Chaque année, j’attends avec impatience le début d’Art Souterrain. En introduisant des œuvres d’art dans le Montréal souterrain, ce festival modifie à tout jamais notre expérience des corridors sous la ville. Jusqu’au 25 mars, près de 100 installations, sculptures, photos et autres oeuvres sont intégrées au Montréal souterrain, créant une expérience absolument unique. Je vous invite à les découvrir! Vous verrez, les œuvres marquantes resteront gravées dans votre imaginaire et habiteront toujours le lieu où elles vous ont surpris. Et si vous répétez l’expérience quelques années, ce sont la plupart de ces corridors que vous ne verrez plus jamais de la même manière…

2018 est une cuvée intéressante d’Art Souterrain, qui mérite le détour puisque c’est son 10e anniversaire! Cette merveilleuse manifestation artistique ne dure que trois semaines, il faut donc en profiter rapidement! Ensuite, il faudra compter sur vos souvenirs (et vos photos) pour prolonger la durée des changements de la ville souterraine qui vous auront marqués… C’est un peu dans cet esprit que j’écris ce texte, pour vous montrer concrètement à quel point Art Souterrain change la ville pendant ses trois semaines d’activités, mais aussi de façon plus durable, en modifiant nos perceptions des souterrains, et surtout, en nous faisant connaître le talent d’artistes d’ici et d’ailleurs.

Rétrospective et perspectives

Pour bien montrer l’ampleur phénoménale de ces œuvres éphémères, réparties sur 7 km de parcours certaines années, j’ai fait une sélection de photos de celles qui m’ont le plus marqué. De celles qui, selon moi, auraient dû être achetées à celles qui laissent un souvenir impérissable et de celles qui montrent tout le potentiel d’un espace souterrain à celles qui surprennent par leur simplicité.

Le seul cas d’œuvre restée sur place après l’événement Art Souterrain que je connaisse est la murale de Rafael Sottolichio, sous le Centre de Commerce Mondial. Avouez qu’elle change l’ambiance :

2012 murale de Rafael Sottolichio, « Circulations »
Avant 2012 et après 2012, avec la murale de Rafael Sottolichio, Circulations

Si d’autres avaient été conservées, voyez maintenant ce que ça changerait, un peu partout, dans le Montréal souterrain.

Les oeuvres qui auraient dû être achetées

J’aurais aimé que le Palais des Congrès, qui utilise déjà les couleurs sur sa façade, acquière cette œuvre d’art inspirée du lieu. Elle animait merveilleusement un de ses accès les plus ternes à partir du Montréal souterrain :

Infiltration, de France Dubois (2010)
Infiltration, de France Dubois (2010)

Avouez que c’est nettement plus beau avec ces lumières de couleur que sans:

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Même endroit, en 2016

La Gare centrale aurait aussi pu ajouter une note d’humour à son hall en adoptant cette oeuvre, tout à fait adaptée au contexte :

Loren Williams (2014)
Départs – Arrivées (une colonne de valises), de Loren Williams (2014)

Une des photos qui aurait le plus méritée d’être achetée pour devenir permanente est cet intéressant montage, qui montre le mur où il est accroché, qui montre le mur encore, pour nous ramener au fait qu’il s’agit d’une photo avec un « je suis ici ». Ce montage aurait l’avantage d’animer efficacement, et à peu de frais, un des endroits les plus ternes du Montréal souterrain :

Guylaine Séguin 2010
Guylaine Séguin nous amène à confondre la réalité et le passé (2010)

Voyez maintenant le même endroit, mais sans l’intervention d’Art Souterrain…

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Même endroit, en 2016

Les oeuvres qui laissent un souvenir impérissable

Le Complexe Guy-Favreau serait plus accueillant si son coin salon était resté plus longtemps que les quelques jours de l’édition d’Art Souterrain de 2010 :

