arpenter les rues, on découvre qu’on ne les connait pas si bien. Montréal change, ses quartiers se démarquent les uns des autres, se développent rapidement. Les arrondissements rivalisent pour se doter d’initiatives innovantes et pour améliorer la qualité de vie de leurs citoyens. Si vous n’êtes pas allé dans un quartier depuis plus de trois ans, vous serez bien souvent étonné de constater à quel point il a changé depuis votre dernière visite… Alors, quand viendra le temps de choisir où vous irez vivre, ne laissez pas vos préjugés être une barrière à vos mouvements! Suivez les quelques pistes qui vous sont offertes dans ce texte et osez aller arpenter les quartiers où elles vous mèneront.

  1. Penser à ce qu’on aime comme milieu de vie

Vous préférez le bord de l’eau ou la montagne? Vous voulez être dans le cœur de l’action ou dans une rue verdoyante qui mène au Jardin botanique? Vous préférez le centre-ville ou les cœurs de villages? Il y a tout ça à Montréal! Lachine et son bord de l’eau, le Plateau et sa montagne, le Quartier Latin et sa vie trépidante, Rosemont et son Jardin… Puis tous les anciens cœurs de Village qui sont aujourd’hui le centre de leur quartier, souvent identifiables à la présence d’une église ancienne et de quelques édifices prestigieux, qui abritaient jadis une Caisse populaire ou une banque, par exemple…

Avec ces indications de préférences, il sera plus facile de faire le reste de vos recherches et de tenter de vous rapprocher le plus possible du milieu de vie qui vous convient.

Promenade Luc-Larivée, Hochelaga-Maisonneuve

  1. Identifier les services de la Ville qu’on utilise

Vous êtes chaque mois à la bibliothèque ou à la piscine? À la maison de la Culture ou dans un Aréna? Vous aimez les marchés publics ou préférez les terrains de tennis? Google Maps permet de les trouver facilement en tapant le nom du service, comme « bibliothèque », avec le nom de la Ville. Il faut souvent agrandir la carte pour voir tous les services, c’est donc une étape plus facile à franchir lorsqu’on sait dans quels quartiers on veut chercher…

Lorsque vous serez prêts à devenir plus précis dans votre recherche, vous n’aurez besoin que de deux outils pour vous organiser comme un pro : Internet et une carte de la Ville (par exemple celle du réseau de transport en commun de la STM, qui est disponible normalement auprès des changeurs de toutes les stations de métro). En gardant en tête le milieu de vie que vous cherchez, vous pourrez alors identifier sur la carte de la Ville vos principaux points d’intérêts.

Bibliothèque du Boisé, Saint-Laurent

  1. Marquer nos grands attraits

Vous êtes fan d’un festival en particulier ou vous êtes amateur de hockey? Votre grand plaisir c’est de passer des heures au centre d’achat ou de flâner sur une grande rue commerciale locale? Se rapprocher des attraits qui nous passionnent nous rend la vie plus facile et agréable, pourquoi s’en priver? Identifiez-les tous sur votre carte! Pas nécessairement pour habiter tout près, mais au moins pour qu’ils soient facilement accessibles à vélo, en autobus, en métro, ou par un autre mode de transport.

Rue Saint-Paul, Vieux-Montréal

  1. Évaluer l’accessibilité

Il est effectivement important de rester réaliste dans notre recherche. Si notre travail est stable et qu’on l’aime, il est préférable de trouver un quartier d’où on peut s’y rendre facilement! L’accessibilité est importante, parce qu’on ne veut pas perdre de temps en détours et en longs trajets chaque jour de la semaine! Sinon, ça nuit grandement à notre qualité de vie. Mais savez-vous où mènent les autobus qui passent près de votre lieu de travail? Ça peut valoir la peine de le vérifier, pour étendre vos possibilités… La carte de la STM est alors un outil précieux.

  1. Sélectionner nos commerces essentiels

Vous voulez vivre près d’un supermarché? Vous avez une bannière préférée? Ou vous aimez plutôt visiter plusieurs commerces spécialisés? Nous avons tous des préférences et des exigences concernant nos habitudes d’achats, il est bien d’en tenir compte dans le choix d’un quartier où vivre. Si vous voulez une librairie près de la maison ou une animalerie, pourquoi ne pas en tenir compte lors de votre recherche? Pensez aussi aux artères commerciales que vous fréquentez: la Promenade Ontario, la Plaza, la Well, Fleury Ouest, Monk, etc. autant d’offres de services et de boutiques coup de coeur qui pourront améliorer votre vie de quartier…

Marché Atwater, Sud-Ouest

  1. Déterminer nos critères concernant le logement

Vivre en hauteur n’est pas possible dans un secteur de maisons en rangées. Avoir une petite idée de ce qu’on cherche comme logement est donc important. Et il faut réfléchir aux conditions qui nous permettront de le choisir ou non. Veut-on un balcon? Des fenêtres sur deux murs pour assurer une circulation de l’air l’été? Un stationnement facilité? Des Bixi à proximité? Ce sera utile de le savoir lorsque viendra le temps de discriminer un logement par rapport à un autre. Et puisque c’est là qu’on passe le plus de temps, il ne faut pas trop sacrifier sur nos priorités…

  1. Évaluer le rayonnement possible

Une fois le lieu trouvé ou le quadrilatère de recherche d’un logement choisi, il est utile de faire l’évaluation de l’accessibilité, mais à l’envers : les lignes d’autobus du coin vous mènent où? Vous serez peut-être étonné par un circuit d’autobus que vous n’avez jamais utilisé… Ça été mon cas il y a 5 ans, lorsque j’ai déménagé dans Hochelaga. J’ai découvert que la 29 Rachel passait à un coin de rue de chez moi et m’amenait directement sur le Plateau, en quelques minutes à peine, pour me déposer au cœur d’une zone de commerces que j’aime bien… C’est important de pouvoir rayonner facilement à partir de notre logement, pour avoir le plus d’options possibles quand vient le temps de sortir, de manger au restaurant, d’aller profiter de la Ville, de ses attraits et de son effervescence…

Oeuvre La vélocité des lieux, Montréal-Nord

  1. Aller marcher

Pour bien profiter de notre appartement, notre coop, notre condo ou notre maison, il est nécessaire de faire le tour, à pieds, de son environnement pour voir les surprises qui s’y cachent, tout en découvrant un petit parc caché, une mini-bibliothèque de ruelle, un resto cool ou un nouveau bar branché qui nous aurait échappé… Le printemps et l’été sont particulièrement propices pour faire ces petites escapades vers les quatre points cardinaux qui entourent notre demeure ou notre zone de recherche pour en trouver une. Vous découvrirez quelque chose d’intéressant, c’est sûr! Avec les années, il faut répéter l’expérience même si on reste au même endroit. Car comme je vous le mentionnais dans la piste #1, les quartiers rivalisent de projets et d’initiatives pour améliorer la vie de leur résidants…

Les Jardineries sur l’esplanade du Stade, Hochelaga-Maisonneuve

  1. Profiter pleinement de la vie

J’ai écrit mon premier texte sur ce blogue en 2010 et depuis, je n’ai pas arrêté d’être étonné par le foisonnement de nouveaux projets, l’éclosion de nouveaux commerces, l’apparition de nouveaux espaces de détente à Montréal. Les 10 pistes que je viens de vous proposer, ce sont aussi un peu celles qui guident mon écriture : oser fréquenter des quartiers que je ne connais pas, être curieux des équipements collectifs construits par la Ville, être à l’affut des tendances pour bien profiter de la Ville.

