Publié par : cbernier | 22 juin 2015

L’évolution de la Promenade Ontario: un indicateur

On pense connaître l’artère commerciale de notre quartier, mais la connaît-on vraiment? En 2011, je m’étais amusé à arpenter la Plaza St-Hubert, en prenant le temps de regarder chaque commerce, et j’avais écrit Ma surprenante Plaza. En 2014, j’ai revu le texte au grand complet, pour qu’il reflète l’évolution très positive de cette rue unique à Montréal. Un an plus tard, il faudrait déjà que j’y apporte des changements, tellement elle progresse vite…

Lorsque j’ai déménagé, en 2012, j’ai refais l’exercice, pour la Promenade Ontario cette fois. C’était déjà une rue commerciale locale d’intérêt, mais je n’aurais jamais pu imaginer le développement qu’elle connaîtrait! Un an plus tard, j’ai dû réécrire un texte complet, pour tenir compte des très nombreux changements positifs qui étaient intervenu, dans mon texte Un quartier qui change. Cette évolution se poursuit toujours en 2015 et mérite d’être relatée, puisqu’elle est à l’image de ce qui se passe sur de nombreuses autres artères commerciales locales.

Ainsi, en 3 ans, mes 3 textes sur la Promenade Ontario pourraient faire office de « veille » de la progression d’une rue commerciale dans le contexte de la montée des quartiers. En effet, j’observe depuis de nombreuses années que les quartiers sont une nouvelle zone d’appartenance. On veut y sortir, y manger, s’y amuser, sans dépendre du centre-ville. Mon texte Artères commerciales : pour une vraie vie de quartier fait état de mes réflexions sur ce sujet.

Voyons l’évolution de la rue Ontario depuis un an, pour illustrer ce phénomène de l’attractivité de plus en plus forte des quartiers montréalais.

Cœur de village à l’Ouest de la Promenade

Le Café Bistro Bobby McGee, ouvert en juin 2013 à l’extrémité Ouest de la Promenade Ontario, a été un précurseur. L’intérieur, entièrement conçu et fabriqué par le propriétaire et sa gang d’amis, était chaleureux, mais il se trouvait un peu loin des autres nouveaux commerces de la Promenade. Ce n’est plus le cas. Dans un local voisin laissé vide après le départ d’une boutique d’articles de sports, maintenant séparé en deux, ont ouverts coup sur coup une boulangerie, la Grange du Boulanger (fin février 2015) et une librairie, la Flèche rouge (fin avril 2015).

L’ensemble réanime complètement l’Ouest de la Promenade et profite d’un décor magnifique, avec l’Église Nativité-de-la-Sainte-Vierge juste en face. Commerces résolument « de quartier », le Bobby propose en plus des spectacles dans une ambiance très décontractée, pratiquement tous les soirs. La librairie La Flèche rouge, tout aussi sensible aux mouvements populaires que le Bobby, fait une promotion particulière des éditions indépendantes, tout en étant un « atelier de quartier »… On y offre donc une foule d’activité de type artistique, en plus des livres, neufs ou usagés. Ce sont des commerces assez uniques, très adaptés au quartier, et qui animent de façon admirable le secteur.

Que ce soit sur la terrasse du Bobby, au comptoir en vitrine de l’excellente Grange du Boulanger ou assis dans un fauteuil de la librairie La Flèche rouge, l’ambiance est magique. Il n’en faudrait pas beaucoup plus pour qu’on ait l’impression d’être sur une place d’Europe 😉 Commerces alternatifs, odeur de pain frais et église monumentale créent ce mirage, qui pourrait facilement être renforcé si on réaménageait le parvis, comme le propose le blogue Mes Quartiers dans son circuit découverte d’Hochelaga. En effet, si le « débarcadaire-stationnement » qui occupe le parvis était remplacé par une place publique, c’est tout le quartier qui en serait métamorphosé. Et si la nécessité de permettre aux voitures de s’y stationner est incontournable, l’exemple du Quartier des spectacles nous montre bien qu’espace public et espaces de stationnement ne sont pas incompatibles…

On sait déjà qu’à trois coins de rues plus à l’Ouest, à la bordure du quartier, une place publique verra le jour, sur Ontario, dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal et revitalisera cette porte d’entrée d’Hochelaga. Il n’y a toutefois plus de commerces rendu là… Mais ce nouveau chantier confirmera la tendance positive pour l’Ouest de la Promenade et permettra sûrement de soutenir son développement.

Un centre bio et équitable

L’arrivée du Terre à Soi (juillet 2014, après avoir passé 5 ans sur Sainte-Catherine Est) et de l’Antidote Super alimentation (octobre 2014), à quelques rues de Aliments Merci, déjà installé depuis quelques années, a changé le secteur central de la Promenade. Ces 3 adresses, inspirées des mouvances bio-équitables, créent un nouveau pôle bien intéressant pour les résidents. L’arrivée prochaine d’une boutique Roxy Lama, qui offre des vêtements « importés directement, dans un rapport de respect et d’équité avec les artisans » et des bijoux et accessoires pour femmes produits par des créateurs d’ici, viendra renforcer ce mouvement.

Il y a de la place dans le quartier pour ce type de commerces et d’initiatives sociales. Le site Potloc, qui invite la population à choisir les prochains commerces à s’établir dans leur quartier, a d’ailleurs identifié quelques locaux vacants au centre de la Promenade. Sur ce site, on choisit un type de commerce qu’on aimerait voir s’installer dans notre quartier, on identifie dans quel local vacant, recensé sur le site, on aimerait le voir arriver, puis on publie notre « demande ». Pour l’entrepreneur, cela permet de savoir si le quartier est intéressé au type de commerce qu’il pense ouvrir… Un concept bien intéressant, qui couvre déjà l’ensemble de l’île, mais aussi le Québec, l’Ontario et le Vermont!

Pour revenir aux initiatives de la Promenade Ontario, le programme Un quartier en art est aussi bien présent au centre de cette rue commerciale. On offre aux artistes du quartier d’exposer leurs œuvres dans les vitrines de commerces vacants, pour attirer l’attention sur les talents d’ici et sur les espaces commerciaux en attente de nouveaux projets… C’est assez efficace, les magnifiques lampes de Nathalie Clouâtre m’ont fait remarquer un petit local que je n’avais jamais remarqué auparavant, et je me suis mis à rêver d’ouvrir une mini boutique 😉

Tout comme la place publique pour le 375e anniversaire de Montréal pour le secteur Ouest de la Promenade, les initiatives de Potloc et la 2e édition du programme Un quartier en art contribueront certainement à renforcer le centre de cette rue commerciale d’Hochelaga…

L’Est animé et festif

La personnalité de l’Est de la Promenade est aussi unique, de par sa concentration de bars et de restos. Le restaurant Le Chasseur a été un précurseur, en septembre 2012, en s’installant pas très loin du boulevard Pie IX. En décembre 2013, l’ouverture du resto-bar Monsieur Smith laissait présager qu’un changement était en cours… Personne n’aurait pu imaginer qu’un an plus tard, le resto L’État-Major s’installerait à quelques portes de distance (décembre 2013), que le bar Le Trèfle suivrait (août 2014) et que la Brasserie Le Blind Pig (mars 2015) viendrait rapidement remplacer le précurseur Le Chasseur, qui lui a cédé son bail pour aller vers de nouveaux projets.

Cette incroyable effervescence se poursuit, avec l’arrivée d’un petit nouveau, le fast-food gastronomique la Mâle bouffe (juin 2015), qui vient compléter le tableau des nouveautés qui m’ont interpellé côté bars et resto à l’Est de la Promenade. Avec les restos que j’aime bien, La Cervoise et Les Canailles, déjà installés dans le coin depuis longtemps, il y a maintenant une vraie zone « sortie de soirée » sur la Promenade. Avec l’embarras du choix et du plaisir assuré, quel que soit l’endroit visité!

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Terrasse du Atomic Café – photo de Gilles Beaudry

De plus, il y a, cet été, 20 terrasses installées sur la rue Ontario entre Moreau et le Marché Maisonneuve! Un autre signe évident que la rue attire de plus en plus l’intérêt des résidents… On y va même d’une expérience de piétonnisation partielle de la rue Ontario, devant la Place Valois!

