Publié par : cbernier | 15 octobre 2017

L’architecture en héritage : Dan Hanganu

Quelles traces laisse un architecte qui s’éteint? Change-t-il le visage de la ville où il habitait? Ce sont des questions que je me suis posées à la suite de la mort de Dan Hanganu, un architecte établi à Montréal depuis les années 70. Maintenant qu’il nous a quitté, que nous laisse-t-il vraiment comme héritage? Montréal porte-t-elle sa signature, comme plusieurs commentateurs l’ont affirmé?

Installé sur l’Île-des-Sœurs, où il construit sa propre maison, les Habitations de Gaspé, il se fait connaître du grand public en réinterprétant le passé à travers des édifices des plus modernes, comme le Musée Pointe-à-Callière, réalisé en collaboration avec Provencher Roy & associés architecte.

Médaille du Gouverneur Général du Canada, 1994 / Grand Prix d’excellence, Ordre des architectes du Québec, 1993 / Prix Orange, Société Sauvons Montréal, 1992

À côté de cette réalisation phare, il réinterprète aussi la Maison des marins, toujours en collaboration avec Provencher Roy & associés architecte.

Le tout nouveau Fort de Ville-Marie, derrière le Musée, porte aussi sa marque.

Dans le Quartier des Spectacles, le Théâtre du Nouveau Monde (TNM) est une autre de ses réalisations.

Le mur ouest du TNM, qui met en valeur les cicatrices de l’évolution de l’édifice, a donné lieu à une belle intégration temporaire d’une œuvre d’art, dans le cadre de Km3, à l’automne 2017…

Contesté par certains pour ses pavillons universitaires, ils lui ont quand même permis d’aller chercher des prix prestigieux, comme avec les HEC.

Prix d’excellence, Ordre des Architectes du Québec, 2000 / Mérite de la feuille d’or, Société Internationale d’arboriculture, 1997

Il faut y être entré pour saisir une partie du génie de l’architecte, qui, par ses ouvertures sur l’extérieur et son utilisation de l’environnement, crée l’impression de se trouver en forêt lorsqu’on est dans la cafétéria de l’institution…

Le Centre de design de l’UQAM n’a pas toujours eu bonne presse, lui non plus, mais sa façade animée de projections continuellement changeantes a transformé les nuits de ce secteur du centre-ville, y amenant un peu de lumière.

Prix du Gouverneur Général du Canada, Institut royal d’architecture du Canada, 1998 / Grand Prix d’excellence, Ordre des architectes du Québec, 1996

Mais c’est probablement le Chaussegros-de-Léry, édifice voisin de l’Hôtel de ville, qui restera son projet le plus contesté…

Moins connu, mais plus réussi, l’intégration de l’ancien édifice de l’Hôtel Godin dans un hôtel moderne, améliore le paysage des rues Saint-Laurent et Sherbrooke depuis sa construction.

Caché dans la ville, l’agrandissement du centre d’archives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, en bordure du Vieux-Montréal, témoigne lui aussi de la minutie qu’avait l’architecte pour développer des espaces intérieurs agréables et lumineux.

Médaille du Gouverneur Général, Institut Royal d’Architecture du Canada, 2002 / Prix d’excellence, Ordre des Architectes du Québec, 2000 / Prix Orange, Sauvons Montréal, 2000

Osant défier les façons de construire plus traditionnelles de certains de ses collègues, il s’est amusé avec le siège social du Cirque du Soleil, offrant aux Montréalais une sorte de cité modulaire faite de tôle et d’acier.

Prix d’excellence en architecture, Ordre des architectes du Québec, 1999 / Prix Orange, Société Sauvons Montréal, 1997

Il s’est même permis une réinterprétation d’une scène extérieure, avec le Pavillon Jean-Brillant dans le parc du même nom.

Dan Hanganu semble avoir développé un goût plus récent pour les bibliothèques, avec de très beaux résultats… Après s’être pratiqué avec la Bibliothèque de droit de l’Université McGill…

Il a signé les plans de la magnifique bibliothèque Marc-Favreau, qui faisait partie de mon palmarès des plus beaux édifices construits entre 2011 et 2016.

Une autre bibliothèque majeure, à Québec cette fois, porte sa marque. En recyclant une ancienne église, il a créé la magnifique bibliothèque Monique-Corriveau (en collaboration avec Côté Leahy Cardas architectes).

Il est même possible qu’il lègue à Montréal une autre bibliothèque, puisque son bureau continue d’opérer. En effet, Dan Hanganu Architectes est en lice pour l’agrandissement de la bibliothèque Maisonneuve, un projet déposé il y a déjà un certain temps et dont on devrait connaître l’architecte sous peu…

Le 20 octobre 2017, nous avons appris que c’était bel et bien son projet qui avait été retenu! Pour en savoir plus

Dan Hanganu a été l’architecte derrière plusieurs autres édifices montréalais, mais ce sont, à mon avis, les plus marquants. Et vous, trouvez-vous qu’ils ont changé le visage de Montréal?

Ce sujet vous passionne? Vous aimerez sûrement:

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Publié par : cbernier | 3 octobre 2017

Pour ne rien rater de l’automne du 375e

Nous célébrons Montréal depuis le 11 décembre 2016, quand les 4 grands réseaux de télévision francophones du Canada diffusaient l’émission Montréal s’allume comme coup d’envoi des festivités du 375e anniversaire de notre ville. J’avoue être un peu essoufflé, mais la fête continue pour encore une saison, alors après vous avoir présenté les activités de l’hiver, du printemps et de l’été, je ne pouvais pas passer sous silence l’automne!

Ainsi, que vous soyez excités comme au premier jour, ou un peu blasés, voici mes 10 dernières suggestions de ce calendrier un peu fou du 375e, qui nous a proposé plusieurs centaines d’activités cette année!

Logo 375e

Tout au long de La Grande Tournée, fête de quartier qui a fait le tour des 19 arrondissements de la Ville l’été dernier, je publiais sur Facebook des albums-photos qui montraient toute la diversité de nos arrondissements. 19 photos pour chacun des 19 arrondissements, ces albums s’intitulaient 19X19=375. Pour que la multiplication fonctionne, l’arrondissement Ville-Marie, berceau de Montréal, a toutefois eu droit à 14 photos supplémentaires, pour mieux illustrer son immense diversité. Pour les découvrir, bien assis à la maison, visitez la section photos de notre page Facebook. Et profitez-en pour vous abonner, si ce n’est déjà fait, puisque cette page offre un contenu exclusif et complémentaire à celui de ce blogue! 😉

Vendredi le 6 octobre, les Premiers vendredis vous donneront une première occasion de sortir de chez-vous. Ces rendez-vous de la gastronomie servie par des camions n’ont plus besoin de présentation, bien qu’il y ait encore beaucoup de Montréalais qui n’en ont pas fait l’expérience. N’attendez plus et aller vivre le plus grand rassemblement de cuisine de rue au Canada, au pied du Stade olympique.

Premier vendredi

Du 5 au 8 octobre, le viaduc Van Horne (près du métro Rosemont) devient Viaduc 375 pour nous surprendre. Transformé en lieu de promenade pour les piétons, il offrira une nouvelle expérience de traverse du secteur et révèlera ses points de vue étonnants sur la ville. Le festival Pop Montréal y offrira des spectacles tous les soirs, de 18h à 21h, sans parler des nombreuses animations sur le site et autour. Point culminant de l’événement, la Parade Phénoménale du samedi 7 (départ à 16h30) risque de faire parler d’elle! Soyez extravagant et joignez-vous à un des 5 cortèges thématiques…

Les balades au centre-ville se multiplient, je vous en parlais ici… Et bien ça continue, avec KM3, jusqu’au 15 octobre. Une vingtaine d’œuvre d’art public ont été ajoutées un peu partout dans le Quartier des spectacles pour surprendre les passants, et ça fonctionne! Sur notre page Facebook, nous avons partagé un album-photos qui vous permettra de voir nos coups de cœur. Sur place, vous verrez du même coup les nombreux chantiers du secteur, qui transformeront notre expérience au centre-ville dès l’an prochain (Esplanade Clark et îlot Saint-Laurent/Sainte-Catherine, entre autres) et les legs du festival de graffitis Under Pressure, sous la forme de nombreuses murales.

À partir du 12 octobre, le génie autochtone s’installe au Centre des sciences, avec une exposition sur les inventions, toujours actuelles, des Premières nations et des Inuits. Une belle occasion d’aller à la rencontre de ces peuples qui nous ont partagé leur savoir-faire pour passer à travers l’hiver, entre autres.

Dans le même esprit, du 16 au 25 octobre, Autochtoniser Montréal présentera une exposition dans le cadre du Sommet Mondial du Design, dans le Hall du Palais des Congrès. Elle explorera la manière d’assurer la présence de la culture autochtone dans l’espace public de la ville. Une autre occasion de réfléchir à la place de ces peuples dans le Montréal d’aujourd’hui…

Du 27 au 29 octobre, ce sera au tour de la Trouble-fête de transformer le Quartier des spectacles… Pour l’occasion, il sera pris d’assaut par de nombreuses activités. Sous forme d’un conte d’Halloween librement inspiré de l’histoire de Montréal, la Trouble-fête nous promet un événement haut en couleurs, où les vivants et les morts se croiseront dans les rues…

Même si nous en avons déjà parlé dans ces listes « pour ne rien rater », le parcours Cité Mémoire, dans le Vieux-Montréal, se poursuit et se transforme, méritant de se retrouver, une fois de plus, dans nos suggestions d’activités. Il y a les magnifiques projections sur les murs du Vieux, mais aussi les fabuleuses histoires que vous pouvez découvrir en utilisant l’application mobile créée autour du projet. Avec les journées qui raccourcissent, les arbres qui perdent leurs feuilles, c’est dans une toute autre ambiance que vous pourrez faire l’expérience de ces capsules vidéo qui transforment notre quartier historique en livre ouvert sur le passé. Pour profiter de l’ensemble des projections, planifiez toutefois plusieurs visites!

