Publié par : cbernier | 12 mars 2013

Artères commerciales : pour une vraie vie de quartier

Ontario, Rosemont, Fleury, Masson, Beaubien, de Castelneau, Notre-Dame ou Mont-Royal, même combat? Pas du tout…

Il y a un an, j’écrivais un texte sur la rue Ontario: Ma surprenante Promenade. Depuis, plusieurs bars et restaurants s’y sont installés, attirant les foules et modifiant l’ambiance du quartier. C’est un texte que je réécrirai dans les prochaines semaines, parce que la rue a trop changé.

Sur Rosemont aussi, la vie a changé depuis un an. Depuis que je suis parti de mon nid dans le coin du métro du même nom, l’arrivée de deux bars de quartier est venue modifier les habitudes de mes anciens voisins. Les nombreux clients du coin ont découvert l’attrait de sortir à quelques pas de chez soi, et ne s’en privent pas…

On me parle beaucoup de la rue Fleury Ouest, où il y a, semble-t-il, la naissance d’un pôle qui mérite le détour… J’irai voir, c’est sûr!

Dévitalisation du centre?

Ainsi donc, de nombreuses rues de quartier sont en train de monter, de redevenir le centre de la vie de leurs voisins, comme les rues Masson, Beaubien, de Castelneau ou Notre-Dame dans l’ouest. C’est une excellente nouvelle pour le dynamisme de la vie de quartier! Tout ça alors que les commerçants du Plateau multiplient les publicités négatives pour leur propre quartier, déplorant ou dénonçant mensuellement une nouvelle calamité s’abattant sur leurs rues commerciales… Rien de très invitant, à l’heure où la concurrence des autres artères commerciales de la ville monte en flèche!

Il y a quelques jours, Urbania lançait un pavé dans la mare de leurs larmes:

Autrefois, sur l’avenue Mont-Royal, il y avait des commerces originaux, des vieilles boutiques, des tavernes d’habitués, des petits cafés vraiment bohèmes, des vitrines remplies de poésie, des bouquinistes avant l’ère d’Internet, des bric à brac,… Aujourd’hui, on y trouve les mêmes vitrines que dans n’importe quel centre d’achat. Je caricature à peine. Ne venez pas me dire que le stationnement, le déneigement ou le maire y sont pour quelque chose.

Déjà, il y a deux ans, Les Affaires publiait Les artères commerciales montréalaises en arrachent, un portrait où on déplorait et dénonçait, en se basant sur l’argument de la concurrence de la banlieue… Mais le texte ne parlait pratiquement que de Sainte-Catherine, Saint-Laurent et Saint-Denis. L’ancienne Sainte Trinité de notre vie commerciale périclite elle? Peut-être, mais c’est que dans le Panthéon du plaisir, elles ne sont plus les seules artères à nous faire de l’œil…

Séduire le voisinage

C’est drôle, mais j’aurais tendance à poser la question différemment. Pourquoi les artères commerciales locales deviennent-elles si intéressantes depuis un an? Pourquoi des amis de Rosemont viennent-ils dans Hochelaga prendre un verre, qu’un couple d’Hochelaga pense partir à la découverte de Fleury, dans Ahuntsic, et que des Verdunois attendent avec impatience l’ouverture du premier bar sur Wellington? Les Montréalais seraient-ils en train de redécouvrir leur quartier? Les entrepreneurs montréalais auraient-ils décidé d’animer leur quartier?

