Publié par : cbernier | 30 octobre 2014

Vendre Montréal

La « marque » Montréal fait-elle vendre? Les gens aiment-ils suffisamment cette ville pour acheter des « produits dérivés »? Vous savez, ces petits aimants de New York, ces blocs notes de Paris et ces autres babioles qu’on achète en voyage? Ou qu’on se procure dans notre propre ville pour les offrir en cadeau… Lors de mes visites ailleurs, je reviens immanquablement avec un souvenir quelconque, j’en ai aussi certains de Montréal! Mais j’ai trouvé à Paris, Berlin, Boston et dans plusieurs autres endroits, des boutiques comme je n’en ai jamais vu à Montréal. En effet, qui nous vend Montréal? À part certaines boutiques de musées, personne ne le fait sérieusement. Et aucune adresse ne fait référence en la matière.

Ne me parlez pas des boutiques de l’érable et des autres promoteurs des « traditions » du Vieux-Montréal. On y vend un folklore suranné qui déforme le Québec profond, le terroir. Je parle d’une boutique qui vendrait des produits typiquement montréalais, qui exacerberait notre fierté. Je n’en ai pas trouvé ici, mais j’en ai trouvé ailleurs.

Tout près de Notre-Dame de Paris, il y a une foule de boutique offrant aux passants toutes sortes de produits identifiés à la ville lumière. Malheureusement, plusieurs de ces produits se retrouvent dans toutes les villes d’Europe (et même plus loin!) avec le nom d’une autre ville dessus. Sacs, casquettes, foulards, blocs notes sont ainsi uniformes, mais offerts en plusieurs modèles, selon la ville qu’on visite. Montréal est un trop petit marché pour ces multinationales du tourisme, heureusement, mais c’est quand même ce type de produits qui se trouvent trop souvent dans le Vieux-Montréal, autour de notre église Notre-Dame. Nous pourrions tellement faire mieux!

Comme à Berlin par exemple. Ils ont su, en utilisant leur lumière de passages piétons si typique, créer une marque forte, qui se décline en toute sorte de produits: du tapis d’entrée au coussin de salon. Je n’ai pas résisté, j’ai acheté un chandail. Le Ampelmann est aujourd’hui porté dans le monde entier et décore d’innombrables maisons… À Montréal, pourrions-nous développer un équivalent?

Ampelmann

À Boston, c’est la boutique faisant la promotion de leur compagnie de transport en commun qui m’a renversé: le MBTA gifts. Une mise en marché agressive de la simple carte du réseau m’a fait rêver de ce qu’on pourrait faire ici. Notre réseau n’a peut-être pas l’étendue désirée, mais son image peut offrir de bien plus beaux résultats que ceux de notre voisine américaine… Nous aussi nous pourrions être fiers de notre société de transport! Qui a d’ailleurs, depuis plus d’une dizaine d’année, un crayon promotionnel impossible à trouver pour le commun des mortels, mais que j’aurais acheté en plusieurs copies si j’avais pu le trouver (merci à Marie-Ève, qui m’en a donné un!). Une telle boutique de la STM contribuerait à l’image écolo de Montréal… L’arrivée prochaine du Azur, ce nouveau train de métro, pourrait être un bon moment pour tester le concept. Nouveau métro, nouvelle fierté, nouvelle boutique?

Boston MBTA Gigts

Ailleurs dans le monde, j’ai aussi trouvé des villes dynamiques qui offraient à leurs visiteurs des souvenirs dignes d’être rapportés à la maison. Allant de l’aimant à frigo (à l’effigie de toutes les villes que je visite) à la reproduction miniature de certains édifices touristiques majeurs, et du livre souvenir au petit objet utilitaire à l’effigie d’un endroit que j’ai particulièrement aimé (comme le Mercado de San Miguel de Barcelone), j’accumule une foule de ces souvenirs. À Monaco, j’ai eu besoin d’un parapluie suite à une averse subite, je l’utilise toujours. Un peu plus loin, en Côte d’Azur, je suis tombé en amour avec une petite œuvre d’art vendue à prix mini, elle aussi orne toujours mon salon. Chaque ville qui a su me vendre ses charmes s’est taillé une place dans mon appartement. Et si Montréal en faisait autant?

Heureusement, certaines initiatives montrent la voie, comme les boutiques du Musée d’art contemporain et du Musée McCord. Tourisme Montréal propose aussi 15 boutiques où acheter des souvenirs. Le catalogue Code Souvenir Montréal fait connaître des produits d’exception aux acheteurs institutionnels (et nous permet de les découvrir du même coup). Dans aucun cas on ne parle de boutique qui met de l’avant la « marque » Montréal… Et pourtant, tellement d’entreprises misent sur l’image de notre ville pour se démarquer! Les chandails de Montréalité, les sacs de Entre-Peaux écodesign, les coussins de Monumentalove, les cartes-cadres de iLikeMaps et de Cartopolis méritent, comme de nombreux autres produits qui mettent en vedette la métropole, d’être offerts dans une même boutique (et à plusieurs endroits de la ville!).

À moins de 3 ans du 375e anniversaire de Montréal, qui aura la fibre entrepreneuriale assez forte pour se lancer? Vendre Montréal devrait être de plus en plus facile…

Quelques items à inventer ou réinventer

J’ai déjà mentionné le fameux crayon introuvable de la STM, qui est si spécial (voir la photo ci-dessous ou le site du producteur). Comment se fait-il qu’il ne soit pas en vente? Nous avons déjà de très jolis aimants à frigo, comme mon Stade, mais côté miniatures, nous aurions des efforts à faire… Bien que le Stade et l’Oratoire existent dans un format mini, ils sont difficiles à trouver et mériteraient d’être accompagnés par d’autres édifices marquants, comme Habitat 67. Dans certaines plus petites villes, on fait même des mini-maisons typiques (celle de ma photo vient de Malte). Pourquoi ne pas reproduire des triplex à escaliers extérieurs du Plateau? Je serais preneur.

J’ai aussi parlé de mon petit bol design et utilitaire du marché de Barcelone. Pourquoi ne pas en avoir pour nos Marché publics? Plusieurs céramistes montréalais pourraient être mis à contribution! Nos créateurs nous fournissent déjà de magnifiques sacs, comme ceux de Entre-Peaux…

Enfin, qui dit voyage, dit aussi permission de rapporter de l’alcool. Je reviens toujours de voyage avec des bouteilles de vin, de fort ou de bière. Si la SAQ offre maintenant une belle sélection de produits québécois, qui connaît les alcools qui proviennent de Montréal? Nous sommes pourtant une capitale de la bière! Un autre créneau à explorer pour l’entrepreneur qui osera se lancer dans l’aventure de vendre notre ville aux touristes… et aux Québécois!

Voyages

Publié par : cbernier | 22 octobre 2014

Osez les Galeries

Il y a un mois, deux événements m’ont rappelés à quel point il y a des ressources culturelles qui sont là, au coin de nos rues, sans qu’on ose en profiter… Et pourtant! Si on traverse le mur de nos préjugés, les galeries d’art sont des lieux fantastiques où on peut découvrir l’art tel qu’il se vit actuellement.

En effet, si les musées sont là pour nous rappeler les grands mouvements et les grands moments de l’art, les galeries nous permettent de voir en direct l’art qui se produit aujourd’hui. Sans le filtre des spécialistes et des amateurs qui décrètent le succès ou non d’un artiste disparu. Ceux qu’on nous y montrent sont souvent vivants et évoluent avec nous, au gré des tendances actuelles, ou contre elles.