Cité Mémoire

De son côté, jusqu’au 10 décembre, Paul vous invite à une balade sur le Plateau. Notre collègue de Montréal dans ta pipe en a tiré une vidéo, qui explique bien l’intérêt de suivre ce personnage de BD dans son hommage à Montréal. Pour faire cette promenade par vous-même, suivez l’itinéraire proposé par Paul sur cette carte.

Enfin, il faudra bien clore ces festivités… Quoi de plus naturel que de les terminer là où l’histoire de la ville a commencé? C’est donc dans le Vieux-Port qu’aura lieu la grande fête finale de ce 375e anniversaire de Montréal, le 31 décembre prochain. Un rendez-vous à mettre à votre agenda pour trinquer une dernière fois à la santé du 375e, qui nous en aura fait voir de toutes les couleurs en 2017, avouez-le!

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Publié par : cbernier | 23 août 2017

Les mosaïques de la rue Ontario

Il y a des projets qui s’étirent dans le temps et qui méritent d’être célébrés! La persistance de la Société de promotion des arts gigantesques (S.P.A.G.) à promouvoir le travail du mosaïste Laurent Gascon, et la persévérance de celui-ci pour créer un circuit inédit de murales-mosaïques sur la rue Ontario, offrent aux Montréalais un parcours étonnant pour découvrir deux quartiers : Hochelaga et le Centre-Sud, autrefois connu sous le nom de « Faubourg à m’lasse ».

Le projet, dont la première tuile a été collée en 2009, se poursuit depuis, à raison d’une nouvelle murale par année. L’objectif de la S.P.A.G. est de créer une sorte de voie cérémoniale partant de l’Est de Montréal pour se rendre au centre-ville. Rien de moins!

Célébrant les artistes et créateurs québécois, il s’étale aujourd’hui entre l’avenue Bourbonnière et la rue Beaudry. À pied, entre les stations de métro Pie IX et Beaudry, il faut prévoir une bonne heure pour couvrir les 4,5 km de ce circuit. En Bixi, ce sera 15 minutes (plus les arrêts pour admirer les œuvres).

En cours de route, vous découvrirez en plus :

  • la vitalité de la Promenade Ontario,
  • la Place Valois et son chemin vert, en diagonale dans le quartier,
  • la Place en construction (au moment d’écrire ces lignes) devant l’église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge, legs du 375e anniversaire de Montréal à l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve,
  • l’église elle-même, dont le clocher et l’intérieur font partie du Top 20 des églises de Montréal selon le blogue MesQuartiers
  • la jolie Place Joseph-Venne,
  • trois des meilleures brasseries de quartier de Montréal,
  • et le Marché Saint-Jacques, entre autres…

Avec cette intéressante liste d’attractions, vous comprendrez que je vous recommande chaudement de faire le circuit à pied! Je vous le présente maintenant, d’Est en Ouest, ce qui est le sens naturel de cette voie cérémoniale puisque presque toutes ses murales-mosaïques font face à l’Est. Pour agrémenter votre promenade, j’y ai aussi intégré 4 murales peintes. Elles s’inscrivent dans le même esprit que les œuvres de Laurent Gascon et s’insèrent très bien dans son circuit. Attention toutefois, contrairement aux murales-mosaïques, celles-ci ne font généralement pas face à l’Est!

Pour débuter, rendez-vous à la station de métro Pie IX et descendez jusqu’à la rue Ontario, au Sud. Puis tournez sur cette rue vers l’Ouest et le centre-ville : votre promenade débute!

Vous commencerez par la murale-mosaïque qui serait la plus grande murale extérieure en céramique réalisée à Montréal. C’est aussi la seule œuvre de Laurent Gascon, pour l’instant, à être située dans Hochelaga. Elle rend hommage à Gilles Vigneault, auteur-compositeur-interprète, au coin de l’avenue Bourbonnière.

Quelques rues plus loin, sur De Chambly (mais face à l’Ouest), vous pourrez voir l’irrévérencieux portrait peint de Léo Bureau-Blouin, ex-leader étudiant devenu politicien, produit par Hsix…

Rendu à la belle église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge, faites un petit détour par la ruelle située au Nord d’Ontario, entre les rues Saint-Germain et Dézéry. S’y cache une œuvre du collectif Dirty Arts, nommée Québec Love. Cette fresque montre Pauline Julien (que vous reverrez en mosaïques plus loin) et Armand Vaillancourt sous « l’arbre de la rue Durocher » et la fontaine de San Francisco, deux sculptures de ce dernier. On y retrouve aussi les syndicalistes Simone Monet-Chartrand et Michel Chartrand.

De retour sur Ontario, vous passerez sous un viaduc, pour découvrir Plume Latraverse. L’auteur-compositeur-interprète et écrivain peut être vu au coin de L’espérance, sur la deuxième œuvre de Laurent Gascon de ce circuit. Elle est installée sur un mur du Bain Mathieu, siège social et lieu de diffusion de la S.P.A.G.

La murale en hommage à l’illustrateur Vittorio, dans la ruelle derrière le Bain Mathieu (mais visible de la rue Ontario), a été la première de cette série à être produite par Laurent Gascon. C’est aussi la seule qui fait face au Sud.

2009 Vittorio coin Florian

En poursuivant votre route, vous constaterez que les trottoirs de ce secteur ont été refaits avec soin, offrant aux marcheurs un espace agréable… Au coin de la rue Hogan, vous croiserez la murale-mosaïque représentant la chanteuse, auteure, compositrice et actrice Pauline Julien.

Le métro Frontenac et la Maison de la Culture du même nom sont quelques coins de rues plus loin. Si la Maison est ouverte, entrez-y voir ses intéressantes expositions gratuites! Vous pourrez du même coup voir sa petite place aménagée avec de jolies mosaïques, marquant l’espace du Marché solidaire Frontenac

Tout de suite après la Place Joseph-Venne, une murale peinte par des autochtones, intitulée QANUQTUURNIQ (ou ingénieux et innovant), surprend. Il s’agit d’une œuvre de Embassy of Imagination, produite par l’organisme MU.

Faites attention de ne pas rater, de l’autre côté de la rue, la murale-mosaïque qui rend hommage à Robert Gravel, comédien, metteur en scène, dramaturge et fondateur de la ligue nationale d’improvisation, au coin de la rue Dufresne.

Plus loin, entre Fullum et Partenais, c’est la chanteuse Marjo qui vous attend, sur un mur de la Boite à musique.

En face de l’agréable Parc des Faubourgs et de sa fontaine, ne ratez pas la murale-mosaïque représentant Raymond Lévesque, qui était auteur-compositeur-interprète, poète, romancier et dramaturge. Elle est située à côté de l’entrée de l’église, entre les rues De Bordeaux et Dorion.

Passé la rue Papineau, il faudra vous retourner pour voir la murale peinte en honneur à la chanteuse Alys Robi, située entre le Lion d’or et l’organisme Dans la rue. Il s’agit d’une œuvre de Dan Buller et Rupert Bottenberg, produite par l’organisme MU.

La plus récente œuvre de Laurent Gascon vous étonnera quelques pas plus loin. En cours de finalisation au moment d’écrire ces lignes, elle représente l’humoriste Yvon Deschamps, au coin de la rue Alexandre-de-Sève. C’est l’une des plus belles!

Enfin, la dernière mais non la moindre, vu les souvenirs qu’elle suscite chez les générations plus âgées, la murale-mosaïque de Paul Buissonneau, dans son personnage de Picolo, termine cette promenade au coin de la rue Beaudry.

Pour les personnes qui auront fait le circuit à pied, il ne vous reste qu’à descendre Beaudry jusqu’au métro pour terminer votre promenade.

Depuis plusieurs années, ces murales-mosaïques un peu nostalgiques me fascinent. Lorsque vous les aurez vues en personne, vous serez sûrement du même avis! Elles embellissent les quartiers qui les accueillent, Hochelaga et le Centre-Sud, tout en leur offrant une attraction distinctive. Laurent Gascon et la S.P.A.G. prévoient en assembler 10 en tout, mais souhaitons-nous encore de nombreuses années de production de nouvelles œuvres, enrichissant cette « rue des célébrités » de la culture québécoise!

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Publié par : cbernier | 6 août 2017

D’arbres en arbres

Dans mon précédent texte, je vous donnais 10 bonnes raisons de retourner au Jardin botanique. Parmi celles-ci, il y avait une mention des nombreux secrets de l’Arboretum, qu’il est maintenant temps de vous dévoiler. Puisque l’Arboretum s’étend sur toute la moitié Nord du Jardin botanique, c’est un immense espace à découvrir, qui mérite une visite à lui tout seul. Vous avez des doutes? Laissez-moi les dissiper!

Pour mieux profiter de votre visite, je vous encourage à utiliser l’entrée sur le boulevard Rosemont, au niveau de la 29e avenue. Vous entrerez directement dans le monde des arbres et de leurs mystères, qui vous seront racontés de différentes manières…

Votre visite peut toutefois débuter par la Maison de l’arbre qui, depuis 1996, multiplie les expositions, les animations et l’émerveillement avec, entre autres, sa collection d’arbres miniatures cachée dans sa cour intérieure.

Sortez sur le balcon qui surplombe le magnifique lac des saules pleureurs, puis partez en faire le tour. Ce lac profite de son éloignement pour offrir aux curieux un havre de paix étonnant. Un endroit idéal pour se ressourcer…

Puis partez explorer l’Arboretum et ses 7 000 arbres, regroupés par essence. Une vingtaine de panneaux d’information vous permettront de vous familiariser avec chacune des essences et de vous dévoiler certains faits méconnus sur ceux-ci.