Ces 5 dernières années, j’ai constaté à quel point notre lieu de résidence est essentiel pour aimer notre vie en Ville. Être loin de tout ce qui nous intéresse nuit à notre qualité de vie. Ne pas savoir comment rayonner efficacement dans la Ville aussi. Le pire, c’est quand on ne sait même pas que plusieurs attraits existent à quelques coins de rue de chez nous, simplement parce qu’on ne se promène pas dans notre quartier. Pour aimer sa Ville, il faut la connaitre…

J’espère que ces 10 pistes vous aideront, vous aussi, à profiter pleinement de la vie, et surtout, de la Ville!

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Publié par : cbernier | 23 février 2017

Illuminer la Ville

La toute dernière nouveauté des activités hivernales à Montréal, Illuminart, transforme le centre-ville en véritable boîte à surprises! Ses 20 installations qui allient son, lumière, art et technologie changent radicalement les soirées de la Métropole. Lors de l’inauguration de ce parcours qui nous est offert par le festival Montréal en Lumière, les passants découvraient à quel point notre Ville est étonnante. Le succès a été instantané et c’est évident qu’Illuminart se hissera au rang d’activité incontournable de nos hivers! Vous avez jusqu’au 11 mars pour le constater (de 17h30 à 23h, du mercredi au samedi).

En plus des installations, Illuminart peut compter sur le réseau d’éclairages architecturaux mis en place depuis quelques années dans le Quartier des Spectacles. Je vous avais parlé de ces écrans gigantesques du centre-ville dans le texte Ville lumière. Avec l’ajout d’Illuminart, on ambitionne clairement de se démarquer sur la scène internationale!

Fantastic Planet, d’Amanda Parer (Australie), est à mon avis l’installation la plus spectaculaire de la première édition d’Illuminart. Avec ses trois géants installés sur le Parterre du Quartier des Spectacles, on se croiraient dans un autre monde.

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Passage, de Serge Maheu (Montréal), offre une expérience immersive des plus intéressantes. Bien que cette œuvre semble assez simple, la traverser nous montre qu’elle réussit à susciter des émotions, permettant à son auteur de tenir parole puisque son objectif était « d’explorer les relations émotives entre la lumière et le son ». Lors de mon passage, un enfant y jouait, totalement absorbé par la lumière de cette spirale…

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La Bétonnière boule miroir, de Benedetto Bufalino et Benoit Deseille (Lyon, France), est un autre incontournable d’Illuminart, qui surprend par son humour. La musique joue, alors s’il vous vient le goût de danser, ne vous gênez pas! Ce détournement ludique d’un élément banal du décor urbain montre bien toutes les possibilités de l’imagination pour améliorer la Ville.

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Évolutions, de Yann Nguema du groupe EZ3kiel (France), transforme la façade de l’église Saint-James avec une animation d’une qualité rarement vue à Montréal. On se souhaite que l’expérience incite plus d’événements à explorer ces technologies pour nous en mettre plein la vue plus souvent. La photo ne rend pas du tout honneur à l’animation, il vous faudra aller la voir pour avoir une meilleure idée…

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Toutefois, le clou du spectacle, c’est l’animation de la murale L’air du temps! Cette murale, qui était en vedette dans le texte sur les ensembles de murales exceptionnelles de Montréal en 2015, se met en mouvement sous nos yeux les soirs d’activités d’Illuminart! Le ciel devient orageux, avec des éclairs; les cônes oranges se multiplient; la murale devient jeu vidéo… C’est fascinant! Il faudrait développer cette idée, car avec le nombre de murales qui couvrent les murs de notre Ville, il y a là tout un potentiel! Il faut le voir pour le croire, alors ne manquez pas L’air du temps en mouvement! Restez au moins jusqu’à l’orage, qui est confondant de vérité!

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Vous pouvez d’ailleurs combiner la découverte de ce parcours avec le plus récent itinéraire proposé par MesQuartiers : Quartiers Latin, Chinois et des Spectacles, puisque celui-ci permet de croiser plus de 10 des installations d’Illuminart. Pour voir toutes celles présentées ici, il vous suffit de poursuivre votre chemin sur De Maisonneuve, une fois l’itinéraire terminé, et de tourner à gauche sur City Concillor, pour aller voir la projection Évolutions sur l’église Saint-James.

Sinon, vous pouvez utiliser le parcours disponible sur le site d’Illuminart pour voir les 25 œuvres, réparties sur un circuit de 3,6 km. L’expérience est fascinante et mérite vraiment d’être vécue!

En cet hiver du 375e anniversaire de Montréal, ce nouvel ajout à notre saison froide deviendra, à coup sûr, un des « must » de nos activités culturelles de l’année. Ce sera aussi un beau prélude à Art Souterrain, qui se déroulera du 4 au 26 mars 2017. Les deux événements proposent des expériences similaires et des œuvres tout aussi spectaculaires, alors on serait fou de ne pas en profiter!

Il y a d’ailleurs un certain parallèle à faire entre les deux événements. En effet, ils nous amènent tous les deux à explorer des coins de la Ville qu’on connait peu. Art Souterrain nous amène sous terre, dans des corridors peu fréquentés, alors qu’Illuminart nous fait découvrir des rues du centre-ville qui nous sont inconnues, comme Charlotte; des parcs cachés, comme le Jardin Sanguinet de l’UQAM; et nous encourage à passer à travers les Habitations Jeanne-Mance!

Osez parcourir le centre-ville ces prochains jours, lorsque le soleil se couche. De 17h30 à 23h, du mercredi au samedi d’ici le 11 mars, vous serez étonné d’y croiser un Éléphant rouge, un pendule lumineux géant, des mirages, des autruches roses et une foule d’autres installations qui transforment la Ville, le temps de l’événement.

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Publié par : cbernier | 15 février 2017

Un 2e hiver nucléaire

Pour combattre le froid par le froid, l’équipe derrière la maison d’éditions Front Froid ne manque pas de propositions. C’est ainsi qu’ils nous offraient, en 2016, le 2e opus de la BD Hiver Nucléaire de Caroline Breault, CAB pour les bédéphiles.

La prémisse de cet univers est l’explosion, dans l’Est de Montréal, d’une hypothétique centrale nucléaire « Gentilly-3 » qui provoque un hiver qui ne veut plus finir. Avec toutes les conséquences que seule l’imagination de l’auteure peut inventer! Je vous avais parlé du premier, en espérant qu’il mènerait à une suite. Je vais vous parler du deuxième avec le même fol espoir, puisqu’il est tout aussi divertissant.

C’est que le Montréal de CAB est réconfortant. Des personnages attachants, une histoire bon enfant, des dessins attrayants et de petit clins d’œil à la ville réelle, comme l’incinérateur des Carrières en ruine ou le détour de Flavie, l’anti-héroine du récit, par le Canal Lachine. On ajoute à l’ensemble quelques animaux transformés par les radiations et la magie opère…

La Librairie Z, dans Hochelaga, a eu la bonne idée d’inviter Caroline Breault à une soirée causerie, à laquelle j’ai assisté pour découvrir l’envers du décor. L’auteure nous a expliquée comment elle avait débutée par une web-série, pour se forcer à mener son projet à terme. Une planche par semaine, elle a développé son premier Hiver Nucléaire, « une comédie de science-fiction » s’est-elle amusée à la définir. Puis, elle a trouvé sa maison d’éditions.

À ce moment-là, un 2e Hiver n’était pas prévu. C’est à la vue d’une vidéo « de moto-cross à une chenille » qu’il lui est venu le goût de faire renaître les aventures de Flavie. Elle l’avouera sur le bout des lèvres, c’était aussi, un peu, pour répondre aux nombreux messages d’encouragement des fans du premier numéro. Aujourd’hui encore, elle dit ne pas penser faire un 3e. Cédera-t-elle une nouvelle fois aux bédéphiles en découvrant un nouveau véhicule à faire circuler dans son monde polaire? Je pourrais lui proposer de regarder cette vidéo du MTT-136 pour la convaincre! 😉

En attendant de savoir si nous auront droit à un 3e opus, je vous invite à vous offrir une agréable pause de l’hiver qui sévit, en vous amusant avec les deux premiers tomes d’Hiver Nucléaire, une boisson chaude à la main.