La nouveauté, elle s’épanouit depuis un an dans tous les quartiers de Montréal, aux quatre coins de la ville, nous invitant à la parcourir pour voir ce qu’ils ont à offrir de différent. À voir tous ces nouveaux commerces bien vivants, bien pleins, bien fiers de leur quartier, je me dis qu’elle est là l’effervescence. Avec le printemps et la période des déménagements, les Montréalais découvriront en masse ces nouveaux venus au coin de chez eux, de chez leurs amis. Et pendant que tous ces nouveaux offrent une vie de quartier agréable, différente et qu’ils surfent sur la vague en s’identifiant bien fort « brasseurs de quartier » ou « bistro de quartier », les artères du centre, plutôt que de se démarquer et d’innover, déplorent ou dénoncent…

Il n’y a donc peut-être pas que la clientèle de banlieue qui déserte le centre-ville et le Plateau, comme le laisse sous-entendre le texte d’Urbania… Qu’offre aujourd’hui la rue Mont-Royal que ne nous offre pas une autre artère commerciale locale? Quelle est la couleur particulière, l’originalité, l’attrait qui mérite qu’on se déplace pour aller sur la rue Mont-Royal?

J’y étais cette fin de semaine et l’animation battait quand même son plein, les trottoirs étaient bondés… Si la rue est malade, elle est quand même loin d’être mourante, c’est sûr. Alors, pourquoi ne pas changer de ton et se joindre au concert de la nouveauté, de la fierté d’être une rue de quartier? On dit que le Plateau est le quartier le plus dense du Canada, alors, des clients, il y en a…

Du pain sur la planche

Depuis plusieurs années, la Plaza Saint-Hubert a réussi sa renaissance sans faire de bruit. De rue des mariages, elle est devenue une artère riche de propositions pour ses voisins. Déjà il y a deux ans, j’écrivais Ma surprenante Plaza. Et depuis, l’offre s’est encore enrichie. Alors même si je ne suis plus voisin, j’y sors encore occasionnellement, pour profiter de sa marquise et de son effervescence tranquille.

Les rues du centre peuvent aussi se repositionner et prendre exemple. Mais elles devront maintenant composer avec des concurrentes aux quatre coins de la Ville, qui misent sur la simplicité, la proximité, la diversité et l’originalité pour attirer leurs voisins. Elles le font efficacement, sans fla-fla, sans se prendre pour une autre, en affirmant plutôt leur appartenance à un quartier. C’est, j’en suis sûr, les raisons de leurs succès. C’est, j’en suis sûr, la recette qui permettra aux rues du centre de se refaire une place dans le nouveau paysage de la ville.

Innover, rêver la ville

Au moment où la vie de quartier prend le pas sur l’attractivité du centre-ville, il serait aussi temps qu’on rêve l’avenir de certains secteurs. La piétonnisation du Village est une des innovations récentes qui mérite notre admiration. Piétonniser une si grande portion de rue, y multiplier les terrasses et oser l’oeuvre « Boules Roses » de Claude Cormier depuis trois ans, multipliant la visibilité internationale du Village du même coup… Il fallait de la vision, de l’audace.

Récemment, je proposais une transposition du modèle de Camden Lock (Londres) à Montréal dans Un quartier électrique pour les Foufounes. Il y a là, pour moi c’est évident, un futur pôle à créer qui pourrait tirer efficacement son épingle du jeu et permettre de revitaliser tout un secteur de la rue Sainte-Catherine. En misant sur ce qui fait son originalité…

De la même façon, Marc Carignan proposait dans son blogue une réflexion sur l’avenir du Quartier Chinois, qui lui aussi a du potentiel, si on prend seulement le temps de s’y attarder… Ainsi, il écrit dans Le SOS du Quartier Chinois, la suite :

Pour le reste, nous avons très peu de raisons de s’y déplacer au quotidien. Il n’y a pratiquement pas de terrasses pour inciter les « happy hour », de places publiques animées pour les familles et de cafés pour étudier. La santé économique du secteur peut reposer en partie sur son cachet historique et touristique, certes, mais il ne faudrait pas négliger les Montréalais pour autant.

C’est peut-être aussi le défi des artères commerciales du centre: « ne pas négliger les Montréalais »…

Pour en savoir plus sur ce qui bouge dans les quartiers montréalais, passez lire mes Palmarès.

Pour découvrir nos artères commerciales locales, voici mes suggestions :

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