Publié par : cbernier | 15 avril 2013

Rivières enfouies sous la ville

On ne s’en doute pas en parcourant la ville, mais il n’y a pas si longtemps, l’île de Montréal était couverte de ruisseaux et de rivières. Avec l’urbanisation, elles ont été canalisées, puis carrément enfouies. Elles sont donc toujours là, mais on nous les a cachées! C’est pour rappeler aux citadins l’existence de ces Rivières perdues que Caroline Bâcle a décidé de produire un documentaire sur ce sujet. Magnifique film que j’ai eu la chance de voir récemment et qui a inspiré ce texte.

Le site du documentaire permet de connaître les prochaines dates de diffusion, mais aussi d’aller un peu plus loin… Pour redécouvrir les trésors naturels qu’on a cachés, une application IPhone a été produite, par la même équipe, pour explorer les rivières perdues de Montréal!

Les exemples de Londres et New York

À Londres, une portion de la rivière Quaggy a été « déterrée » et renaturalisée dans Sutcliffe Park en 2004. Aussi curieux que ça puisse paraître, on avait mis cette rivière sous terre, même dans les parcs de la ville! Elle a maintenant retrouvé sa liberté.

Un groupe de citoyens travaille à convaincre les autorités de Londres de poursuivre son désenclavement, ailleurs en ville. Ils ne sont pas les seuls à y travailler, car la région s’est doté du London rivers action plan, qui vise à permettre le retour au soleil de 15km de rivières d’ici 2015. Inspirant!

Dans le nord de New-York, à Yonkers, un autre projet de restauration a été entrepris avec succès, redonnant au centre-ville de cette banlieue un certain lustre. En effet, la rivière qui coulait au centre de la ville avait été canalisée sous un stationnement, défigurant le quartier. La remise en lumière de la rivière Saw Mill, que montre cette vidéo, a eu un effet spectaculaire sur le quartier. En regardant ces images, on ne peut pas croire qu’elle ait été cachée sous un stationnement pendant 90 ans!

À peine 6 mois après sa restauration, le cours d’eau accueillait de nouveaux des poissons et des écrevisses! Comme quoi, bien souvent, la nature n’attend qu’un coup de pouce pour retrouver son équilibre.

Mares urbaines et bassins de rétention

Le documentaire Rivières perdues, qui traite de ces deux exemples de Londres et Yonkers, ne propose aucune rivière à restaurer pour Montréal. Toutefois, il effleure le sujet des bassins de rétention, ces espaces naturels inondables qui permettent aux égouts d’une ville de mieux résister aux fortes pluies. C’est entre autres pour contrer les débordements que Londres va de l’avant avec la renaturalisation de ses cours d’eau. Montréal pourrait s’inspirer de cette idée pour recréer, en ville, des écosystèmes vivants.

Il est évidemment aussi possible d’aménager de tels bassins sans la présence d’une rivière, comme l’a fait l’arrondissement Saint-Léonard, qui a d’ailleurs été récompensé lors du Gala de reconnaissance en environnement et en développement durable, en 2011, pour le bassin du Domaine Chartier :

Le principe est simple. On aménage un bassin là où l’eau irait de toute façon… Ainsi, on peut la retenir, en profiter et recréer des milieux de vie pour la faune urbaine. Certains parcs Montréalais s’y prêteraient bien.

Les rivières de Montréal

Mais revenons aux rivières, qui permettent de retrouver un peu de cette nature en ville… Quelques rivières ont survécu à l’urbanisation, même si elles sont plutôt rares. Il y en a dans les écoterritoires de l’île, mais elles sont souvent difficiles d’accès. Par exemple, le ruisseau de la Coulée verte du ruisseau De Montigny est magnifique, mais il faut vraiment sortir des sentiers balisés pour voir quelque chose. Pourtant, qui croirait que ce splendide ruisseau en cascade coule non loin de l’autoroute 25, à quelques pas du Cégep Marie-Victorin, à Montréal?

DSCN0206

D’autres rivières font l’objet d’une mobilisation citoyenne, comme la petite rivière Saint-Pierre (dans l’ancien golf Meadowbrook). Certains veulent voir le secteur transformé en nouvel écoterritoire et d’autres, en nouveau quartier intégrant la rivière dans son aménagement…

Il suffit de chercher un peu pour découvrir qu’il y a beaucoup à dire sur les rivières de Montréal. Celles qui sont enfouies comme les survivantes. Un blogue leur a d’ailleurs été consacré en 2009 et 2010 : Ruisseau Montréal. C’est triste qu’il ne soit plus alimenté parce qu’il était vraiment intéressant! Il nous invitait à jouer au sourcier et à remonter la piste de l’eau qui coule, parfois pas très loin de chez nous… Comme l’a fait Caroline Bâcle avec son film Rivières perdues, ces témoignages sont des invitations à aller à la rencontre de nos ruisseaux et rivières, parce que c’est en les connaissant et en les fréquentant qu’on pourra leur redonner une place dans la ville.

Textes complémentaires :

Dans les entrailles de Montréal

Des animaux sauvages à Montréal

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Responses

  1. Bonjour, Je cherche une photo du ruisseau De Montigny pour une panneau informatif sur les rivières perdues de Montréal à mettre dans une ruelle verte du uartier Sainte-Marie, près de l’ancienne rivière Saint-Martin. La photo que vous avez mise dans votre article du ruisseau De Montigny est-elle de vous? Je dois en trouver une avant le 6 janvier 2014 avec le droit de la reproduire… Veuillez me répondre par courriel S.V.P.

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