Les occasions de s’évader dans des histoires de science-fiction qui se déroulent dans un Montréal inventé sont trop peu nombreuses pour qu’on ne les soulignent pas! Bravo à Front Froid et à Caroline Breault, qui nous rappellent que Montréal est vraiment une ville de BD.

Vous voulez découvrir d’autres Montréal imaginaires?

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Publié par : cbernier | 31 janvier 2017

Oser l’architecture

Nos constructions sont plus audacieuses depuis quelques années. Il était temps!

Lors du dévoilement de la maquette du Planétarium j’avais salué ce projet, qui montrait qu’on était prêt à se remettre à construire des bâtiments à l’architecture unique, qui pourraient attirer autant les montréalais que les touristes. C’était d’ailleurs la conclusion de mon texte L’architecture comme moteur de développement, écrit en 2011.

En 2011, toutefois, le Planétarium n’était encore qu’un projet… Mais il portait l’espoir qu’on se remette à oser construire des édifices aussi inspirants que la Biosphère, les Pyramides olympiques ou Habitat 67.

L’ouverture de la Maison du développement durable est venue nourrir l’espoir, en dotant Montréal d’un bâtiment à l’avant-garde de la recherche environnementale dans le domaine de la construction. Ce qui est spectaculaire dans cette Maison, conçue par la firme MSDL, c’est ce qui ne se voit pas, mais qui se cache dans le bâtiment : géothermie, techniques de ventilation, toit vert, etc. Une visite guidée vous convaincra de l’audace dont il a fallu faire preuve pour construire la Maison du développement durable.

2011-maison-du-developpement-durable

L’année suivante, en 2012, c’est l’inauguration de l’édifice du 2-22 qui a donné une nouvelle impulsion à la qualité architecturale des bâtiments montréalais. Malgré la controverse… Le « starchitecte » français qui devait signer le 2-22 s’est buté à nos « lourdeurs administratives » et a fini par abandonner son projet, laissant Aedifica et Gilles Huot Architectes le mener à bien. L’électrochoc a été important et a peut-être contribué à changer certaines mentalités. Le 2-22 tel qu’on le connait est sorti de terre et a su rallier les Montréalais. On a même procédé, en grandes pompes, à l’illumination de sa façade en 2013. Constamment changeante, la lumière fait du 2-22 un phare dans la nuit montréalaise.

2012-le-2-22

2013, l’année charnière

Tout était en place pour que le point de bascule soit atteint, parce qu’en 2013, ce n’est pas qu’une façade qui a été inaugurée en grandes pompes! Pas moins de 5 autres bâtiments audacieux se sont ajoutés au paysage de la Ville cette année-là. C’est en effet l’année de l’ouverture du tant attendu Planétarium, une œuvre de Cardin Ramirez Julien, qui a livré toutes ses promesses. L’intérieur est aussi magnifique que l’extérieur et il faut aller profiter de son toit vert en pente, l’été, pour constater à quel point il est agréable de regarder et de fréquenter cet édifice.

2013-planetarium

Deux bibliothèques ont aussi fait beaucoup de bruit en 2013. Celle du Boisé, dans l’arrondissement Saint-Laurent, est particulièrement spectaculaire, avec sa tour de verre qu’on voit de loin, ses bassins de rétention comme parvis, son intérieur étonnant et surtout, son arrière-cour, qui s’ouvre directement dans un boisé! Dotée d’un centre d’exposition, elle mérite vraiment le détour! Le consortium des architectes l’ayant dessiné, Cardinal Hardy, Labonté Marcil et Eric Pelletier, s’est d’ailleurs mérité, entre autres, le Grand Prix d’excellence en architecture décerné par l’Ordre des architectes du Québec en 2015.

2013-bibliotheque-du-boise-1

L’autre bibliothèque est celle dédiée à Sol, la Bibliothèque Marc-Favreau, construite par Dan Hanganu Architectes. Maintenant ornée d’une œuvre d’art public lumineuse en façade, cette bibliothèque cache plusieurs clins d’œil au clochard-poète qu’elle commémore. Petite bibliothèque de quartier, elle offre à ses visiteurs une expérience d’une telle qualité qu’ils viennent de toute l’île pour profiter de son aménagement animé, chaleureux et accueillant, dont une salle silencieuse, avec canapés et foyer!

2013-bibliotheque-marc-favreau

La restauration, à des fins communautaires, de la station-service de l’architecte de réputation internationale Mies van der Rohe, à l’île-des-Sœurs, a aussi fait de l’année 2013 une année architecturale exceptionnelle à Montréal. Bâtiment patrimonial, la station-service a été restaurée par FABG en respectant la vision de son créateur, tout en l’actualisant à travers une maison intergénérationnelle tout à fait audacieuse. Découvrez-la dans cette courte vidéo :

5e projet de cette année riche en édifices osés d’un point de vue architectural, les Lofts Irène ont montrés que le secteur privé aussi était prêt à entrer dans ce mouvement de renouveau. En superposant 3 étages de panneaux d’aluminium à un édifice industriel ancien, la firme Kanva Architecte a réussi à créer un élégant mélange des genres, inédit à Montréal. Ce qui lui a d’ailleurs valu le prix de l’Institut Royal d’architecture du Canada – Innovation en architecture.

2015-lofts-irene

Sur une belle lancée!

Les projets qui se sont succédé depuis l’année charnière qu’était 2013 ont fait la preuve qu’un mouvement était bel et bien enclenché. La transformation de l’ancienne église Sainte-Germaine-Cousin, en 2014 dans Pointe-aux-Trembles, est une de ces preuves. Pensé par la firme Rayside Labossière, ce grand projet qui comportait aussi la construction d’un grand bâtiment neuf, est une belle réussite, qui lui a assuré une place de choix dans le Top 15 des plus belles églises converties à Montréal.

2014-eglise-sainte-germaine-cousin-par-gilles

2015 a été une nouvelle année faste pour les promoteurs qui osent l’architecture. 5 nouveaux projets se sont démarqués : 2 publics, 3 privés.

Commençons par le Centre de soccer de Montréal, qui n’en finit plus de recueillir les mentions, entre autre grâce à son immense toit tout en bois. Conçu par Saucier + Perrotte architectes et HCMA, il s’inspire des strates laissées dans la carrière St-Michel où il a été construit. Un parc prendra forme dans les prochaines années sur ce site, le Centre deviendra donc de plus en plus visible et accueillant.

2015-centre-de-soccer-de-montreal

La Maison des étudiants de l’ÉTS est venue donner une touche de modernité au campus en pleine expansion de l’école de technologie supérieure. Ce projet de MSDL (les mêmes que pour la Maison de développement durable), est assez spectaculaire. Entre autres pour sa transparence par rapport à la rue. Pratiquement une invitation à y entrer… Inspiré par les activités d’un entrepôt de glace qui occupait autrefois le site, nous apprend le blogue Kollectif, il s’ajoute aux audaces architecturales de Montréal.

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Du côté des constructeurs privés aussi il y a eu de bons efforts de consentis en 2015. Le Myst, un édifice à condos qui longe le Canal Lachine sans diminuer l’accès aux rives pour le public, est l’un de ceux-là. Lui aussi joue sur la transparence et l’élégance, ajoutant un élément prestigieux à son environnement. Comme si nous étions dans une station balnéaire huppée… C’est l’Atelier Chaloub + Beaulieu qui a su tirer profit de cet espace, tout en se démarquant des autres projets environnants.

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Autre projet privé qui se démarque, celui de l’édifice U, sur de la Gauchetière au centre-ville. Les architectes de l’Atelier Big-City ont brisé la façade en ajoutant des angles à toutes les fenêtres, créant la surprise. Situé en face de la Cathédrale Saint-Patrick, il ajoute une touche contemporaine intéressante à ce secteur méconnu, qui compte aussi un paisible parc.