Depuis 2013, un parcours interactif de 8 grands modules permet d’apprendre une foule de choses sur la biologie des arbres et sur leurs mystères. C’est franchement bien fait! À la fois éducatifs et ludiques, les modules plaisent aux visiteurs de tout âge. En plus, ils sont beaux!

Ils ont valu au Jardin botanique un prix aménagement Les Arts et la Ville. Ils ne figurent malheureusement pas sur la carte officielle de l’institution, voici donc leur positionnement (les étoiles rouges), ainsi que celui des autres attractions mentionnées dans ce texte :

Cliquez sur la carte pour l’agrandir

Qui dit forêt dit vie sauvage. Même si le Jardin botanique est en pleine ville, il a su attirer bon nombres d’animaux sauvages. L’Arboretum abrite des renards, que vous croiserez peut-être si vous y allez le matin ou en fin d’après-midi. C’est une rencontre assez étonnante!

On y voit aussi de très nombreuses espèces d’oiseaux, dont des Jaseurs d’Amérique ou des Éperviers de Cooper (sur la photo, un juvénile). Le Jardin botanique est vraiment un bon endroit pour les ornithologues amateurs…

Revenons aux arbres. Il y a, en 2017, une exposition très particulière : Monumental Dougherty… Patrick Dougherty, un artiste américain du land art, propose 3 Palais aux visiteurs du Jardin. Faits de branches de saules, ces édifices végétaux ont de quoi surprendre!

Ils me rappellent les fabuleuses Mosaïcultures de 2013… Vous vous souvenez? L’Homme qui plantait des arbres s’est depuis déplacé vers l’entrée montréalaise du Pont Jacques-Cartier, offrant aux gens qui arrivent sur l’île un accueil chaleureux.

Les familles trouvent leur compte dans l’ensemble des activités du Jardin botanique déjà mentionnées, mais plus particulièrement avec Les Héros de la forêt, un sentier d’hébertisme (facile) pour les enfants turbulents.

En retrait, le long de la clôture séparant le Jardin du Parc Maisonneuve, vous pouvez aussi traverser une forêt de frênes, laissée à l’état vierge depuis des années, pour en étudier l’évolution. Je crois me souvenir avoir lu quelque chose sur l’étude des effets du verglas de 1998 sur ces arbres… Aujourd’hui, c’est l’agrile du frêne, un insecte exotique envahissant, qui y est étudié. Quoi qu’il en soit, le traverser donne l’impression d’être sur un sentier perdu au milieu d’une forêt sans fin. Au cœur de Montréal, c’est une promenade des plus intéressantes!

Alors, vos doutes sont maintenant dissipés sur l’intérêt d’une visite à l’Arboretum? Je l’espère! Ce gigantesque espace au Nord des jardins thématiques du Jardin botanique cache bien des trésors et est propice au développement de nouvelles attractions. Je rêve d’y voir une passerelle au-dessus de la cime des arbres, comme au Kew Gardens de Londres. Ce serait fantastique, non?

En attendant les prochains développements de l’Arboretum, je vous rappelle, comme je l’ai fait dans mon texte sur mes 10 coups de cœurs du Jardin botanique, que ses jardins extérieurs sont accessibles gratuitement aux détenteurs de la carte Accès-Montréal ou de la carte Lève-tôt (8$ pour un an), aux Amis du Jardin botanique (45$ par année) et aux membres des Cercles des Jeunes Naturalistes (84$ par année pour une famille). Profitez de l’une de ces formules avantageuses pour profiter du Jardin botanique toute l’année! Et pour déterminer vos propres jardins et activités coup de cœur…

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Publié par : cbernier | 28 juillet 2017

Le Jardin des merveilles

Je suis toujours étonné quand je découvre quelqu’un qui n’est pas allé au Jardin botanique de Montréal récemment. Notre Jardin, d’une ampleur et d’une beauté inédite à l’échelle internationale, est pourtant un lieu magique, en continuelle évolution. Et malheureusement méconnu de trop de Montréalais. Pour vous donner le goût d’y retourner, je vous partage mes 6 jardins secrets, cachés dans la trentaine d’espaces thématiques de notre grand Jardin botanique. Et en bonus, je vous ajoute 4 activités qui méritent le déplacement.

Elles le méritent d’autant plus que notre Jardin botanique est le 2e en importance dans le monde pour la grandeur de son site et de sa collection de plantes! 22 000 espèces et cultivars y poussent. Seul le Kew Gardens de Londres est plus imposant. C’est un véritable trésor pour Montréal, qui se trouve à deux pas de la station de métro Pie IX, donc très accessible. Et je vous révèle LE truc, en conclusion, pour que votre entrée soit presque gratuite…

Jardin botanique de Montréal - Carte2

Cliquez sur la carte pour l’agrandir

Débutons par mes 6 jardins coup de cœur :

1 – La Cour des sens

Situé avant même d’arriver à la section payante des jardins extérieurs, ce petit aménagement, conçu en 1999, vous invite à toucher et sentir les plantes. Que de surprises vous y attendent! Quand ce n’est pas une odeur enivrante, c’est la sensation du velours sous les doigts qui vous étonnera.

La Cour est cachée, alors voici derrière quel mur il vous faudra aller pour la découvrir :

2 – Le Jardin alpin

S’il est bien connu des gens qui fréquentent le Jardin botanique, il cache tout de même certains attraits aux visiteurs distraits…

Si vous n’y avez jamais croisé de cactus (à l’extérieur, au Québec?!) c’est que vous ne le connaissez pas encore assez bien. Pour voir l’envers du décor, il faut viser le Sud dans les sentiers pour découvrir la collection de minéraux canadiens, présentée initialement au pavillon du Canada de l’Expo67.

Une fois que vous aurez vu de quoi a l’air une roche de titane, vous pourrez aller voir la magnifique chute de ce jardin, qui a tellement l’air naturelle qu’on s’y tromperait…

3 – Le Coin du Québec

Quand le soleil frappe, il y a des reflets émeraude partout dans ce petit racoin. Sa porte est discrète et le jardin, très petit…

Mais on y trouve en saison des iris, l’emblème du Québec.

Et si on est attentif (et calme), on peut y croiser des tamias rayés, des libellules bleues, des grenouilles vertes ou un cardinal rouge.

4 – Le Jardin des Premières-Nations

Créé en 2001 en puisant dans nos forêts plus de 300 espèces indigènes, cet espace est un véritable diamant brut au cœur du Jardin botanique. On s’y sent, au milieu du bois, comme dans un monde mythique!

Un pavillon se cache au centre, avec une animation légère qui permet de se familiariser avec l’Amérique d’avant l’arrivée des Européens. Ce jardin est évidemment unique au monde, alors osez vous perdre dans ses sentiers sinueux!

5 – Le Jardin d’ombre

Le Jardin d’ombre, que j’appelle Le sous-bois, est un havre de paix à la frontière du parc Maisonneuve. Plus calme que le reste du Jardin botanique, c’est un endroit où je me plais toujours à passer. Avec ses ombres, ses reflets d’argent et de bronze laissés par le soleil, c’est un autre secret trop bien gardé.

Il cache aussi des plantes aux grandes feuilles, qui me font penser au livre La Planète Verte (la suite de E.T. l’extraterrestre), où on découvre la planète des E.T., collectionneurs de plantes de l’univers entier… Oubliez le livre, il n’est pas à la hauteur du film, mais osez le Jardin d’ombre! Avec un peu d’imagination, vous aurez l’impression d’y voir des plantes venues d’ailleurs…

6 – Le Jardin Leslie-Hancock

Depuis 1976, ce jardin fleurit en juin au cœur de l’Arboretum. Une splendide mer de fleurs rose et orange, aux reflets de saphirs, s’y cache, au milieu de grands conifères. Je n’ai jamais vu de photo qui témoigne correctement de la beauté de ce jardin, mais en voici une, pâle expression de ce que vous pouvez voir si vous y allez lors de la floraison.

Certains arbustes se parent aussi de blanc, mais même en dehors de la saison de floraison, ce jardin mérite votre visite, ne serait-ce que pour profiter de son ambiance de boisé en campagne.

J’espère vous avoir surpris avec ces 6 jardins discrets. Ils s’ajoutent aux nombreux autres jardins plus connus, comme la Roseraie, le Jardin japonais, le Ruisseau fleuri, le jardin des Plantes toxiques ou des Plantes utiles… Autant d’autres bonnes raisons de visiter plus souvent le Jardin botanique!

Et maintenant, voici des activités intéressantes qu’on peut aussi faire au Jardin. Celui-ci en propose un nombre infini aux passionnés, mais en me limitant à celles qui sont offertes dans les jardins extérieurs, je vous en propose 4 qui méritent votre attention en ce moment.

7 – Les 4 à 8

Les vendredis et samedis, jusqu’à la fin août, on peut profiter de la terrasse du resto du Jardin pour prendre un verre, accompagné des bruits d’une belle fontaine et du son mélodieux d’une performance musicale, entre 16h30 et 19h30. Cette terrasse est dans la partie publique du Jardin, vous n’avez donc pas besoin de billet pour vous y installer. Elle est à deux pas de la Cour des sens, près de l’entrée aux coins Sherbrooke et Pie IX.

8 – Les concerts intimes

Au nord du Jardin japonais, une petite scène vous attend pour un concert intime chaque dimanche, 14h, jusqu’à la fin août. Luce Dufault (6 août), Marie-Hélène Thibert (13 août), Shawn Phillips (20 août) et Louis-Jean Cormier (27 août) y feront tour à tour une apparition, au milieu des pommetiers.

9 – L’art public

Plusieurs œuvres d’art sont présentes dans le Jardin botanique. Elles ne sont malheureusement pas répertoriées sur la carte de l’institution, mais elles agrémenteront vos promenades. Comme cette chaise de Michel Goulet, intitulée « Un jardin à soi », un espace intime, propice à la contemplation, situé à l’Est du Jardin Leslie-Hancock.

