Publié par : cbernier | 13 septembre 2011

Ces graffitis et murales qui embellissent nos vies

La plupart du temps associés au vandalisme, les graffitis peuvent aussi être, dans bien des cas, des œuvres d’art. Reconnus d’une certaine façon par la Ville à travers son appui au Festival Under Pressure, qui se déroule en août, les graffitis font partie de nos vies. Ils ne sont malheureusement pas toujours à la hauteur, mais concentrons-nous sur ceux qui méritent d’être admirés pour le moment.

Un des artistes montréalais les plus connus du « street art » est Roadsworth. Lors de son arrivée dans le paysage urbain, on le traquait pour le mettre à l’amende. Aujourd’hui artiste respecté, il reçoit des contrats de la Ville depuis 2006 pour embellir nos rues. Tout un revirement de situation! Totalement mérité d’ailleurs, car ses détournements du marquage de rue sont de véritables améliorations du paysage.

Monty, avec ses petits bonshommes à l’air glouton, fait aussi voir son empreinte un peu partout à Montréal. Interviewé par Rue Masson en novembre dernier, son « papa » avouait avoir multiplié son personnage par mille… Sa galerie nous permet d’en découvrir quelques dizaines, souvent très sympathiques. Un autre artiste, que je n’ai pu retracer, peint partout à Montréal des pansements en X.

Un peu de recherche permettrait sûrement de retracer les principaux artistes de nos rues pour mettre en valeur leurs œuvres, le sens de celles-ci et leur démarche. L’art de rue mériterait un peu plus d’attention, car il s’y trouve parfois les perles de demain…

Quand Zilon est apparu dans nos rues au début des années ‘80, il était lui aussi considéré comme un vandale. Pourtant, il a fait sa marque et s’expose maintenant dans de grandes galeries d’art. Malgré tout, lui aussi revient dans nos rues… Après plusieurs années d’absence (du moins, je ne l’avais vu nulle part à l’extérieur…), j’ai croisé un de ses visages si typiques il y a deux semaines sur la rue McGill, dans le Vieux-Montréal! Ce vas-et-viens de la rue à la galerie d’art, puis de la galerie d’art à la rue, montre bien à quel point on peut difficilement tracer la ligne.

Moins contestées, les murales se multiplient à Montréal depuis quelque temps. Œuvres commandées, elles couvrent un mur entier et servent à agrémenter la vie du quartier. L’organisme Mu est le principal promoteur de cette pratique artistique, qui pourrait prendre beaucoup plus d’ampleur. Une simple visite sur leur site nous permet de voir tout le potentiel de cette forme d’art.

J’avais aussi, pour appuyer le texte Les dessous d’un pont, publié deux photos de piliers d’autoroute à Québec, recouverts de murales, qui illustrent bien mon propos. Il y a tant à faire avec ces murs aveugles qui défigurent notre ville…

Que ce soit pour les murales ou pour les graffitis, ces moments d’expression ne durent parfois pas plus que quelques mois. Certains ont donc eu l’idée de se servir de la puissance de Google map pour nous faire connaître le « street art ». La plus grande galerie de graffitis au monde est ainsi née. Faisant appel aux internautes pour mettre à jour son immense base de données potentielles, StreetArtView recense (au moment d’écrire ces lignes) une vingtaine d’œuvres de Nouvelle-Zélande, une cinquantaine du Japon, une soixantaine d’Afrique du Sud, plus d’un millier provenant du Brésil et plus de trois milles d’Europe! Évidemment, puisque la collection ne s’enrichit que grâce à la participation des internautes, il est normal que ce soit inégal…

Qu’en est-il du Québec? Plus de 150 références, dont la presque totalité provient de Montréal. Plusieurs qui ne méritent pas le titre d’œuvre, mais il n’en tient qu’à nous d’être des acteurs de cet effort de recensement et d’y inscrire les graffitis et murales qui méritent qu’on les admire.

Avec ses 8 000 photos, le groupe Flickr Art Urbain de Montréal démontre clairement que ce n’est pas l’inspiration qui manque à nos artistes. Actuellement plus intéressant que StreetArtView par la qualité artistique des oeuvres qui s’y trouvent, ce groupe fait la démonstration du talent des nombreux Montréalais qui « sévissent » dans nos rues.

Un groupe Facebook dédié à l’art de rue permet aussi de suivre la trace des cannettes de peintures qui se vident en ville. Un blogue s’amuse aussi à les dénicher aux quatre coins de Montréal, faisant connaître aussi bien le travail de Roadsworth que du graffiteur encore inconnu du coin.

Avec une mission sociale, le Café Graffiti va un peu plus loin et cherche à aider les jeunes graffiteurs autant qu’à leur offrir un lieu d’exposition et d’expression, à travers sa galerie de la rue Sainte-Catherine Est. Parce que la ligne de démarcation n’est jamais simple dans le monde de l’art de rue, le Café Graffiti est aussi un des acteurs de la promotion des murales à Montréal.

Formes d’expressions des jeunes selon un avis du Conseil jeunesse de Montréal, les graffitis et autres murales réussiront-ils à se faire une place dans notre ville de créativité? Il faudra faire preuve d’une certaine ouverture pour trouver un moyen de les mettre en valeur autrement qu’à travers des réseaux alternatifs. Pourquoi le Musée d’art contemporain de Montréal ne les prendrait pas sous son aile, par exemple?

Ajout du 17 juillet 2012: Un chroniqueur du Devoir propose de créer un répertoire des lieux où les artistes de rue seraient invités à installer leurs oeuvres. J’en parle dans mon texte Occuper l’espace, qui parle aussi d’artistes européens du « street art » que j’aimerais bien voir dans les rues de Montréal.

Pour en savoir plus sur le sujet :

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :