Publié par : cbernier | 17 avril 2014

Tricoter la ville

Il y a deux semaines, en sortant du métro Beaubien, je suis tombé sur une colonne de ciment recouverte d’un tricot. J’ai souri et je me suis rappelé avoir vu quelque chose de similaire l’hiver dernier dans Hochelaga, sur un arbre cette fois. Le « Yarn bombing » ou tricot-graffiti est définitivement arrivé à Montréal!

Tricot pour la paix

Ce « prélude au printemps », qui est en place depuis le 28 février dernier, nous le devons à l’artiste Tricot pour la paix. Espérons qu’il ornera ce morne passage encore longtemps.

CHSLD Tricot-graffitiL’initiative d’Hochelaga n’avait pas survécu une semaine… Pourtant, elle était née d’une démarche de médiation culturelle de l’artiste Karine Fournier, avec huit femmes en perte d’autonomie vivant dans le CHSLD Notre-Dame-de-Lourdes. Ces femmes, dont une de 99 ans, avaient pourtant travaillé fort pour animer le mobilier urbain autour de leur résidence. L’équipe des travaux publics de l’Arrondissement, face à ces graffitis inusités, avait appliqué les règlements… Pas de permis = pas de tricot sur les lampadaires!

Il faut l’avouer, cette nouvelle forme d’art public illustre la rigidité des règlements municipaux face à l’art qui n’est pas institutionnel. Ainsi, tout ce qui n’est pas dument encadré est illégal, et pour intervenir sur la place publique, un permis est nécessaire. Le tricot-graffiti pourrait bien changer la donne, surtout qu’il n’abime pas le mobilier urbain… Et que plusieurs élus sont maintenant sensibilisés à cette nouvelle forme d’expression.

Selon le livre Street art et graffiti, le yarn bombing est né au Texas, en 2005, à l’initiative de Magda Sayeg. Depuis, il s’est manifesté partout, de Londres à Hong Kong et de Montréal à Mexico. En rendant la sphère publique plus chaleureuse, les tricoteuses de ville changent les perceptions sur l’art de la rue, comme en fait foi cette initiative dans le métro de Londres.

Si ces tricots se multiplient un peu partout sur la planète, il semble quand même que Montréal soit un des épicentres du phénomène. Le collectif des Ville-Laines, qui comprend Karine Fournier, Tricot pour la paix (Claudia Léger) et trois autres tricoteuses, est un des rares qu’on trouve sur internet, avec Knit the City (de Londres). Si les interventions du collectif londonien sont souvent spectaculaires, celles des Ville-Laines ne laissent pas leur place! Travailler avec des femmes âgées pour faire du tricot-graffiti, ce n’est pas rien! Leur plus récent projet s’est déroulé au Cégep Ahuntsic, amenant cette forme d’art à l’intérieur de nos institutions (ou pour former une relève?)…

Pour avoir vous aussi la piqure, la Fabrique Culturelle vous propose une entrevue avec Karine Fournier, alias Tricot Pirate 😉 Préparez-vous, le Yarn bombing day est prévu pour le samedi 7 juin cette année…

(Ajout de 2015) Pour ses 100 ans, le Cercle des fermières de Lachine s’expose le long du Vieux-Canal, au niveau de la 18e venue. Comme quoi tout le monde peut s’actualiser 😉

Pour en savoir plus sur le sujet :

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