Ou ce banc des amoureux, de Lea Vivot, qu’il faut aller voir de très près, pour lire les nombreuses inscriptions gravées dans le fameux banc… Il est intéressant de mentionner que l’original a été banni de la ville de Toronto en 1979, car la population le considérait trop obscène!

Si les œuvres d’art vous intéressent, Art public Montréal propose une carte de celles du Jardin botanique qui est bien pratique!

10 – La découverte de l’arboretum

Enfin, l’arboretum du Jardin botanique, qui occupe toute la moitié Nord du site, cache tellement de secrets que j’y consacre un texte entier. Vous verrez, il y a plusieurs activités à y faire! En voici une sur les nombreuses contenue dans cet autre texte :

Comment entrer presque gratuitement?

Les détenteurs de la carte Accès-Montréal ou de la carte Lève-tôt (qui coûte 8$ par année et qui est réservée aux Montréalais) peuvent accéder aux jardins extérieurs gratuitement, en tout temps. Tout comme les Amis du Jardin botanique (l’abonnement coûte 45$ par année). Les Amis profitent en plus d’un accès illimité aux serres et d’un abonnement aux revues Quatre-Temps et Flore alors! Un bon deal… Il y a aussi la carte de membre des Cercles des Jeunes Naturalistes (84$ par année pour une famille) qui peut être avantageuse…

Avec une de ces cartes en main, ou un billet d’entrée acheté à la billetterie, vous pourrez voir ou revoir les jardins plus connus du Jardin botanique, mais aussi découvrir les 10 jardins secrets et activités proposées dans ce texte.

J’espère vous avoir convaincu de retourner très bientôt découvrir ce Jardin, véritable trésor des Montréalais…

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Publié par : cbernier | 13 juillet 2017

Pour ne rien rater de l’été du 375e

Montréal est déjà une ville foisonnante d’activités l’été. Avec l’ajout de celles du 375e, c’est la débauche! Plus de 400 nouvelles activités sont offertes aux Montréalais pour célébrer le 375e, cet été seulement! C’est un énorme calendrier… Espérons seulement qu’on en sortira pas trop éméchés l’automne venu, parce que les célébrations, elles, ne seront pas terminées!

Ainsi, après vous avoir invités à célébrer l’hiver et le printemps du 375e, je récidive avec une troisième saison et une quinzaine de propositions pour vivre cet événement à plein régime. Je rappelle, en conclusion, quelques activités déjà inscrites dans mes textes précédents, mais qui se poursuivent pour la belle saison. Vous verrez, vous ne saurez plus où donner de la tête…

Juillet : les arts en fête

Jusqu’au 30 juillet, Montréal accueille le plus grand événement d’art de rue en Amérique du Nord : À nous la rue! Près de 50 compagnies de théâtre de rue présentent 800 représentations extérieures gratuites, un peu partout en ville. Ne vous surprenez pas de croiser un groupe de personnes peintes de la tête aux pieds ou une déambulation de grandes marionnettes, c’est normal en juillet… De plus, 5 grands spectacles seront offerts tout au long du mois. Enfin, l’épicentre de l’événement sera situé, jusqu’au 25 juillet, sur la rue Saint-Denis dans le Quartier Latin, tous les soirs de 17 h 30 à 23 h. Avis aux intéressés.

Jusqu’à l’automne, Saint-Denis littéraire met à l’honneur une cinquantaine d’auteurs. Des extraits de leurs textes et des citations sont visibles tout le long de la rue commerciale, sur le sol ou les murs. Le mobilier urbain a été revu pour l’occasion, question d’offrir une expérience vraiment agréable aux passants. Pour les journées chaudes, l’arrondissement y a même installé d’autres de ses innovations, comme la Vague, halte fraîcheur, ajoutant à l’ensemble.

Jusqu’au 20 août, le Théâtre de la botte trouée se promène dans une quinzaine de ruelles de Villeray et de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, avec ses Ruelles enchantées du 375e. On propose chaque fois 3 jours d’animation (d’une quinzaine de minutes) les soirs de semaine, suivis d’une pièce de théâtre présentée dans un parc du secteur, la fin de semaine. Une belle activité familiale.

Les nostalgiques d’Expo 67 ont l’embarras du choix pour se remémorer ou découvrir cet événement exceptionnel de l’histoire du Québec, avec l’ajout des expositions Explosion 67 Terre des jeunes (jusqu’au 2 septembre 2018, au Centre d’histoire de Montréal) et À la recherche d’Expo 67 (jusqu’au 9 octobre, au Musée d’art contemporain), qui présente 19 artistes explorant les avenues les plus novatrices et expérimentales d’Expo 67. Pour compléter votre retour dans le temps, plusieurs autres occasions vous sont offertes, comme l’exposition Mode Expo 67 du Musée McCord (jusqu’au 1er octobre), Rêver le Monde du Musée Stewart (jusqu’au 8 octobre) et une exposition du Centre de Design de l’UQAM qui se penche sur Habitat 67 et son architecte, Moshe Safdie (jusqu’au 13 août), où l’entrée est libre en tout temps.

Août : la diversité célébrée

À partir du 25 juillet, Bercer le temps fait le tour de l’île pour nous chanter une berceuse, dans une chaise berçante! La collection de chansons, dans une dizaine de langues, nous permettra de nous laisser transporter dans un monde onirique et nostalgique, le temps d’une berceuse. Une façon de célébrer les différentes origines de la population montréalaise.

Le 1er août débutent de nouveaux volets de Rues de Montréal, histoires urbaines en bande dessinées, un projet qui s’étale dans quelques parcs de Rosemont–La Petite-Patrie et du Plateau-Mont-Royal. Bien que les bandes dessinées soient disponibles sur internet, l’occasion de visiter les parcs du cœur de l’île devraient primer sur la facilité… Jusqu’au 26 octobre, vous trouverez des panneaux exposant ces bandes dessinées, produites par des artistes de Montréal, dans les parcs Baldwin, Molson et de la Petite-Italie.

Le 5 août, à la Place des Festivals, nous sommes conviés à Nova Stella – L’art d’être différents ensemble. Coproduit par Diversité artistique Montréal (DAM) et Terres en vues, dans le cadre de Présence autochtone, cette soirée haute en couleurs promet de célébrer avec éclat la diversité de la population de l’île. Le spectacle promet d’être fort intéressant.

Du 10 au 20 août, Montréal accueillera la toute première édition de Fierté Canada, une célébration qui réunira les quelque 80 festivals LGBTQ du pays, à l’initiative de Fierté Montréal. Cette année, la Fierté gaie de Montréal rayonnera à travers l’ensemble du pays! Ouvert à l’ensemble de la population, ce populaire événement prendra une plus grande ampleur cet été et proposera un nombre important de spectacles et d’activités. Même Karim Ouellet, Dan Bigras et Marie Mai y seront! Pour le 375e, osez l’arc-en-ciel!

Le 19 août, sur le flanc est du Mont-Royal, il ne faudra pas rater Montréal Symphonique. Ce spectacle à grand déploiement regroupera nos trois grands orchestres : l’OSM, l’Orchestre Métropolitain et l’Orchestre symphonique de McGill pour la première fois sur une même scène! Plus de 300 musiciens, chanteurs populaires et choristes vous en mettront plein les oreilles.

Puis, du 30 août au 15 octobre, ce sera au tour de Km3 de nous surprendre. Un grand parcours d’art public sera proposé dans le Quartier des spectacles, avec plus d’une vingtaine d’œuvres et d’installations temporaires, en plus des œuvres permanentes du secteur. On nous en promet de toutes les couleurs…

Septembre : se projeter vers l’avenir

Les 12, 17, 24 et 25 août, Vue de ruelle sera dans Le Sud-Ouest, puis les 8, 9, 15 et 16 septembre, dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Cette initiative du Regroupement des éco-quartiers et de vidéastes québécois mettra en lumière la face cachée et le côté merveilleux des ruelles vertes. Un programme, qui visitera 8 ruelles différentes, pourrait vous inspirer en vue d’un futur engagement citoyen, qui sait?

Le 2 septembre, au parc Jeanne-Mance, Montréal vivra sa toute première Électro Parade! Ce sera une première aussi pour l’Amérique du Nord, après que les Électros Parades aient déferlées sur toute l’Europe. Pour danser sur le son des meilleurs DJ, ce sera un incontournable de l’été… Et peut-être le début d’un nouveau rendez-vous annuel?

Du 7 au 12 septembre, l’exposition De Ville-Marie à demain rassemblera des maquettes 3D et des présentations virtuelles des édifices et des aménagements significatifs qui ont marqué l’histoire de Montréal, en plus de quelques grands projets à venir. Cette occasion de voir ou de revoir les constructions qui transforment Montréal sera présentée à la Place des Arts.

Tout l’été : un rappel des activités qui se poursuivent

Dans mes textes sur l’hiver et le printemps du 375e, je vous présentais d’autres activités que vous n’avez peut-être pas encore eu le temps de découvrir… Voici un rappel de celles qui sont toujours à l’affiche.

Le Pavillon pour la Paix du Musée des beaux-arts de Montréal, offert par le gouvernement du Québec à Montréal quelques semaines avant le début officiel de son 375e, mérite vraiment de se retrouver sur votre liste d’activités. Tout comme la Balade pour la Paix, dont je vous ai déjà parlé plus d’une fois.

Le Musée Pointe-à-Callière a lui aussi procédé à l’ouverture d’un nouveau pavillon, le Fort Ville-Marie, lieu de la fondation de Montréal en 1642. Peu de villes du monde connaissent le lieu exact de leur fondation, Montréal a dévoilé au monde le sien pour son 375e anniversaire, l’avez-vous vu?

Vous pourrez en profiter pour visiter ou revisiter Cité mémoire, des vidéos projetés sur plusieurs murs du Vieux-Montréal, tous les soirs à la tombée de la nuit et jusqu’à 22h. C’est vraiment spectaculaire comme animation, et c’est tout à fait gratuit, en plus.