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Enfin, mon projet préféré de l’année 2015, le Rubic sur René-Lévesque, ajoute une touche de couleur à la Ville. Son rouge flamboie et montre tout le potentiel que peut apporter une simple couleur à la beauté d’un édifice. Les audacieux Rayside Labossière (aussi derrière la transformation de l’église Sainte-Germaine-Cousin) sont allé plus loin, testant un concept de construction « par le toit »… Il faut aller lire ce reportage pour comprendre cette première mondiale. Couleur, jeux de profondeur, innovation, dans ce projet, on a osé!

2015-le-rubic

En 2016, c’était au tour du Musée des beaux-arts de Montréal d’ajouter sa brique à l’édifice des constructions originales de notre Ville, avec son Pavillon pour la Paix. Legs du 375e anniversaire de Montréal, il sera complété par un réaménagement complet de la rue Bishop et de ses trottoirs en 2017. Conçue par l’Atelier TAG en consortium avec Jodoin, Lamarre, Pratte, cet édifice ne révolutionne pas la Ville, mais ouvre le musée sur celle-ci de façon étonnante. En le visitant, on se surprend à trouver que l’extérieur peut aussi être considéré comme une œuvre…

2016-musee-des-beaux-arts

Et on continue à oser pour l’avenir…

Plusieurs étonnants édifices sont actuellement en construction, montrant que la vague n’est pas prête de se tarir. J’en suis bien heureux puisqu’ils ajoutent des candidats potentiels pour constituer la liste des édifices patrimoniaux de demain! En voici quelques-uns.

Le Complexe sportif de Saint-Laurent, qui devrait ouvrir en 2017, est à un lancer de ballon de la Bibliothèque du Boisée. Une fois terminé, il surprendra ceux qui ne l’ont pas encore vu sortir de terre. Conçu par Saucier + Perrotte architectes et HCMA (comme le Centre de soccer de Montréal), il s’en démarque toutefois nettement, offrant aux Montréalais une autre réalisation digne de mention.

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Les balcons en vague du Peterson, situé sur une obscure rue cachée derrière le Quartier des Spectacles, sont uniques et permettent à l’édifice de condos, dessiné par NEUF, de faire sa marque dans le paysage montréalais. Et de prouver que même sur un terrain isolé, on peut créer de la qualité.

2017-le-peterson-par-gilles

Mais mon projet d’édifice coup de cœur, depuis qu’il a été annoncé en 2014, reste le futur siège social de l’Office national du film. Œuvre de Provencher-Roy, cet immeuble coupé par une grande fracture rouge, promet d’étonner les nombreux visiteurs de la Place des Festivals, lors de son inauguration en 2018. Ce sera un grand geste architectural en plein centre-ville, rien de moins qu’un cadeau aux Montréalais.

Édifice de l'îlot Balmoral tel que présenté à l'exposition Montréal du Futur, en 2014, et actuellement en construction

Édifice de l’îlot Balmoral tel que présenté à l’exposition Montréal du Futur, en 2014, et actuellement en construction

Une Politique, pour aller encore plus loin

Alors que de nombreux autres projets prometteurs sont actuellement en construction, 30 instances municipales ont récemment appuyé le projet de Politique nationale de l’architecture porté par l’Ordre des architectes du Québec. Cette Politique vise à nous permettre d’aller encore plus loin en faveur de l’audace architecturale en éliminant plusieurs barrières règlementaires et politiques à l’émergence de plus d’immeubles aux qualités architecturales élevées. Appuyé par 10 arrondissements de Montréal, par la Commission scolaire de Montréal, par Québec, Laval et Gatineau, cette Politique est vue par les instances publiques comme un outil de plus pour construire le patrimoine de demain.

Une vingtaine de pays européens ont déjà leur Politique de l’architecture, après plusieurs années d’efforts pour ajouter de l’audace dans les constructions montréalaises, il est peut-être temps de poser un nouveau geste pour continuer à oser l’architecture.

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Publié par : cbernier | 10 janvier 2017

Créateurs d’attractions

J’aime sortir des sentiers battus et vous faire découvrir les initiatives qui rendent nos villes toujours plus agréables. Pour débuter 2017, j’ai pensé vous faire connaître des projets créés pour le plaisir, chacun par une seule personne, et tous devenus, avec le temps, une attraction touristique. Car une passion personnelle peut, dans certains cas, contribuer à améliorer notre ville…

Voici quelques exemples tirés de mes voyages qui permettent d’illustrer le travail de ces passionnés. Et, qui sait, de vous inspirer suffisamment pour vous joindre aux quelques Montréalais qui mènent des projets similaires et que je vous présente en 2e partie de ce texte…

Le constructeur solitaire

Aussi incroyable que ça puisse paraître, ce château du Sud de l’Espagne est l’œuvre d’un seul homme!

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Le Château de Colomares, à Benalmádena, est l’œuvre d’Esteban Martin, qui l’a construit entre 1987 et 1994, parfois aidé d’un ouvrier. On le visite pour l’équivalent de 3$, une somme dérisoire comparée au travail minutieux de son constructeur. Tout n’y est que détails. En effet, le château est une oeuvre dédiée à Christophe Colomb qui compte 16 rappels de l’épopée du découvreur, racontée grâce à un « guide de l’enceinte monumentale » remis à l’entrée. Un travail impressionnant et l’un des plus beaux exemples de « folies architecturales » du monde (concept dont je parlais dans ce texte dédié aux « folies » du 21e siècle).

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Le peintre entomologiste

La Maison des papillons de St-Tropez, en France, a été créée par le peintre Dany Lartigue.

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Marqué par la beauté de ces insectes, il les collectionna puis leur créa des tableaux pour les exposer comme s’ils étaient dans leur environnement naturel, mais dans sa maison de campagne. Ce mélange inédit entre la galerie d’art, le cabinet de curiosité, l’herbier et l’insectarium se visite pour aussi peu que 3$. Il occupe la maison en entier et présente une collection de plus de 35 000 spécimens de France, mais aussi plusieurs « exotiques ». On peut y voir les plus beaux papillons du monde, tout en fredonnant « do you do you St-Tropez… ».

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Par Jean-Louis Chaix, photographe de la Ville de Saint-Tropez

Ce musée, qui a maintenant plus de 25 ans, a été donné à la municipalité par son créateur, qui compte maintenant plus de 95 chandelles sur son gâteau d’anniversaire…

La jardinière enjôleuse

Si vous avez un jour la chance d’aller visiter les spectaculaires chutes d’Iguazu, en Argentine, vous devrez passer par Puerta Iguazu, la ville voisine. Quelques petites attractions vous y attendent, comme le très mignon Jardín de los picaflores.

Ce jardin est celui d’une résidence privée. Pour l’équivalent de 4$ canadiens, vous pourrez y entrer pour contempler un spectacle étonnant. Picaflores, en espagnol, veut dire colibris. Depuis plus de 20 ans, la propriétaire de cette maison attire les colibris dans son jardin avec des abreuvoirs d’eau sucrée. Elle a si bien réussi qu’ils se bousculent pour venir en profiter! Et aujourd’hui, elle en tire un revenu d’appoint.

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Le jardin, entouré de hautes haies, compte un banc disposé de façon à pouvoir contempler de près ces magnifiques oiseaux, sans les déranger. C’est fabuleux! Il est possible d’y voir plusieurs espèces différentes de colibris (au moins 3 lorsque j’y suis allé, mais il y en aurait 8 en tout) en plus d’autres espèces d’oiseaux. En 15 minutes j’ai dû voir au moins une quinzaine de colibris, qui volaient à un mètre de moi! Un spectacle que je n’oublierai jamais.