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Cet édifice, un peu terne avouons-le, profite en 2016 d’une autre oeuvre particulièrement bien agencée… Elle est brune et argent, comme le hall qui l’accueille. L’effet est plus spectaculaire sur place, mais voici quand même a photo:

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Jeux de tables, de Michel de Broin (2016)

Enfin, autre souvenir impérissable, le corridor menant à la Tour de la Bourse, à partir du métro, ne sera plus jamais le même pour celles et ceux qui ont vu sa transformation de 2013 :

Labyrinthe de l'archétype éternel de Shyra De Sousa
Labyrinthe de l’archétype éternel, de Shyra De Sousa (2013)

Les oeuvres qui montrent tout le potentiel d’un espace souterrain

Un corridor anonyme du Montréal souterrain deviendrait subitement intéressant si l’œuvre qui l’anime pendant Art Souterrain restait tout au long de l’année… Prenons cet exemple d’un même corridor, visité en 2011 et 2012 :

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Couloir du crépuscule, de France Dubois (2011) et La Marelle, de Martine Frossard et Isabelle Guichard (2012)

Les dessous d’escaliers non plus ne seraient plus jamais les mêmes… Ici, l’escalier qui mène à la Place Jean-Paul-Riopelle à partir du souterrain, en 2010, 2011 et 2012 :

Escalier menant à la Place Jean-Paul-Riopelle
En 2010, Espèce d’Espace, de Catherine Grabherr, nous interrogeait sur la nature urbaine souterraine. En 2011, au même endroit, L’hibernation des nymphéas, de Lisette Lemieux, nous attendait. En 2012, Transhumances, de Zoné Vert, occupait le même dessous d’escalier. 3 années, 3 ambiances, 1 dessous d’escalier…

En reprenant l’idée de l’achat d’œuvre ou d’installation à plus long terme, le corridor de l’OACI aurait pu devenir une galerie d’art si on y avait laissé ces deux œuvres :

Corridor-Galerie
En 2015, Michel De Broin nous offre deux oeuvres phares dans le corridor de l’OACI: Blowback et L’abîme de la Liberté

Il faut toutefois avouer le les installations qui animent ce corridor mériteraient presque chaque année de devenir permanentes, tellement elles valent le détour… Il faut aller les voir pour comprendre! Alors, pourquoi ne pas y laisser ces oeuvres toute l’année, jusqu’à la prochaine édition d’Art Souterrain?

Enfin, les oeuvres qui surprennent par leur simplicité

Même des interventions plutôt simples sont impressionnantes dans certains contextes. Les mystérieuses portes noires disséminés sur le parcours d’Art Souterrain, en 2013, en sont un exemple. Après en avoir croisé deux, je ne pouvais pas m’empêcher d’imaginer ce qu’elles pourraient cacher :

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4 fausses entrées de tunnel, oeuvre de Loren Williams, animaient les souterrains en 2013

Ces panneaux de signalisation, utilisés en 2014 au sous-sol du Complexe Les Ailes, m’avaient marqués. Disposés en cercle, ils nous invitaient à tourner en rond!

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Panneaux pédestres, de Timeanddesire (Denise St Marie et Timothy Walker) (2014)

En 2016, il y avait aussi le Centre Eaton qui retenait notre attention (en 2018, les centres commerciaux ne font pas partie du circuit d’Art Souterrain). En particulier avec cette oeuvre, des plus surprenantes (merci au Centre d’avoir osé l’accueillir!):

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Port-O-Potty, de Zeke Moores (2016)

Ainsi, que ce soit pour les souvenirs qu’il nous procure ou pour découvrir ce qu’il a à nous offrir, le festival d’art contemporain Art Souterrain mérite de se retrouver dans vos rendez-vous incontournables de l’année… Vous avez jusqu’au 25 mars pour le constater par vous-même!

Et vous, quels souvenirs impérissables gardez-vous de votre passage à Art Souterrain?

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