Si les sciences vous intéressent, jusqu’au 19 octobre, les « Midis Ville-Marie » vous proposent des rencontres informelles, ludiques et participatives avec les chercheurs des grandes institutions de recherche du centre-ville de Montréal, mises en scène et animées par des étudiants en théâtre. Tout un programme vous y attend, avec des thèmes scientifiques à la fois intéressants et étonnants…

La Grande Tournée, l’événement phare du printemps, poursuit ses visites des arrondissements jusqu’au 17 septembre. Chaque fin de semaine, un quartier est à l’honneur, avec :

  • un parc aménagé pour recevoir la Tournée, animée entre autres par le Cirque Éloize et le Musée McCord
  • une rue de « fenêtres qui parlent », un concept né dans le nord de la France qui permet à des résidents d’offrir à des artistes leurs fenêtres, balcons ou escaliers comme lieux d’exposition
  • l’animation de Chats de ruelles qui permet de redécouvrir un arrière cours du voisinage du parc qui reçoit la Tournée
  • l’enregistrement d’émissions en direct par Radio-Canada
  • etc…

Enfin, l’émission de Télé-Québec « MTL », en rediffusion (et sur internet) met en lumière les caractéristiques de notre ville à travers des capsules des plus intéressantes. On y retrace l’histoire avec un grand H, grâce au regard d’historiens allumés, mais aussi de personnalités connues (comme Dominique Michel), qui nous racontent la petite histoire de notre ville. C’est vraiment bien fait, instructif et ludique à la fois…

Je vous le disais en introduction, c’est un énorme calendrier! Par où commencerez-vous? 😉

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Publié par : cbernier | 30 juin 2017

Le MAC idéal

Si vous me suivez depuis la naissance de ce blogue, en 2010, vous savez que j’y publie régulièrement sur le thème des arts. Rien de compliqué, je ne suis pas un connaisseur. J’aime simplement vous partager ce qui est beau et ce qui ajoute du piquant à la vie urbaine. Mon tout premier texte parlait de ça, en prenant pour exemple Art souterrain. Quelques jours avant d’écrire ces lignes, je mettais aussi à jour mon texte Doubler le musée, initialement écrit en 2011, puisque le projet de réaménager le Musée d’art Contemporain (MAC) de Montréal débloquait enfin. J’ai rarement abordé le thème de l’art contemporain de front ici, c’est maintenant le temps 😉

J’aime l’art contemporain parce qu’il laisse libre cours à notre imagination, parce qu’il nous amène à lui trouver un sens, sans tenter de nous dire ce que nous devrions en penser, parce qu’il nous surprend très souvent. Montréal est chanceuse d’avoir eu le premier Musée d’art contemporain du Canada (1964) et, 25 ans après l’inauguration de son édifice actuel, de pouvoir compter sur un réaménagement qui lui fera gagner de l’espace. Du coup, il nous fera gagner la chance de voir un plus grand nombre d’œuvres.

Parce que c’est bien beau avoir un Musée d’art contemporain, encore faut-il qu’il soit plus qu’un lieu anecdotique dans la Ville. Et qu’il puisse plaire à l’ensemble de la population, pas seulement à un groupe hermétique de visiteurs. Avouons que c’est là le plus grand défi de notre Musée, qui manque cruellement d’espace…

Montréal compte de nombreux lieux de diffusion de l’art contemporain et plusieurs événements liés. On en voit dans nos rues et dans nos parcs avec la collection de la Ville, on compte de nombreuses galeries d’art et un impressionnant réseau de Maisons de la Culture (et autres organismes apparentés), puis il y a le Musée des beaux-arts de Montréal. Musée chouchou des Montréalais et des touristes, avec son million de visiteurs par année, l’institution est de calibre international. Sa collection d’art contemporain, plus consensuelle que celle du MAC, permet de s’initier plus facilement à cet art qui dérange parfois.

Mais la mission des deux institutions est différente. C’est au MAC que revient le défi de chercher ce qui est nouveau, de débusquer des tendances, de prendre des risques. Pour que le défi devienne sa force, il est grand temps qu’on lui donne de l’espace pour nous en mettre plein la vue. Voici donc quelques exemples de MAC du monde que j’ai eu la chance de visiter et qui m’ont fait rêver qu’un jour celui de Montréal rivalise avec eux.

Parce qu’ils osent, parce qu’ils offrent un espace d’exposition extérieur significatif et gratuit, parce qu’ils mettent en évidence la richesse de la culture locale, parce qu’ils ont su mettre en évidence des œuvres frappantes, pour l’architecture des lieux, les expositions temporaires magnifiques qu’ils offrent ou parce qu’ils sont un modèle pour tous les autres…

Intéressants Musées d’art contemporain du monde

Porto

Le Serralves Museum of Contemporary Art est situé au milieu d’un grand parc, en partie dans une demeure Art Déco. La proposition est déjà intéressante! D’ailleurs, pour bien marquer le coup, une étonnante truelle nous attend dans l’entrée, pour rappeler qu’on entre dans un autre univers. La collection tient ses promesses, avec des œuvres surprenantes, comme celle avec des ballons gonflés à l’hélium…

Ou cette curieuse salle de projection de vidéos, très confortable.

Dans un cas comme dans l’autre, on ose, et on marque des points! C’est une des forces de ce musée.

Prague

Encore plus osé, le Kampa Museum entasse ses œuvres jusque dans l’escalier et les laisse déborder sur le terrain autour.

Babies de David Cerny

Babies, de David Cerny

Il offre à ses visiteurs un intéressant jardin de sculptures…

Et nous invite à renouveler notre regard sur la ville qui l’entoure.

La proposition de ce musée est des plus stimulantes! Le toit compte même une petite terrasse, qui invite à la contemplation, avant de retourner dans la débauche visuelle que le Kampa Museum propose au sein de ses murs.

Saint-Paul de Vence

Restons sous le thème du jardin. J’aime beaucoup découvrir des œuvres à l’air libre. C’est une des propositions que nous fait la Fondation Maeght, dans le Sud de la France, avec entre autres cette œuvre d’Alexandre Calder :

a Oeuvre de Calder St-Paul de Vence

Les jardins proposent de nombreuses œuvres d’artistes renommés, modernes et contemporains, comme les personnages élancés de Giacometti.

Et cette très particulière fontaine mobile ajoute un élément fascinant au jardin de la Fondation.

a Fontaine, de Paul Bury

Fontaine, de Paul Bury

La rue du Musée, agrémentée de sculptures par le Musée des beaux-arts de Montréal, est un autre exemple de jardin d’art contemporain réussi. Espérons que le MAC profitera de ses travaux, ou de ceux actuellement en cours à la Place des Arts, pour se doter d’un jardin à la hauteur de ses ambitions…

Buenos Aires

Il est trop à l’étroit, comme notre MAC, mais le Musée d’art latino-américain de Buenos Aires (MALBA) a su tirer son épingle du jeu en proposant des œuvres marquantes, qui témoignent d’une culture forte. Cet ancrage local compense largement la petitesse des lieux et nous permet de voir des œuvres différentes.

a Juanito Sleeping de Juanito Laguna

Juanito Sleeping, de Juanito Laguna

Donc certaines m’ont rappelé notre art populaire de patenteux…

a Sordidness serie Comic Monsters de Juanito Laguna

Sordidness, de la serie Comic Monsters, de Juanito Laguna

Et d’autres, certains courants artistiques de nos années 60.

a Sudamérica no 10 de Maria Freire

Sudamérica no10, de Maria Freire

Pouvoir comparer l’art d’ici et d’ailleurs est un grand plaisir, puisqu’il nous permet d’identifier ce qui fait de notre culture une culture unique. L’expérience est d’autant plus enrichissante qu’elle ne peut pas se répéter n’importe où dans le monde, puisqu’elle est ancrée dans une culture locale. Nos musées québécois l’ont bien compris et misent sur notre exception culturelle pour attirer. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas dans d’autres musées d’art contemporain du monde…

Lisbonne

Au Centro de Arte Moderna (Calouste Gulbenkian Museum) j’ai aussi constaté l’influence de la culture locale sur l’art contemporain. C’était subtil, mais quand même. J’y ai découvert des artistes dont les œuvres ont moins voyagé, comme António Dias Charrua.

a Wave de António Dias Charrua

Wave, de António Dias Charrua

Encore une fois, j’ai pu voir des œuvres qui m’ont transporté dans le monde des bricoleurs de fond de ruelle.

Et j’ai souri en constatant que la politique inspire les artistes. Tout en voyant bien que la barrière de la langue pouvait expliquer pourquoi certaines œuvres voyagent moins que d’autres…

a Ministère des enquêtes et de l'innovation de Antoni Muntadas

Ministère des enquêtes et de l’innovation, de Antoni Muntadas

Malaga

Le minuscule Centre Pompidou de Malaga se retrouve dans ma liste, malgré sa petite collection de 70 œuvres, parce qu’il a su se positionner fortement en misant sur deux ingrédients très simples. Une grande installation très marquante comme œuvre centrale…

a Ghost de Kader Attia

Ghost, de Kader Attia

Et une série d’œuvres atypiques qui se démarquent des collections habituelles, ici des portraits assez humoristiques.

A Joella de Ed Paschke et The Morrocan de John Currin

Joella, de Ed Paschke et The Morrocan, de John Currin

Une vidéo du même genre, qui n’est pas sans rappeler nos Têtes à claques, agrémente aussi le Centre. Situé sur le bord de l’eau, le Centre Pompidou de Malaga a trouvé une façon de marquer les esprits, sans avoir à sa disposition une grande collection. C’est efficace.

