Publié par : cbernier | 16 novembre 2017

Le buzz des bancs publics II

On vante beaucoup la créativité montréalaise, mais elle n’est pas toujours évidente à déceler dans la ville… C’est parfois dans les détails que ce genre de signature d’une ville se fait sentir. À Montréal, notre créativité s’exprime de façon assez particulière avec les bancs publics, entre autres. Le 375e a été l’occasion de développer quelques innovations, mais il ne suffit pas à expliquer le foisonnement de nouveaux bancs publics qui est apparu dans nos quartiers cette année.

Déjà l’an dernier, je vous en présentais 15 qui méritaient d’être identifiés pour leur contribution à l’identité de leur quartier, et pourquoi pas, multipliés. En seulement un an, il y a eu tellement de nouveautés inspirantes que je reviens avec un nouveau Top 15 des bancs publics de Montréal, complètement différent, mais tout aussi emballant!

Voici donc 15 nouveaux bancs publics qui montrent que la recherche d’originalité n’a pas fini de nous donner toujours plus d’espaces de qualité, où prendre une pause dans notre ville.

Les originaux

Dans le cadre d’une exposition extérieure de DHC/ART Fondation pour l’art contemporain et du Centre Phi (qui se poursuit jusqu’au 30 novembre 2017), l’artiste Maria Hupfield nous offre son banc en forme d’étoile KA-POW! au Square Victoria. C’est une forme sous-exploitée pour les bancs publics, qui mériterait d’être copiée…

Depuis trois ans, le Festival Mode & Design collabore avec l’École de design de l’UQÀM pour organiser son concours de « Placottoirs ». Présentés sur l’esplanade de la Place Ville-Marie, deux des projets lauréats pouvaient être utilisés tout l’été. Le placottoir « 30 degré » d’Audrey Cruz, Mélika Koreï, Noémie Maulant et Xuan-Nhi Nguyen a su retenir notre attention. On aimerait bien le voir installé de façon permanente quelque part au centre-ville…

Halte 3, un projet d’animation de l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, nous a offert, l’été dernier, un « nid d’oiseau pour humains fatigués » au parc Sandro-Pertini, dans Saint-Michel! Des branches de saule et du tapis gazon jaune: il n’en fallait pas plus pour qu’on se mette à rêver de voir ce genre de divans publics envahir nos parcs l’été prochain!

La créativité de l’équipe derrière Halte 3 ne s’est pas arrêtée là! Au parc Victorien-Pesant, dans Villeray, c’est une installation qui « nous plonge dans l’atmosphère enchanteresse du camping en réinventant quelques-uns de ses attributs apaisants » qui était offerte à la population. Encore une fois, ça frappait dans le mile! Pour réaliser ces projets d’exception, Halte 3 comptait sur le soutien de Ubisoft Canada, des Lapins Crétins et du Fonds de solidarité FTQ. Espérons que l’expérience se poursuivra, car les espaces publics aménagés par Halte 3 en 2017 étaient fantastiques.

Les legs permanents du 375e

Dans les legs du 375e anniversaire de Montréal, nous pourrons compter la Promenade Fleuve-Montagne, dont nous vous avons parlé dans ce texte. Imparfaite, la promenade a au moins à son actif des lieux de repos de haut calibre, comme ces plateformes polyvalentes de l’avenue McGill College.

La Promenade Fleuve-Montagne nous invite aussi au salon, avec ces bancs qui donnent une vue sur le centre-ville tout à fait exceptionnelle. Été comme hiver, sur la rue McTavish, ils sont une invitation à la contemplation. Encore faut-il grimper sur le flan du Mont-Royal pour en profiter…

Un autre legs du 375: les Tables à pique-nique multigénérationelles de Loblaws. Il y en a une pour chacun des 19 arrondissements, et 5 pour les parcs-nature. Conçues par Isabelle Vo et Émilie Proulx, étudiantes en design de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal, ces tables peuvent accueillir 22 personnes, dont deux à mobilité réduite. Elles ont aussi une section plus basse, pour les enfants, il y a donc fort à parier qu’elles seront très populaires pour rassembler le voisinage, encore de nombreuses années!

Les beaux bancs usinés

J’aime beaucoup quand la ville joue avec ses bancs publics. Le modèle des ateliers municipaux, visible un peu partout, a trouvé un autre détournement cette année avec l’aménagement de la Place Vauquelin. On l’avait déjà vu rond au Square Dorchester, on peut maintenant le voir brisé, tout près de l’Hôtel-de-Ville. Et gris pâle en plus!

L’arrondissement Anjou, de son côté, a montré que même s’il achète des bancs publics usinés, il cherche tout de même un minimum de personnalité. Ainsi, malgré que ces deux bancs publics proviennent de catalogues d’entreprises, on se plait à les regarder et à les utiliser au parc Goncourt… Ils changent de nom selon l’entreprise, mais chez Équiparc, par exemple, ils sont 1980 et 1640.