Il y a évidemment de nombreux autres commerces dont je ne parle pas dans ce texte. Quelques nouveaux venus, comme des adresses appréciées des gens du coin depuis des décennies. Il y a même la réouverture, ce mois-ci, de notre succursale de la SAQ dans un local neuf, en face de l’ancien. C’est l’ensemble de cette offre commerciale, ancienne et nouvelle, s’adressant à monsieur et madame tout le monde, visant la clientèle jeune et urbaine ou les « sages » du quartier, qui donne un charme à une rue commerciale locale.

Ainsi, même si j’aime bien sortir avec des amis dans un bar branché sur Ontario, j’apprécie retrouver tout près de chez moi un Rossy (oui, oui!), plusieurs Dollorama (ou l’équivalent), une petite quincaillerie Rona, etc. En pouvant trouver sur ma Promenade tout ce dont j’ai besoin, et en osant continuer à entrer dans des boutiques où je n’ai jamais mis les pieds, même après 3 ans dans le quartier, je sens moins le besoin d’aller chercher ailleurs ce qui peut se trouver à quelques pas de chez moi… Cette grande diversité est une des clés du succès de plusieurs rues commerciales locales.

Encore récemment, je découvrais (grâce au blogue Les Promeneurs) un commerce pourtant installé depuis quelques années: le Café Marco Rosa. Ce genre de magasin général latino-américain offre à la fois des piments forts séchés entiers et d’autres produits importés, quelques aliments frais et de supers bons empanadas

Développements perpendiculaires

Parlant de diversité, à force de découvrir les nouvelles adresses de mon quartier, je me suis mis à remarquer des boutiques que je n’avais jamais vues avant, sur des rues perpendiculaires à Ontario. La boutique Raymond IV, par exemple, se dit « vide-dressing chic » et interpelle les femmes comme les hommes, sur Dézéry, depuis le début 2015.

Un peu plus loin, c’est le Bric à Brac, livres pour les 0 à 17 ans, que je découvrais en préparant ce texte. Situé sur Aylwin, cette librairie spécialisée est située juste derrière une boutique de jouets du même nom, paradisiaque pour les enfants, petits et grands.

À l’Est du boulevard Pie IX, c’est une initiative citoyenne qui occupe une rue perpendiculaire : la rue de la Poésie. L’avenue Desjardins est devenue la vitrine de l’imaginaire des poètes d’Hochelaga-Maisonneuve qui affichent leur prose sur des panneaux, dans les carrés d’arbres, sur les terrains et même sur les murs. J’en parlais dans mon texte Poésie urbaine et Slam du bitume.

Renforcement du secteur institutionnel

Le secteur à l’Est de Pie IX est très différent du reste de la Promenade. Il y a quelques restaurants, mais ce sont les institutions qui dominent : bibliothèque, maison de la culture, CLSC, école et organismes du quartier se succèdent, jusqu’au Marché Maisonneuve et sa magnifique place publique dont je parlais dans mon palmarès des plus belles places de Montréal. Cet ensemble de services vient compléter à merveille le secteur commercial et continu à se renforcer. En effet, tous les vendredis de l’été, des fermiers viendront vendre leurs produits au Marché, qui s’affirme de plus en plus comme un incontournable.

À noter aussi, l’initiative Vélopousse, qui permet de se faire transporter pour une visite de style touristique du quartier, sera une fois de plus offerte cet été, vous permettant de faire encore plus de découvertes!

Il n’en tient qu’à vous de partir en ballade pour explorer votre voisinage. Vous verrez, que ce soit la Promenade Ontario ou une autre rue commerciale, elles bougent vite et vous surprendront.

Marché Maisonneuve

Pour découvrir d’autres rues commerciales locales, voici mes suggestions :

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Responses

  1. Ce qui manque le plus à cette artère, c’est un investissement sérieux de la part de l’arrondissement: certes, quelques trottoirs ont été refaits, mais pas d’autres, où on trouve encore des sections en fort mauvais état de pavés de briques de l’ère Bourque. La chaussée est un enfer pour les cyclistes. Aux dernières nouvelles, les fosses aménagées l’an dernier pour du verdissement étaient toujours vides. Il manque encore cruellement de mobilier: des paniers à déchets, surtout, ceux existant débordent systématiquement, sans compter les dépôts sauvages de déchets de toute sorte. Et qu’on retire une fois pour toutes ces énormes «pots» de plastique laissés un peu partout depuis des années où finissent de sécher de vieux tronçons de cèdre et qui servent de poubelles.

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