A It's verry nice de Pierrick Sorin

It’s verry nice, de Pierrick Sorin

Miami

Le Perez Museum se retrouve dans ma liste à cause de son architecture. Situé sur le bord de l’eau, c’est vraiment un bel édifice. Les bancs qui font office de bac à arbres, de chaque côté du chemin vers l’entrée, sont magnifiques. Ils se sont d’ailleurs retrouvés dans mon palmarès des plus beaux bancs publics du monde.

À l’arrière du musée, face à l’eau, des chaises-balançoires permettent de relaxer en terminant la visite. Une œuvre d’art ludique qui mérite d’être soulignée. Un peu à l’image de nos 21 balançoires du Quartier des Spectacles…

a Netscape de Konstantin Grcic

Netscape, de Konstantin Grcic

Bien que la collection de ce Musée ne soit pas dans les plus intéressantes que j’ai vues, elle n’en compte pas moins quelques pièces d’intérêt, dont celle-ci.

a Western Sun de Mark Handforth

Western Sun, de Mark Handforth

New Delhi

La National Gallery of Modern Art n’a pas un bel édifice pour attirer les foules. Mais elle a eu le génie de produire une grande exposition temporaire sur l’œuvre de Subodh Gupta, l’étoile de l’art contemporain Indien, lorsque j’étais de passage à New Delhi.

a Dada de Sobodh Gupta

Dada, de Subodh Gupta

L’hallucinante exposition s’inspirait autant de la culture du pays…

a The Way Home de Sobodh Gupta

The Way Home, de Subodh Gupta

…que de ses problèmes sanitaires. Le clin d’œil sur la valeur d’une simple toilette méritait bien cette fascinante œuvre.

a Everything is Inside de Sobodh Gupta

Everything is Inside, de Subodh Gupta

Cette exposition témoigne de l’importance pour les musées d’art contemporain de soigner aussi leur calendrier d’expositions temporaires qui, à défaut d’être suffisantes pour faire venir de l’étranger un touriste, permettent aux amateurs locaux de profiter de rendez-vous exceptionnels.

Nice

Pour moi, le MAC idéal, c’est le MAMAC, le Musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice, dans le Sud de la France. Presque tout y est! On y ose en exposant des œuvres surprenantes.

a La Tulipe de Arman

La Tulipe, de Arman

Un jardin de sculptures est offert aux visiteurs, mais sur le toit!

On y fait la promotion d’artistes locaux, comme Ben et son écriture si typique.

a La Cambra de Ben

La Cambra de Ben

Le musée compte aussi plusieurs œuvres atypiques:

a Portrait relief de Claude Pascal, Arman et Martial Raysse, de Yves Klein

Portrait relief de Claude Pascal, Arman et Martial Raysse, de Yves Klein

Et si l’architecture du musée n’est pas la plus facile à aimer, on s’en est servi à merveille lors de cet hommage à Alexander Calder, en 2013.

a Hommage à Alexander Calder MAMAC 2013

Hommage à Alexander Calder, de Arne Quinze

Et Montréal?

J’aime notre Musée d’art Contemporain, mais je souhaiterais qu’il profite de son réaménagement pour s’inspirer de ce qui se fait de mieux dans le monde. Qu’il laisse aussi plus de place à sa collection permanente, dont on ne peut voir que 1% actuellement! Qu’il décloisonne son jardin de sculptures, quitte à le rendre public. Qu’il nous fasse mieux connaître les artistes Montréalais. Et qu’il programme plus d’expositions temporaires intéressantes pour les néophytes. Ce musée mérite plus de visiteurs, un plus grand rayonnement et, pourquoi pas, un véritable agrandissement pour fêter son 75e anniversaire, en 2039, comme je le proposais dans mon texte Doubler le musée.

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Publié par : cbernier | 8 juin 2017

Des Promenades au centre-ville

Depuis 2010, la Ville planche sur le concept de promenades urbaines, pour offrir à la population un environnement encore plus favorable aux piétons, sur certains axes. Dès le début de cette réflexion, la Ville a fait le choix d’utiliser le 375e anniversaire de Montréal pour lancer la première promenade urbaine d’envergure, la Promenade Fleuve-Montagne, qui est en cours d’aménagement. Bien qu’elle ne soit pas complétée, cette promenade s’inscrit dans un ensemble d’espaces, aménagés récemment, qui rendent les promenades au centre-ville de plus en plus agréables. Parce que oui, le 375e anniversaire transforme actuellement Montréal!

Les aménagements sur l’avenue McGill College sont parmi les plus visibles, avec leurs terrasses publiques gigantesques et leurs chaises bleues, prélude à un futur aménagement permanent.

De nombreux bacs de fines herbes, toujours très gros, égayent aussi le secteur.

Et un clin d’œil à la Forêt urbaine du Musée McCord s’est ajouté cette année sur l’avenue McGill College, pour amener les promeneurs à découvrir ce petit tronçon de rue si étonnant, situé à quelques dizaines de mètres seulement…

Voici d’ailleurs à quoi la Forêt urbaine ressemble cette année. Avouez qu’en plein centre-ville, ça surprend!

Vous êtes alors à quelques pas de la rue Sherbrooke Ouest. Si vous n’y êtes pas allé depuis le mois de mai 2017, vous serez agréablement surpris de sa transformation! On s’y sent maintenant comme sur un grand boulevard, aménagements et architecture en prime. Du Musée McCord (et sa Forêt urbaine) au Musée des Beaux-Arts (et son jardin de sculpture sur la rue du Musée), c’est une toute nouvelle expérience qui attend les passants.

On a profité de la construction du nouveau pavillon du Musée des Beaux-Arts pour joindre, par la rue Bishop, les espaces aménagés à la faveur des piétons de la rue Sherbrooke Ouest et les aménagements plus anciens qui bordent les pavillons de l’Université Concordia, sur le boulevard de Maisonneuve (revampé, lui aussi, il y a quelques années). La rue Bishop est méconnaissable:

Ainsi, de McGill College à l’Université Concordia, en passant par la rue Sherbrooke, la Ville offre maintenant aux promeneurs une tout autre expérience du centre-ville. Et c’est tant mieux!

La Balade pour la Paix

Inaugurée le 5 juin et offerte aux Montréalais jusqu’au 29 octobre par le Musée des Beaux-Arts de Montréal, la Balade pour la Paix profite des nouveaux aménagements sur la rue Sherbrooke Ouest pour en faire un lieu d’exposition d’un kilomètre de long, dans le cadre du 375e. On y a ajouté 29 œuvres d’art aux nombreuses déjà situées sur le parcours, offrant un véritable musée à ciel ouvert aux passants. Le tout sous une procession de drapeaux du monde, clin d’œil au 50e anniversaire de l’Expo. L’effet est spectaculaire et les œuvres, toutes plus intéressantes les unes que les autres.

La maquette de l’oeuvre L’Homme, de Calder, a été réalisée à l’échelle de 1/6. Elle est exposée dans le cadre de la Balade pour la Paix, au coins des rues Sherbrooke et du Musée

La Promenade Fleuve-Montagne

Aux coins des rues Sherbrooke Ouest et McTavish se trouvent, au moment d’écrire ces lignes, de petits bouts de chantiers. Ce sont ceux de la construction de la fameuse Promenade Fleuve-Montagne, qui partira du sommet du Mont-Royal pour descendre McTavish, tournera sur Sherbrooke vers l’Est, puis sur McGill College vers le Sud (au milieu des terrasses et des chaises bleues). Elle devrait ensuite emprunter Sainte-Catherine jusqu’au Square Phillip.

Ce secteur de la rue Sainte-Catherine aura droit à sa cure de jouvence en 2018 pour devenir, à part entière, un tronçon de la Promenade Fleuve-Montagne. Il ne restera plus qu’à connecter de façon plus agréable, pour les piétons, le Square Phillip à la Côte-du-Beaver-Hall pour compléter l’aménagement de la fameuse Promenade vers le fleuve (en passant ensuite par le Square Victoria, la rue McGill et la Place D’Youville, pour se rendre au Vieux-Port).

Pour nous y retrouver, des bornes ont fait leur apparition à plusieurs endroits du trajet. C’est du moins ma déduction pour expliquer ces curieux poteaux. En plus d’indiquer l’altitude, elles semblent aussi indiquer la direction: jaune vers la Montagne, bleu vers le Fleuve…

Mais restons au centre-ville et concentrons-nous sur la promenade vers la Montagne. La rue McTavish montre déjà tout le potentiel qu’elle offrira aux promeneurs dans quelques semaines! La Ville prévoit en effet terminer les travaux au mois de juillet.

Si le cœur vous en dit, une fois passé le premier pavillon de l’Université McGill sur la rue McTavish, à votre droite vous pourrez faire une incursion dans le campus vert de la vénérable université pour profiter de la Terrasse McLennan-Redpath. Passez entre les pavillons, sous la passerelle aérienne, et vous découvrirez cet espace splendide, au cœur de la ville, et en même temps pratiquement à la campagne. Cet endroit a été complètement réaménagé en 2014. C’est d’ailleurs un des plus beaux lieux où luncher au centre-ville, comme je l’indiquais dans ce texte.

De là vous pourrez retourner sur la Promenade Fleuve-Montagne en longeant la Terrasse vers le Nord, pour reprendre la rue McTavish. Si le chantier n’est pas terminé, trouvez un moyen de le contourner pour aller profiter de la portion de cette rue qui se trouve à flanc de montagne. L’aménagement paysager y est très beau.

Et surtout, les espaces pour s’asseoir offrent une très belle vue sur le centre-ville.

D’ailleurs, il faut souligner le design de deux grands bancs publics qui y ont été installés, qui mériteraient amplement leur place dans mon texte sur Le buzz des bancs publics à Montréal!

Arrivé à l’avenue des Pins, l’entrée Peel du Mont-Royal se trouve à quelques dizaines de mètres à gauche. Montez le petit escalier et entrez dans la forêt, puis retournez-vous pour constater l’effet magique de la Montagne, qui fait disparaître la frénésie de la Ville si vite.

