Publié par : cbernier | 18 février 2014

Les parcs du changement

J’ai toujours pensé que les créateurs du jeu SimCity avaient travaillé avec des élus municipaux pour concevoir cette simulation de la naissance et de la croissance d’une ville. J’en suis sûr maintenant, je viens de le lire! En fait, j’ai lu un livre qui trainait dans ma bibliothèque depuis trop longtemps, sans que je m’y intéresse. Trop vieux… Mais lorsque je l’ai ouvert, j’ai tout de suite plongé dans Les parcs de Montréal, des origines à nos jours. Un livre qui nous raconte comment notre ville a changé avec le temps et comment les parcs ont joué, et jouent toujours, un rôle important dans l’évolution de nos quartiers.

On y décrit certaines vagues d’interventions, au goût du jour, appliqué à toute la ville par des administrations décidées, tout comme on y découvre des répétitions de l’histoire… Par exemple, la construction du Planétarium et de l’Aquarium (don de Alcan) en 1966 et 1967, remplacés par un nouveau Planétarium (commandité par Rio Tinto Alcan) et un Biodôme renouvelé d’ici 2017, cinquante ans plus tard. Ces vagues d’interventions et ce type d’aménagements majeurs se retrouvent aussi dans les stratégies utilisées par les joueurs du fameux jeu de simulation.

Au début, un arbre

Laissons la simulation de côté et voyons ce que nous raconte le livre sur notre histoire. L’apparition des arbres « publics » de rue se serait faite en 1823, au même moment où le Champ-de-Mars devenait par la force des choses le premier parc public de la Ville. En effet, cette esplanade qui était militaire à l’origine, est rapidement devenue le lieu de rencontre des citadins de l’époque. Les places publiques ne suffisaient plus aux besoins de la population. Puis ce fut au tour du Mont-Royal et de l’île Sainte-Hélène de devenir, dès 1874, les deux premiers grands parcs développés par la Ville de Montréal.

Champ-de-Mars Montréal

Champ-de-Mars

Là aussi l’histoire reste constante et se répète, puisqu’on prévoyait dès le début que le Mont-Royal resterait un espace à demi sauvage, mais que l’île Sainte-Hélène serait consacrée aux loisirs. Ainsi, dès 1875 l’île avait son Carrousel, ancêtre de La Ronde, et l’année suivante, en 1876, s’y installait le Montreal Swimming Club, aujourd’hui disparu, mais ayant comme digne successeur une piscine olympique. Comme si à travers les époques, c’était la même volonté qui dirigeait l’évolution de ces parcs.

Le livre raconte ensuite les interventions qui ont ponctué le début des années 1900. En lisant cette histoire de l’apparition des squares, des bains publics, des patinoires et des aires de jeux, par vagues successives, pour couvrir tous les quartiers de la Ville, j’ai repensé à mes parties de SimCity. Quand ma ville virtuelle était suffisamment importante pour que j’implante de tels services, moi aussi j’y allais de cette façon : un nouvel équipement implanté à la grandeur du territoire, puis un autre…

Le livre Les parcs de Montréal, des origines à nos jours va heureusement plus loin que cette analogie à SimCity et rappelle une foule de dates marquantes dans l’évolution de nos parcs. Comme l’apparition des « réserves pour fin de parcs » inventés il y a plus de 100 ans pour prévoir ces espaces verts dans le développement de nouveaux quartiers. Ou comme ce règlement qui, depuis 1907, interdit de dormir dans un parc.

On y apprend aussi des anecdotes qui illustre l’évolution de nos meurs, comme l’apparition, en 1865, des premiers urinoirs publics, disparus depuis longtemps du paysage montréalais. Ou comme le changement qui s’est fait en douce dans les aires de jeux des parcs de la Ville, devenus unisexes en 1950.

Plus récemment

Bien que le livre ait été publié en 1990, il n’en raconte pas moins les dessous relativement récents de l’histoire de Montréal. Il s’attarde sur la création du Jardin botanique, sur l’impact (parfois négatif) d’événements majeurs comme Terre des Hommes et les Olympiques sur le développement des parcs de quartier. Et il fait montre d’une étonnante prémonition concernant l’ascension de Pierre Bourque au sein du Service des parcs de la Ville, des années avant que celui-ci ne se présente aux élections.

Cette « préhistoire » de la vie de celui qui deviendra maire de Montréal (4 ans après la publication du livre) est fascinante. La proximité de l’auteur avec Pierre Bourque indique peut-être qu’il en savait, à l’époque, plus que nous? Il se permet d’écrire, en parlant de celui-ci, que « son image passe comme celle d’un politicien ». D’ailleurs, Pierre Bourque signe la préface du livre, à titre de directeur du Jardin botanique…

Si l’histoire, la politique ou la sociologie vous passionnent, c’est un livre pour vous, disponible dans plusieurs bibliothèques de la Ville…. En montrant comment les parcs ont servis à façonner la ville à toutes les époques, en racontant l’histoire de Montréal à travers ce prisme particulier et en rappelant certaines innovations qu’il serait bien de mettre au goût du jour, il est beaucoup plus actuel que ne le laisse présager sa couverture vieillotte. D’ailleurs, en terminant, pourquoi ne pas s’inspirer du passé pour réfléchir l’avenir? Voici trois idées de réflexion qui me sont venues à la lecture de Les parcs de Montréal, des origines à nos jours.

Des bonnes idées à ressusciter

Livre Les Parcs de MontréalSept kiosques à musique ont été construits en 1928-1929, il n’en reste que trois, soit ceux des parcs Molson, Jarry et Jeanne-Mance, aujourd’hui considérés comme patrimoniaux… Pourrait-on les faire revivre, avec une programmation musicale tout au long de l’été?

En 1931, vu le manque de pataugeuses, la ville installe des « douches » à même les bornes-fontaines pour permettre aux enfants de s’amuser! Pourrait-on penser à de tels aménagements lors des grandes canicules?

Le Jardin des merveilles ouvrait ses portes en 1957 et devait être suivi d’un zoo au Parc Angrignon. Le Jardin des merveilles a été fermé en 1989 et j’en garde personnellement des souvenirs impérissables, malgré que le lieu avait effectivement besoin d’être repensé… 25 ans plus tard, le Biodôme et le ZooÉcomuséum de l’Ouest de l’île ont-ils rempli le vide laissé par l’abandon des deux autres parcs zoologiques?

Ajout de 2015: Cette question m’a inspiré un 2e texte, Toute grande ville doit avoir son zoo!

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Responses

  1. Merci beaucoup du commentaire, c’est très apprécié! En plus, savoir que ça t’a donné le goût de lire le livre récompense très largement le travail derrière l’écriture de ce blogue 🙂 La catégorie « Livres et lecture » dans la colonne de droite devrait t’intéresser aussi! Bonne lecture…

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  2. Très bon article! Je crois que ce livre sera lu durant ma semaine de relâche la semaine prochaine.

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