Ces deux événements qui ont lancés ma réflexion étaient la Nuit des galeries, à Québec (mais qu’on devrait copier à Montréal!), et l’ouverture officielle de Carré d’artiste sur le Plateau, première galerie québécoise de cet important réseau, surtout européen, qui cherche à démocratiser l’art et à le rendre accessible.

Ils m’ont rappelés l’époque où je n’osais pas ouvrir la porte des galeries et où je croyais qu’elles étaient réservées aux acheteurs… Depuis, j’ai appris, en me prenant au piège, qu’elles cherchent au contraire à attirer des gens qui ne pensent pas acheter… Pour, un jour, leur donner le goût d’investir et de s’acheter une œuvre. Je suis passé par là, comme je le raconte dans mon texte Carré d’artistes vs Artothèque. Bien qu’on croit que l’art coûte cher, en fréquentant les galeries, on finit par tomber sur de petits formats qui correspondent à notre budget et qui nous séduisent…

Qui dit art d’aujourd’hui, dit aussi prix d’aujourd’hui. Ainsi, bien que certaines œuvres soient hors de prix pour vous et moi, certaines galeries tiennent en boutique de petits bijoux d’environ 100$. C’est le cas de Carré d’artistes, mais aussi de quelques autres galeries montréalaises.

Mais achat ou pas, nous sommes les bienvenus dans ces lieux d’expositions, qui carburent autant aux ventes qu’aux visites. Les galeries sont des lieux ouverts, qui s’installent dans nos quartiers pour nous intéresser aux artistes qu’ils présentent. Un regard sur le site Galeries Montréal nous permet rapidement de voir qu’elles sont plus de 100 à espérer notre visite. Du Belgo, qui en regroupe beaucoup, à Art Mur, qui s’étale sur plusieurs étages et du Repaire des 100 talents au très moderne et muséal Arsenal, il y en a pour tous les goûts!

Et tant qu’à partir à la découverte, pourquoi ne pas oser vous aventurer à la Station 16 ou chez Fresh Paint, deux galeries atypiques, qui présentent des artistes du « street art »? Les galeries d’art ne se limitent en effet pas à l’art traditionnel ou institutionnel, elles nous offrent toutes les couleurs du monde d’aujourd’hui.

En cette fin d’octobre plutôt gris, oserez-vous aller les voir?

Publié par : cbernier | 14 octobre 2014

Mes limousines

Je dis souvent à la blague que j’ai une foule de limousines en ville, qui peuvent passer me chercher n’importe où, à n’importe quelle heure… Et que je les préfère bleues.

À la lecture du texte À ceux qui croient que l’autobus n’est bon que pour les pauvres… du blogue Survivre à Québec, je me suis dit que c’était là un texte que j’aurais aimé écrire.

En prenant l’autobus, je fais aussi le choix d’être libre. Marcher et pédaler me garde en forme. Je n’ai pas peur de marcher un kilomètre avec deux sacs d’épiceries et cette énergie me permet de grimper des montagnes, bref d’aller où je veux. … je peux fréquenter la ville librement sans devoir inévitablement retourner à ma voiture pour la récupérer.

À la réflexion, je vais l’écrire mon texte, moi aussi, puisque ma vision du transport en commun est complémentaire de celle décrite dans celui du blogue Survivre à Québec (allez le lire au complet, il est vraiment bon!).

Savoir nommer les choses

En 2011, lorsque la STM avait lancé son concours pour nommer les futures rames de métro (que nous devrions commencer à voir sous peu) j’avais soumis le nom « Limo ». Pour moi, c’était celui qui permettait le mieux de revoir la perception des usagers sur notre métro, en leur rappelant qu’ils profitent d’un véhicule avec conducteur, disponible et confortable, qui les laisse libre de somnoler ou de lire, sans trop se préoccuper du trajet. Le nom retenu a plutôt été Azur…

Depuis un mois, la STM a quand même fait un pas dans la bonne direction, avec sa campagne « 100% plus libre », qui rappelle certains avantages indéniables du bus et du métro.

visuels_lire  visuels_stationnement

Évidemment, rien n’est jamais parfait, mais entre chercher un stationnement, devoir aller au garage, faire le plein continuellement, subir les embouteillages et avoir peur de vivre un accident au volant de ma voiture, je préfère laisser toutes ces responsabilités à mes chauffeurs désignés de la STM.

Avec les taxis et les bixis en complément, tous mes besoins de déplacements sur l’île sont couverts! Sur l’île… Car il faut avouer qu’il est un peu plus difficile de gérer mes déplacements en région. Hors de l’île, les « limousines » se font plus rares… Il faut parfois redevenir conducteur, ou en trouver un par nous-même.

Et pourtant, je réussi toujours à me débrouiller. Ici, mais encore plus en Europe. Un voyage dans le vieux continent montre à quel point un réseau de transport en commun peut être développé pour permettre de parcourir n’importe quelle région, qu’elle soit éloignée, en montagne, en pleine mer ou inaccessible par la route, il y a toujours un moyen de s’y rendre. C’est toujours une expérience fascinante.

Mais revenons à mes limousines en ville. Je les aime aussi pour une raison pratique : c’est grâce à elles si je peux voyager! En effet, le CAA rappelle année après année que les gens sous-estiment le coût annuel d’une voiture personnelle. Une voiture compacte coûte en moyenne 9500$ par année… Ma Carte OPUS, moins de 875$. Je libère donc des milliers de dollars qui me permettent de découvrir le monde en toute liberté.

Alors, ici comme ailleurs, je préfère toujours voyager en limousine ;)

Publié par : cbernier | 1 octobre 2014

Marcher la ville

Depuis samedi dernier, je peux enfin dire que j’ai visité tous les arrondissements et toutes les villes de l’île de Montréal. Ça nous aura pris 5 ans, à moi et mon chum, pour atteindre cet objectif. Parti d’un simple désir de se promener dans notre ville, ces circuits, en se multipliant, sont devenus un défi : visiter tous les quartiers de l’île et en rapporter un album photo, pour le partager sur Facebook. 126 promenades plus tard, regroupées dans 52 albums photos d’autant de coins de notre île, je peux aujourd’hui dire « mission accomplie! ».

Évidemment, ce n’était pas notre projet lorsque nous sommes partis pour notre première promenade-découvertes, le 9 mai 2009, dans Notre-Dame-de-Grâce. J’avais gardé du 350e anniversaire de Montréal une série de 4 brochures produites par Héritage Montréal, intitulées Patrimoine en marche, qui proposaient 16 circuits auto-guidés dans les quartiers de la ville. Pour les premières fois, c’était notre base.

Nous partions à la découverte du patrimoine de notre ville, mais aussi à la découverte de nous-même. On apprend à se connaître et à connaître l’autre en voyage, mais c’est aussi vrai lors de longues promenades dans des quartiers qu’on ne connaît pas. Parcourir la ville permet d’enrichir une relation, de faire ressortir les intérêts de l’autre, d’expérimenter. C’est aussi une porte ouverte vers d’autres ambiances, d’autres lieux, qui permettent de profiter pleinement de la vie en ville. Il y a une richesse infinie dans les caractéristiques de chaque quartier, des ressemblances aussi. Alors quand vient le temps de sortir, de changer d’air, plus on connaît notre ville, plus on peut trouver l’endroit idéal pour répondre à nos besoins.

