Mon blogue a maintenant plus de 10 ans. Ce qui veut dire que certains de mes textes ont été publiés il y a une décennie! J’ai pensé qu’il serait intéressant d’en revisiter quelques-uns, pour vous montrer comment la ville évolue. Car tout change, à un rythme parfois plus lent que nos désirs, mais, un élément à la fois, nos quartiers se transforment!

En avril 2010, je publiais le 4e texte de ce blogue, qui portait sur la rue Ahmerst, alors sur la sellette parce qu’elle commémorait un militaire britannique, surnommé le « père de la guerre bactériologique » pour avoir demandé qu’on offre des couvertures infestées par la variole aux Autochtones, dans le but de les exterminer!

10 ans plus tard, j’en suis à mon 312e texte et ce débat est clos depuis un an. La rue porte aujourd’hui le nom d’Atateken, qui signifie « fraternité » ou encore « groupe de personnes ou de nations avec qui on partage des valeurs ». Ce nom, d’origine mohawk, doit être prononcé a-de-dé-gan, et a été officialisé par le conseil municipal du 20 août 2019, sur recommandation d’un conseil de toponymie autochtone créé pour l’occasion.

Plus qu’un changement de nom, c’est la démonstration qu’une ville évolue aussi dans ses valeurs!

Avouons que de tels changements sont plutôt rares, mais du Parc Lafontaine au Fleuve, la rue Atateken propose d’autres preuves que la ville change… Je vous le démontre, dans cette petite exploration urbaine des plus intéressantes!

Ça bouge depuis 10 ans…

« De ses hauteurs, au coin du Parc Lafontaine, là où d’immense drapeaux flottent au vent, jusqu’au fleuve, au cœur du Vieux-Port, on y découvre une rue animée et surprenante. La réfection des trottoirs, complétée récemment, a sensiblement amélioré la vie des piétons, alors pourquoi s’en priver? » Cette introduction, écrite pour mon texte d’il y a une décennie, est encore bonne.

Mais ça va maintenant au-delà des trottoirs. La rue et son quartier se développent, ses parcs ont été réaménagés, mais certains éléments anciens persistent, comme pour rappeler le bon vieux temps…

Dès le début de la rue, on voit une tour d’appartements rénovée et, un peu plus bas, des condos neufs. C’est par ses extrémités que Atateken se développe le plus. Nouvelles opportunités de vivre en ville pour certains, embourgeoisement pour d’autres, cette transformation pourrait bien devenir le futur débat entourant cette rue…

La transformation du marché public Saint-Jacques en supermarché, illustre un autre changement. En remplaçant un marché public par une bannière économique, on vient créer une offre alimentaire meilleur marché dans un quartier qui en a bien besoin…

Le Bain Généreux, situé en face, est devenu l’Écomusée du fier monde en 1995. Ce musée d’histoire industrielle et ouvrière se fait le garant de la mémoire du quartier.

Conservation ou changements?

Cette dichotomie, ou cette complémentarité des éléments anciens et nouveaux, se retrouve aussi dans les restaurants. La Pataterie Chez Philippe résiste aux transformations du quartier avec ses hot-dogs depuis 1962…

Pendant qu’en face l’Agrikol, restaurant haïtien, tente d’apporter un vent de fraîcheur à l’offre gastronomique du coin, comme le fait aussi le Mousso.

Je m’ennuie du Miyako, qui avait pignon sur la rue Amherst, et qui m’avait fait aimer les sushis il y a plus de 20 ans… Parlant nostalgie, il y a malheureusement moins d’antiquaires qu’avant. Alors qu’il fut un temps où c’est eux qui attiraient des visiteurs de l’extérieur du quartier sur la rue… Mais c’est aussi vrai sur Notre-Dame, un autre secteur où ils étaient jadis nombreux. Leur disparition progressive illustre-t-elle la fin d’une certaine nostalgie?

Ou sont-ils simplement remplacés par des galeries d’art, plus en vogue actuellement?

Ces changements mettent la rue Atateken à la croisée de son développement. Sera-t-elle à l’avenir une rue de destination, avec des commerces spécialisés qui attirent des visiteurs, ou une rue qui dessert essentiellement son quartier?

Côté vie de quartier, la réfection de ses parcs fait du bien! 10 ans après les trottoirs, le parc Ernest-Ouimet s’est refait une beauté.

Même chose au Parc Miville-Couture, plus au Sud, lui aussi revampé.

Ce secteur de la rue Atateken a lui aussi son garant de mémoire, comme l’est l’Écomusée du fier monde plus au Nord, et c’est le Centre communautaire de loisirs Sainte-Catherine d’Alexandrie, une autre institution bien ancrée dans le quartier! Le nom vous dit quelque chose? C’est normal, j’en parlais dans mon texte Montréal en mosaïques.

Le Village annexe

L’ouverture de L’astérisk, en 2013, marque pour moi la confirmation de l’extension du Village gai à la rue Atateken. L’astérisk est un regroupement d’organismes offrant des services et un lieu de rencontre sécuritaire aux jeunes LGBTQ+. Cet espace communautaire était un besoin identifié depuis des décennies par le milieu!

L’organisme a ainsi rejoint La Loggia (un bar gai qui s’est fait connaître sous différents noms à travers le temps : Gotha, Bistro l’un et l’autre, etc.) et Le Normandie, qui dessert la communauté gaie depuis 1981.

Mais au-delà de cette présence, le « Village annexe » n’a jamais véritablement réussi à se développer, accueillant autant de nouveaux venus que déplorant les départs ou les fermetures… À cause de l’attraction de la rue Sainte-Catherine ou des difficultés que vit le Village depuis un certain temps? Il est certain que la COVID n’aidera pas!

Vers le fleuve

Au Sud de René-Lévesque, un nouveau quartier résidentiel se crée depuis plus d’une décennie. Pas toujours avec les plus belles constructions…

Il abrite deux curiosités de la Ville, soit le Parc de la Chasse-Galerie et l’espace Faubourg Québec, installés sous le viaduc de la rue Notre-Dame depuis quelques années! Des endroits qui peuvent être étonnamment agréables.

Ce secteur, essentiellement formé de condos, devrait permettre à la rue Atateken d’atteindre le fleuve d’ici peu. En effet, il lui manque un petit tronçon, encore en poussière de roche, pour être asphaltée jusqu’en face de l’Horloge du Vieux-Port!

Ainsi, cette rue qui prend racine au bout du Parc Lafontaine, se terminera au Belvédère du Chemin-Qui-Marche, inauguré en 2012 et portant un nom autochtone donné au fleuve Saint-Laurent!

En seulement dix ans, ça en fait des changements pour une seule rue! Imaginez à l’échelle de la Ville… On a parfois l’impression que la ville ne bouge pas assez vite, mais il faut comprendre qu’elle a son propre rythme. C’est lorsqu’on regarde les changements sur une décennie qu’on peut mieux évaluer cette évolution…

Ça adonne bien, mon blogue à 10 ans, alors je pourrai vous partager mon regard sur ces transformations plus souvent! 😉

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