Plus haut dans les sentiers, vous pourrez monter le grand escalier qui vous mènera au belvédère Kondiaronk, pour contempler la vue sur le centre-ville… et le fleuve.

Ou faites-le à l’envers, en partant du haut de la Montagne pour descendre vers le fleuve, c’est plus facile!

Tout n’est pas encore en place pour que la Ville se targue d’offrir aux Montréalais des promenades urbaines, comme elle le planifie depuis plus de cinq ans, mais ça s’en vient. Avec ce grand tronçon de la Promenade Fleuve-Montagne, le réaménagement de la rue Sherbrooke sur plus d’un kilomètre, les efforts autour du Musée des Beaux-Arts et de l’Université Concordia, l’avenue McGill College et la Forêt urbaine du Musée McCord, il y en a pour tous les goûts! Et vous en avez pour des kilomètres de marche avant d’en faire le tour.

Cliquez sur la carte pour l’agrandir… Bleu: Promenade Fleuve-Montagne (pointillé = aménagements à venir) / Bleu foncé: incursion sur le campus McGill / Orange: Forêt urbaine / Rouge: Rues Sherbrooke, Bishop et Maisonneuve / Rose: Rue du Musée

Sans oublier la rue Sainte-Catherine piétonne dans le Village, le Quartier Chinois (réaménagé en 2016) et l’ensemble du Quartier des Spectacles, trois autres zones de promenades agréables. C’est vraiment tout le centre-ville qui est en train de se transformer au profit des piétons! Lentement, peut-être, mais au moins, durablement.

Le blogue MesQuartiers te propose un itinéraire pour découvrir les Quartiers Latin, Chinois et des Spectacles qui passe par plusieurs des aménagements récents de la Ville, profites-en pour redécouvrir ces autres portions du centre-ville 😉

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Publié par : cbernier | 30 mai 2017

Des toilettes publiques pour Montréal

Le centre-ville devrait avoir ses premières toilettes publiques permanentes d’ici l’automne.  Nous n’en avions pas eu depuis les « Camiliennes », disparues il y a déjà longtemps. En leur absence, les Montréalais ont pris l’habitude de fréquenter les bâtiments publics (comme les bibliothèques et certains chalets de parc), les centres d’achats ou des commerces (comme les McDo) pour répondre à leurs besoins (sans jeux de mots 😉 ). Nous avons d’ailleurs publié ici notre guide des plus belles toilettes de la Ville, question de joindre l’utile à l’agréable…

Avec l’arrivée imminente de cabines autonettoyantes au centre-ville, nous avons pensé ajouter à ce premier texte sur les toilettes, une petite recension de ce que nous avons pu voir dans d’autres villes du monde comme installations sanitaires. Vous verrez, elles vous feront passer de l’admiration au dégoût et de l’étonnement à l’envie.

Une des rares installations saisonnières de toilettes publiques au centre-ville, qui ne soit pas des toilettes chimiques, est celle des Jardins Gamelin, quand même relativement agréable.

Ailleurs dans le monde, on utilise parfois un modèle de petit bâtiment, mais on fait généralement le choix de l’installer de façon permanente.

Berlin site OlympiqueDSCN6725

« Pissoir » du parc Olympique de Berlin

Toilettes sur un sentier piéton près du quartier Golden Gai, à Tokyo

On opte même, à certains endroits plus touristiques, pour un bâtiment plus gros. Comme dans cet exemple d’Amsterdam, où les portes des toilettes sont transparentes !

Des toilettes publiques étonnantes à Amsterdam

Individuelles et toujours propres

Dans aucun de ces cas on ne parle de toilettes autonettoyantes. Puisque c’est ce que la Ville veut installer ici, voyons certains modèles qui ressemblent à ce qu’on peut s’attendre à voir à Montréal :

Lyon, assez neutre

Milan, déjà plus stylisée

Londres, avec une imitation de bâtiment de pierre…

On pourrait toutefois y aller avec plus d’originalité dans les formes, comme à Aix, une petite ville du sud de la France :

Une toilette-colonne d’Aix

Ou opter pour l’invisibilité, comme le modèle rétractable dans le sol de la ville de Perth (Australie), dont parlait le Journal Métro dans ce texte sur « l’éthique de l’urinoir »

Pour hommes seulement

Montréal aurait aussi pu opter pour de simples urinoirs, très présents dans certaines villes du monde.

Le modèle portatif d’urinoirs en triangle, populaire pour les événements, peut être vu aux Pays-Bas et en Allemagne, entre autres… Pratiques, avec son tuyau qui se déverse directement à l’égout.

Vu lors d’un festival à Bamberg, en Allemagne

Bruxelles à plutôt choisi un modèle double, permanent et assez élégant, installé au milieu d’un paillis de cèdre:

BruxellesDSCN5135

Bordeaux et Amsterdam ont des modèles plus vieillots…

Assez massifs à Bordeaux

Plus travaillés à Amsterdam

Pour celles qui seraient curieuses de voir ce que cachent les panneaux qui entourent ces urinoirs, voici à quoi ça ressemble de « l’intérieur »… Rien de bien ragoûtant.

Intérieur d’un urinoir d’Amsterdam

À Berne, en Suisse, on a choisi le modèle du muret. On installe les urinoirs sur un mur, puis on les cache avec un paravent esthétique. On voit d’ailleurs les jambes des utilisateurs…:

À Lisbonne ou à New Delhi, on ne se formalise pas avec les apparences et on offre aux hommes des pissoirs des plus rébarbatifs.

Toilettes en bout de ferrailles à Lisbonne

Vu à travers la vitre (et le logo) d’un autobus touristique à New Delhi, l’urinoir de céramiques est à droite, et utilisé…

Élégants, vieillots, rétro, esthétiques ou rébarbatifs, les modèles pour hommes seulement ne peuvent pas être une solution pour une ville où l’égalité des sexes est importante.

Berlin s’est doté d’un modèle rétro, pour hommes et pour femmes, qui ne manque pas de panache:

Mais avouons qu’il ne correspond pas non plus à l’image d’avant-garde que cherche à projeter Montréal… À moins d’en revoir le design complètement?

Vertes et néorustiques

Puisque les toilettes publiques autonettoyantes peuvent être dispendieuses et polluantes, il serait peut-être intéressant de plutôt s’inspirer de certaines initiatives vertes qui existent dans de nombreuses villes du monde. Ou d’en développer nous-mêmes, en faisant appel à notre créativité!

À Strasbourg, j’ai vu des toilettes et urinoirs qui fonctionnent avec une litière de copeaux de bois! C’est étonnant et surtout, très agréable à l’odeur…

L’urinoir est en fait un récipient rempli de sciures de bois, qu’on change quand il est entièrement imbibé d’urine. Un effort a été fait pour rendre la visite agréable, avec un rideau pour plus d’intimité et une tapisserie de couleur, qui rappelle certains chalets 😉

Et on « tire la chasse » de la toilette en y versant une pelletée de copeaux de bois! Simple et efficace!

À Nantes (toujours en France), on a développé un urinoir sans odeur, qui permet de fertiliser des plantes… La Presse nous en parlait au début de 2017, alors que des prototypes étaient testés à Paris. J’imagine que ce concept pourrait aussi être développé pour des toilettes unisexes ?

Comme quoi il y a différentes façons de répondre aux envies pressantes des Montréalaises et des Montréalais. Temporaires, permanentes, autonettoyantes ou écolos, vous, quelle genre de toilettes publiques aimeriez-vous voir apparaître au centre-ville ?

Plusieurs blogueurs montréalais ont donné leur opinion sur le sujet, Propos Montréal avec un projet de start-up et Yulorama avec ce billet. Deux textes complémentaires au mien, pour continuer la réflexion…

Ce texte vous a fait sourire? Partagez-le…

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Publié par : cbernier | 11 mai 2017

Refaire les trottoirs

En ville, ils font tellement partie du décor qu’on ne les remarque même plus. Pourtant, ils sont essentiels à nos déplacements. Lorsqu’ils sont trop petits ou défoncés, on s’en préoccupe, alors qu’ils devraient faire l’objet de beaucoup plus d’attention…

L’idée d’un espace surélevé pour les piétons le long des rues est connue depuis l’Antiquité. En effet, les trottoirs de Pompéi, cette ville de l’Empire Romain ensevelie par les cendres d’un volcan il y a 2000 ans, en témoignent encore aujourd’hui.

C’est étonnant à quel point ils ont peu changés à travers le temps. Les trottoirs sont tout de même disparus pendant le Moyen-Âge, mais depuis 300 ans, aucune grande ville ne peut s’en passer.

À Montréal, la Place D’Youville témoigne de l’évolution des trottoirs d’ici depuis plus de cent ans. On peut y voir se croiser des reproductions de trottoirs de différentes époques, dans un aménagement de grande qualité. Développé par Claude Cormier, le projet en entier peut encore être vu sur le site web de son idéateur, alors qu’une partie a fait place au chantier pour l’agrandissement du musée Pointe-à-Callières. La section restante nous rappelle qu’à une certaine époque, les trottoirs de Montréal étaient fait en bois!

De plus en plus de villes font l’effort d’utiliser leurs trottoirs comme des outils d’animation et d’amélioration de la qualité de vie d’un quartier, et Montréal participe au mouvement. Les « bateaux », ces abaissements de trottoirs pour faciliter la vie des personnes à mobilité réduite, sont bien plus présents ici qu’ailleurs dans le monde. Les carrés d’arbres s’agrandissent, tout comme certains trottoirs, et on pense même construire des trottoirs chauffants sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Ça reste somme toute des changements assez fonctionnels. Avec 6 675 kilomètres de trottoirs sur l’île, il y a de la place pour faire preuve de plus d’imagination…

Pour illustrer l’éventail des possibilités, je vous propose un tour d’horizon de plusieurs bonnes idées exploitées ici même à Montréal, mais aussi dans d’autres villes du monde.

Par les arts

Un des exemples d’amélioration des trottoirs dont on peut profiter à Montréal est celui de la rue de Castelnau Est. Chaque été, on y peint la chaussée en bleu, créant un espace des plus agréables à visiter. J’aime beaucoup cette réalisation, même si c’est d’une simplicité désarmante! Un peu de peinture et hop! on voit la petite rue commerciale d’un autre oeil…

Sur Saint-Laurent aussi on joue à peindre les trottoirs, cette fois lors du Festival MURAL. C’est ludique, mais trop temporaire pour véritablement marquer la vie du quartier, alors qu’il y a là une idée à explorer.

L’art de rue s’invite aussi parfois pour améliorer son environnement… À Bruxelles, j’ai croisé ce petit bout de trottoir, cimenté par un citoyen avec quelques bouts de porcelaines. Ce n’est pas très réussi, mais ça a l’avantage de montrer qu’avec un peu de créativité, on peut marquer notre ville positivement et durablement.

À Miami, dans le quartier financier, les traverses piétonnes ont été animées de motifs. Rien de bien compliqué, mais une petite touche sympathique tout de même, qui crée un bel effet. Avec tout le talent artistique des Montréalais, on pourrait sûrement créer des coins de rue surprenants, en s’inspirant de ces traverses.

Les prolongements de trottoirs sur les terrains privés sont plus souvent l’objet d’attention spéciale que les trottoirs eux-mêmes. Alors qu’il serait si agréable que toute la ville puisse profiter de tels aménagements… Ici, un sentier de l’Université d’Istanbul en Turquie, tout en couleur.

À Amsterdam, on aime ce qui est coquin! Au hasard d’une promenade lors d’un voyage, j’y ai croisé cette étonnante sculpture incrustée dans le pavé, où une main palpe un sein…

A Boston aussi on s’est amusé avec des incrustations au sol, dans une traverse piétonne cette fois. Ces reproductions de déchets alimentaires ont été installées sur une rue où se tient, chaque fin de semaine, un marché public.

J’aimerais bien voir des œuvres d’art ainsi inscrites dans nos trottoirs. Montréal a déjà été une ville où on pratiquait de ces incrustations dans le béton… Je me souviens d’avoir vu des feuilles d’érables en bronze dans certains trottoirs de Rosemont et ces affiches de « Accurso contractor » à différents endroits à Montréal… Elles sont durables, puisqu’elles affichent toutes des dates des années 50. Comme quoi on pourrait installer durablement des œuvres d’art dans nos trottoirs! 😉

Par la science

On pourrait aussi penser utiliser les trottoirs pour reconnecter les Montréalais avec la nature et les sciences, comme tente de le faire le projet Mundus, qui nous invite à porter le regard vers le ciel. 4 installations permettent en effet d’observer le soleil et les étoiles avec un regard neuf. Comme dans l’exemple ci-dessous où, devant l’entrée principale du 1981 McGill College on peut voir, à certaines dates indiquées au sol, la constellation du Cygne encadrée sur trois côtés par des tours à bureaux.

Plus symbolique et poétique, à Nantes en France, le projet des Belles de bitume vise à marquer le nom des herbes qui poussent à travers les craques des trottoirs, directement sur celui-ci, pour les sortir de l’anonymat et célébrer leur présence. Un cours de botanique en ville, pourquoi pas?

Ailleurs dans le monde, on fait de la science brute avec les trottoirs et on tente de récupérer l’énergie produite par les pas des passants pour fournir la ville en énergie. Je vous en parlais dans ce texte sur Les énergies et la ville. Mentionnons aussi les tests pour construire des routes en panneaux solaires, qui trouveront probablement aussi, un jour, leur place sur nos trottoirs.

Par la lumière

Pendant que certains rêvent de produire de la lumière avec les trottoirs, d’autres utilisent les trottoirs pour diffuser de la lumière. La Place des Jacobins, à Lyon en France, est constellée de petits point brillants jusqu’aux trottoirs qui l’entourent, ce qui en fait vraiment une belle place la nuit tombée. À défaut de bien voir les étoiles en ville, on nous propose un succédané…

Par des motifs

Pour donner du caractère à certains secteurs d’une ville, plusieurs municipalités de la planète utilisent des motifs inscrits dans les trottoirs. L’exemple le plus frappant que j’ai eu la chance de voir est celui de Barcelone. Plusieurs motifs y existent, dont ce premier qu’on doit au grand architecte Gaudi, dans les lieux très touristiques.

Le deuxième est banal, mais il ajoute tout de même un petit quelque chose aux rues où il est utilisé. À Montréal, quels seraient nos motifs? Et pour quels quartiers?

Il ne manque pas d’exemples de villes qui utilisent les pierres qui composent leurs trottoirs et leurs rues piétonnes pour y dessiner des motifs. Dans le sud de l’Espagne, en Algarve, plusieurs rues en profitent. Un premier exemple de la Ville de Faro :

Et un autre, encore plus impressionnant :

À Macao, en Asie, on a aussi choisi de bercer les passants par ces motifs au sol.

Même à Nice, en France, on a créé un bel effet visuel, le long de la Place Massena, en jouant sur les dalles au sol. Les sources d’inspiration sont nombreuses pour l’utilisation des motifs pour égayer nos trottoirs, rues piétonnes et places publiques…

Par de la signalisation

Lors de la reconstruction de la rue Saint-Laurent, en 2006, on a incrusté dans le trottoir la date de construction des édifices qui le bordent. Ces repères  historiques et symboliques marquent l’importance patrimoniale de l’artère, qui célébrait son 100e anniversaire en 2005. L’effet est intéressant et mériterait d’être mieux expliqué. Et une fois qu’on le sait, on ne peut s’empêcher de lever les yeux lorsqu’on voit une date très ancienne.

On connait tous le Walk of Fame de Hollywood, ces étoiles de célébrités incrustées dans le trottoir de Los Angeles, mais saviez-vous que Montréal a sa propre Promenade des Stars? L’initiative inscrite dans le trottoir qui borde l’édifice de TVA (à l’ouest) n’a toutefois pas du tout la même ampleur, puisqu’on n’y trouve que des récipiendaires pour les années 1995 et 1996. Mais qui sait, peut-être qu’un jour elle se prolongera pour aller rejoindre la nouvelle maison de Radio-Canada, qui devrait être construite plus au sud…

À Boston, une ligne rouge dans les trottoirs de la vieille ville permet aux touristes de suivre un circuit qui les mène aux principaux monuments de la ville. C’est la Freedom Trail. Une idée intéressante pour sa simplicité et son efficacité.

À Barcelone, on a plutôt choisi de placer dans les trottoirs une plaque pour identifier les commerces centenaires. Une pratique qui permet de faire connaître des boutiques qui, sinon, pourraient passer inaperçues. Et une façon d’encourager la survie de ces trop rares commerces qui perdurent dans le temps.

Bordeaux en France utilise la même technique, mais pour des plaques commémoratives.

Tandis qu’à Buenos Aires en Argentine, c’est le service d’information touristique qui a trouvé, par cette technique, une façon de suivre les visiteurs où qu’ils aillent… Comme quoi il existe plusieurs idées dans le monde qui pourraient être utilisées dans nos quartiers historiques et touristiques!

Par les aménagements

À Montréal, on transforme beaucoup de trottoirs en verdissant leurs abords, comme le fait Jardin de rue. Avouez que ça rend la promenade tellement plus agréable! Autant pour nous que pour les animaux (remarquez le chat qui se repose au milieu des plantes).

On conçoit aussi des chemins verts qui permettent de traverser la ville, séparés des voitures. Ces chemins de traverse deviennent alors plus que des trottoirs et se transforment en petits parcs linéaires, comme je vous en parlais dans ce texte. Ce sont toujours des aménagements appréciés de leurs riverains, alors pourquoi ne pas les multiplier? L’exemple ci-dessous est celui de la Promenade Luc-Larrivée, dans Hochelaga, où on a choisi de rappeler le passage du train à cet endroit, à une autre époque.

On change de plus en plus nos façons de faire les trottoirs à Montréal, comme en témoignent la Place des festivals ou la Place d’Armes.

À Cordoue en Espagne, on distingue à peine la différence entre les sections de trottoirs et la rue, dans cet aménagement qui entoure la Plaza Cristo de Gracia. La végétation et le mobilier urbain séparent les espaces subtilement, mais très efficacement.

À Grenade, toujours en Espagne, on vient de refaire une des rues principales de la ville en la dotant de trottoirs au même niveau que la rue, mais avec une bordure végétalisée qui se relève pour créer une frontière entre la rue et l’espace piéton. Les arrêts d’autobus y sont surélevés pour faciliter l’embarquement, mais sinon, il n’y a plus de bordure de trottoir.

Complètement différent, l’exemple de Waikiki à Hawaï, sépare physiquement le trottoir de certaines rues. Ça transforme radicalement l’expérience, donnant l’impression d’être sur un chemin vert plutôt qu’en bordure de rue. On y anime même l’espace avec des torches enflammées, qu’on peut voir à gauche de la photo!

Il y a un exemple sur notre propre île qui me fait penser à celui-là… À Montréal-Nord, on a reconstruit un bout de trottoir de la rue Pie-IX et celui qui longe la Place de l’Harmonie, sur le boulevard Rolland, avec un aménagement vaguement comparable. Le résultat est très intéressant.

La dizaine d’exemples Montréalais utilisés dans ce texte montrent bien qu’on est assez créatifs pour rendre nos trottoirs plus conviviaux et agréables à utiliser. La vingtaine d’exemples provenant d’autres villes du monde nous rappelle toutefois qu’il ne faut pas relâcher nos efforts. Avec 6 675 km de trottoirs, dont une infime partie est agrémentée par une initiative d’embellissement, nous avons encore beaucoup de place à l’amélioration pour que nos trottoirs soient utilisés à leur plein potentiel.

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