Samedi dernier, notre 126e promenade nous amenait pour la 1ère fois à Kirkland. Nous y avons découvert une grande sculpture-fontaine de Charles Daudelin, un artiste québécois qui a aussi créé le trophée des Jutras. Kirkland était la dernière ville de l’île où nous n’étions pas encore allés… De là, nous avons décidé d’aller profiter de l’écluse de Sainte-Anne-de-Bellevue et de sa promenade, bordée de terrasses. Une ambiance de village qui épousait à merveille l’une des dernières soirées de chaleur de l’année. Et au retour, nous nous sommes arrêtés dans le Sud-Ouest, où l’autobus nous débarquait, pour profiter d’une autre terrasse sur la rue Notre-Dame Ouest, pour prendre un verre. Évidemment, ces lieux avaient été préalablement découverts lors de précédentes ballades sur l’île…

Je vous le disais plus haut, ces visites servent aussi, et maintenant surtout, à nous permettre de profiter des ressources de la ville. Ainsi, pour répondre à notre goût de nature dimanche dernier, les berges de Cartierville étaient parfaites. Nous y avons croisé une grosse tortue qui se faisait chauffer au soleil, puis au Bois-de-Liesse, une couleuvre nous a surpris et une grenouille des bois a tout fait pour qu’on ne la voit pas. Sans parler de la découverte du Sentier des attraits, une animation ludique en pleine forêt, qui nous parle de ses habitants… Si nous avions voulu une ambiance à la New Yorkaise, j’aurais proposé la rue Monkland (ses escaliers de secours en façade m’ont toujours fait pensé à un de mes séjours dans la métropole américaine), près de la station de métro Villa-Maria. Pour revoir des splendeurs architecturales de notre passé, je serais probablement resté dans Hochelaga-Maisonneuve (le secteur Maisonneuve, avec ses édifices grandioses comme le Marché, vaut le détour!)…

Vous pouvez voir ces découvertes, ces ambiances, à travers les albums-photos que je partage ici aussi, mais surtout à travers les palmarès montréalais thématiques que j’ai constitué au fil du temps. Mon texte Artères commerciales : pour une vraie vie de quartier offre aussi un accès à plusieurs textes sur ces services de quartier qui peuvent aussi bien desservir tous les Montréalais…

Devenez explorateurs à votre tour

Si vous avez le goût de découvrir la ville, vous avez besoin de deux outils : internet (vous l’avez déjà!) et une carte du réseau de la STM (disponible dans toutes les bonnes stations de métro). La voiture peut faire office de complément, mais je ne l’ai pas testé. Je vous le disais plus haut, mes premières explorations étaient basées sur les 4 brochures produites par Héritage Montréal, Patrimoine en marche. Ce serait vraiment bien qu’ils en fassent une nouvelle version pour le 375e anniversaire de Montréal! Mais d’ici là, il faudra vous reposer sur les outils disponibles sur Internet.

En général, la mairie d’arrondissement ou de la ville est un bon point de départ. C’est devant celle de Kirkland que j’ai découvert la grande sculpture-fontaine dont je vous parlais plus haut… Les autres édifices publics et les parcs, identifiés sur les sites des arrondissements ou des villes, sont aussi de bons lieux pour faire des découvertes. Des sites spécialisés, comme celui sur l’art dans le métro, sur l’art public ou cette ressource sur les bâtiments historiques et les gratte-ciels peuvent vous aider. Héritage Montréal n’offre peut-être pas ses brochures sur internet, mais elle offre l’outil Mémorable Montréal, qui peut aussi vous donner des lieux d’intérêt à visiter. Il ne vous reste qu’à les situer sur la carte papier du réseau de la STM pour constituer votre trajet. Mais rendu sur place, n’hésitez pas à improviser, pour explorer véritablement!

La ville est votre terrain de jeux, pourquoi vous limiter à un, deux ou trois quartiers? Le palmarès des meilleurs quartiers de Montréal, publié ces jours-ci par le journal Métro, montre l’intérêt de plusieurs d’entre eux. Je suis sûr que vous y trouverez l’inspiration nécessaire pour débuter. Sur les 40 quartiers de Montréal étudiés, 18 ont obtenus la note de passage ou plus (les critères évalués allaient de la beauté architecturale à l’intérêt des parcs et de la présence de bars et restaurants de qualité au facteur « cool », vous assurant une promenade agréable).

Oserez-vous partir à la découverte de votre île aux trésors? Une chose est sûre, moi je continu! Et je vous partagerai ici mes découvertes, comme je le fais toutes les semaines depuis maintenant plus de 3 ans.

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En complément, vous pouvez relire mon texte Recette pour aimer sa ville, publié initialement le 14 décembre 2011.

Publié par : cbernier | 24 septembre 2014

De chemin de fer à chemin vert

Dimanche passé, le dernier tronçon du High Line Park de New York était inauguré. Ce magnifique sentier, construit sur les restes d’un chemin de fer surélevé qui traverse une partie de la ville, est maintenant emprunté par près de 5 millions de visiteurs par années. 15 ans après le début des travaux, qui ont nécessité des investissements publics et privés de 223 millions de dollars, c’est l’une des attractions les plus courues de New York, autant par les touristes que par les New-yorkais eux-mêmes.

À pareille date l’an dernier, Paris inaugurait un sentier de 1,3 km, empruntant l’ancienne voie ferrée qui contourne la ville : la Petite-Ceinture. À terme, ce sont 23 km de rail qui laisseront place aux promeneurs du dimanche. Un autre exemple inspirant de conversion de chemin de fer en chemin vert. La Ville Lumière n’en est pas à ses débuts à ce titre, puisqu’elle a montré la voie, dès 1993, avec l’inauguration de la Promenade Plantée : un corridor vert de près de 5 km, aménagé sur les restes d’un chemin de fer surélevé qui traverse une partie de la ville… Bien avant le High Line.

À l’image de ces deux villes phares, Montréal a-t-elle une occasion de procéder à la requalification d’une telle voie ferrée abandonnée? Je ne crois pas, puisqu’aucune ligne de chemin de fer surélevée n’est à l’abandon ici. Mais ça ne nous empêche pas d’avoir un projet significatif, au sol, sur le point d’être inauguré dans l’Est de la ville : l’Antenne-Longue-Pointe.

Ce parc linéaire d’environ 0,5 km, actuellement en cours de travaux, devrait nécessiter des investissements de 3,2 millions de dollars. Il permettra de relier le Marché Maisonneuve à la rue Viau, en empruntant une ancienne emprise ferroviaire abandonnée. La beauté de ce projet, c’est qu’il est le premier jalon d’un corridor de transport actif qui devrait, à terme, se prolonger de quelques kilomètres vers l’Est. Un véritable corridor vert se construit donc, ces jours-ci,  pour les habitants de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve:

Antenne2  Antenne1

Rien à voir avec les grands chemins verts de New York et Paris… Mais avec ses nouveaux aménagements, ses bassins de rétention pour l’eau de pluie, ses nouveaux arbres et arbustes, c’est quand même toute une nouvelle qualité de vie qu’on offrira aux voisins de l’Antenne-Longue-Pointe. Déjà apprécié de plusieurs, comme en témoigne ce texte du blogue Tellement Swell, l’aménagement de l’Antenne devrait être terminé d’ici quelques semaines.

L’arrondissement n’en est pas à son premier projet du genre, puisqu’il inaugurait, cet été, l’ajout de deux tronçons à la Promenade Luc-Larrivée, elle aussi construite sur les restes d’un chemin de fer. Avec en son centre la Place Valois, inaugurée en 2004, elle s’étend en forme de S dans le quartier environnant, sur 0,6 km, de la rue Joliette (au Sud d’Ontario) à la rue Jeanne-d’Arc (au Nord d’Ontario). Très jolie, avec certains rappels à son passé ferroviaire, elle a nécessité des investissements de 4,6 millions de dollars et a radicalement changé la vie des gens du quartier. C’est aussi, à mon avis, une Promenade qui mériterait d’être découverte par les Montréalais des autres quartiers. Pour son aménagement de qualité, parce qu’elle permet de découvrir une artère commerciale dont plusieurs commerces valent le détour (j’ai déjà parlé de certains pour leurs déjeuners, leurs cocktails ou leurs bières) et parce qu’elle offre un regard inédit sur un des monuments emblématiques de la ville : le Stade Olympique.

Promenade Place Valois  Promenade Luc Larrivée

Autre réalisation montréalaise de recyclage d’une voie ferrée : le Parc du Premier-Chemin-de-Fer, dans l’arrondissement Le Sud-Ouest, est saisissant. De la station de métro Lionel-Groulx à un coin de rue de la station Place-Saint-Henri, il offre aux passants un sous-bois en pleine ville! Je n’ai pas réussi à retrouver son histoire, mais il aurait été inauguré dans les années ’90… Ce corridor vert, naturel, mériterait d’être mis en valeur. Par exemple, il suffirait de verdir une partie du stationnement qui est situé entre la station et la rue Place-Saint-Henri pour que le parc fasse le pont entre cette station de métro et celle de Lionel-Groulx. Une signalisation, pour y inviter les visiteurs moins familiers avec le quartier, pourrait aussi aider. En effet, à moins d’habiter le secteur, il n’est pas évident de trouver l’accès à ce petit trésor, et encore moins de savoir où ce sentier nous mènera.

Parc du Premier Chemin de Fer

Enfin, je pourrais difficilement ne pas mentionner la piste multifonctionnelle, construite sur une partie de l’emprise de la voie du CP dans La Petite-Patrie, dont je vous ai parlé dans Les lignes de désir du CP et, indirectement, en parlant de son voisinage dans Du Jardin du Crépuscule au Champs des Possibles. Un autre exemple d’aménagement de proximité, qui montre que Montréal a aussi d’intéressants projets de transformation de ces espaces délaissés.

Toutefois, contrairement à New York ou Paris, nous n’avons pas encore su profiter de telles transformations pour nous doter de lieux suffisamment emblématiques pour devenir des références qui rayonnent à l’international. Je suis pourtant convaincu que les différents chemins verts dont je viens de vous parler pourraient, avec un peu d’ambition et de moyens, atteindre ce statut (en misant sur une caractéristique qui nous serait propre, par exemple). Entre temps, ils n’en sont pas moins de magnifiques espaces publics pour leur quartier, prêts à être découverts par tous les Montréalais. Ne vous privez pas de ce plaisir!

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*Je tiens à remercier mon chum, qui a identifié le potentiel de ce sujet, effectué une pré-recherche et, même, trouvé le titre de ce texte.

Publié par : cbernier | 16 septembre 2014

Une fiction montréalaise: Hiver nucléaire

Il y a pratiquement 1 an, je me demandais: Montréal est-elle une ville de BD? J’en arrivais rapidement à une conclusion : oui! Le 11 septembre dernier, une nouvelle occasion de le démontrer m’était offerte, avec le lancement de Hiver Nucléaire, de Caroline Breault (CAB). L’an dernier, c’était un projet web, avec une page de BD qui s’ajoutait par semaine. Aujourd’hui, c’est un livre, qu’on peut tenir dans nos mains. J’avais suivi l’aventure sur le web, mais j’avoue avoir un faible pour le papier.

Ainsi donc, le 11 septembre dernier, je suis allé au lancement de cette histoire, dont la prémisse est l’explosion d’une hypothétique centrale nucléaire Gentilly-3, construite à Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles. En résulte un hiver qui ne veut plus finir, avec toutes les conséquences que seule l’imagination de l’auteure peut inventer… Tempêtes qui se succèdent et résistance des Montréalais, qui préfèrent rester dans leur ville que de l’abandonner à son triste sort.

Les images que CAB nous en fait sont fascinantes. À quelques semaines de notre annuel hiver, elles le sont encore plus. On s’y reconnaît, au milieu d’une bordée de neige, au cœur du Plateau. L’auteure cherche à créer ce rapprochement, s’amusant à multiplier les références à la vie de quartier qu’on peut réellement y observer. En plus, une foule de détails discrets ponctuent son récit, comme le panneau « déneigement de janvier à janvier » inséré en page 9. Évidemment, la réalité est détournée, pour le besoin de la BD, et l’ensemble est franchement bien réussi, comme l’évolution qu’elle a imaginée des ratons-laveurs du Mont-Royal (dont je vous présentais la vraie existence ici).

J’avoue avoir dévoré cette bande-dessinée. Je suis passé à travers le soir même, profitant de chaque ligne de texte (je riais tout seul à certains moments), prenant le temps de savourer chacune des images (vraiment inspirées de la ville réelle). Je l’ai évidemment terminé trop rapidement à mon goût, me prenant à rêver de la suite… Car il y là matière à une série! Un univers déjà riche en personnages, avec un petit bestiaire à la fin (les fameux ratons-laveurs, mais pas seulement eux…) qui pique notre curiosité, une ville de Montréal imaginaire vraiment intéressante et un humour très sympathique. Évidemment, l’histoire se termine sur une fausse fin, qui laisse sous-entendre que d’autres aventures sont à venir.

Ce serait bien. Car on se trouve, avec cette BD, dans une histoire agréable de jeunes adultes qui font le choix de rester à Montréal malgré un hiver qui n’en finit plus et malgré les effets des radiations de l’explosion nucléaire hypothétique du début du récit. On y découvre des Montréalais fiers, qui ne quitteraient pas leur île pour rien au monde, et des images magnifiques de ce Montréal imaginaire, qui nous poussent à avoir un regard plus doux sur nos rigoureux hivers…

Comme adulte, ça faisait longtemps que je n’avais pas été séduit par une BD, mais j’avoue, cette fois-ci, j’ai été conquis!

Hiver nucléaire

Hiver Nucléaire, de CAB, est publié dans la collection Anticyclone de Front Froid et est disponible dans toutes les bonnes librairies.

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En terminant, j’ai été agréablement surpris du remerciement au programme Outiller la relève artistique montréalaise inclut à la fin de la BD. Agréablement surpris de voir que ce programme avait rendu possible, en partie, la publication de cette magnifique BD, mais aussi agréablement surpris qu’on prenne la peine de le mentionner… Un coup de pouce nécessaire, qui facilite l’éclosion de nouveaux talents, j’en suis convaincu.

Publié par : cbernier | 9 septembre 2014

Mon regard sur le Parc des Rapides

1 Ville, 19 arrondissements, une multitude de quartiers et de parcs…

Dans ce 10e album, je vous invite à découvrir le Parc des Rapides, à LaSalle, un magnifique parc que mon chum m’a fait découvrir il y a 5 ans. Entre la berge, les quenouilles et les îlots qui s’égrènent dans le fleuve, cette zone de conservation naturelle unique multiplie les spectacles sensationnels. La faune, la flore et les éléments se mettent de la partie pour nous en mettre plein la vue… À condition de s’y rendre ;)

Car le parc n’est pas particulièrement bien desservi par le transport en commun. Pour s’y rendre, il faut descendre à la station de métro de L’Église, et prendre l’autobus 58 (vaut mieux demander au chauffeur de nous avertir lorsqu’on est arrivé à destination, la première fois…). La piste cyclable est aussi une bonne option, et il y a même 2 stations Bixi a proximité. Puis il y a la voiture, pour ceux qui ne peuvent pas faire autrement.

Une fois arrivé, vous comprendrez rapidement que le voyage en valait la peine! Lors de la création de mon album-photos, en 2009, j’écrivais « Bienvenue dans l’un des plus beaux parcs de Montréal »! Je le pense toujours. Ces rapides, qui avaient fasciné Jacques Cartier en 1535, sont toujours aussi impressionnants aujourd’hui, comme la nature qui les encadre.

Puis il y a les activités humaines qui ajoutent au charme… Les vagues permanentes attirent une communauté de surfeurs qui se donnent en spectacle même par temps plus froid. On y voit des kayakistes de rivière et même des gens en moto marine, qui profitent eux aussi de la vague pour faire des sauts hors de l’eau! Sans parler adeptes de surf debout (Stand Up Paddle)… Un spectacle en continu, très diversifié et parfois particulièrement intense!

Pour les amateurs de plaisirs plus calmes, l’observation des oiseaux est particulièrement facile dans ce parc. Refuge d’oiseaux migrateurs, on y dénombre plus de 225 espèces d’oiseaux, dont ceux qui nichent à l’île aux Hérons : les bihoreaux gris et les grands hérons. Vous êtes presque sur d’en voir tellement il y en a! Moins faciles à observer, le site héberge aussi des tortues et plusieurs autres espèces animales. La présence de guides animaliers de l’organisme Héritage Laurentien aide à mieux profiter des richesses du parc.

Avec les humains, les oiseaux et les autres animaux qui s’y donnent en spectacle, à la fin septembre-début octobre, c’est au tour des arbres de se faire remarquer, lorsqu’ils prennent des couleurs, comme le jaune intense et le rouge vif… Ils créent alors des paysages fantastiques. Pour voir tout ce que vous ratez en n’y allant pas, cliquez sur l’image ci-dessous pour accéder à mon album-photos du Parc des Rapides:

Parc des Rapides

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Si vous êtes curieux de voir aussi des photos de l’arrondissement LaSalle, cet autre album-photos, qui contient plusieurs photos des berges, pourrait vous intéresser…

Parcourez Montréal, jouez aux touristes! C’est tellement agréable d’emprunter le regard des autres sur notre ville, d’en découvrir les qualités et, surtout, d’en profiter…

Bonne visite!

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Découvrez aussi mon regard sur :

Publié par : cbernier | 29 août 2014

Ville souterraine

Du 24 au 26 septembre prochain, à Séoul, se déroulera la 14e conférence mondiale de l’Association des Centres de recherches sur l’Utilisation Urbaine du Sous-sol (ACUUS), une organisation internationale basée à Montréal. Même si nous croyons avoir sous nos pieds la plus grande ville intérieure du monde, malgré ses 33km de tunnels et ses 225 000 utilisateurs quotidiens en semaine, Montréal n’aura plus la première place dans ce domaine pour encore longtemps…

Toronto, notre habituelle rivale, nous a maintenant rattrapés sur plusieurs critères, comme celui du nombre de km, et elle poursuit son développement! Elle n’est pas la seule à étendre son réseau, car ce sont maintenant plus de 55 villes, en Amérique du Nord seulement, qui ont une vie souterraine organisée. L’intérêt pour ces structures urbaines est très grand en Asie aussi, comme le démontre l’organisation, par l’ACUUS, de sa conférence internationale à Shenzhen en 2009, à Singapour en 2012 et à Séoul dans quelques jours.

L’idée de vivre en partie en sous-sol n’est pas nouvelle. On pourrait même dire qu’elle date de la préhistoire, mais malgré cette existence de longue date, trop de Montréalais pensent encore aujourd’hui que notre ville souterraine est une lubie des années 60, anachronique et dépassée. Ce qui est loin d’être le cas si on se fie aux développements de ce type de constructions, souvent inspirées par… Montréal! Alors, que voulons-nous: ignorer une caractéristique de notre ville qui la fait rayonner à l’international ou maintenir notre avance dans ce domaine et valoriser cet acquis?

Une ville dans la ville

Pour commencer, il serait bien de reconnaître que notre ville souterraine a des particularités qui en font, encore aujourd’hui, un modèle. Peut-être imparfait aux yeux de plusieurs, mais tout de même attrayant, avec ses places, ses atriums, ses fontaines. Au moment où les plus grands spécialistes de ces questions se réunissent à l’autre bout du monde, je vous propose de rêver un peu à ce que pourrait être notre Montréal souterrain si nous y investissions un peu de notre créativité. Car il y a dans notre RÉSO tout un potentiel qui ne demande qu’à être développé.

Par exemple, comme le faisait le projet ARS Natura il y a quelques années, en utilisant la rotonde à l’intérieur de la station Square-Victoria pour faire connaître, avec des vidéos immersives, les Muséums nature (devenus depuis Espace pour la Vie). Ces vidéos, qui ont fonctionné jusqu’en 2008 environs, étaient clairement en avance sur leur temps! Comme la ville souterraine, l’extraordinaire espace de la rotonde, surtout connu pour ses échos, offre encore aujourd’hui un terreau fertile pour n’importe quel créateur… Il suffirait de l’exploiter.

D’autres projets pourraient facilement être développés en sous-sol, comme des concerts sur l’heure du midi l’hiver, des marchés ambulants l’été, ou, pour se rappeler le bon vieux temps où il y avait une bibliothèque municipale au cœur de la station McGill, ajouter des bibliothèques libre-service (comme celles dont je parlais il n’y a pas si longtemps) dans les stations les plus achalandées du métro. Des idées pour animer « la ville dans la ville », je suis convaincu qu’il y en a autant qu’il y a d’utilisateurs! Vous, quelle est votre idée pour améliorer nos souterrains?

S’y retrouver

Une des propositions que j’ai souvent vu être mise de l’avant est celle de nommer les lieux les plus connus du réseau souterrain. La rotonde, par exemple, pourrait gagner une majuscule et un nom… Le corridor menant de la station Berri-UQAM à la rue Saint-Denis pourrait devenir le Corridor-du-Quartier-Latin. Évidemment, nommer les lieux viendrait avec une certaine exigence de signalisation. Ça simplifierait la vie de bien des gens qui se donnent rendez-vous sous terre si les lieux avaient un nom.

Quand j’étais jeune, on savait que, lorsqu’on avait rendez-vous à « la cenne », c’était le banc rond au centre de la station Berri-UQAM, entre les tourniquets (d’autres l’appellent « la puck »). Personne n’avait besoin de spécifier que c’était dans le métro, même si la cenne en question était à au moins 5 stations de notre lieu de résidence.

