Publié par : cbernier | 30 octobre 2014

Vendre Montréal

La « marque » Montréal fait-elle vendre? Les gens aiment-ils suffisamment cette ville pour acheter des « produits dérivés »? Vous savez, ces petits aimants de New York, ces blocs notes de Paris et ces autres babioles qu’on achète en voyage? Ou qu’on se procure dans notre propre ville pour les offrir en cadeau… Lors de mes visites ailleurs, je reviens immanquablement avec un souvenir quelconque, j’en ai aussi certains de Montréal! Mais j’ai trouvé à Paris, Berlin, Boston et dans plusieurs autres endroits, des boutiques comme je n’en ai jamais vu à Montréal. En effet, qui nous vend Montréal? À part certaines boutiques de musées, personne ne le fait sérieusement. Et aucune adresse ne fait référence en la matière.

Ne me parlez pas des boutiques de l’érable et des autres promoteurs des « traditions » du Vieux-Montréal. On y vend un folklore suranné qui déforme le Québec profond, le terroir. Je parle d’une boutique qui vendrait des produits typiquement montréalais, qui exacerberait notre fierté. Je n’en ai pas trouvé ici, mais j’en ai trouvé ailleurs.

Tout près de Notre-Dame de Paris, il y a une foule de boutique offrant aux passants toutes sortes de produits identifiés à la ville lumière. Malheureusement, plusieurs de ces produits se retrouvent dans toutes les villes d’Europe (et même plus loin!) avec le nom d’une autre ville dessus. Sacs, casquettes, foulards, blocs notes sont ainsi uniformes, mais offerts en plusieurs modèles, selon la ville qu’on visite. Montréal est un trop petit marché pour ces multinationales du tourisme, heureusement, mais c’est quand même ce type de produits qui se trouvent trop souvent dans le Vieux-Montréal, autour de notre église Notre-Dame. Nous pourrions tellement faire mieux!

Comme à Berlin par exemple. Ils ont su, en utilisant leur lumière de passages piétons si typique, créer une marque forte, qui se décline en toute sorte de produits: du tapis d’entrée au coussin de salon. Je n’ai pas résisté, j’ai acheté un chandail. Le Ampelmann est aujourd’hui porté dans le monde entier et décore d’innombrables maisons… À Montréal, pourrions-nous développer un équivalent?

Ampelmann

À Boston, c’est la boutique faisant la promotion de leur compagnie de transport en commun qui m’a renversé: le MBTA gifts. Une mise en marché agressive de la simple carte du réseau m’a fait rêver de ce qu’on pourrait faire ici. Notre réseau n’a peut-être pas l’étendue désirée, mais son image peut offrir de bien plus beaux résultats que ceux de notre voisine américaine… Nous aussi nous pourrions être fiers de notre société de transport! Qui a d’ailleurs, depuis plus d’une dizaine d’année, un crayon promotionnel impossible à trouver pour le commun des mortels, mais que j’aurais acheté en plusieurs copies si j’avais pu le trouver (merci à Marie-Ève, qui m’en a donné un!). Une telle boutique de la STM contribuerait à l’image écolo de Montréal… L’arrivée prochaine du Azur, ce nouveau train de métro, pourrait être un bon moment pour tester le concept. Nouveau métro, nouvelle fierté, nouvelle boutique?

Boston MBTA Gigts

Ailleurs dans le monde, j’ai aussi trouvé des villes dynamiques qui offraient à leurs visiteurs des souvenirs dignes d’être rapportés à la maison. Allant de l’aimant à frigo (à l’effigie de toutes les villes que je visite) à la reproduction miniature de certains édifices touristiques majeurs, et du livre souvenir au petit objet utilitaire à l’effigie d’un endroit que j’ai particulièrement aimé (comme le Mercado de San Miguel de Barcelone), j’accumule une foule de ces souvenirs. À Monaco, j’ai eu besoin d’un parapluie suite à une averse subite, je l’utilise toujours. Un peu plus loin, en Côte d’Azur, je suis tombé en amour avec une petite œuvre d’art vendue à prix mini, elle aussi orne toujours mon salon. Chaque ville qui a su me vendre ses charmes s’est taillé une place dans mon appartement. Et si Montréal en faisait autant?

Heureusement, certaines initiatives montrent la voie, comme les boutiques du Musée d’art contemporain et du Musée McCord. Tourisme Montréal propose aussi 15 boutiques où acheter des souvenirs. Le catalogue Code Souvenir Montréal fait connaître des produits d’exception aux acheteurs institutionnels (et nous permet de les découvrir du même coup). Dans aucun cas on ne parle de boutique qui met de l’avant la « marque » Montréal… Et pourtant, tellement d’entreprises misent sur l’image de notre ville pour se démarquer! Les chandails de Montréalité, les sacs de Entre-Peaux écodesign, les coussins de Monumentalove, les cartes-cadres de iLikeMaps et de Cartopolis méritent, comme de nombreux autres produits qui mettent en vedette la métropole, d’être offerts dans une même boutique (et à plusieurs endroits de la ville!).

À moins de 3 ans du 375e anniversaire de Montréal, qui aura la fibre entrepreneuriale assez forte pour se lancer? Vendre Montréal devrait être de plus en plus facile…

Quelques items à inventer ou réinventer

J’ai déjà mentionné le fameux crayon introuvable de la STM, qui est si spécial (voir la photo ci-dessous ou le site du producteur). Comment se fait-il qu’il ne soit pas en vente? Nous avons déjà de très jolis aimants à frigo, comme mon Stade, mais côté miniatures, nous aurions des efforts à faire… Bien que le Stade et l’Oratoire existent dans un format mini, ils sont difficiles à trouver et mériteraient d’être accompagnés par d’autres édifices marquants, comme Habitat 67. Dans certaines plus petites villes, on fait même des mini-maisons typiques (celle de ma photo vient de Malte). Pourquoi ne pas reproduire des triplex à escaliers extérieurs du Plateau? Je serais preneur.

J’ai aussi parlé de mon petit bol design et utilitaire du marché de Barcelone. Pourquoi ne pas en avoir pour nos Marché publics? Plusieurs céramistes montréalais pourraient être mis à contribution! Nos créateurs nous fournissent déjà de magnifiques sacs, comme ceux de Entre-Peaux…

Enfin, qui dit voyage, dit aussi permission de rapporter de l’alcool. Je reviens toujours de voyage avec des bouteilles de vin, de fort ou de bière. Si la SAQ offre maintenant une belle sélection de produits québécois, qui connaît les alcools qui proviennent de Montréal? Nous sommes pourtant une capitale de la bière! Un autre créneau à explorer pour l’entrepreneur qui osera se lancer dans l’aventure de vendre notre ville aux touristes… et aux Québécois!

Voyages

En complément de ce texte :

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Responses

  1. Je viens de découvrir ce billet et je suis heureuse de voir que je ne suis pas seule à avoir penser à cela !

    Effectivement, dans nos «boutiques souvenirs» il y a du sirop d’érable plus ou moins goûteux et trop cher, des capteurs de rêves et de très laides sculptures d’ours mal peintes. Pas très représentatif de l’expérience touristique de Montréal. En conclusion, vous parlez qu’il y a une belle opportunité à prendre dans ce créneau. Je crois que la récente mainandlocal.com est sur la bonne voie. Je me croise les doigts pour un modèle réduit de la biosphère!

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