Le barman de Dieu

Mes trois premiers exemples d’attractions touristiques créées par un individu sont l’œuvre de la passion de leur créateur. Elles sont devenues des entreprises par la suite, pour permettre leur développement ou leur entretient. Le prochain exemple est légèrement différent, puisqu’il illustre la capacité d’un individu à créer autour de son rêve d’entreprise un mythe si fort qu’il devient un arrêt touristique incontournable, comme le Bar El Garlochi de Séville, en Espagne.

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Bien ancré dans la réalité de sa ville, entre fiesta et religion, ce bar surchargé à la fois kitsch et mystique, propose de déguster un cocktail nommé Sangre de Christo (Sang du Christ), sous le regard de nombreuses Madonne et d’un buste de Jésus. Le foisonnement de décorations, qui passe de la religion aux antiquités, déroute les touristes depuis plusieurs décennies. Et le cocktail maison, à base de whisky, de mousseux et de grenadine, est franchement trop sucré pour être réellement bon. Mais tant qu’à vivre l’expérience, aussi bien y aller à fond…

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Le propriétaire du Bar El Garlochi, lui, y va à fond dans sa passion. En plus de son bar, il participe depuis des années au Festival de la Croix de Mai (Cruces de Mayo), où il gagne toujours un des prix de la municipalité pour le décor religieux de sa maison, attenante au bar…

Le millionnaire accueillant

Un autre exemple d’initiative d’un individu qui décide de partager sa passion avec l’ensemble de la population me vient à l’esprit. Il est différent lui aussi, puisqu’il illustre une autre facette de ces créations: celles des gens riches.

Il s’agit du Hangar 7 à Salzburg, en Autriche. Évidemment, il n’a pas été construit des mains de son propriétaire, mais il répond au même besoin de partager ses intérêts que les autres projets déjà présentés.

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Le Hangar-7 a été imaginé par le créateur de la boisson énergétique Red Bull, Dietrich Mateschitz. Depuis 2003, l’édifice lui permet de montrer sa collection d’avions, d’hélicoptères et de voitures de Formule 1, en plus de ses nombreuses œuvres d’art.

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Si l’édifice lui-même est très intéressant, c’est l’intérieur qui fascine le plus, avec sa dizaine d’avions et d’hélicoptères répartis sur 45 000 pieds carrés. Le tout ponctué de voitures et de plantes tropicales. Le plus étonnant est que l’accès au Hangar 7 est totalement gratuit! Ceux qui veulent prolonger l’expérience peuvent allonger quelques dollars pour profiter du restaurant, d’un des deux bars, du lounge ou de la terrasse extérieure qui sont intégrés à cet étonnant complexe.

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Avouez qu’on aimerait tous avoir une attraction du genre dans notre ville, offerte par un de nos voisins millionnaires!

Et à Montréal?

De telles attractions touristiques, portées par un individu, il n’y en a pas tant que ça. Les premières que j’ai vues ailleurs dans le monde m’ont donné l’impression d’être des exceptions. Avec les années, j’ai continué à en découvrir, mais jamais plus qu’une par ville. Peut-il y en avoir plus qu’une dans une ville? Et à Montréal?

Le poète sans domicile

Une des rares initiatives montréalaises créées par un individu qui pourraient devenir une attraction touristique pour un certain public, c’est la Médiathèque littéraire Gaëtan Dostie. Cette immense collection de plus de 50 000 imprimés, manuscrits, photos et archives sur la poésie et la littérature québécoises, amassée depuis le milieu des années 50, est toutefois menacée. Son éviction en 2016 du bâtiment de la commission scolaire de Montréal, qu’elle occupait depuis 2009, laisse planer un doute sur l’avenir de ce lieu de mémoire. L’Union des écrivaines et des écrivains québécois s’en inquiète, tout comme plusieurs amateurs qui fréquentaient l’endroit et demandent sa sauvegarde… Le visionnement de cette vidéo ne laisse pourtant pas de doute sur le potentiel de cette Médiathèque. Il ne reste qu’à espérer qu’une solution soit trouvée rapidement pour la relocalisation de cette maison de la poésie unique en son genre. La Maison des papillons de St-Tropez a une histoire plus joyeuse…

Le décorateur d’extérieur

Le projet n’est peut-être pas suffisamment grand pour attirer des étrangers, mais les décors de Robert Fisette, sur le terrain de la coopérative Stadacona (au coin des rues Moreau et de Rouen, dans Hochelaga, à deux pas de la station de métro Préfontaine), méritent le détour pour les Montréalais. Inspiré du monde de la bande dessinée, il crée des personnages grandeur nature, dans des mises en scène complexes, qui changent au gré des saisons.

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Avouez qu’on ne peut que sourire en voyant ce travail!

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Et il y a souvent plus d’une mise en scène devant la coopérative…

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Le sculpteur de ferraille

Un autre passionné se cache derrière le Jardin du Crépuscule, une petite friche industrielle au confluent du viaduc Van Horne et de la rue Saint-Urbain. Parsemé d’œuvres d’art constituées de pièces de métal recyclées que l’artiste Glen LeMesurier a créées, ce jardin de sculptures en plein air est ouvert sur la rue, invitant les passants à y flâner. L’espace, à la fois poétique et brut, est occupé de façon illégale, mais tolérée… Et le jardin de sculptures est devenu, avec les années, un lieu de rassemblement pour les gens du quartier. D’autres aménagements autour du Jardin en font une destination agréable à découvrir. J’en avais parlé dans le texte Du Jardin du Crépuscule au Champs des Possibles.

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La mécène geek

Enfin, Montréal compte aussi des riches qui partagent avec la collectivité leurs passions. Une des moins connues est pourtant une visionnaire qui crée sans cesse, un peu en marge des institutions. Son petit dernier, le Centre Phi, est un lieu qui rassemble son amour pour la culture, l’art contemporain, la scène et la réalité virtuelle, répartis dans un édifice de 4 étages du Vieux-Montréal, entièrement rénové et équipé à la fine pointe des technologies actuelles! Le tout payé par sa fondatrice, Phoebe Greenberg. Discrète, elle partage avec nous sa vision des arts à travers ce Centre, ouvert depuis 5 ans. Et elle rejoint de plus en plus amateurs, d’ici comme d’ailleurs, impressionnés par la créativité montréalaise. Plusieurs activités y sont présentées gratuitement, consultez la programmation pour les connaître et pour découvrir le Centre Phi à votre tour!

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Profitez-en pour aller visiter gratuitement l’exposition de la Fondation DHC/ART, consacrée à la présentation de l’art contemporain, qui est située tout près et qui est une autre merveilleuse création de la mécène.

Et les autres…

Connaissez-vous d’autres attractions mises sur pied par un individu passionné, qui suscite suffisamment d’intérêt pour attirer des curieux d’un peu partout? Parlez-nous-en en commentant ce texte!

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Publié par : cbernier | 15 décembre 2016

Pour ne rien rater de l’hiver du 375e

Montréal vivra une année enlevante en 2017! Pour célébrer son 375e anniversaire de fondation, plus de 200 activités de toutes sortes ont été préparées, créant une ambiance festive permanente et un calendrier de sorties très chargé.

Le 11 décembre dernier, les 4 grands réseaux de télévision francophones du Canada diffusaient l’émission Montréal s’allume. Point de départ des célébrations, ce spectacle de variétés a énuméré la panoplie d’activités à venir et cherché à attirer les touristes à Montréal. Un bon show. Toutefois, qui prend des notes devant sa télé pour planifier sa participation à une fête? Pour pallier au problème, voici une sélection de 15 activités proposées cet hiver qui ont attiré l’attention de C’est toi ma Ville.