En plus de désigner des noms aux endroits emblématiques du métro, on pourrait aussi penser à un mobilier urbain typique, utilisé dans tous les souterrains pour marquer le chemin entre les différentes parties du réseau. Ces bancs, poubelles et poteaux signalétiques pourraient en plus offrir des indications précises sur leur environnement immédiat. Et s’ils partageraient le même design, il suffirait de les suivre pour passer d’un espace à un autre, comme autant de repères.

Il y a déjà eu un projet de doter le Montréal souterrain de bornes interactives d’information pour les visiteurs (il y a environ 12 ans). Un autre projet nettement en avance sur son temps, qui n’a pas été réalisé celui-là, mais qui devient, avec les technologies d’aujourd’hui, un projet sensé…

En effet, pourquoi ne pas penser à une application, disponible sur nos téléphones intelligents, qui permettrait de se retrouver dans nos sous-sols? Une application qui donne accès aux petits bijoux du réseau, comme les Cours Mont-Royal (et son grand escalier utilisé pour des défilés de mode), le hall du 1000 de la Gauchetière (et sa belle vue du haut de son escalier roulant), les espaces souterrains de la Place-des-Arts ou les surprenants corridors sous la Caisse de Dépôts et de Placements?

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On pourrait même greffer à cette application de l’information sur les espaces extérieurs accessibles à quelques pas du souterrain, comme le jardin caché du Complexe Guy-Favreau, le toit vert du Hilton-Bonaventure (et ses arbres de près de 50 ans!), l’esplanade de la Place Ville-Marie et j’en passe…

On pourrait ainsi élaborer de véritables circuits touristiques, dignes de ce nom, à proposer aux milliers de visiteurs qui s’obstinent à passer quelques heures de leur périple à Montréal sous la terre. Ou pour faire redécouvrir aux Montréalais et aux gens des banlieues qui travaillent au centre-ville ces espaces mal aimés…

Puis un jour, à la lumière de cette circulation nouvelle entre la surface et les sous-sols, nous pourrions identifier les chaînons manquants essentiels au bon fonctionnement du réseau, à sa connexion avec la surface, et penser à poursuivre son développement par des tunnels, mais aussi par des accès directement aménagés en surface, pour répondre aux besoins d’activités d’un centre-ville vivant, été comme hiver, par beau ou par mauvais temps.

La plus grande galerie d’art en ville

Peu de gens le savent, mais il se cache en plus dans les souterrains de Montréal, une richesse artistique insoupçonnée. Digne des plus grands musées… Sans même parler de l’immense et très riche collection de la STM, je pense par exemple au mobile Solstice de Molinari, au magasin Simons, à Nature légère de Cormier, au Palais des Congrès, aux nombreuses œuvres du hall de la Tour de la Bourse ou au morceau du Mur de Berlin dans la ruelle des Fortifications (maintenant couverte) du Centre de Commerce Mondial de Montréal, pour ne mentionner que quelques exemples…

aDSCN3252Il faudrait aussi ajouter les nombreuses fontaines, comme celle qui domine le miroir d’eau (photo ci-contre) à quelques pas du mur de Berlin, ou comme celles des centres commerciaux, accessibles par le réseau souterrain. Une fois toutes ces informations ajoutées à une application mettant en vedette le Montréal souterrain, je suis persuadé que nous serions épatés par la qualité de notre sous-sol. Et qu’il serait justifié d’aller chercher le Record Guinness de la plus grande galerie d’art souterraine au monde.

Mettre en valeur cet aspect du Montréal souterrain viendrait de plus renforcer l’initiative d’Art Souterrain, ce fameux festival qui me marque chaque année et qui a été l’élément déclencheur pour la rédaction de mon premier texte sur ce blogue… Cet événement d’hiver qui marie l’art contemporain, l’architecture et la ville souterraine, donne un souffle nouveau à nos corridors. Il les met en valeur, les exploite, les détourne, pour nous en mettre plein la vue, année après année. Une initiative unique et exceptionnelle qu’il faut encourager !

Le festival Art Souterrain, l’application culturelle et le titre de « record Guinness » pourraient, avec d’autres projets, modifier durablement et surtout positivement notre perception de la vie en sous-sol. Je l’ai déjà écrit, l’homme est un habitué des cavernes et c’est d’ailleurs là qu’il a produit ses plus vieilles œuvres d’art connues, comme celles des grottes de Lascaux (l’exposition du Centre des Sciences sur ses chefs-d’œuvre se termine d’ailleurs dans quelques jours !)

Miser sur nos forces

Si le passé est garant de l’avenir, le développement de la ville souterraine se poursuivra, à Montréal comme ailleurs. Le raccordement de l’immense complexe hospitalier du CHUM, actuellement en construction autour de la station de métro Champ-de-Mars, ajoutera d’ici peu un nouveau segment à notre réseau. D’autres suivront inévitablement, alors pourquoi ne pas miser sur cette facette qui démarque Montréal à l’international? Pour laquelle notre ville a une certaine reconnaissance?

Toronto pourra nous dépasser pour ce qui est du nombre de km, elle ne pourra pas rattraper nos cinquante ans d’aménagement, d’enrichissement de notre souterrain par l’art et la qualité de nos espaces publics sous terre. Profitons-en! Il y a tellement à voir que certains organismes, comme Kaleidoscope et Guidatour, proposent des visites du Montréal souterrain. Il est toujours bon de jouer un peu au touriste dans notre propre ville, pour la voir avec ces yeux nouveaux et en redécouvrir les richesses.

Car avouons-le, lorsqu’on visite nous même d’autres villes, on cherche à découvrir des lieux qu’on ne connaît pas, qui n’existent pas chez nous. Je l’ai fait lorsque je suis allé à Hong Kong, en découvrant avec fascination le réseau de passerelles aériennes développé pour nous permettre de passer au-dessus de la route qui traverse son centre-ville. Ce n’était pas beau, mais c’était différent. Et j’ai aimé y circuler, voir comment ils avaient pensé leur ville, me questionner sur la place du piéton face à l’automobile… Ce sont ces expériences que cherchent les touristes, et ils les trouvent aussi dans notre ville souterraine.

Alors, arrêtons de bouder cet atout qui est sous nos pieds et développons-le! Il y a là tout un potentiel à exploiter, pour notre qualité de vie comme pour attirer des touristes. Rêvons un peu et utilisons notre créativité pour montrer au monde que les champions du développement de la ville souterraine ne sont pas à Shenzhen, Singapour ou Séoul, mais bel et bien à Montréal!

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Pour poursuivre votre réflexion, je vous propose les livres suivants :

Et le site internet de l’Observatoire de la ville intérieure

Enfin, pour rêver encore plus, je vous propose de visionner cette vidéo sur un projet de parc en souterrain à New-York qui montre qu’il n’y a pas de limites à l’imagination: le Lowline Underground Park

Publié par : cbernier | 20 août 2014

Des aéroports extraordinaires

Mes voyages m’ont permis de voir plusieurs aéroports, depuis mon premier vol il y a plus de 20 ans. Bien qu’on dise que tous les aéroports du monde se ressemblent, il y en a certains qui se démarquent par de petits détails à l’intérieur, quelques-uns qui osent une architecture audacieuse et de très rares qui s’ouvrent sur l’extérieur… Je vous propose un tour du monde de ces aéroports qui ont su se démarquer suffisamment pour se retrouver dans mes carnets de voyage, agrémenté de mes rêveries pour voir notre aéroport briller parmi les plus beaux de la planète. Prêts pour le décollage?