Même la rue Saint-Denis profite de bancs publics industriels… Ces derniers ajouts n’ont peut-être pas la même valeur qu’un mobilier fait sur mesure, mais malgré tout, ils ont l’avantage d’offrir un joli coup d’œil et un agréable endroit pour s’assoir lorsqu’on magasine. Pour l’effort de multiplication du nombre de places pour prendre une pause qu’ils représentent, ils méritent leur présence dans ce palmarès…

Usinés ou non, les bancs publics de la rue Ontario, à proximité de la station de métro Frontenac, sont très intéressants. Massifs, distinctifs, différents, ils donnent le ton à cette rue, méconnaissable depuis son réaménagement.

Les concepts prometteurs

Il y a eu une piétonisation temporaire autour de l’église Notre-Dame-des-Victoires, dans Mercier, en 2016 et 2017: le Carré NDV. Fantastique! Plusieurs types de chaises, bancs et balançoires étaient offerts aux voisins, mais celui qui a retenu notre attention est le banc-jardin. Un peu brut, le concept mériterait d’être bonifié, parce qu’il y a là une piste évidente à suivre pour proposer un nouveau banc aux Montréalais!

La Terrasse Roy, sur le Plateau, était dans la même situation. Une idée géniale, qui mériterait qu’on la travaille… Ses chaises, qui permettaient qu’on laisse trainer nos mains dans le gazon, étaient merveilleuses! Il suffirait de solidifier la structure du dossier et le tour serait joué!

« Le Diplomate », un autre placottoir lauréat du concours du Festival Mode & Design, proposé cette fois-ci aux explorateurs de la Promenade Fleuve-Montagne, aurait pu être plus confortable… Réalisé par Anick Juneau et Julien Thibodeau, deux finissants de l’École de design de l’UQÀM, il était un peu strict dans sa forme, donc peu confortable. Pourtant, la structure était prometteuse. On ne devrait pas gaspiller tout ce talent! Il faudrait apporter quelques ajustements et reprendre l’expérimentation l’été prochain…

Les points de vue exceptionnels

Les bords de l’eau ont aussi bénéficié de nouvelles installations notables, comme celles du nouveau parc Marie-Claire-Kirkland-Casgrain, sur la Promenade de l’Aqueduc, qui nous offre un belvédère sur le fleuve. On peut maintenant s’y installer sur de grandes chaises longues pour admirer le fleuve et laisser le temps passer, loin des bruits de la ville.

Enfin, en bonus, je ne peux passer sous silence les nouvelles chaises Adirondac jumelées de Parc Canada. Présentes dans tous les parcs nationaux du pays, pour souligner le 150e anniversaire du Canada, elles permettent aux couples de profiter, côte-à-côte, de vues exceptionnelles sur le Canal Lachine ou les écluses de Sainte-Anne-de-Bellevue, entre autres. Agréables et romantiques à souhait.

Et les autres…

Mon nouveau Top 15 des bancs publics de Montréal, qui en compte plutôt 17 à cause des deux bancs usinés d’Anjou et du bonus des chaises Adirondac jumelées, aurait pu être encore plus long. En effet, je n’ai sélectionné que de nouveaux bancs, apparus depuis 2016, que j’ai pu photographier. Comme vous le savez, sur ce blogue, je n’utilise que mes propres photos (sauf de rares exceptions)… Je présume donc qu’il me manque quelques spécimens intéressants…

Mais l’exhaustivité n’ajouterait rien à ce texte, qui souligne la grande créativité des Montréalais dans le développement de ses bancs publics et autres lieux de repos. Cette variété crée de la personnalité, une ambiance, pour chacun des segments de rues qui en profitent. Nos quartiers y gagnent donc en beauté et en qualité et les exemples utilisés suffisent à le démontrer.

Il faut maintenant que ça continue, car comme je l’affirmais en 2016 lors d’une entrevue dans le Huffington Post :

«Un banc public doit être confortable, beau, propre, attirant et être là où on a besoin de lui. Il doit contribuer à l’image positive de la ville et être un ambassadeur pour les touristes. Plusieurs bancs à Montréal répondent à ces critères, comme les nouveaux bancs du quartier chinois, les fauteuils du Quartier des spectacles, les bancs colorés de la rue Fairmount ou ceux de la Place Valois.»

Et, grâce à un nombre croissant d’aménagements urbains, à dimension humaine, de plus en plus de bancs publics nous invitent à profiter de notre ville!

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Responses

  1. […] dernière liste s’ajoute au Top 12 : Le buzz des bancs public II (en 8e position). Depuis l’apparition des placottoirs, en 2014, l’enjeu du manque d’espace […]

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