Publié par : cbernier | 23 mai 2014

Ville amie des papillons

Il y a deux ans, on découvrait que les changements climatiques nous amenaient de nouvelles espèces de papillons. En effet, l’arrivée du Grand porte queue à Montréal en 2012, avait fasciné les amateurs. C’est une espèce de papillon considéré comme tropicale! L’an dernier, c’était toutefois la consternation. L’effondrement de la population de papillon Monarque faisait craindre pour la survie de cette espèce. Dans son cas, les changements climatiques s’ajoutaient à la destruction de son habitat et de la plante sauvage dont il dépend à l’étape de chenille, l’asclépiade. La chenille du Monarque se nourrit exclusivement de cette plante, mal aimée des humains…

Papillons2La ville pourrait-elle être une alliée des papillons? Certainement! Comme pour les abeilles, dont je vous parlais dans mon texte Miel urbain, ce n’est qu’un début, la presque absence de pesticides en ville est favorable aux insectes. En plus, ils trouvent en ville beaucoup plus de biodiversité qu’en campagne, aujourd’hui trop souvent couverte de monocultures. Ainsi donc, Montréal pourrait très bien devenir une pouponnière à papillons. Nous le sommes déjà, lors de l’événement Papillon en liberté dans les serres du Jardin botanique l’hiver, mais nous pouvons aussi l’être l’été, à l’extérieur.

À la maison

Il n’est pas difficile de créer un jardin à papillons dans sa cour ou dans une jardinière, sur le balcon. Il suffit de choisir des fleurs qui produisent du nectar, dont se nourrissent les papillons. Idéalement, on y ajoute des plantes pour nourrir les chenilles (plante « hôtes »). Car sans chenilles, pas de papillons! Dans ce cas, ce sont souvent des plantes sauvages qu’il faut réintroduire dans nos cours et sur nos balcons, comme la fameuse asclépiade (ou l’ortie, si on veut voir des Vulcains). Plusieurs plantes sont suggérées par le site du Jardin botanique, par certains autres sites horticoles, comme celui-ci, ou en anglais, par Butterfly gardening, entre autres.

Il faut aussi penser au soleil et à l’eau. Les papillons aimeraient bien se chauffer au soleil, sur une pierre plate, et profiter d’une source d’eau à proximité, nous rappelle ce texte intitulé Ramenez les papillons en ville. Même des morceaux de fruits peuvent être utiles, comme on en voit d’ailleurs lors de Papillons en liberté… Enfin, il serait préférable de laisser les plantes sur place à l’automne plutôt que de faire le grand ménage. En effet, des œufs ou même certaines espèces de papillons pourraient s’y cacher pour passer l’hiver!

Vous pouvez même aller un peu plus loin en vous joignant au mouvement Mon jardin Espace pour la vie, qui offre une certification « oasis pour les Monarques »…

À l’école

Espace pour la vie, qui regroupe le Jardin botanique et l’Insectarium (en plus du Biodôme et du Planétarium), offre aussi aux écoles une trousse d’élevage de Monarques. Aussi incroyable que ça puisse paraître, il est possible d’élever des Monarques en classe!

De l’autre côté de l’océan, une école d’aménagement paysager de Marseille, en France, participe à un projet majeur de parc urbain pour papillons, qui  pousse encore plus loin ce concept. Leur projet vise à observer l’évolution des papillons en ville, en leur offrant un environnement propice dans un parc spécialement aménagé. Deux ans après la première observation par les jeunes, le nombre d’espèces recensés dans le parc a doublé! Comme quoi, lorsqu’on leur offre une halte intéressante, les papillons s’acclimatent très bien à la ville…

Et Montréal dans tout ça?

Si à Marseille, l’idée d’être une ville amie des papillons fait son chemin, à Toronto aussi on veut se faire des amis. La Fondation David Suzuki prévoit y créer un corridor d’asclépiades, à l’intention des papillons Monarque. La campagne de financement est en cours… Bien que l’organisme soit aussi implanté à Montréal, rien n’indique pour l’instant qu’il pense faire la même chose ici..

Nous avons pourtant le plus important Insectarium d’Amérique! Il est déjà un leader pour l’accueil des papillons en ville et il tente de créer un mouvement citoyen, avec Mon jardin Espace pour la vie et ses trousses d’élevage. Alors si on y ajoutait des balcons fleuris de jardinières à papillons un peu partout et que des organismes comme la Fondation David Suzuki se joignaient à l’effort collectif, nous aurions plusieurs ingrédients réunis pour offrir des conditions propices à la survie et à la multiplication des papillons en ville…

Un arrondissement se prépare déjà à montrer l’exemple. Mercredi dernier, l’écoquartier de Rosemont-La-Petite-Patrie inaugurait un projet de 7 ruelles vertes, aménagées spécialement pour être plus accueillantes pour les papillons. Et selon le journal du coin, un projet de partenariat beaucoup plus important avec Espace pour la vie serait sur le point d’être annoncé par l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie

Montréal est mûre pour contribuer activement à la santé des populations de papillons de son territoire, avec l’aide des citoyens, des organismes du milieu, d’Espace pour la vie et des arrondissements. Joignez-vous à ce mouvement pour faire de Montréal la première « Ville amie des papillons » du monde 😉

Les animaux t’intéressent? Visite mes autres textes:

Papillons

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