Première escale : l’intérieur

Ce qui crée le plus l’impression que tous les aéroports sont pareil, c’est leur intérieur. La sécurité, le « Duty free » à l’arrivée dans la zone internationale, les mêmes boutiques de luxe, les mêmes comptoirs-lunchs ou presque. Mais de plus en plus d’aéroports cherchent à se démarquer, ce qu’on fait aussi à Montréal. L’arrivée de la microbrasserie Archibald (de Québec) en est une des démonstrations, tout comme le comptoir de produits de l’érable, même s’il verse trop dans le folklorique. Cette volonté de prolonger l’expérience du voyageur, même à l’intérieur de l’aérogare, est une des belles façons de se démarquer. La gastronomie québécoise offre tout un potentiel de ce côté…

À l’inverse, l’aéroport de Hong Kong m’a surpris par son désir de me faire sentir chez moi, alors que j’étais en Asie. En effet, mon dernier repas dans cette ville s’est fait dans un restaurant de l’aérogare qui avait au menu des plats de partout, dont notre poutine! Il fallait oser! Quelle que soit la stratégie, ce qui compte, c’est de marquer le voyageur avec une offre unique. J’ai été touché de trouver de la poutine à l’autre bout du monde et j’entends bien profiter du Archibald lors de mon prochain départ de Montréal.

Le design intérieur est aussi une tendance forte des rénovations d’aérogare. Les grands divans ont fait leur apparition à plusieurs endroits, tout comme de petits détails qui font sourire. Par exemple, la signalisation des toilettes. Comme une image vaut mille mots, voici la photo des portraits géants (du plancher au plafond!) indiquant l’entrée des toilettes de New Delhi et le pictogramme joliment adapté d’Honolulu :

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Nous avons la chance d’avoir, à Montréal, le siège de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Des panneaux historiques installés à Honolulu m’ont fait penser qu’il y aurait là une autre idée à exploiter… Pour faire rayonner la présence de cette agence de l’ONU à Montréal, pourquoi ne pas produire une exposition sur le thème de l’aviation civile pour notre aérogare? Et souligner la présence des autres agences de l’ONU à Montréal, par la même occasion?

Deuxième escale : le bâtiment

Ils sont très rares les aéroports qui n’ont pas l’air d’une boite à chaussure vu de l’extérieur. Montréal n’échappe pas à la règle, malheureusement. Toutefois, de petits aéroports régionaux montrent qu’il est possible de jouer d’audace quand vient le temps de rénover ou de construire un nouvel édifice.

Pour cacher sa « boite à chaussure », l’aéroport de Split, en Croatie, s’est installé un ingénieux système de parasols qui fait office de marquise. Cet accueil fait sensation chez les voyageurs et fait oublier qu’on se trouve dans un minuscule aéroport. Beaucoup plus exubérant, l’aménagement d’une gare de TGV à même l’aéroport de Lyon a créé un des plus beaux édifices du genre à mon avis. La configuration de l’ensemble, qui évoque un oiseau, est spectaculaire. Si vous avez lu mon texte L’architecture comme moteur de développement, vous savez que je rêve qu’on se dote de plus d’édifices marquants. Notre aéroport pourrait-il y contribuer?

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Troisième escale : l’extérieur

Tous les aéroports du monde sont des lieux fermés, climatisés, des cages de verre. Tous? Hé bien non! Il y en a qui résistent, dans le Sud, et qui nous donnent accès à un café-bistro sur le toit, comme à Malte, ou qui peuvent être beaucoup plus impressionnants, comme la cour intérieure de l’aéroport d’Honolulu. En effet, le grand jardin que l’aéroport international d’Hawaï offre à ses touristes est une pure merveille. Dans une grande cour triangulaire entourée de bâtiments de l’aérogare, en zone internationale donc à quelques pas de notre avion, on nous offre de prendre un dernier bain de soleil, au milieu d’une forêt luxuriante d’un côté, ou d’un jardin zen de l’autre. Fantastique! Tellement qu’on en vient à avoir peur de manquer notre avion.

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Je vous entends penser : « oui, mais nous, il y a l’hiver! » Évidemment, mais loin d’empêcher l’aménagement d’une cour intérieure à l’aéroport de Montréal, ce changement de saison en ferait une attraction différente à chaque passage. J’ai déjà lu un texte très intéressant sur l’aménagement d’une cour pour qu’elle soit à son meilleur chaque saison, profitant des feuilles rouges et jaunes l’automne, de conifères remplis de neige et d’arbres à petits fruits persistants l’hiver… Avouez que ce serait agréable de pouvoir sortir au grand air, lorsqu’on attend notre vol!

Un partenariat pourrait peut-être être établi avec Espace pour la vie (et plus particulièrement le Jardin botanique) pour aménager une telle cour intérieure? D’autres institutions pourraient être intéressées à faire rayonner leur savoir-faire dans ce nouvel espace. Montréal est une ville UNESCO de design, pourrait-on penser à un mobilier spécifiquement conçu pour la cour? L’idée serait de mettre en valeur certains aspects de notre ville, peut-être méconnus, comme je l’écrivais plus tôt au sujet de l’OACI… Ainsi, en plus d’un espace vert au cœur de l’aérogare, on gagnerait une vitrine exceptionnelle sur les atouts de Montréal.

Arrivé à destination : en route vers la ville

Toutes ces idées ne nuiraient sûrement pas à aller chercher de nouvelle part de marché pour notre aéroport, à lutter contre la concurrence des voisins et pourquoi pas, à convaincre des compagnies à offrir de nouveaux vols directs au départ de Montréal…

Pour avoir un aéroport extraordinaire, il faudrait aussi penser au trajet qui nous permet de nous y rendre, ou d’en partir. Il y a peu d’endroits sur la planète où ce trajet se fait dans un décor agréable, mais ce n’est pas une raison pour ne pas faire mieux! Plus d’arbres et de verdure en chemin feraient déjà une grande différence. Si on y ajoutait quelques murales, comme il s’en fait tant en ville depuis un an, on pourrait transformer l’expérience de nos visiteurs. « Concevoir une entrée de ville de prestige » à cet endroit est d’ailleurs un projet du Plan d’urbanisme de la Ville. Il y a aussi eu 12 visions d’aménagement qui ont été développées en 2011, dans une démarche mise en place par la Chaire UNESCO en paysage et environnement de l’Université de Montréal. Il est évident qu’on trouverait là une mine d’idées pour que notre aéroport se démarque suffisamment pour mériter, à son tour, de se retrouver dans les lieux impressionnants décrits dans les carnets de voyage des touristes de passage à Montréal…

Publié par : cbernier | 13 août 2014

En libre service

Cet été, Montréal vibre aux projets en libre-service. Bibliothèques citoyennes, pianos publics et autres initiatives se multiplient sur le territoire de l’île, permettant de penser qu’un véritable mouvement est en train de prendre forme. Pour l’instant dans le domaine culturel surtout, mais pourrait-on penser que de tels projets pourraient être développés dans d’autres secteurs? Certains visionnaires sont déjà à pied d’œuvre pour diversifier le monde du libre-service à Montréal…

BiblioAngusCe mouvement a commencé à m’intriguer il y a deux ans, quand j’ai publié le texte Les biblio-cabines, sur des cabines téléphoniques transformées en bibliothèques de quartier à Londres et à New-York. L’an dernier, une initiative citoyenne d’assez grande envergure voyait le jour dans Rosemont, démontrant que l’idée ne germait pas seulement ailleurs. Partager ses lectures avec les voisins a pris encore de l’ampleur cette année, avec une douzaine de nouvelles bibliothèques libre-service dans Rosemont seulement.