Commençons par le premier legs du gouvernement du Québec, offert à Montréal quelques semaines avant le début officiel de son 375e : le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein du Musée des beaux-arts de Montréal. Ce nouvel édifice mérite vraiment de se retrouver sur votre liste d’activités (tout comme le reste du musée d’ailleurs)!

pavillon-pour-la-paix

Montréal s’allume pour nous

Le 11 décembre dernier, plusieurs lieux emblématiques de Montréal se sont illuminés pour marquer le début des célébrations.

Parmi ceux-ci, je pense qu’Aurores Montréal est le plus marquant. Jusqu’au 1er janvier seulement, le flanc Est du Mont-Royal (face au parc Jeanne-Mance) se voit transformé en gigantesque fresque lumineuse par l’artiste Marc Séguin et la société multimédia 4U2C. L’œuvre d’une heure est projetée en boucle de 17h à 23h. 15 000 mètres2 d’émerveillement vous attendent.

L’illumination de la Biosphère, qui est maintenant permanente, se retrouve dans cette liste des 15 activités à ne pas rater parce qu’elle devient un prétexte pour redécouvrir le Parc Jean-Drapeau l’hiver, que trop peu d’entre nous connaissent. C’est pourtant un lieu féérique le soir, sous la neige…

Imaginez le paysage avec une Biosphère éclairée!

Imaginez ce paysage avec une Biosphère éclairée!

Des activités partout, pour tous

Si plusieurs activités du 375e se déroulent au centre de l’île, certaines se promèneront sur le territoire tout au long de l’année.

Pour l’illustrer, j’ai retenu les Quartiers improvisés, des matchs d’impro inspirés du quartier visité. Il y en aura 13 et le premier se déroule le mercredi 21 décembre, à partir de 18h, à la Maison de la Culture Frontenac (à la station de métro du même nom). Pour connaître les 12 autres dates, visitez leur site.

D’autres activités animeront plutôt un quartier par de petits ou de grands moments. Pour célébrer triplement, Lachine nous propose une soirée des plus intenses le 31 décembre! En plus de fêter la fin de l’année, l’événement servira à inaugurer la Place des festivités du 375e de Montréal et à procéder au lancement des fêtes du 350e anniversaire de Lachine. Les spectacles se succèderont de 20h à 2h du matin au Parc de la Marina d’escale (déplacé à l’Entrepôt et à la Maison du brasseur en cas de pluie) et on offrira un grand feu d’artifice sur le coup de minuit. Avouez que c’est tentant de sortir des sentiers battus pour y assister! Profitez-en pour découvrir, avant le spectacle, le magnifique Parc René-Lévesque et sa collection de sculptures géantes… En plus, le boulevard St-Joseph, près du bord de l’eau, compte de nombreux restaurants, vous pouvez donc vous organiser une superbe journée!

Les Hivernales, ce sera sportif!

Nouveau regroupement des activités physiques de l’hiver, les Hivernales se déploieront du 6 janvier au 11 mars, pour une première édition.

Elles commenceront avec le festival BARBEGAZI, qui s’intéresse aux sports d’action. Entre le snowskate, la coupe de bois, le lancer du sapin et le bras de fer, c’est tout un éventail d’événements qui nous attend du vendredi au dimanche, 6 au 8 et 13 au 15 janvier, à l’Îlot Clark (Quartier des spectacles). Ce sera gratuit et pas besoin de participer, les spectateurs seront aussi les bienvenus 😉 Un mois plus tard, les 4 et 5 février, les mêmes organisateurs seront derrière le Motoneige MTL Xtrem, où on pourra voir des motoneigistes faire sauter leurs bolides de 10 mètres de haut au centre-ville, dans ce qui pourrait être considéré comme un clin d’œil (involontaire) aux deux excellentes bandes dessinées montréalaises Hiver Nucléaire!

Toutes les fins de semaine du 12 janvier au 19 février ce sera au tour d’IgooFest de nous faire bouger, au Quai Jacques-Cartier du Vieux-Port de Montréal. Pour sa 11e édition, spécial 375e, Igloofest s’enrichit de 4 activités extérieures gratuites : la glissoire Nordik, le Village Nordik, 2 samedis de jeux Nordik et 2 soirées Off-Igloo. 4 occasions en or pour découvrir l’esprit de ce festival, pionnier des activités hivernales, si vous ne le connaissez pas encore.

Village Nordik IglooFest 2017

Un des étonnants Igloos repensé du Village Nordik: ici Nord tiède…

Toujours dans le cadre des Hivernales, la descente Saint-Denis, une course de boîtes à savon sur la rue du même nom, devrait séduire les grands comme les petits… Le samedi 21 janvier 2017, sur la rue Saint-Denis (entre Sherbrooke et Émery), c’est l’événement idéal pour se replonger dans notre enfance.

Lors de la pleine lune du samedi 11 février, c’est à un défilé festif et lumineux, intégrant des vélos allégoriques, que nous sommes conviés gracieusement! Lune d’hiver à vélo clôturera le Congrès international de vélo d’hiver. Ce tour se terminera par de l’animation sur le site d’arrivée du défilé, au Vieux-Port. Une belle occasion de tester l’utilisation du vélo l’hiver! Et de terminer sa journée à deux pas du premier Off-Igloo…

Enfin, dernier événement ayant retenu mon attention dans les Hivernales, le Défi canot à glace de Montréal, les 11 et 12 février, animera le Quai de l’Horloge jusqu’au Bassin Alexandra. Le fleuve est déjà magnifique l’hiver, avec ces courses de canot, il deviendra particulièrement spectaculaire. D’autant plus que cette fin de semaine au Vieux-Port sera aussi animée par l’IglooFest.

Tout un calendrier culturel!

Sortons un peu du centre-ville pour nous intéresser à Feu, feu, joli feu, un karaoké des bois, qui sera organisé par les Amis de la place Marcelle-Ferron, le dimanche 5 février, au très joli Parc St-Viateur, dans Outremont. Cette soirée se déroulera autour d’un feu de camp, avec des chansons, de l’art et de l’histoire. Profitez-en pour visiter le quartier avant la soirée, avec l’itinéraire d’Outremont proposé par le blogue MesQuartiers…

À plus grand déploiement, Illuminart, un circuit d’œuvres lumineuses et interactives au centre-ville, viendra s’ajouter à la programmation déjà impressionnante du festival Montréal en Lumière et à sa populaire Nuit Blanche, le samedi 4 mars (dévoilement de la programmation au début février). Du 23 février au 11 mars 2017, ce sont plus de 20 œuvres technologiques qui nous seront offertes. L’an dernier, L’îlot de chaleur avait été la première manifestation d’Illuminart. Ce feu d’ampoules, qui prenait vie et s’activait sous l’effet de l’activité humaine, avait fait sensation. Illuminart passera le flambeau à un festival d’art public que j’affectionne particulièrement, Art Souterrain, qui se tiendra, lui, du 4 au 24 mars. Un feu roulant d’activités culturelles nous attend au cœur de l’hiver!

Îlot de chaleur, 2016

Îlot de chaleur, 2016

La programmation du 375e nous annonce aussi un nouveau festival dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles, qui se déroulera les 3 et 4 mars 2017, au sanctuaire du Sacré-Cœur. C’est la beauté étrange de ce site historique qui m’incite à ajouter cette proposition dans mes activités de l’hiver du 375e à ne pas rater. En effet, les églises, chapelles et statues qui s’y trouvent doivent fournir un décor assez impressionnant pour des activités hivernales… Avis aux explorateurs urbains!

sanctuaire-du-sacre-coeur

Sur le site du sanctuaire du Sacré-Cœur…

Difficile de ne pas mentionner l’opéra Another Brick in The Wall dans ma liste, puisque ce spectacle, conçu à Montréal, fera ensuite le tour du monde… Du 11 au 26 mars 2017, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts, soyez les premiers à découvrir cette nouvelle interprétation de l’oeuvre mythique The Wall.

