Publié par : cbernier | 10 mai 2013

Votre ruelle verte

Il y a plus de trente ans naissait le concept de ruelles vertes à Montréal. La ville décidait en effet de lancer le projet « Place au Soleil » visant la revitalisation de plusieurs ruelles, abandonnées à l’asphalte depuis trop longtemps. On voulait ainsi améliorer la qualité de vie des Montréalais. Mais le projet avait été mis en place sans impliquer la population et rapidement, les aménagements réalisés se sont détériorés, faute d’entretien. La ville a donc fini par abandonner son projet.

À la fin des années 90, quelques organismes communautaires prenaient la relève et réenclenchaient le processus de revitalisation des ruelles, mais en ne répétant pas l’erreur du passé. Tous ceux dont la porte communiquait avec une ruelle sélectionnée pour être aménagée étaient, cette fois-ci, invités à s’impliquer dans le projet. Ce fut un succès et depuis, le verdissement des ruelles gagne sans cesse du terrain.

Surtout depuis que les éco-quartiers sont impliqués! Ainsi, chaque année, de plus en plus de ruelles deviennent le point de rendez-vous des gens qui habitent autour. Avec l’aide des éco-quartiers, ils reprennent le contrôle de ce qui se passe derrière chez eux et aménagent cet espace en fonction de leurs besoins. Les projets sont parfois modestes, mais ils peuvent dans certains cas aller jusqu’à créer de véritables cités-jardins, inaccessibles aux automobiles.

Comment faire?

La ville de Montréal compte plus de 4000 ruelles. La première chose à faire avant de se mettre à rêver d’une oasis de verdure derrière chez soi, c’est de contacter son arrondissement pour connaître les modalités. Certains arrondissements sont très proactifs et soutiennent même les initiatives, par exemple :

C’est plutôt simple, même si ça demande un peu de courage et de confiance en soi pour démarrer. Car avant tout, il faut réussir à regrouper un certain nombre de voisins autour de ce projet, qui les concerne aussi. Avec l’appui de l’éco-quartier local, la recherche d’appuis financiers et techniques peut ensuite commencer.

Il ne reste plus alors qu’à réaliser l’étape la plus dure, mais aussi la plus excitante, celle qui permet de mettre sur papier les idées rassemblées. Mais attention, il y a toujours des contraintes qui limitent les rêves : la distribution du mazout, les stationnements ou les besoins des services publics… Un appel à l’arrondissement donne habituellement l’heure juste sur l’utilisation qui est faite d’une ruelle. Il ne reste alors plus qu’à produire les plans d’aménagements du futur îlot de verdure. Enfin presque! Car il faut les faire connaître aux voisins! La ruelle est un espace qui est partagé…

Enfin, comme on l’explique dans ce texte de Rue Masson, Créer sa ruelle verte en six étapes (presque) faciles, une approbation de l’arrondissement est quand même nécessaire avant de faire les travaux. Après cette ultime étape, c’est enfin le jour J, celui où le groupe se met les mains dans la terre pour montrer qu’en ville aussi, on peut avoir le pouce vert.

Des possibilités infinies

Si certains projets de ruelles vertes se contentent d’offrir une bande d’arbustes de chaque côté de l’asphalte pour laisser passer les véhicules, il est possible d’aller beaucoup plus loin. Il y a des limites aux réaménagements possibles, mais pas à l’imagination. Pour vous inspirer, voici quelques descriptions de transformations de ruelles. Cette carte vous permet aussi d’aller visiter les ruelles vertes existantes!

Un regard neuf, un peu de courage et une bonne organisation peuvent rapidement transformer une voie de service en jardin d’enfants avec carré de sable; en sentier champêtre; en petite forêt urbaine; en jardin fruitier ou en galerie à ciel ouvert. En effet, une murale donne tellement de charme aux grands murs aveugles qui longent certaines de nos ruelles!

Tout le monde profite d’une telle prise de contrôle citoyenne. Les enfants en premier lieu! Car il faut bien l’avouer, c’est surtout eux qui dominent la vie de la « deuxième adresse » de nos maisons. Raison de plus pour s’y mettre!

« Les rues ont leurs lumières comme les ruelles ont leurs secrets… Nous avons toujours deux adresses, celle de la porte avant, celle de la porte arrière. C’est la moins visible qui compte davantage. La vie s’y réfugie naturellement. »

– Serge Bouchard

Pour en savoir plus, voici un blogue sur les ruelles vertes.

Ce texte est une adaptation d’un article que j’ai écrit pour le magazine Guide Ressources, il y a plus de 10 ans déjà…

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