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Des projets similaires naissent un peu partout sur l’île, comme à LaSalle, où une autre mobilisation citoyenne a mis en place de telles bibliothèques libre-service : le projet Micro-biblio.

Hochelaga-Maisonneuve a aussi ses bibliothèques extérieures, sur rue ou dans une ruelle verte. Quartier habitué au troc et à la réutilisation, plusieurs personnes y placent aussi de petits objets utilitaires ou décoratifs, ajoutant un aspect intéressant à ces points de rencontre du voisinage. Dans ce quartier et dans Mercier, le quartier voisin, les initiatives sont plutôt portées par des individus.

RuelleHochelaga BiblioHochelaga

L’arrondissement Côte-des-Neiges Notre-Dame-de-Grâce y est allé, de son côté, d’une initiative carrément mise en place par les pouvoirs publics. Ses boites à livres se retrouvent à une douzaine d’endroits, offrant autant d’occasions de faire de belles découvertes. Ce sont donc pas moins de 5 arrondissements (Outremont en a aussi), et peut-être déjà d’autres, qui ont vu apparaître des bibliothèques libre-service sur leur territoire. Et chez vous, c’est pour quand?

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Le troc aussi se met au libre-service

L’ancêtre de ce mouvement à Montréal est peut-être le Givebox, apparu en 2012 devant l’épicerie Latina dans le Mile-End. C’est une sorte d’armoire ou de garde-robes installée sur le terrain du commerce, où les gens peuvent laisser n’importe quoi. Plus massive qu’une petite boite pour livres, elle demande plus d’entretien et ne semble pas avoir réussi à s’implanter ailleurs en ville, exception faite de la très sérieuse Free Shit Verdun, dans le quartier du même nom.

Dans un texte paru en avril dernier, Partager, c’est consommer mieux!, le Devoir nous apprenait qu’une boite à don avait été installée à l’intérieur de la tour à condos Quartier 54, dans Rosemont. Cette initiative, réservée aux copropriétaires, ouvre toute une autre perspective sur les potentiels des boîtes à dons… À l’intérieur, il est plus facile de la garder en bon état et propre. Nos hivers sont rudes pour la Givebox!

Pianos en liberté

Le climat montréalais n’est pas non plus, de prime abord, favorable aux pianos urbains. Et pourtant, ils prolifèrent depuis leur apparition sur le Plateau, en 2012. Cet été, ils sont 8 arrondissements, comprenant Pierrefonds-Roxborro et Saint-Laurent, à offrir cet instrument public dans leurs rues. La moitié des arrondissements de Montréal! J’ai croisé 3 fois des pianos utilisés et chaque fois, je me suis étonné de la qualité des pianistes… La musique en libre service, il fallait y penser!

C’est l’artiste Luke Jerram qui est l’initiateur de ce mouvement, qui, au départ en 2007, était une simple installation artistique nommée Play Me, I’m Yours. Aujourd’hui, le mouvement est planétaire, avec près de 50 villes participantes. Curieusement, Montréal et Québec (qui s’est joint au mouvement cet été), ne sont pas sur la liste disponible sur son site web… Il faudrait y remédier!

Ce qui n’empêche pas le Plateau de continuer à innover autour de cette idée, puisque le mercredi 20 août prochain, à midi, on ambitionne que tous les pianos publics de Montréal soient utilisés pour chanter Tout le monde en même temps, de Louis-Jean Cormier, au même moment.

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Même l’agriculture urbaine!

J’ai déjà abordé le sujet des arbres fruitiers en ville. Ce serait une autre façon de multiplier les initiatives de libre service à Montréal. J’y donnais l’exemple du verger en libre service d’une ville française et du projet de Forêt comestible de la ville de Paris. Nous n’avons encore rien de similaire dans les parcs de la métropole, malheureusement.

Mais sur les terrains privés des Montréalais, c’est autre chose! Car les propriétaires d’arbres fruitiers et d’arbres à noix savent bien que la récolte est trop généreuse pour eux. Pour réduire le gaspillage, l’organisme Santropol Roulant a mis sur pied le projet Les Fruits défendus, qui vise à partager les fruits urbains. Leur territoire d’intervention se concentre sur le Plateau et Rosemont-La-Petite-Patrie, en plein cœur de l’île, démontrant tout le potentiel de cette idée… Après la cueillette, les fruits d’un arbre sont divisés en trois parts égales : une pour le propriétaire de l’arbre, une pour un organisme de sécurité alimentaire et la dernière, partagée entre les cueilleurs bénévoles.

Un projet similaire existe aussi dans l’Ouest de l’île, nous apprend Agriculture urbaine Mtl.

Les légumes en libre service ont aussi fait leur apparition très récemment dans Hochelaga-Maisonneuve. Une quinzaine de bacs bleus sont apparus dans le quartier, indiquant « Légumes à partager »… Une initiative du collectif Chapeau, que nous présente Quartier Hochelaga sur son site. Après le jardin communautaire, très populaires, voici arrivé le projet « Planter partout » (c’est le nom de l’initiative).

Planter partout

Sans oublier…

L’idée du partage est aussi présente chez Île sans fil, qui offre aux Montréalais un accès sans fil gratuit à Internet dans plusieurs lieux publics, halls d’institutions culturelles, parcs et commerces depuis 2003. Permettre aux gens d’accéder à Internet gratuitement pourrait ainsi s’apparenter à un « Internet libre service » en ville…

Et je suis sûr que j’oublie d’autres exemples de projets libre service! N’hésitez pas à me les rappeler, en commentant ce texte ;)

À faible coût

Enfin, pour compléter ce tour d’horizon des projets en libre service que je connais, voyons ceux qui sont à faible coût.

Connaissez-vous le Distroboto? C’est pourtant un service implanté depuis 2001 à Montréal (maintenant aussi à Québec), dans 5 arrondissements et une dizaine de lieux… Mais j’avoue qu’il faut avoir l’œil pour les repérer, car il s’agit d’anciennes machines distributrices de cigarettes, qui, pour 2$, vous distribuent aujourd’hui de petites œuvres d’art! Soyez dépendants de la culture et offrez-vous des surprises! Car si on peut choisir notre « paquet » comme sur toutes les autres machines distributrices, ceux de Distroboto nous réservent toujours une surprise. Original!

Pour boucler la boucle de ce texte, pourquoi ne pas revenir aux livres? Bien qu’il y ait de plus en plus de bibliothèques libre-service à Montréal, dans l’arrondissement Sud-Ouest, on a choisi une autre avenue. Des livres sont disponibles, pour 1$, dans 3 Machin-O-livres. Ces anciennes machines distributrices, converties en 2012, sont remplies de livres vraiment intéressants. Situées près des piscines de l’arrondissement, elles font un clin d’œil aux rêves de lecture sur la plage…

Livres, pianos, fruits ou objets d’art, le mouvement du libre service est maintenant bien implanté à Montréal. L’habitude du partage se transmet dans la population, ouvrant de nouvelles perspectives à ceux et celles qui voudraient tenter de nouveaux projets… Et vous, bénéficiez-vous d’un de ces projets ou rêvez-vous d’en partir un nouveau?

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