Enfin, pour terminer cette liste de mes 15 propositions d’activités incontournables pour l’hiver du 375e, j’ajoute Cité Mémoire, présentée tous les soirs jusqu’au 10 avril 2017. Ce circuit d’une vingtaine de projections multimédia, déployé dans le Vieux-Montréal, est présenté depuis le 17 mai dernier. Il a déjà ravi des milliers de personnes et il est si vaste qu’il nécessite plusieurs visites pour en apprécier chacune des projections. Pour vivre l’ensemble de l’expérience, téléchargez l’application gratuite Montréal en Histoires, qui ajoute une bande-son et des contextes historiques aux projections.

Vous avez maintenant 15 nouvelles raisons d’aimer l’hiver! Avec les 15 trucs infaillibles pour profiter de l’hiver que je vous avais présenté l’an dernier, vous avez tout ce qu’il faut pour faire de ces quelques mois une magnifique période de l’année 😉

Bon début de 375e!

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Publié par : cbernier | 6 décembre 2016

L’étonnante capsule temporelle de l’Expo

Dans toutes les grandes villes Occidentales, lors des anniversaires ou des constructions de monuments et d’édifices importants, on glisse une capsule temporelle entre deux briques pour la postérité. Ces témoignages, sensés rappeler aux générations futures la vision de celles qui les ont précédées, prennent différentes formes: lettres d’enfants, coupures de journaux, objets de la vie courante. À Strasbourg, en France, on a même poussé l’audace jusqu’à créer cette improbable capsule temporaire sur le côté de la cathédrale, qui doit être ouverte en… 3790!

Capsule du temps de Strasbourg

Montréal n’échappe pas à la tendance. Ainsi, on a ouvert celle de l’ancien Planétarium, en 2011, pour en préparer une autre pour le nouveau Planétarium (qui pourra être ouverte en 2050). On en a trouvé une dans un bâtiment rénové pour être annexé au Musée Pointe-à-Callière, pour l’enfouir de nouveau, enrichie de contenu moderne (réouverture non programmée). Lors du 350e anniversaire de Montréal on a placé une capsule du temps sous la Croix du Mont-Royal (ouverture prévue en 2142). Plus ancienne, celle de l’île-des-Sœurs a été enfouie en 1967 (pour être ouverte en 2067). Il y en a plusieurs autres connues et certaines déjà oubliées, malheureusement…

Ça m’amène à la capsule dont je voulais vous parler : le petit film Horizon 2000, produit par le Service de l’urbanisme de la Ville entre 1963 et 1967, juste à temps pour l’Expo. Ce sont les Archives de Montréal qui l’ont fait réapparaitre, en 2011. À l’aube du 375e anniversaire de la Ville, si les images témoignent bien de leur temps, les propos sont tout à fait surprenants.

Préparé il y a 50 ans, la narration y est paritaire. On y entend successivement la voix d’un homme et d’une femme, sans que l’un domine l’autre. On y parle de la richesse de la société multiculturelle et diversifiée qui vivra en 2000 à Montréal et on annonce un plan d’aménagement de la région… Qui ne sera finalement adopté qu’en 2011! On aura attendu près de 45 ans pour mettre en œuvre ce qui était alors annoncé, mais bon… Vaut mieux tard que jamais…

Il est fascinant d’écouter ce film tourné il y a 50 ans et de constater qu’il est, pour de grands bouts, encore pertinent! Ça illustre à quel point la Ville évolue à un rythme beaucoup plus lent que ses habitants… Ainsi, ce qui est pensé, avant d’être budgété et planifié, peut prendre des années à se réaliser, parfois même des décennies.

Dans ce film, on avait annoncé : « Le jeu de la spéculation fait monter de façon artificielle le prix des terrains et les montréalais de demain en souffriront » et on avait averti que : « La ville s’émiette et le coût des services publiques s’en trouve haussé d’autant ».

Pour pallier à ces problèmes, on proposait d’adopter un plan de développement de la région dont : « Une première tâche consiste à isoler sur la carte les terrains qui ont une valeur certaine pour l’agriculture; les terrains qui serviront à la récréation; et également ceux qui semblent inaptes à l’urbanisation à cause de leur sol ou de leur situation ». Avec la montée de l’agriculture urbaine, il est intéressant de constater que les préoccupations de base ne changent pas tant que ça en 50 ans. La Ville se construit pour des centaines, voire des milliers d’années, c’est donc un peu normal.

« Des plages publiques pourraient être aménagées à plusieurs endroits ». Cette prédiction là est sur le point de se réaliser, avec les plages de Pointe-aux-Trembles et de Verdun. Il en aura fallu du temps! Dans le film on espèrait que : « Les montréalais et les administrateurs municipaux qui prépareront le Montréal de l’an 2000 marchent dans les pas de ceux qui, il y a 100 ans, se portaient acquéreurs du Mont-Royal et de l’île Sainte-Hélène, qui comptent parmi les plus beaux joyaux du Montréal d’aujourd’hui ». On pourrait dire que les Parcs-Nature, notre réseau de grands parcs sur l’île, et les écoterritoires qui les entourent, répondent à cet espoir. Ainsi, de 3% d’espaces verts sur son territoire en 2000, le territoire terrestre protégé sur l’île est passé à 5,75% en 2013.

Si la capsule temporelle du film Horizon 2000 présente une vision qui s’est en partie réalisée, elle montre aussi l’ampleur de l’optimisme qui marquait les esprits à l’époque de l’Expo! Ainsi, on y annoncait que « en l’an 2000 nous serions 7 millions d’habitants dans la région métropolitaine » alors que c’est plutôt 4 millions.

On aurait aimé que cette autre prédiction se réalise, mais là non plus, le rêve ne s’est pas matérialisé… « Le parcours du métro, qui est présentement de 16 miles, pourrait être prolongé jusqu’à 100 miles ». Si, en 1967, le parcours du métro représentait 26 km (16 miles), on est aujourd’hui bien loin du 161 km annoncé (100 miles)! C’est plutôt 71 km…

Mais l’optimisme devient carrément de l’utopie dans la conclusion. En effet, les auteurs du film Horizon 2000 terminaient en précisant « Nous avons pris pour acquis, ici, que plusieurs questions seront réglées en l’an 2000; la pollution de l’air, la pollution de l’eau et les problèmes des finances municipales… » Ouf! C’est fou ce qu’on peut découvrir dans une capsule temporelle!

Le film de 20 minutes, séparé en deux parties, peut être regardé ici:

et

Si on tournait aujourd’hui une telle capsule pour l’envoyer 50 ans dans le futur, je serais bien curieux de savoir ce qu’on y dirait 😉

On pourrait s’inspirer du livre Rêver Montréal, pour rester dans le ton de l’optimisme. Ce serait un bon début…

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Publié par : cbernier | 17 novembre 2016

Sous les ponts et les viaducs

Trop souvent, nos dessous de ponts et de viaducs sont des no man’s land. Pourtant, ces espaces pourraient être mis en valeur de plusieurs façons originales…

Alors qu’on reconstruit l’échangeur Turcot et le pont Champlain, qu’on désenclave le viaduc du CN le long de l’ancienne autoroute Bonaventure, que de plus en plus de personnes se questionnent sur ce qui pourrait être fait pour améliorer les abords de la Métropolitaine et qu’on promet un réaménagement des abords du Pont Jacques-Cartier pour 2018, le moment est particulièrement bien choisi pour se rappeler qu’on pourrait faire autre chose avec les espaces sous nos ponts et viaducs que de les abandonner. Les exemples à suivre ne manquent pas, comme vous le verrez!

Ici même, à Montréal, on a aménagé l’Espace Faubourg Québec sous la portion surélevée de la rue Notre-Dame Est. Un lieu de détente et de sport, où plusieurs activités sont organisées depuis quelques étés, passant du Tai Chi aux dîners-conférence et du ping-pong aux activités physiques.

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Moins réussi, le petit skatepark sous le Pont Jacques-Cartier aurait pu être une réussite si on y avait mis des modules de jeu à la hauteur des attentes des ados et des jeunes adultes pour lesquels il a été construit il y a 10 ans… Alors qu’on réaménagera bientôt le secteur, il y aurait sûrement quelque chose à faire pour corriger la situation.

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Des aires de jeux au coeur de l’action

Pour y attirer les jeunes, on pourrait aller voir du côté de Frankfort, où on a installé un grand skatepark sous le pont Friedensbrücke, avec des zones graffitis et un terrain multi sports. Un sentier de promenade passe tout près, permettant de ne pas y créer d’enclave…

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Dans un tout autre contexte, à Paris, dans un espace exigu de la station Jaurès, sous le métro aérien, on a réussi à installer des terrains de basket. Avec des clôtures pour sécuriser les jeux (par rapport aux rues qui entourent les lieux). Ce n’est peut-être pas l’exemple le plus esthétique, mais quand même… On a fait l’effort d’augmenter l’offre de terrains de sports dans ce secteur très dense de la ville.

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Des restaurants sous le trafic

Montréal étant une île, plusieurs ponts permettent d’y entrer et d’en sortir. Aucun des dessous de ceux-ci n’a fait l’objet d’aménagement particulier. Pourquoi ne pas penser à l’installation d’un restaurant, comme c’est le cas à Londres sous le fameux London Bridge? On offrirait une expérience étonnante aux Montréalais.

Londres sous les ponts et viaducs

À quelques heures de distance de Montréal, New York a choisi d’installer un restaurant sous un viaduc ferroviaire menant vers la Gare Centrale. Pour avoir essayé ces deux restaurants, je peux vous affirmer que l’originalité des lieux, combinée à une bonne cuisine, m’ont laissé de très bons souvenirs… Bien mené, un tel projet ne peut que déboucher sur un succès.

New York sous les ponts et les viaducs

L’édifice qui soutient le pont Jacques-Cartier, sur l’île Sainte-Hélène, est inoccupé. Pourtant, on prévoyait y installer une salle d’exposition et une salle de bal à l’origine. Pourquoi pas un resto! Ces idées auraient beaucoup de potentiel si quelqu’un s’amusait à les développer…

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Des boutiques trendy plutôt que des bouchons

Un important projet de revitalisation de l’autoroute Bonaventure, à Montréal, est en cours. Le CN, qui possède le viaduc ferroviaire qui le longe, réaménagera-t-il les espaces sous son viaduc? Un grand parc longera le nouveau boulevard, à gauche de la photo, dès l’an prochain. Veut-on vraiment d’un long mur aveugle dans ce secteur?

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Berlin a plutôt choisi d’ouvrir des commerces sous un viaduc similaire…

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À Paris aussi, avec le Viaduc des Arts, on a su utiliser ces grands espaces. Des vitrines animent aujourd’hui les trottoirs qui longent le viaduc, plutôt que d’être restés des murs aveugles. Tout le quartier en profite!

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Des fresques animées par les vas et viens

L’utilisation des dessous de ponts et autres viaducs peut aussi être ludique, comme c’est le cas à Québec, avec les Fresques des piliers sous l’autoroute Dufferin. Ce projet, qui date déjà de nombreuses années, est une merveilleuse illustration de ce qu’on peut faire pour revitaliser un espace qui autrement serait une plaie dans la ville.

Québec sous les ponts et les viaduc 0

Lisbonne a un projet similaire, mais beaucoup moins réussi. Il améliore l’environnement sous le viaduc où il est situé, sans réussir à créer l’émerveillement suscité par les fresques de Québec.

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On a à Montréal un petit projet plus intéressant que celui de Lisbonne, à mon avis, soit celui sous le Viaduc Van Horne. Bien que les murales étaient présentes sur les lieux depuis plusieurs années, elles sont maintenant intégrées à un parc, inauguré il y a deux mois à peine. Je n’ai pas de photo récente, mais vous pouvez sans problème vous imaginer l’effet avec cette photo. Ce sera un plus pour le quartier, à n’en pas douter!

Montréal Sous le viaduc Van Horne 1

Dans le même esprit, Munich a éclairé un passage sous une voie de transport avec une galerie de murales d’artistes de la rue. Un projet gagnant! Au nombre de passage sous les voies ferrées de Montréal, il y a de bonnes raisons de s’en inspirer…

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Des parcs et des plans d’eau pour améliorer la vue

À Marbella, en Espagne, on a installé un plan d’eau sous un pont. L’étonnant parc nous fait oublier que nous y sommes sous une route! Et le parc est très agréable à fréquenter.

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En périphérie de Marbella, on a aménagé un espace vert sous l’autoroute qui la relie à d’autres villes de la côte. Là encore, l’effet est des plus réussi.

marbella-et-benalmadena-sous-les-ponts-et-viaducs

On est loin des dessous de notre autoroute métropolitaine…

Montréal sous les ponts et les viaducs 5

Un autre aménagement possible, vu à Madrid cette fois : la galerie de sculptures. C’est de toute beauté! On y a transformé un endroit normalement inhospitalier en lieu de passage agréable. Cette oeuvre de béton, suspendue, est inédite. Entourée d’autres oeuvres, elle nous incite à nous arrêter pour l’admirer.

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Et pour diminuer l’impact sonore du pont, la ville de Madrid a même ajouté une cascade sous celui-ci! L’ensemble est exceptionnel.

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Parlant d’eau, Istanbul a une utilisation étonnante d’un de ses ponts… En plus d’avoir installé sous le tablier du Pont Galata une galerie marchande remplie de cafés et terrasses, le trottoir du pont est envahi de pêcheurs! Je n’avais pas parlé de cet exemple dans mon texte Un pont habitable? mais j’aurais pu… Il n’y a pas de logement, mais le genre de centre d’achat qui l’anime est actif presque en tout temps!

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Des mises en lumière sans lampadaire

Enfin, il y a des actions simples qui peuvent modifier radicalement l’expérience du passant qui doit s’aventurer sous un pont ou un viaduc le soir ou la nuit, comme d’ajouter de l’éclairage. Mais tant qu’à faire, pourquoi ne pas y aller avec quelque chose de différent et dynamique, comme à Nice?

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Un projet similaire s’en vient à Montréal, plus précisément dans Hochelaga, qui compte ajouter un éclairage architectural des murs de soutènement et des colonnades du viaduc de la rue Ontario, dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal… Une occasion de plus pour notre ville de se démarquer dans la gestion de ses dessous de ponts et de viaducs…

Comme vous l’avez constaté à la lecture de ce texte, plusieurs villes du monde éliminent ces no man’s land qui déstructurent leurs quartiers pour en faire des lieux de passage agréables, invitants. D’ailleurs, la ville de Toronto lançait l’an dernier un grand projet pour ré-imaginer les dessous de son autoroute Gardiner, sur presque 2 km, en y investissant 25 millions de dollars! La première phase devrait être inaugurée l’an prochain, nous rappelant tout le potentiel de ces espaces sinon perdus…

Alors, Montréal s’inscrira-t-elle dans ce mouvement pour faire sa marque, en misant sur ses espaces déjà aménagés et sur ceux qu’elle entend ajouter ces prochaines années? Il y a une foule d’occasions pour améliorer la qualité de vie de nos quartiers, avec les chantiers actuellement en cours. Il suffit d’ouvrir les yeux sur les potentiels d’aménagements qu’offrent nos dessous de ponts, viaducs et autres structures du genre… Avouez, on ne manque pas de tels espaces semi-abandonnés à Montréal. Autant d’occasions de faire preuve de notre créativité, en y ajoutant de nouveaux aménagements, et d’ensuite faire rayonner notre ville!

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