L’art mural continue de se développer à Montréal, à une bonne vitesse depuis plusieurs années. Si, en 2010, on en comptait très peu, elles se sont multipliées grâce à l’impulsion du festival Under Pressure, au travail de terrain de MU et d’Art du Commun, à la créativité du festival MURAL, et au dynamisme des entreprises comme Artgang et A’Shop, entre autres. Ce sont maintenant plusieurs centaines de murales qui agrémentent nos quartiers et il s’en est ajouté plusieurs dizaines en 2017.

En parallèle, il n’y a jamais eu autant de talent chez ces artistes du grand format, qui peuvent maintenant exercer leur savoir-faire légalement et même en tirer des revenus.

Je vous présente ici mes photos des nouvelles murales les plus marquantes de l’année, en tenant compte de toutes celles produites depuis mon dernier palmarès, publié à l’automne 2016. Vous verrez, encore une fois cette année, qu’il y en a du talent au mètre carré! Et les choix ont été difficiles… Mais comme en 2015 et 2016, j’ai sélectionné ces murales en utilisant les 4 mêmes critères :

  1. Complexité de l’oeuvre
  2. Émotion suscité
  3. Originalité
  4. Ancrage dans son milieu

Sans plus de préambule, voici donc mon palmarès, qui ne vous est pas présenté en ordre de préférence, mais plutôt par quartier.

Top 10 des plus belles murales grand format de 2017

Ville-Marie

Le festival Under Pressure marque une nouvelle fois le paysage du Quartier Latin avec sa grande murale collective aux coins des rues Sainte-Catherine et Sainte-Élisabeth. Elle recouvre une des plus belles murales de 2016 par une nouvelle réalisation tout aussi magnifique, cette fois signée par les artistes Monk.e, Fonki et Ankh One. (carte)

Les Éco-quartier sont des promoteurs de l’ombre de la multiplication des murales à Montréal, qu’il est difficile de suivre puisque leurs réalisations ne rayonnent souvent qu’au niveau local. À force de recherche, on finit par dénicher ces perles qui améliorent les ruelles de la ville et certains autres murs, comme ici, avec L’Aube de l’artiste Rouks (du collectif A’Shop), inaugurée à la fin de 2016. (carte)

L’Éco-quartier Peter-McGill et le collectif A’Shop sont aussi derrière la réalisation de L’avenir prévisible, une murale de Earth Crusher qui joue dans les registres de la science-fiction, pour étonner les citadins. (carte)

Le Plateau

Cette année, le quartier s’illustre avec deux réalisations abstraites. L’œuvre de l’Allemande MadC, réalisée dans le cadre du festival MURAL, m’a particulièrement marqué avec son emballage complet d’un bâtiment. (carte)

À l’autre bout du quartier, Cap Tourmente, une murale de l’artiste Stare peinte à la fin de 2016 avec le soutien de Artgang, change le décor de son bout du boulevard Saint-Laurent. Selon l’heure et la luminosité, cette œuvre change d’apparence de façon assez étonnante. (carte)

Verdun

L’oeuvre Diversité, de Ankh One et Benny Wilding (A’Shop) est une autre grande réalisation de l’année 2017. Ancrée dans l’imaginaire de Verdun avec de nombreux référents au quartier, elle joue avec une superposition d’éléments pour passer un message fort. (carte)

Dans un registre tout à fait différent, la murale Joannette, de Jason Botkin (produite par MU), nous amène dans un monde étrange, onirique. Se retrouver devant, quand elle occupe tout notre champ de vision, est une expérience surprenante. (carte)

Ville-Émard (Le Sud-Ouest)

Peinte comme un conte pour enfants, la murale Le Nahual et la Pirogue, de Monk.e (AShop), égaye la cour de l’école Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours. Combien d’élèves seront inspirés par l’animal mythique qu’elle nous fait découvrir? (carte)

Hochelaga

Monk.e est aussi l’artiste derrière la prochaine murale. On le reconnaît à ses lunes en arrière-plan, qui jouent sur le thème du rêve et de la réalité, sans qu’on sache très bien où se situer. (carte)

Saint-Michel

Pour la première fois, le quartier Saint-Michel figure dans un de mes palmarès de murales! C’est grâce à l’École Louis-Joseph-Papineau, qui s’est dotée de l’œuvre Éclosion, de Fluke, fondateur du collectif A’Shop. Ma photo, prise en fin d’après-midi, ne témoigne pas de la luminosité de cette murale. Allez la voir, en plein soleil, avant d’aller prendre une marche au nouveau Parc Frédéric-Back, situé tout près… (carte)

Hors catégorie

Par leurs ampleurs et leur lien avec le deuil collectif de Leonard Cohen, deux autres grandes murales se distinguent particulièrement cette année. Ce sont les murales de : Kevin Ledo, produite dans le cadre du festival MURAL… (carte)

et du duo El Mac et Gene Pendon (aidés de 13 autres personnes!), produite par MU, et située à l’ouest du centre-ville. Celle-ci est la 100e murale de l’organisme MU et la plus grande murale de Montréal à ce jour! Bravo 😉 (carte)

Top 10 des plus belles petites murales de 2017

Le Plateau

Il est parfois difficile de retracer l’histoire de certaines murales, c’est le cas de ce volatile de Cryote et du serpent de Waxhead… Selon les sources, l’oeuvre daterait de 2014… ou de 2017. Google street view, utilisé pour géolocaliser les murales de ce texte, montre toutefois qu’en 2016, la murale n’existait pas encore… De toute façon, l’oiseau est trop mignon pour ne pas se retrouver quelque part dans mes palmarès, alors le voici! (carte)

Passons maintenant à l’une des plus simples. Reproduction d’une célèbre estampe de l’artiste Japonais Hokusai surnommée La Vague, elle est d’une grande beauté. Sans inscription ni signature, elle orne une ruelle sans qu’on puisse l’identifier. (carte)

Le festival MURAL nous a offert, cette année, deux magnifiques murales de moins de deux étages. La plus marquante est sans nul doute l’œuvre d’Aydin Matlabi et de Miss Me, appuyées par Vision Mondiale. En intégrant des photos de visages d’enfants à leur murale, elles montrent que c’est un art qui n’a pas fini de nous surprendre. (carte)

L’autre est une murale de Dodo Ose (A’Shop), un habitué de mes palmarès, cachée au 2e étage d’un petit édifice du Plateau. Avec son style unique, il explore la représentation de sculptures qui semblent de marbre, entourées de halos lumineux colorés. Il en a réalisé d’autres de ce style, une l’an dernier et une autre cette année… (carte)

Saint-Laurent

La voici justement. Intitulée L’envol, cette murale de Dodo Ose illustre les mythiques Renommée, Pégase et Arion, qui personnifient respectivement la reconnaissance sociale et populaire, la créativité et la liberté artistique, selon l’auteur. (carte)

Rosemont-La Petite-Patrie

L’arrondissement qui compte le plus de ruelles vertes à Montréal est peut-être celui qui possède aussi le plus grand nombre de murales de ruelle… D’ici à ce que ce soit prouvé, il s’en produit plusieurs chaque année, dont cette magnifique baleine de Sbu One, produite par l’éco-quartier du secteur, la Société de développement environnemental de Rosemont (SODER). Remarquez le kayakiste en bas et l’hallucinant découpage de l’animal… (carte)

Artgang transforme le secteur de la Plaza Saint-Hubert depuis deux ans avec ses murales qui ont valu à l’artère commerciale d’être nommée « ensemble exceptionnel » de murales en 2016. Cet ensemble déborde de la Plaza et s’étend jusqu’à la station de métro Beaubien, qui jouit depuis cette année de cette très belle réalisation de l’artiste Benny Wilding. (carte)

Ville-Marie

L’an dernier j’avais souligné la murale des personnages d’Ulysse 31, peints dans le cadre du festival Under Pressure par 123Klan… Ils ont disparu, au profit de Goldorak, peint dans le même cadre, par les mêmes artistes. Toute aussi nostalgique, elle réanime nos cœurs d’enfants en nous rappelant qu’on vieillit… (carte)

Hochelaga

Elle a moins de 2 étages, mais est tellement longue qu’elle aurait pu se retrouver dans mes plus belles grandes murales. L’œuvre de Zek, commandée par la Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve, transforme un grand mur aveugle, voisin d’un grand jardin communautaire, en fresque montréalaise! Une belle réussite. (carte)

Verdun

On peut dire la même chose de la murale Les rives de l’envol, de Zek et Monk.e (A’Shop), qui anime un mur de l’école Monseigneur-Richard. Peinte avec l’aide des élèves en 2016, elle témoigne de l’engagement des acteurs de ce mouvement artistique en faveur de l’appropriation de leur œuvre par la collectivité qui les accueillent. (carte)

Hors catégorie

Elle n’a pas été produite avec de la peinture, mais la murale de Vhils, un artiste originaire du Portugal, mérite sa place dans ma recension de 2017. Les oeuvres de Vhils peuvent être vues dans plusieurs villes du monde, que ce soit Sydney, Beijing ou Lisbonne. En avoir une ici aussi est une autre preuve que Montréal a rejoint le circuit des grandes villes du street art. Nous rayonnons à l’international grâce à nos événements et au talent de nos artistes, ce qui attire l’attention des talents du monde entier. Vhils, qui était invité par Artgang, produit ses murales en grattant la surface des murs plutôt qu’en les peignant. (carte)

Les ensembles exceptionnels

En 2015, je vous ai présenté 8 lieux significatifs qui regroupent plusieurs murales qui méritent d’être connues. Lachine y était pour sa série de murales sur la rue Notre-Dame. Noires, blanches et rouges, elles ajoutent une collection distinctive de murales à la ville. Mais Lachine compte aussi un deuxième ensemble significatif, qui existe de longue date, mais que je n’ai découvert que l’été dernier : le mur du Parc Duff Court, qui sépare le quartier de l’autoroute 20. (carte)

En 2016, la Plaza et Pointe-Claire s’ajoutaient aux lieux significatifs pour découvrir les murales montréalaises. Cette année, c’est la Petite-Bourgogne qui se démarque à son tour, avec ses quatre murales réparties dans le quartier. Sur le thème de l’apport des communautés culturelles, les trois premières ont été réalisées l’an dernier par Art du Commun. Suivies cet été par la quatrième, qui reprend le même thème et les même couleurs, mais pour illustrer le secteur. Elles font partie des efforts de la Coalition de la Petite-Bourgogne pour développer le quartier. (carte) (carte) (carte) (carte)

Nouveautés à souligner

Deux nouveautés sont à souligner cette année. Certains éco-quartiers le faisaient déjà, tout comme l’organisme MU, mais sinon, il y avait rarement d’indications pour connaître les auteurs et les commanditaires des murales. A’Shop appose maintenant de petites plaques sur ses murales et le festival MURAL fait ajouter son logo aux murales produites dans le cadre de son événement. Puis il y a l’initiative pour faire connaitre les murales de l’avenue Savoie, cachée derrière la Grande bibliothèque. Pour les révéler aux passants, on a ajouté tout autour ces « affiches », qui annoncent les « Murs à mots ». Ces initiatives fonctionnent, nous renseignent et méritent d’être soulignées.

Enfin, le fameux répertoire sous forme de carte que j’appelais de mes vœux depuis de nombreuses années se construit en ce moment sur le site web Art Public Montréal! On peut y voir et géolocaliser 200 murales, en plus de pouvoir les chercher par année de production. J’estime qu’il y a près de 700 murales actuellement à Montréal, la recension n’est donc pas terminée, mais c’est un pas de géant qui a été franchi avec la création de cet outil!

Voilà qui termine mon palmarès des plus belles murales de l’année 2017. J’espère que vous l’avez apprécié!

N’hésitez pas à le partager! 😉

Pour revoir le palmarès de 2016, cliquez ici.

Pour connaître mon classement des murales plus anciennes, visitez ces trois textes fondateurs :

Vous devriez aussi apprécier :

C’est toi ma Ville s’est associé au blogue Mes Quartiers pour créer une page Facebook dédiée aux amoureux de Montréal. Cliquez « j’aime » sur cette page et découvrez les textes proposés par nos deux blogues, en + d’un contenu original et exclusif!

Mes Quartiers et C'est toi ma Ville

Publicités